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jardins contrastent avec les tons bruns ou jaunâtres des escarpements pierreux et avec la blancheur éclatante des sommets du lointain llindoukoucli et des avant-monts. A l'extrémité orientale de l'amphithéâtre du Daman-i-koh, au pied des hauteui-s désignées sous le nom général de Kohistan ou « Pays des Montagnes », et non loin de la rivière Pandjhir, s'étend un petit désert appelé le Rcig Rawan ou « Sable Mouvant ». A l'endroit où ces amas de molécules siliceuses s'appuient sur des i-ochors, suivant un angle de près de 45 d<^rés, le sable que le vent soulève et qui retomlio dans les fissures de la pierre fait entendre un son semblable au bmit loin-
tain du tambour, accompagné d'une musique aérienne comme celle de la harpe*. IjCS anciens auteurs parlent d'armées ensevelies dont les instruments continuent de résonner sous terre,
A l'ouest de la dépression de l'Hindou-kouch et des cassures du sol qu*emprunte le chemin de l'Inde à la Bactriane par les cols d'Irak, de Hadjikak, et le défilé de Bamian, la région montagneuse qui constitue le faite de séparation a près de 200 kilomètres en largeur et se compose de chaînes parallèles très escarpées, dont les crêtes s'alignent pour la plupart dans le sens de l'est à l'ouest. Ces monts, gardés par les tribus mongoles des Hezareh, sont d'ailleurs très peu connus, rejetés dans l'ombre, pour ainsi dire, par le mur puissant du Koh-i-Baba, qui se dresse presque isolé, au nord de la haute vallée du Ililmend. Le pic suprême, désigné spécialement sous le nom de « Père des Monts » appliqué à l'ensemble du massif, atteint 5486 mètres et sa pyramide blanche, portée, sur un cube irrégulier de roches noires, domine immédiatement à l'ouest le passage de Hadjikak; un autre sommet, dont la pyramide occupe le centre de la chaîne, dépasse également l'altitude de 5000 mètres. Peut-être n'est-ce pas, du côté de l'ouest, le dernier pic constamment neigeux des chaînes diverses confondues sous le nom de Paropamisades, car l'arête qui se prolonge de l'est à l'ouest entre les sources du Mourgh-ab et le cours supérieur du Heriroud, porte le nom de Sefid koh ou « montagne Blanche » : Ferrier, qui l'a traversée au milieu de juillet, dit expressément que des neiges « recouvrent en tout temps les cimes élevées. » ' Des vallées, où croissent les pins et les chênes, entremêlés d'épines-vinettes et d'autres arbustes, séparent les contreforts : du haut des cimes, on voit les nappes argentées des rivières briller au milieu du vert des prairies, mouchetées de points noirs par les tentes des nomades. Au nord, se prolonge une autre chaîne également orientée dans le sens de l'est à l'ouest : c'est le Tirband-i- Turkestan, le rempart méridional des plaines de l'Oxus.
En se développant à l'ouest, le Sefid koh s'abaisse graduellement : au nord-est de Herat, la route de Maïmeneh le franchit par un col, le Mazret-i- Baba (Karrel-i-Baba), où la neige ne séjourne que du mois de décembre à la fin d'avril*. Au delà il n'y a plus même une chaîne de montagnes, mais un simple renflement du sol; pour se rendre de la plaine du Mourgh-ab à Herat par le col de Tchechmeh-sebz ou par celui de Khombou,
* Wood, Journey io ihe Source ofthe river Oxui; — Masson, Varioui Joumey9in Batochitian, Afghanistan, ihe Panjab and Kalat, " Voyage* en Peru, dam V Afghanistan^ le Béîouichistan et le Turkesian. ^ Grodckov, Bulletin delà Société de Géographie de Paris, août 1880.