‹ Nouvelle geographie universelle v. 9, 1884Chapitre 96 sur 186 · CHIMÈRE, COTES DE LA LYGIE · texte numérisé non relu

CHIMÈRE, COTES DE LA LYGIE

l'ilot de Grambousa, beaucoup trop étroit en apparence pour que les pluies puissent y alimenter une fontaine aussi abondante ; il est probable que Teau provient du continent et rejaillit en source artésienne après avoir passé au-dessous du détroit, qui n'a pas moins de 52 mètres de profondeur.

La région occidentale du plateau de l'Asie Mineure ne s'abaisse pas d'une manière uniforme vers les côtes de la mer %ée. Les nombreuses découpures du littoral se retrouvent sur le front du plateau, compliquées en outre de ramifications latérales, semblables à celles des ijords norvégiens. IjCs hautes terres se divisent comme une étoffe qui s'effile. IjCS arêtes, disposées pour la plupart en lignes parallèles, s'abaissent par degrés vers la tner, puis d'autres chaînes, séparées des premières par des brèches profondes, dressent leurs escarpements au-dessus des plaines et sont à leur tour interrompues par de larges espaces, détroits de verdure qui rattachent les unes aux autres les campagnes des deux versants; plus loin, les rangées de hauteurs reprennent, mais leur base inclinée est déjà recouverte par la mer, elles s'avancent en péninsules et leurs derniers promontoires plongent dans l'eau profonde; cependant la terre ne disparait que pour surgir de nouveau en iles montueuses qui se continuent par des îles plus basses, puis par des ilôts et des écueils. Montagnes du continent et massifs insulaires sont une même formation. Que la mer s'élève, et de nouvelles îles frangeront la terre ferme; que les eaux s'abaissent, et l'archipel du littoral se changera en péninsules.

La ramification montagneuse qui se dégage du plateau pour se développer vers le sud-ouest de la Péninsule commence au superbe massif du Baba dagh, le mont Père, le Cadmus des anciens (1860 mètres) ; il est contourné à l'est par une dépression qui fait communiquer la vallée du Méandre, affluent de la mer Egée, avec celle du Doulouman-tchaî, tributaire de la mer de Rhodes. Au midi du Cadmus, la chaîne du Boz dagh ou <c mont Gris » s'abaisse graduellement à 1000 mètres, puis à 600 et à moins encore; les ramures qui s'avancent au loin dans la mer à l'angle de la Péninsule, n'ont que des collines peu élevées, du reste très hardiment coupées et d'une variété infinie de formes. Les montagnes des îles sont plus hautes que celles du littoral voisin; l'Attatros, à Rhodes, atteint 1240 mètres; le Lastos, dans Karpathos, n'est que d'une vingtaine de mètres moins haut ; de ce point culminant on voit parfaitement la pointe orientale de l'île de Crète, qu'unit à l'Asie Mineure, entre des abîmes de plus de 2000 mètres, un seuil recouvert de trois à quatre cents mètres d'eau. Au nord de Rhodes, une autre presqu'île se continue par l'île Symi; la longue branche noueuse qui se termine au cap Krio reparait à Nisyros, dont le mont pyra-

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midal s'élève à 693 mètres de hauteur. Plus loin, la presqu'île d'Halicarnasse est à peine séparée de Kos et de l'arcliipel de Kniymnos et de Lero& par d'étroits passages obstrués d'écueîls. C'est un fait remarquable qne le mont de Nisyros, le seul volcan encore actif de l'Asie Mineure, se dresse exactement à l'angle de la péninsule d'Analolie, entre la mer Egée et le

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bassin profond de la Méditerranée orientale. Des fumerolles dont la température Jdépasse 100 degrés, des jets de vapeur, et la formation de cristaux de soufre sont actuellement les seuls phénomènes apprcnts du laboratoii'u volcanique. L'activité du foyer augmente pendant la saison des pluies ; alors le fond du cratère est transformé en un lac sulfureux, ayant la température de l'eau bouillante'. Les chercheurs de soufre ont changé le cratère en usine. Une légende grecque disait que Nisyros était un fragment

