‹ Nouvelle geographie universelle v. 9, 1884Chapitre 131 sur 186 · MONTAGNE ET COUVENT DU SINAI, RIVIÈRES DE LA SYRIE · texte numérisé non relu

MONTAGNE ET COUVENT DU SINAI, RIVIÈRES DE LA SYRIE

daient quelques manuscrits précieux, qui se trouvent maintenant à Saint- Pétersbourg' ; d'après les Bédouins indigènes, ils sont les maîtres de la pluie par le livre de la Thora ; les lettres saintes ouvrent ou ferment les portes de leau dans le firmament*. Lieu sacré pour chrétiens et mahométans, la montagne de Moïse est le centre de tout un cycle de légendes, relatives non seulement au l^islateur des Hébreux et aux pérégrinations dos douze Tribus dans le désert, mais aussi à tous les patriarches, les saints et les prophètes.

* Les plissements parallèles des montagnes de la Syrie se dressant vers le milieu de leur parcours en deux remparts symétri.mes, le Liban et l'Anli- Liban, ont donné une forme correspondante aux fie ives des sillons intermédiaires. La longue dépression du sol que limiteiit les montagnes bordières de Touest, se divise en deux versants, dont Tun s'incline au nord et l'autre au sud ; d'un côté coulent les eaux de l'Oronte, qui vont rejoindre le golfe d'Alexandrette ; de l'autre, s'épanche le Jourdain, qui traverse successivement deux lacs avant de se perdre dans la mer Morte. A droite, à gauche de cette dépression médiane, parallèle au rivage de la Méditerranée, les rivières permanentes et les ouadi n'ont pas l'espace nécessaire pour s'unir en bassins d'une étendue considérable. Les cours d'eau du versant Occidental tombent dans la Méditerranée, immédiatement au sortir de leurs défilés; les rivières du versant oriental tarissent à leur entrée dans le désert. La hauteur du Liban et de l'Anti-Liban, qui leur permet d'arrêter au passage les vents humides de la mer et la nature caverneuse de leurs roches, dans lesquelles l'eau circule en des conduits souterrains, où l'évaporation est presque nulle, expliquent la plus grande abondance des rivières qui s'en épanchent, vers la Méditerranée et vers les plaines désertes. Parmi les affluents syriens de la mer, le plus considérable après l'Oronte est le Leïtani; d'autre part, c'est le Barada qui, de tous les ouadi, roule le plus d'eau vers les steppes orientales. Or l'une et l'autre rivière naissent précisément dans la même région que l'Oronte et le Jourdain : les traits généraux de l'hydrographie syrienne représentent l'image d'une croix; l'Oronte et le Jourdain en constituent le tronc, le Leïtani et le Barada en sont les branches. Les seuils peu élevés d'El-Bekaa ou de la « Syrie Creuse », entre le Liban et l'Anti-Liban, forment le faite général du pays, le centre do

* Lenoir, ouTrage cité.

' Burckhardt, Travels in Syria; — Georg Ebers, Durch Gozen zum Sinai.

rayonnement des eaux. Près de la croisée des bassins se trouve, sur les pentes nord-occidentales du Hcrmon, le petit bassin fermé du Kefr-kouk. D*après les indigènes, l'eau qui s'y amasse donnerait naissance à Tuno des sources du Jourdain '.

