‹ Nouvelle geographie universelle v. 9, 1884Chapitre 94 sur 186 · ASIE GRECQUE · texte numérisé non relu

ASIE GRECQUE

tiv^'-'T-^-^^'^i

47î2 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE. .

ondulés du nord, lui donnent aussi une végétation plus riche, de vastes forêts, des pentes gazonnées et fleuries. Quelques-unes des vallées où naissent les ruisseaux tributaires du Seïhoun contrastent singulièrement par la variété de leurs plantes et l'éclat de leur veixiure avec la flore appauvrie des régions centrales de l'Asie Mineure*.

Dans le pays même, les divers fragments de chaînes qui se succèdent du nord-est au sud-ouest, en formant une légère convexité du côté de TOcci- (lent, ne sQui pas désignés par un nom collectif. L'appellation d'Anti-Taurus qui leur est donnée par les géographes n'est point justifiée, car, au lieu de se dresser en face du Taurus cilicien comme un massif rival, ils appartiennent au même système orographique et n'en constituent qu'une continuation, quoique légèrement déjetée par une faille intermédiaire. L'Anti-Taurus continue les monts de Cilicie comme dans les Pyrénées la chaîne méditerranéenne continue celle de l'Atlantique, dont elle n'est séparée que par le val d'Aran. La coupure entre les deux moitiés des monts tauriques est la dépression dans laquelle passe le Zamantia-sou, l'affluent occidental le plus abondant du Seïhoun; à l'ouest s'alignent les sommets de l'Ala dagh, extrémité septentrionale du Taurus cilicien; à l'est le Ghedin-bali et le Kozandagli commencent l'Anti-Taurus, mais plusieurs rangées que l'on consid^'TC comme appartenant à cette moitié du système taurique se prolongent à l'ouest de la vallée du Zamantia-sou : telles sont le Kaleh-dagh et le Khanzir-dagh. A l'est, le Kermez-dagh se rattache par le groupe du Berut, haut de 2400 mètres, à d'autres remparts parallèles, non moins réguliers que ceux de l'Anti-Taurus, mais suivant une direction différente, celle de l'ouest à l'est : ce sont les chaînes du Taurus arménien qui repoussent TEuphrate vers l'orient, avant de se fissurer en cluses pour laisser passer les eaux du fleuve. Au sud, une chaîne distincte, bien limitée par la vallée profonde de l'Ak sou, affluent du Djihoun, constitue le rempart sud-oriental de l'Asie Mineure : c'est le Ghiaour-dagh ou « mont des Infidèles », ainsi nommé des Arméniens et des Grecs qui en habitent les vallées. Il se dirige du nord-est au sud-ouest et se rattache par un chaînon transversal aux monts syriens de l'Amanus. Interrompu par de profondes dépressions, il reparaît au bord du golfe d'AIexandrette pour former les deux massifs du Djebel-Nour ou « montagne de la Lumière » et du Djebel- Missis. Le Djihoun contourne ces montagnes au sud en serpentant dans une large plaine d'alluvions, mais au delà quelques collines, jadis insulaires, qui s'élèvent au milieu des marais, continuent la chaîne,

' P. de TchihatchefTy ouvrage cité .

Page 1