IX
plupart des historiens comme ayant été la ce Porte Caspienne». Dans cette région, les principales agglomérations urbaines, Demavend et Firouz-kouh, s'élèvent dans les vallées ombreuses de Tintérieur, entre les grandes montagnes de l'Elbourz et les contreforts avancés. I.a route directe de Téhéran à Âstrabad passe pap ces deux villes et par le col de Chamcherbour, près de la fontaine d'Âli. La forteresse ruinée qui domine le rocher presque vertical de Firouz-kouh ou « Mont de la Victoire », tout percé de grottes, aurait été fondée, dit la légende, par Alexandre le Grand. Au nord, un chemin fréquenté traverse la chaîne de TËibourz en s'engageant dans une brèche, fort dangereuse en hiver par ses tourmentes de neige.
La capitale actuelle de la Perse, Téhéran, quoique située sur les confins du désert, dans une plaine où Ton ne peut créer de jardins que par des canaux d*irrigation, n'occupe pas une mauvaise position géographique, comme il semblerait au premier abord. Elle se trouve à peu près au milieu de la grande courbe que présente le croissant des montagnes au sud de la mer Caspienne et par conséquent surveille également bien les provinces orientales et les provinces occidentales. En outre, elle s'adosse âu massif de l'Elbourz et les cols qui traversent la crête permettent de descendre, soit à l'est vers le Mazanderan et Astrabad, soit à l'ouest vers le Ghilan. Téhéran a sur les anciennes capitales du sud, Chiraz et Ispahan, l'avantage stratégique de faire front à la Russie, c'est-à-dire à l'ennemi le plus menaçant; elle est à égale distance des frontières de l'Atrek et de jcelles de l'Araxe. La dynastie actuelle, issue de la tribu des Kadjar, n'a pas sa résidence trop éloignée du lieu d'origine, qui pourrait en circonstances graves devenir son lieu de refuge. Enfin, Téhéran, jouissant du climat tempéré que lui donne son altitude de 1161 mètres, dispose des produits de zones diverses, grâce aux montagnes qui s'élèvent dans son voisinage immédiat, et pendant les chaleurs elle se complète par les villas d'été, où l'air est frais et salubre, où les eaux ruissellent en abondance.
Téhéran ou plutôt Tihran, la « Pure », est une ville moderne, l'héritière de la Rhaï ou Rheï des Arabes, qui succéda elle-même à l'antique Raghès. Les murs de Rhaï, dont le développement total est de 56 kilomètres, se voient encore dans la plaine qui s'étend au sud de Téhéran, mais l'espace enfermé dans l'enceinte n'a plus même de ruines, si ce n'est deux tours, qui furent probablement des tombeaux ^ Rhaï est maintenant une campagne cultivée avec quelques hameaux épars ; le sol retourné par la charrue livre encore des monnaies d'or et d'argent. Plusieurs fois conquise et détruite,
' Duhousset; — Jules Laurens.
FIROUZ-KOUH, TEHERAN.
Rhaï ne se releva pas après le passage des Mongols au milieu du treizième siècle, et la vie se porta dans la ville naissante du nord, Téhéran, considérée d*abord comme une simple dépendance de la capitale. Néanmoins, ainsi qu'il arrive presque toujours, le sanctuaire religieux se maintint dans la ville déchue, qu'une légende dit avoir été la patrie de Zoroastre : les lieux
K* 36. — TEHERAN.
Dapres A.Krziiat Poisk
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