L'Oronte est connu par les Syriens sous le nom de Nablr-el-Asi ou « Fleuve Rebelle », soit parce que son courant « impie » fuit à l'opposé de la Mecque, soit à cause de ses brusques détours, soit, comme le dit Âboul Féda, parce qu'il coule entre de hautes berges, dans un lit profond, où il est difficile de puiser l'eau d'irrigation. Il nait sur le flanc occidental do l'Ànli-Liban, à une petite distance atl nord de Baalbek, mais ses premières eaux, fournies par la fonte des neiges, sont irrégulières dans leur débit; les indigènes voient la vraie source dans un bassin d'eau permanente qui se trouve à 35 kilomètres en aval des premiers ravins. En cet endroit, la roche s'ouvre en entonnoir et de la bouche de pierre, entourée de broussailles, s'élance un ruisseau considérable, auquel se joint aussitôt le torrent supérieur; les parois du roc qui dominent la source au midi ont été excavées en cavernes où aurait vécu Maron, le fondateur légendaire de la secte maronite ; aussi la fontaine a-t-elle pris le nom de Magliarat-er-Rahib ou « Grotte du Moine ». En aval, le Nahr-el-Asi rencontre plusieurs obstacles qui retardent ses eaux et les font refluer en lacs et en marécages. En amont de Homs, il forme un vaste lac, qui s'étend en moyenne sur plus de 50 kilomètres carrés, grâce à une digue romaine', qui relève le niveau de plus de 3 mètres; plus bas, au-dessous de Hamah, il s'étale aussi en marécagçs riverains, reste d'un autre lac formé par un barrage construit près d'Âpamée, aujourd'hui Kalat-em-Medik ; enCn, il contourne les contreforts du Casius et baigne les murs d'Antioche ; mais, avant de se jeter dans la Méditerranée, il descend en rapides sur des écueils, restes d'un seuil de rochers qui fit autrefois refluer les eaux en amont et les retenait en un grand lac. A la place de l'ancienne mer intérieure s'étend une vaste plaine inondée, d'environ 40 mètres d'altitude, dont la cavité centrale est désignée sous le nom d'Ak Deniz ou « Mer Blanche ». Cette nappe marécageuse, bordée de roseaux où se cachent par myriades les canards, les sarcelles et autres oiseaux aquatiques, s'étend au nord-est d'Antioche, à la base méridionale de l'Amanus. Elle reçoit quelques ruisseaux, dont les plus importants sont le Nahr-Afrin et un courant paresseux appelé Kara sou, ce Eau Noire », comme tant d'autres émissaires

* Slichaud et Poujoulat, Correspondance (TOrient ; — G. Rey, Noiet mantucriteê.

' Conder, Palestine Exploration fuml, july 1881; — Eraest Chantre, Notes manuscrites.

ORONTE, LAC D'ANTIOGHE, KOVEIK, BÂRADA. 731

de bassins marécageux. L'Âmk, c'est-à-dire la plaine du lac d'Antioche, est menacée de n'être plus bientôt qu'un immense marais, le déversoir du lac ayant été obstrué et relevé de 4 mètres par deux barrages construit pour la pèche des anguilles \ L'embouchure de l'Oronte a de tout temps été considérée comme la limite septentrionale de la Syrie : la profonde dépression est une limite géographique; elle est aussi une frontière de races : ni Kourdcs ni Turcomans ne la franchissent; elle forme à peu près la zone de séparation entre les deux langues, arabe et turc.

A l'est de l'Oronte, tous les cours d'eau, jusqu'au versant de l'Euphrale, appartiennent à des bassins fermés. Tels le Koveîk (Kouaïk), qui nait près d'Aîntab et coule du nord au sud pour aller se perdre au delà d'Alep dans un marais dont les dimensions changent suivant l'abondance des pluies et les irrigations, et le Nahr-el-Dahab, rivière parallèle au Koveîk, et qui alimente la grande $ebkha de Djaboul, lac salé dont les bords sont frangés de dalles cristallines. Il est possible que ces rivières à bassin fermé fussent autrefois des affluents de l'Euphrate; la chaîne des marais est peut-être le reste d'un ancien lit fluvial qui se repliait vers l'est, à la base d'un chaînon de rochers, et rejoignait le grand fleuve dans le voisinage de Balis. De nos jours, c'est au contraire un affluent de l'Euphrate qui est devenu le tributaire de la rivière d'Alep : une galerie souterraine du treizième siècle, récemment restaurée, lui apporte une partie des eaux du Sadjour*.