■ Gorceix, Arehivei $citnti/U]uei

de File de Kos, lancé dans la mer par un dieu ; mais, au contraire» les terres environnantes sont en grande partie formées par les débris que la bouche du Nisyros a projetés dans ses explosions. L*îlot de Yali, situé entre Kos et Nisyros, est un amas de ces tufs volcaniques, alternant avec des travertins, très riches en fossiles. D*après M. Gorceix, cet îlot aurait subi une série d'oscillations de niveau qui se continuent de nos jours, témoignant ainsi* du mouvement continuel des laves dans le foyer souterrain. Dans ces parages de la Méditerranée le flux et le reflux sont très sensibles : l'écart du niveau dépasse 30 centimètres dans le golfe de Symi*.

Le même massif du Baba dagh qui forme le tronc commun des rameaux au sud-ouest de la Péninsule, projette aussi vers l'ouest une branche, interrompue de distance en distance par de profondes vallées. Plusieurs sommets ayant plus de 1000 mètres se montrent au-dessus des crêtes, et vers l'extrémité occidentale de cette rangée le massif de Bech Parmak ou des « Cinq Doigts » élève une de ses pointes à 1371 mètres et se rattache au « fler triangle du Latmus, semblable au fronton d'un temple » '. Au nord de la vallée du Méandre, la chaîne de montagnes qui s'avance en dehors du plateau est beaucoup plus régulière que le Baba dagh et ses prolongements. Cette chaîne, connue sous divers noms locaux, mais généralement désignée par les Grecs sous l'ancienne dénomination de Misoghis, se continue sans interruption sur une longueur d'environ 140 kilomètres, de la percée du Méandre, près de Bouladan, jusqu'aux promontoires de Scala Nova, dans le golfe d'Ephèse. La hauteur moyenne des croupes suprêmes ne dépasse guère 1000 mètres; nues et grises, elles se succèdent régulièrement de l'est à l'ouest, sans brèches intermédiaires; cependant la chaîne a dans son ensemble une apparence des plus variées, grâce aux terrasses de conglomérat qui en longent la base à 100 et 150 mètres de hauteur et que les torrents ont découpées en cubes et en pyramides : les cultures étagées et les arbres touffus qui remplissent les vallons contrastent par leur verdure avec les teintes rouges des éboulis. Toutes ces terres qui s'écroulent et se ravinent et dont les ruisseaux emportent les débris pour les déposer en alluvions dans la vallée du Méandre, sont évidemment les restes de dépôts qui se formèrent à une époque géologique antérieure, alors que les côtes de l'Anatolie étaient plus profondément immergées.

Vers son extrémité occidentale, la chaîne du Misoghis s'abaisse. Un seuil

< Hamiltoo, Researches in Asia Minor.

* Olivier Rayet, MUel et le çolfe Laimique.

au-dessous duquel passe souterrainement, à 243 mètres d'altitude, la voie ferrée de Smyrne à la vallée du Méandre, sépare la chaîne principale du massif de Gumich-dagh ou de la <c Montagne d'Argent », riche en gisements d'émeri et autres minerais. Au sud, des groupes de collines bordent le bas Méandre en face des escarpements du Bech-Parmak, puis on voit se profiler de l'est à l'ouest l'arête dentelée du Samsoun-dagh, le Mycale des anciens. La pyramide rocheuse du Rapana, qui se dresse au milieu de cette chaîne, au-dessus des grandes forêts de pins, des maquis de lauriers et de myrtes, est le sommet le plus élevé du littoral asiatique de la mer Egée (1258 mètres); immédiatement à l'ouest, s'arrondit la croupe d'une autre cime, un peu moins haute (1208 mètres), mais considérée par les marins hellènes comme le mont sacré ; le reste d'une chapelle dédiée au prophète Élic, qui succède dans la vénération des Ioniens au dieu solaire Apollon-Melkarth, s'élève au bord du précipice, dominant le merveilleux spectacle du littoral et de la mer avec ses golfes, ses détroits et ses ilcs. En face, comme à un jet de pierre, on voit l'ile de Samos, se terminant à l'ouest par la masse du Kerki^ plus haute encore (1750 mètres) que les sommets du Mycale ; puis au delà se montrent des cimes de Nikaria, dépassant également 1000 mètres, et vers le sud-ouest, diverses îles, entre autres Patmos, apparaissent sur le fond violet de la mer, tantôt en ombres noires, tantôt en vapeurs lumineuses. \je détroit qui sépare de Samos le cap le plus avancé de Mycale n'a que 2 kilomètres de largeur; encore une petite île, où se reposent les déserteurs qui traversent le détroit à la nage, divise-t-elle le chenal en deux bras. De la ville de Samos, la population put voir se dresser la croix où le tyran Polycrale fut cloué « dans sa gloire »• Ce promontoire extrême de la terre ferme a gardé son nom antique de Mycale, changé par transposition de syllabes en Camilla ou Camello.

