LAC D'OURMIAH, TRONE DE SALOMON
fondeur : cependant quelques bateaux à voile voguent dans les parages éloignés des bas-fonds; le transport des marchandises et de rares voya* geurs se fait ordinairement au moyen de radeaux. En 1838, un oncle du chah s'était fait nommer grand-amiral du lac, et tout d*abord, pour établir son monopole de navigation, il avait commencé par saisir et briser tous les bateaux appartenant à des particuliers ^
Le lac d'Ourmiah reçoit un grand nombre de rivières, dont la plus importante est le Djaghatou, venu des montagnes du sud. Une des branches maîtresses, le Sarouk, reçoit une partie de ses eaux d'un puits de 300 pas de tour qui s'ouvre au sommet d'une butte calcaire, désignée comme tant d'autres sous le nom de Takht-i-Soulaïman ou « Trône de Salomon » ; sans nul doute, ce monticule de forme ovale et d'environ 50 mètres de hauteur a été graduellement formé par les eaux elles-mêmes, qui déposent des couches de travertin autour de leur orifice. Le puits a précisément la même profondeur que les assises de travertin ; mais ce n'est point au fond de ce gouffre que se trouve la source : elle doit emplir d'abord de vastes réservoirs dans les montagnes, car, si considérables que soient les emprunts faits à l'étang de la colline pour l'irrigation de la plaine environnante, le niveau lacustre se maintient toujours au même point. Des amas de pétrifications, provenant du passage de canaux dérivés de la grande source, s'élèvent çà et là autour du Trône de Salomon ; il en est un qui a la forme d'un dragon et que la légende dit en effet être un monstre changé en pierre par le fils de David. À l'ouest, un autre monticule, appelé Zindan-i-Soulaîman ou « Prison de Salomon », s'élève plus haut que le tertre de l'étang actuel^ soit à plus de 60 mètres, mais il est de même origine; il a paiement été édifié par des eaux pétrifiantes, et le milieu du cône est occupé par un puits vertical, la « prison » dans laquelle Salomon enfermait les génies coupables. C'est par là que s'élevait autrefois l'eau chargée de carbonate de chaux; mais le gouffre est vide aujourd'hui : l'eau s'est échappée par une issue des roches. De toutes parts, autour des deux puits, jaillissent des fontaines minérales et thermales, acidulés, sulfureuses et calcaires*.
Le bassin dans lequel se déversent les égouts du canal de Band-Emir, le lac de Niris ou de Bakhtegan, est, dans toute la Perse méridionale, celui qui pourrait le mieux se comparer k un lac, non pour la profondeur, mais pour l'étendue de la surface inondée. Il se prolonge au sud-est de l'ancienne Persépolis entre deux rangées de montagnes parallèles, sur
> Riwlinson, Jmtmal of the Geographical Society ^ 1880. * Rawlinson, mémoire cité.