La rivière de Damas, l'ancien Chrysorhoas ou « fleuve d'Or », se perd dans les marais comme celle d'Alep. Formée de deux affluents principaux, nés l'un à l'est, l'autre à l'ouest du Djebel Zebdani, haute crête de l'Anti- Liban, elle s'échappe d'un ancien lac pour traverser ces montagnes par dto profondes coupures où l'on entend mugir les eaux, souvent invisibles entre les parois. Mais pour les Syriens ce flot sauvage descendu de l'Anti- Liban n'est qu'un affluent du ruisseau paisible, et d'ailleurs plus abondant, qui sort d'un abîme d'eau bleue, dont la profondeur est encore insondée. C'est la fontaine El-Fidjeh, sur le versant oriental des monts : dans la géographie populaire la source permanente est constamment tenue pour lac< tête de l'eau »; là s'élevaient les nymphées et se célébraient les fêtes religieuses. Un aqueduc recevait le ruisseau du Fidjeh et l'apportait directement à Damas; de nos jours, l'eau pure se mêle à l'onde laiteuse du torrent supérieur et de défilé en défilé descend avec elle vers la

1 6. Rey; Séjourné; Chantre, Notes maniucrites. ' Voir ci-dessus, page 445.

plaine. En amont des jardins, elle se divise en canaux d'irrigation pour se ramiûer au milieu des cultures; puis les eaux d'égout se réunissent de nouveau dans les prairies marécageuses. Lorsque plusieurs années humides se sont succédé, Feau du Barada et des canaux qui en dérivent, de mémo que celles de la rivière Pharphar ou Nahr-el-Arouad, descendue du Hermon, s'étale en nappes, désignées même sous le nom de « lacs » ou de « mers » ; mais ces prétendus lacs, qui ont fourni aux poètes de l'Orient de si brillantes comparaisons, ces « bleus saphirs entourés d'émeraudcs », ne sont que de tristes plaines alternativement couvertes d'eau et desséchées. D'ordinaire elles sont à sec. Pendant des années consécutives, le voyageur n'y trouve d'autre eau que celle des puits creusés par les Arabes. Çà et là des vasières se montrent dans les bas-fonds et les fourrés de roseaux où gitent les cochons sauvages ; ailleurs, ce qui fut la rive est indiqué par des lignes de tamaris. Des efflorescences salines couvrent le sol et se mêlent au sable et aux débris de coquillages que le vent emporte au loin dans la plaine\

Sur le versant occidental du Liban, les rivières sont réglées en partie par les eaux souterraines qui serpentent sous les assises calcaires de la montagne. Ainsi le Nahr-el-Kebir ou « Grande Rivière » reçoit un affluent, le Nahr-el-Ârous, dans lequel se jette un ruisseau intermittent, le Nahr-Sebti, ou <c Rivière du Septième Jour » : c'est le « fleuve Sabbatique » de Josèphe. D'après la tradition, qui n'est pas conforme à la réalité, la source serait tarie pendant six jours et coulerait le septième, le vendredi d'après les musulmans, le samedi d'après les Juifs. En réalité, les intermittences sont moins régulières et varient suivant l'humidité ou la sécheresse de l'année; d'ordinaire, c'est chaque troisième jour que reprend le flot du Nahr-Sebti\ Au sud, le Nahr-Kadicha ou <c Rivière Sainte » reçoit les eaux des plus hautes cimes du Liban, le Timaroun et le Makhmal : c'est la « Rivière du Paradis », et l'un des villages de son bassin porte le nom d'Ehden.

Une autre rivière abondante, le Nahr-Ibrahim, est, dans une grande partie de son cours, un fleuve souterrain. Elle naît sur le versant oriental du Liban et coule dans les fissures au-dessous de la montagne pour reparaître en source sur le versant méditerranéen : phénomène analogue à celui de la Garonne occidentale que forment les neiges de la Maladetta et qui s'engouffre dans le « Trou du Taureau », pour surgir on gros bouillons à quelques kilomètres au nord et à 600 mètres plus bas, au c€ Goueil de Djouéou ».

* Richard Burton, Onexplored Syria,

* Robinson, Pkyiical Geography of ihe Holy Land.

