‹ Nouvelle geographie universelle v. 9, 1884Chapitre 9 sur 186 · RELIGIONS DE L'ASIE ANTÉRIEURE · texte numérisé non relu

RELIGIONS DE L'ASIE ANTÉRIEURE

nelles de race a race, et de mille contrastes qu'ofTrent les mœurs et les habitudes de pensée. Les plus indifférents sont les plus rebelles aux tentatives des chrétiens. De quels arguments ceux-ci pourraient-ils se sei*vir qui ne les ramenât vers la foi de leurs ancêtres !

Hais la population musulmane de TAsie Antérieure eût-elle, prise dans son ensemble, la plus grande ferveur et la plus intime cohésion morale, les conditions géographiques du territoire qu'elle occupe ne lui permettraient pas de résister avec succès dans une guerre collective contre des puissances européennes. De vastes déserts, des espaces sans eau partagent ces régions de l'Asie en contrées distinctes, sans communications les unes avec les autres, et la grande voie extérieure que donne la mer appartient aux flottes occidentales. I^es profondes découpures du littoral séparent doublement les populations indigènes en laissant pénétrer les vaisseaux européens jusqu'à de grandes distances à l'intérieur des terres; même par ses deux fleuves principaux, l'Euphrate et le Tigre, l'Asie Antérieure se trouve, pour ainsi dire, coupée en deux au point de vue stratégique : de la tête do navigation fluviale à la Caucasie russe, il ne reste entre les deux moitiés de l'Asie musulmane qu'un isthme étroit de territoires montagneux. Politiquement, le panislamisme est bien moins redoutable dans son berceau qu'il ne l'est dans l'Inde, où quarante-huit millions de musulmans sont unis par la communauté du culte, les intérêts du patriotisme, et dans le continent africain, où des multitudes en nombre encore inconnu ont la force que donne le groupement géographique, et celle, bien plus grande, qu'elles puisent dans l'élan de la propagande.

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