‹ Nouvelle geographie universelle v. 9, 1884Chapitre 80 sur 186 · K* OS. — COIIPLUEXT DU TIGRE ET DE LEUPHRATE · texte numérisé non relu

K* OS. — COIIPLUEXT DU TIGRE ET DE LEUPHRATE

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on observe la différence des deux courants : moins abondant, l'Euphrate apporte une eau plus lente, plus chaude, plus claire, plus régulière dans son débit; ses alluvions se sont déposées dans les marais riverains, tandis que la « Flèche » maintient en suspension les troubles entraînés dans son courant. Le bec de Korna, que baignent les deux fleuves à leur jonction, est l'extrémité méridionale de la grande presqu'île ovale « Entre Deux Fleuves » ou Mésopotamie, la Djezireh des Turcs, l'Âram Neharaîn des Chaldéens et des Égyptiens aux temps des Toutmès et des

« A. Sprengcr, Ausland, 1876. n* 43.

is.

liamsès'. Celte région insulaire commence, dans le sens strict du mot, au coude de Tolck, là où les cataractes de TEuphrate ne sont séparées des sources du Tigre que par un étroit rempart de rochers ; mais au point de vue géographique, pour Taspcct du sol, le climat, les productions, les habitants et Thistoire, la véritable Mésopotamie est simplement la plaine dans laquelle s'entremêlent les eaux d'irrigation dérivées des deux courants. Un rempart, qui commence au Tigre près du méandre de Samara, et qui se dirige au sud-ouest vers l'extrémité occidentale du canal de Saklaviyah, limite au nord cette région fertile de l'Entre Deux Fleuves. Ce mur, appelé ce rempart de Nemrod )>, s'élevait à la hauteur moyenne de 11 à 15 mètres et des tours le flanquaient à 50 mèlres d'intervalle; mais en beaucoup d'endroits, il n'en reste que d'informes débris '.

L'Euphrate est peu utilisé pour la navigation, quoique depuis 1856 des bateaux à vapeur aient descendu le fleuve en aval de Biredjik. A diverses époques, depuis Alexandre, cette voie transversale de l'Asie Antérieure fut parcourue par des flottes de guerre; l'empereur Julien n'y réunit pas moins de onze cents navires. Pendant les périodes de paix, lorsque les bateliers n'ont pas à craindre les exactions des soldats ou les attaques des pillards, le commerce reprend entre les escales du fleuve pour le transport des fruits et autres denrées; les chalands, longs de 12 mètres et calant un mètre, naviguent sans danger sur l'Euphrate moyen pendant les deux tiers de l'année^, avec un chargement de 15 tonnes. Depuis 1563, époque à laquelle un marchand vénitien, Cesare Fcderigo, descendit de Biredjik à Fcloudja, le port de Bagdad sur l'Euphrate, des voyageurs européens ont fréquemment pris la voie fluviale pour se rendre du littoral méditerranéen aux villes de la Mésopotamie. Avant l'application de la vapeur à la navigation, le grand obstacle au trafic provenait de la difficulté de remonter les barques vers l'amont : la plupart des chalands étaient dépecés à l'arrivée, vendus comme bois de construction ou de chauffage, et, de même qu'au temps d'Hérodote, les bateliers s'en retournaient par terre, soit en longeant la rive, soit en prenant le chemin plus court, mais plus pénible, du désert \ La rareté du bois sur les montagnes de l'Arménie et sur le Taurus contribue à rendre la navigation batelière fort coûteuse, et sur le bas Euphrate, en aval de Ilit et de ses sources d'asphalte, on se sert

* Ernest Desjnrdins, Nola manutcritc*.

9 Chesncy, Expédition on the Rivcn Eupkrates and Tigris; — Spicgcl, Eranische Alterthum»' hunde»

3 Josef Ôernik, mémoire cité.

^ Chesncy, Expédition oflhe Swvetj ofthe rivera Euphrate» and Tigriê.

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