‹ Nouvelle geographie universelle v. 9, 1884Chapitre 132 sur 186 · SB · texte numérisé non relu

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la fin de la cluse à travers le Liban. Le Nabr-el-Leitani, connu désormais sous le nom de Nahr-Kasimiyeh ou « Fleuve de la Séparation », coule directement à l'ouest, et va s'épancher dans la mer à 7 ou 8 kilomètres au nord de la péninsule de Tyr.

Au-dessus de ce fleuve des Limites, il n'y a plus en Galilée et en Palestine que de faibles cours d'eau : le plus important, non par la longueur du cours, mais par l'abondance de la masse liquide, est l'Aoudjeh, qui naît dans un marais de la plaine, et, après un cours d'une quinzaine de kilomètres, atteint la mer au nord de JalTa; il n'est guéable que sur un petit nombre de points. Quelques cours d'eau souterrains n'arrivent à la Hédi-

' G. Rey, .Arcftitedure mi'JJIaiVe (fci Croitét.

LEITANI, AOUDJËU, JOURDAIN. 737

terranée qu'en dehors du rivage, comme ces fontaines d*Arad qui jaillissent dans le port et qui permettaient aux insulaires de braver les efforts des ennemis espérant les réduire par le manque d'eau ^ La plupart des rivières de Palestine qui descendent à la Méditerranée sont arrêtées à leur embouchure par les sables que la houle accumule en dunes le long du rivage. Poussée par le vent presque constant qui souffle de l'ouest, l'arène avance peu à peu vers l'intérieur du continent. Sur les côtes de la « Phi* listie y> proprement dite, entre JafTa et Gaza, elle gagne en moyenne d'un mètre par an*. Au sud, sur la frontière d'Egypte, les sables rejetés par la houle et longés par le courant côtier ont formé un cordon littoral qui sépare de la haute mer la vaste lagune appelée Sebkha Berdaouil. C'est l'ancien lac Serbonis, souvent presque desséché, où, d'après Brugsch, se serait efTectué le passage des Juifs, poursuivis par Pharaon '.

Le Jourdain, c'est-à-dire, en ancien hébreu, le « Coulant, ou le « Fleuve » par excellence, est unique au monde par la profondeur de sa vallée relativement au niveau de la mer. Dans presque toute la longueur de son cours, entre le bassin marécageux des ce Eaux de Merom » et la Mer Morte, il coule dans une dépression, le Ghor, inférieure à la surface de la Méditerranée, et dans la partie méridionale de la vallée la différence est à peine moindre de 400 mètres. Le Ghor continue le sillon de la Qekaa, entre le Liban et l' Anti-Liban ; mais au point de jonction, marqué par des plissements du sol à l'ouest du Hermon, la longue vallée longitudinale change d'orientation : tandis que le Leïtani coule du nord-est au sud-ouest, parallèlement au Liban et au littoral de la Méditerranée, le Ghor se prolonge directement au sud, en s'écartant de plus en plus des cotes de la Palestine, qui vont se raccorder par une grande courbe régulière à celles de l'Egypte.

De même que les autres rivières de la Syrie, Oronte, Leontès et le fleuve de Damas, le Jourdain est considéré comme prenant son origine là où d'abondantes fontaines lui donnent un cours permanent. Les torrents supérieurs, parfois roulant une masse d!eau considérable, mais souvent à sec, qui naissent dans les vallées septentrionales du Ouadi-et-Teîm, terrasse avancée du Hermon, ne sont pas le Jourdain : le fleuve ne commence que près de Hasbeya, par une puissante fontaine, retenue par le barrage d'un étang. Le ruisseau qui s'en échappe, le Nahr-el-Hasbani, descend au sud,

* Fellows, Travels in Lyda; — GaîUardot, Renan, Miaion en Phénicie.

* Yolney, Voyage en Syrie ei en ÊgypU; — Gonder, Tent-wark in Palestine; — Warren, Pa- Uitine Exploration fttnd^ april 1874.

> G. Eben, Dwrch Gosen zum Sinai.

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en se creusant une gorge élroile et profonde à travers des coulées de lave : c'est le Jourdain occidental. Une butte située à 25 kilomètres plus au sud, au contact des basaltes et des calcaiix's» le Tell-el-Kadi, donne naissance à l'une des plus grandes fontaines du monde', qui s'étale d'abord dans une caverne, puis descend en rapides à travers les blocs amoncelés de l'entrée : une fontaine moins abondante naît dans une cavité supérieure et fait tourner les roues de plusieurs moulins; ces deux sources sont celles du Jourdain central ou Nahr-el-Leddan et en même temps les premières eaux

courantes de la Palestine proprement dite, car le Tell-el-Kadi parait être la hauteur qui portait autrefois la ville de Dan, limite septentrionale de )a « TeiTe Promise »; le nom de Leddan donné au Jourdain du milieu est sans doute le mot transposé Ed-Dan ou ûeuve « de Dan >. Enfin, un troisième Jourdain, le plus fameux, mais non le plus abondant, naît à l'est, dans la gorge de Banias, au pied d'un escarpement de rochers, haut d'environ 40 mHiiîs. La caverne d'où s'élançait le courant est partiellement écroulée et les débris de la ruine divisent l'eau en mille jets écumeux, qui se réunissent en torrents entre des rives bordées de lauriers-roses et le débris antiques ; une chapelle de Saint Georges a succédé

* Robinion, ouvrages cites.

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