BARADA, RIVIERES DU LEBAN. TS5

Mais le torrent supérieur de Nahr-Ibrahîm n'est pas un cours d'eau consLnnt. La caverne de la source, située près du village de Yamounch, est à sec vers la On de l'été et au commencement de l'automne; son cours est intermittent; quand elle paraît, presque toujours vers le 8 mars, c'est en « éruption » ; elle forme aloi-s un gros ruisseau qui s'échappe de la roche en cascade bruyante et roule dans un lit de cailloux vers un profond entonnoir appelé le <t gouffre » ou balaou. Au printemps, lorsque la fonte des neiges accroît la masse liquide, les galeries cachées ne sont pas asseï larges pour recevoir toute l'eau qui s'y précipite; l'entonnoir de Yamouneh

^Oà/Om t^/O^Sâ é^SOtittrid

déborde rapidement et toute la cavité environnante s'emplit : à la place de la plaine caillouteuse on voit un lac ayant de 5 à 4 kilomètres de longueur, d'après Lortet, — 6 kilomètres même d'après Burlon et Tyrwhitt Drake, — et 1800 mètres de largeur. Paul Lucas dit que le lac était de formation récente, à l'époque dp son voyage, au dix-septième siècle : au fond se voyaient encore les restes d'une ville engloutie; en s'y baignant, il se reposa sur la terrasse d'une maison noyée et put examiner les ruines de la cité, qui était ■ belle et bien bâtie ». Avant l'année 1870, le lac Yamouneh, quoique soumis à de grandes oscillations de niveau, n'aurait jamais disparu complètement, grâce aux puissantes couches de boue qui recouvraient le fond de la cavité et en obstruaient les fissures. Les rivo-

rains ayant enlevé ces vases, rouvrirent ainsi les écluses souteiTaines, et le lac. s'abaissant brusquement, finit par disparaître'; depuis celle époque, il n'a plus qu'une existence temporaire. Au sud, un autre lac, le Lcgmin, qui n'a pas non plus d'émissaii'e visible, a probablement aussi des efÛuenls cachés dont l'eau reparaît en sources sur le versant occidental du Liban. Les eaux souterraines sont peuplées d'un très petit poisson, le pbijxincllm Libani , qui reflue de l'entonnoir du Yamouneh avec la masse liquide débordùe'.

L'altitude moyenne du lac de Yamouncli est évaluée à iZlb mètres et les eaux qui reparaissent à l'ouest, de l'autre cdté du Djebel-Mncïlri, s'échappent à plus de 150 mètres au-dessous de l'entonnoir de fuite. 1,'une des sources, celle d'.Akoura, jaillit au fond d'un vasle cirque, ouvert directement à l'ouest du lac de Yamouneh; la plus abondante, connue sous le nom spécial de Mahrah ou « Caverne », naît beaucoup plus au sud, dans hi haute vallée d'Afka, à la hase occidentale de la crête qui domine le lac Ix'gmia. La Vaucluse du Liban est un des sites grandioses de la Syrie. .\utour de !a fontaine se développe un vaste amphithéâtre de rochei-s à six ou sept cents mètres de hauteur ; les parois crétacées, presque verticales, n'offrent qu'une maigre végétation d'arbrisseaux, sortant des fissures en touffes, mais de distance en distance la roche est coupée en gradins sur lesquels croissent des pins cl des genévriers : la muraille blanche est ceinte jusqu'au sommet d'hémicycles de verdure. A la base de la paroi orientale s'ouvre la caverne, à peu près quadrangulairc, large et haute d'environ 60 mètres, d'où s'échappe l'eau cristalline descendant en cascades bruyantes. Au-dessous d'un ancien pont, le torrent plonge de nouveau par trois chutes, si régulières qu'on a pu croire, à tort, que les assises de rochers avaient été taillées par la main de l'homme". De grands arbres se penchent au-dessus de l'eau pure, où jadis se réfléchissait la figure d'Adonis, quand Vénus, dit la légende, s'éprit du jeune cliasseur. La rivière qui s'échappe de la caverne d'Afka pour entrer dans la Méditerranée à 6 kilomètres au sud de Djcbaïl, l'ancienne Dyblos, était l'Adonis des Phéniciens cl des Grecs; les mahométans et les Juifs, rejetant la tradition païenne, ont donné à la rivière sacrée le nom de leur patriarche Abraham. L'Adonis est devenu le Nahr-lhrahim; le temple de Vénus qui s'élevait sur un promontoire au-dessus de la source est démoli, mais les paysans des alentours vont encore, aux anniversaires des fêtes anciennes.