Au nord de la chaîne du Misoghis, se développe une autre chaîne de même hauteur, le Tmolus des anciens, qui se termine immédiatement à l'est de Smyrne par un énorme môle portant quelques villages à mi-pente. Ensemble, le Misoghis et le Tmolus s'arrondissent en un vaste demi-cercle enfermant la vallée du Caistre. A l'ouest de cette vallée, les montagnes forment des massifs indépendants, jadis séparés des monts de l'intérieur par de larges détroits. L'Alaman-dagh, le Gallesion des anciens, a gardé son aspect insulaire : la verdure qui entoure ses talus et pénètre dans ses gorges limite le promontoire aussi nettement que le ferait l'eau de la mer; peu de montagnes ont plus fier aspect que ces roches dont les pyramides à pans coupés, s'appuyant sur des pentes d'éboulis revêtus d'herbes, ont la forme réguUère de gigantesques monuments ; les murailles qui longent les

arêtes, les forteresses qui se dressent au bord des précipices ont Tair d'appartenir à l'architecture de la montagne. DifTérent de presque toutes les autres chaînes de l'Ionie asiatique, dont la direction normale est celle de l'est à l'ouest, l'Alaman-dagh aligne ses pics dans la direction du nord au sud, de même que la chaîne, plus occidentale, qui traverse la presqu'île smyrniote pour aboutir aux sommets jumeaux des Deux Frères, dont les pentes boisées dominent Feutrée de la rade. Plus loin, une autre chaîne, supérieure en altitude, suit la même direction du sud au nord, du cap Karaka au Mimas ou promontoire de Kara bouroun ; la longue rangée de monts se dresse comme un rempart dans la péninsule érythréenne en travers du golfe de Smyrne. L'île la plus rapprochée du littoral, Chio, est orientée de la même manièi*e et se distingue ainsi des autres îles de l'archipel asiatique par l'alignement dans le sens du méridien ; peut-être est-ce à la neige (iAton) , brillant sur ses montagnes pendant quelques jours ou quelques semaines d'hiver, que l'île devrait son nom^; la plus haute cime, le Saint-Élie, qui s'élève au nord de l'île, atteint 1267 mètres.

Les formations de Chio appartiennent à diverses époques géologiques et la terre est en travail pour en produire de nouvelles. Les roches d'éruption, serpentines, porphyres, trachytes, se renconti^ent en maintes parties de l'île de même qu'en face, dans la presqu'île érythréenne : les deux massifs parallèles, que sépare un bras de mer ayant au seuil 25 mètres de profondeur seulement, se trouvent dans la même aire d'ébranlement volcanique. On sait que cette région de l'Ionie, l'une des plus riches de l'Asie Mineure en sources thermales', est une de celles qui ont le plus à soufTrir des secousses intérieures. Pendant la deuxième moitié du siècle, peu de désastres ont été comparables au terrible tremblement qui renversa la ville de Chio. Au mois d'oétobre 1883, le sol frémit de nouveau, principalement au-dessous de la région érythréenne, où se voit un petit cratère, près de Tchesmeh. Le sol s'entr'ouvrit dans le district de Latzata. Les sources tarirent, tandis que d'autres s'élancèrent du sol ; plusieurs villages et des quartiers de villes furent i^enversés ; plus de cinquante mille personnes eurent à camper près de leurs maisons démolies.

