‹ Nouvelle geographie universelle v. 9, 1884Chapitre 133 sur 186 · SOURCES DU JOUR&AIN · texte numérisé non relu

SOURCES DU JOUR&AIN

près de la caverne du Jourdaio à un temple d'Auguste, qui lui-même avait été précédé par un autre sanctuaire.

Réunis à 8 ou 10 kilomètres au sud de Tell-el-Kadi, les trois Jourdains

serpentent au sud dans une large vallée et bientôt disparaissent dans une forêt de roseaux papyrus oîi l'exploraleur Mac Grcgor s'est ouvert un passage en barque'. Les roselières occupent une zone de plusieurs kilomètres en largeur et se continuent au sud par un lac sans prorondeur, les « Eaux

> The Itob-Roy onihe Jordan.

de Mérom », appelées de nos jours le Bahr-el-HouIeh ou la « Mer de Houleh X» ; d'après les nivellemenls des explorateurs anglais, la surface de ce bassin est seulement de 2 mètres au-dessus de la Méditerranée. A la sortie, le Jourdain coule d*abord avec lenteur» puis glisse rapidement sur le plan incliné de la vallée, entre des parois basaltiques. Â 40 kilomètres au sud, là où il s*épanche dans le bassin du lac de Tibériade, il est déjà à 208 mètres en contre-bas de la Méditerranée, et la cavité qu'emplit le lac se creuse encore à 250 mètres plus bas ï telle est la profondeur qu'a trouvée M. Lorlct en draguant le lit du lac dans les parages voisins du Ouadi-es-Scmak ou Ferka, vers le nord-ouest du bassin; l'épaisseur moyenne de la couche liquide est d'environ 40 mètres. Le lac de Tibériade, l'ancienne mer de Génézareth ou de Galilée, s'étend sur un espace évalué à 1 750 kilomètres carrés ; mais on voit sans peine, en explorant les rivages, que le niveau du lac était jadis plus élevé et que les eaux occupaient un bassin beaucoup plus vaste ; sur tout le pourtour des collines, monotones et nues, se succèdent des terrasses couvertes de cailloux roulés, anciennes plages formées par le retrait des eaux. La plus haute de ces rives correspond au niveau méditerranéen. Il est probable que le lac de Tibériade communiquait jadis avec la mer de Syrie par la grande plaine d'Esdraelon, dont l'aspect est encore celui d'un détroit maritime; un exhaussement du sol et peut-être les laves sorties des volcans qui s'élevaient précisément dans le voisinage du seuil, auront fermé le goulet d'entrée et transformé le golfe de Tibériade en bassin fermé. En se séparant de la mer salée, et en renouvelant incessamment sa masse liquide par le flot limpide du Ilermon et le réservoir d'eau jadis marine qui déverse son tropplein dans la mer Morte, le golfe se transforma graduellement en un bassin d'eau douce : à j)eine le liquide offre-t-il un léger arrière-goût saumâtre^ Parmi les espèces animales recueillies dans le lac de Tibériade, plusieurs représentent une faune de transition entre celle des eaux salées et celle des eaux douces. Un des poissons particuliers au lac est le chromis paterfami" lias^ qui recueille ses œufs dans la cavité buccale, d'où les alevins s'échappent en bandes, parfois au nombre de deux cents, dès qu'ils sont assez forts pour mener une vie indépendante. Comme au temps où Jésus de Nazareth allait chercher ses apôtres parmi les pécheurs de Génézareth, les riverains de la mer de Galilée recueillent encore dans leurs filets des myriades dô poissons ; mais les barques sont devenues plus rares : parfois les voyageurs n'en ont pas trouvé une seule; en 1880, elles étaient au nombre de trois.

* Lortet, Académie des Scienceit 13 sept. 1S80.

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