■ Ilurlon iind TjrahiU Trakc. ouvrage rilê.

■ Loi'lel, Tour du Monde, 2* scmcslrc imi

' Lorlfl, La Syrie daujourd'huî; — do VogUù, Revi

! lie» Di;uxMondei,i'ày.m

ÏAMOUNEU. NAfirt-IBRAilIM, LEITAÎd. 725

allacher des chiffons aux arbustes qui croissent entre les pierres. Chnque année, après la saison des pluies, les eaux du Nahr-Ibrahim, chargées de limon, prennent une teinte rougeétre et la mer se colore au loin : cette argile était le sang d'Adonis, mis à mort par la dent du sanglier. I.e Nahr-el- Kelb ou K rivière du Cliien », appelé Lycus ou « rivière du Loup » par les anciens, s'écoule dans la mer au nord de Bcïrout et alimente celte grande ville de ses eaus ; fort remarquable, comme l'Adonis/par les grottes, les arcades, les entonnoirs de son bassin, il s'échappe d'une caverne profonde où l'on entend mugir les eaux : de là peut-être son nom. Ijîs ingénieurs anglais, qui en ont capté le (lot pour l'amener à Bctrout, ont pénéli'é jusqu'à 1200 mètres de distance dans la galerie souterraine, emplie du fracas des cascades.

Le Leontès, grand fleuve en comparaison de l'Adonis, naît au nord de Baaibek, à quelques ccntames de mètres des premières eaux torrentielles qui descendent vers l'Oronte; mais, comme pour tous les autres cours d'eau syriens, on cherche l'origine du fleuve, non dans les torrents supérieurs, souvent sans eau, mais dans la principale source permanente du haut bassin. L'onde maîtresse, à jets intermittents, que l'on considère comme le yrai Leontès ou Nahr-cl-Leïlani, jaillit dans une gorge de l'Anli- Lihan, à 2y kilomètres environ au sud de iïaalbek ; à l'endroit où ce ruisseau rejoint le torrent de la plaine, il csl de beaucoup le plus abondant. Gonflé par les mille fontaines qui du Liban et de l'Anti-Liban lui envoient leurs filets d'eau, le Leïtani, qui route en moyenne 145 mètres cubes à la minute', semblerait devoir continuer son cours dans la direction du sud en longeant la base de l'Anti-Liban et de son prolongement le Ilermoii, Il est probable qu'autrefois les eaux méridionales de la Ilekaa s'épanchaient en effet dans la vallée que parcourt actuellement le Jourdain; mais une fissure a permis au Leïtani de traverser le Liban et de se diriger vers la Méditerranée. La vallée se creuse cl se transforme en cluse ; à droite et à gauche, les parois de la montagne s'élèvent. Au-dessous de la terrasse qui porte le village de Yaghmour, les précipices entre lesquels glisse la rivière écnmeuse ont plus de 500 mètres en profondeur; des blocs lombes des corniches de la falaise se sont arrêtés à des saillies au-dessus du torrent et forment un pont naturel, revêtu de broussailles*. Une autre cluse, puis d'autres encore succèdent à celle de Yaglimonr; rien n'indique la fissure où coule le torrent, tant les ondulations du sol se correspondent de l'un à

■ Messedagliii, Eiploralore, 1S90. n" 3.

• E. RobiDïon, Phgiicat Gejgrapkij of Ihc Uotij Lanil; — Biblkal liescarchea .

73ft IfOUVELLE GËOGRiPHIE UMTERSELLE.

l'autre versant; en certains endroits la fente est si étroite que les arbres entremêlent leur branchage avec les ramures de la rive opposée; un homme hardi pourrait franchir le torrent par ce pont aérien. Un superbe château du moyen âge, fieaufort ou Katat cch-Choukif, réédîfié pendant la deuxième moitié du douzième siècle par un seigneur de Sagetle', dresse ses murs au sommet d'une crête de la falaise occidentale. C'est à 3 kilomètres en aval de cette forteresse ruinée qu'un brusque détour du fleuve indique

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