La chaîne qui se rattache par un seuil peu élevé aux monts du Tmolus et se recourbe vers l'ouest pour limiter au nord la baie de Smyrne n'est pas au nombre des saillies remarquables de l'Asie Mineure par la superGcie qu'elle occupe et la hauteur de ses pics, mais elle a un grand nom dans le

* Pauli, MiUheilungen der Geographischen Gnellichaft in Hamburg^ 1881-1882.

* G. Lattry, Congrèi médical à Athèneê^ 1882.

48S NOUVELLE 6Ë0GRÂPHIE UNIVERSELLE.

mythe et l'histoire. C'est le Sipyle où régna Tantale, et la montagne la plus haute que Ton voit en face de Smyrne, profilant son cône émoussé au-dessus d'autres croupes plus rapprochées, est le « Trône de Pélops », où siégea le chef de la famille qui donna son nom au Péloponèse*. Les anciens auteurs parlent d'effroyables tremblements de terre qui renversèrent les cités et « dévorèrent » le mont Sipyle. On ne reconnaît aucune trace de ces cataclysmes, mais toute la partie occidentale de la chaîne, désignée par le nom turc de Yamanlar-dagh, est formée de roches éruptives ; la partie occidentale du Sipyle, le Manissa-dagh, ou « Mont de Magnésie », se compose de roches crétacées, qui se terminent brusquement, sur le versant du nord, par de formidables parois, diversement colorées, percées de grottes, coupées de failles qui semblent traverser la montagne de part en part; de véritables tranchées, d'une régularité parfaite, s'ouvrent ainsi et pénètrent au loin dans les rochers entre deux murs verticaux. A l'est du Manissa-dagh, la plaine de Sardes, que parcourt le Hermus, longe le versant septentrional du Tmolus, connu en cet endroit sous le nom de Bot dagh, ou « mont Gris ». Ces pentes, comme celles du Misoghis au-dessus de la vallée du Méandre, sont flanquées do débris rougeàtres en terrasses, que découpent les rivières en massifs distincts et dont les pluies sculptent le rebord en pyramides et en obélisques. Plus hautes que celles du Méandre, les terrasses de la vallée de Sardes firent également partie de couches continues qui occupaient toute la largeur de la plaine, avant que le Hermus s'ouvrît un défilé vers la mer, entre le Sipyle et les montagnes de Hassan-dagh.

Les massifs qui font face au Tmolus, au nord de la vallée d'Alachehr, sont en partie de formation volcanique et l'une des plaines qu'ils enferment est le « Pays Brûlé », la Katakekaumené des Grecs. Un cône d'éruption, le Kara Devlit ou 1' «Encrier Noir », qui s'élève à 150 mètres environ au-dessus de la plaine de Koula, est composé en entier de cendres et de scories noirâtres, qui cèdent sous le pied. A l'ouest de l'Encrier Noir, deux «autres cônes d'éruption au cratère régulier se succèdent ail kilomètres d'intervalle et, comme le Kara Devlit, donnent naissance à des coulées de lave qui descendent du nord vers le Hermus; le cône le plus occidental, le Kaplan Alan, « Antre du Tigre », présente une coupe terminale de 800 mètres de tour. Depuis un nombre inconnu de siècles les « cheires » ont gardé les aspérités de leur surface ; comme aux temps de Strabon, elles méritent pleinement leur nom de Pays Brûlé : stériles et noirs, ces fleuves

< G. W^ebcr, Le Sipyloi el ses monumenlt.

de scories contrastent d'une manière saisissante avec les verdoyantes campagnes qui les bordent. Outre les trois cônes d'éruption d'où s'épanchent ces laves relativement modernes, probablement du même âge que les volcans d'Auvergne, il en est plusieurs autres que l'on distingue seulement par leur profil et qui portent la même végétation que les pays environnants ; leurs pentes sont couvertes de vignes et de champs cultivés comme la plaine qui les entoure; enfin, sur les plateaux de schiste et de marbre, se dressent d'autres volcans datant d'une époque antérieure ^ Â l'ouest de la Katakekaumcné, une petite bordure de montagnes, le Kara dagh, accompagne au nord la vallée du Hermus; le plateau qu'elle supporte s'est effondré ou plissé vers le centre, enfermant comme dans un cirque ovale le lac de Mermereh, dont le niveau n'est que peu supérieur à celui de la mer*.

Le Mourad-dagh, qui continue à l'ouest le faîte de TEmir-dagh, sur le plateau central, peut être considéré comme le nœud montagneux d'où divergent les chaînes et d'où découlent les rivières principales au nord-ouest de la Péninsule. Le Méandre, le Hermus, le Thymbrius y prennent naissance. Le Mourad, une des hautes chaînes de l'Asie Mineure, dépasse 2000 mètres et se continue à l'ouest par l'Ak dagh ou <c mont Blanc », qui atteint 2440 mètres. Plus loin, se prolongent les coupes régulières du Demirdjidagh , projetant au sud des contreforts dont l'un est le superbe massif trachytique de Kayadjik, dressant ses parois verticales au-dessus des vallées ombreuses où serpentent les eaux. La chaîne du Hassan-dagh, qui continue le faite principal à l'est et au sud-ouest, se recourbe vers le Sipyle comme pour fermer la vallée du Ilermus ; le chemin de fer de Smyrne à Magnésie s'ouvre passage à travers ces gorges, où ne pénétraient jadis que de périlleux sentiers. Les autres massifs qui se rattachent au Demirdji et qui transforment en un vaste labyrinthe toute la région qui s'étend vers la mer de Marmara arrondissent pour la plupart leurs cimes en longues ondulations : ce sont les yaïla ou plateaux de pâturages où les Yuruk campent en été. Cependant quelques chaînes ont les crêtes vivement découpées : telle est, en face de Mytilène, le Madara-dagh, rempart de syénite formé en grande partie de blocs empilés de manières fantastiques et présentant toutes les transitions entre la roche solide et le sable désagrégé ; çà et là des rocs éboulés sont restés suspendus entre deux piliers résistants et servent de toit aux masures des bergers. Mytilène, que le golfe d'Edremid

> Hamilton, Reuarchu in Atia Minor, Pontiu and Armenia* * P. de Tchibatchefi, Asie Mineure,

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sépare de la haute mer, est aussi hérissée de montagnes; an « Olympe », parfois resplendissant de neige, se reflète dans une baie intérieure. Cette grande île de la côte anatolienne appartient évidemment k deux systèmes orographiques ; sa cdte occidentale continue celle de la Troade, tandis que celle de l'est court parallèlement aux rivages de la Mysie : c'est à cette double formation que l'ile doit sa configuration bizarre d'éventail ouvrant ses branches au sud poui- laisser penéti-cr la mer en golfes circulaires.

Les monts de la Troade ont leur nœud principal, non au centre du territoire, mais à l'une de ses extrémités, immédiatement au noi-d du golfe d'Ëdremid. Là s'élèvent les escarpements boisés du Kaz-dagh, le « mont des Oies », l'Ida ou Gargarc des anciens ; toutefois ces deux noms doivent s'appliquer dans leur acception poétique à d'autres montagnes plus centrales de la Troade, car de la croupe suprême du Kaz-dagh, — haute de 1769 mètres, d'après Schmidt, — mais entourée d'autres cimes à peine moins élevées, on ne voit point la plaine d'Ilion ; ce n'est pas de là que Zeus eût pu contempler les lu Itcs di;s Troycns et des Grecs aux bords du Scamandre. Pour

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