ADVERBES DE QUANTITÉ
§ 374. Aussi exprime la comparaison. Si indique le degré d'intensité ; il est synonyme de tellement. Ges deux adverbes se mettent devant les adjectifs et les adverbes. Ex.:
Nous sommes aussi fatigués que vous.
Nous sommes si fatigués que nous ne pouvons plus marcher.
Remarque I. Cependant l'usage autorise l'emploi de st, pour aussi, dans les phrases négatives, surtout quand le second terme de la comparaison est exprimé. Ex, :
€ Bien iHest si redoutable à l'homme que l'éternité. »
(Pascal.)
Remarque II. Dans le sens intensif, et dans les phrases négatives ou interrogatives^ se* est souvent suivi de que ne et du subjonctif. Ex. : je ne suis pas si* prévenu en sa faveur que je ne voie bien ses défauts.
Remarque III. iSr s'emploie avec que et le subjonctif dans le sens de quelque. Ex. : si habile que vous soyez.
§ 375. Autant exprime la comparaison, comme aussi: ^an^ indique le degré d'intensité, comme si. Autant et tant sont suivis de la préposition de avec les substantifs, et de la conjonction que avec les verbes. Ex. :
« Il y a autant de paresse que de faiblesse à se laisser gouverner. » (La Bruyère.)
Il estime Rodrigue autant que vous l'aimez.
(Corneille.)
Bemabqxte I. Comme Tadverbe si, tant peut s'employer au sens comparatif dans les phrases négatives. Ex. : Rien ne pèse tant qu'un secret. (La Fontaine.)
Remarque IL Tant que peut s'employer dans le sens de autant de temps qm, Ex. :
Je le lui promettais tant qua vécu son père.
(Raôine.)
§ 376. Beaucoup se joint aux substantifs pris dans un sens déterminé ou indéterminé. Ex. : j'ai vu beaucoup de personnes; beaucoup des personnes que j'ai vues... ; il se joint aussi aux verbes. Ex, :
Si j'espère beaucoup, je crains beaucoup aussi.
(Oornbille.)
Il se met, comme l'adverbe bien, devant les comparatifs, dont il renforce la signification : beaucoup mieux, beaucoup plus, etc.
§ 377. Davantage etplus sont deux adverbes de comparaison ; mais plus s'emploie avec que suivi d'un second terme de comparaison : davantage s'emploie seulement lorsque le second terme a déjà été exprimé ou lorsqu'il est sousentendu. Ex. :
Ils soQt laborieux tous les deux; mais Paul Test ^lus que Pierre.
Pierre est laborieux, mais Paul l'est davantage.
Remarque I. Davantage s'emploie toujours avec un verbe, jamais devant un adjectif, et il n'est jamais suivi d'uL complément. Ex. : il promet beaucoup et àomnà davantage.
Au contraire jo/ws peut être employé avec un adjectif et suivi d'un complément : plus connu; ila eu plus de peine.
Remarque IL Plus peut être suivi de la conjonction que ou de la préposition de. Mais on ne met point indifféremmeiit gue et de: ^t
298 CHLLIDCÂIBE FRAKÇAISfi.
1« Que indiqn« comparaifion. Ex. ; cm bœaf ms&ge phts g'we deux cheTatix.
2^ Z>e indiqtie le nombre qn^en caMICy ht quaKlé qn'on mesure. Ex..- il « &it j^ius de dix lieaes ; il a perdu phis du double ; il est plus d'à moitié mort.
Mais, dans riiidication des firactioas, on peut mettie q^e ou de. Ex. ,'
Laoouitie «de nos jenis ^^^flm quk demi fi»6e.
Eemaïique III. Plusse répèsie û'équemment dans des propositions correspondantes, ^a?. /
<L Plus il se- livre à ses penchants^ plus H en deyienb le jouet et Tesclaye. 7> (Massillon.)
On trouve quelquefois la coi\joneiion el devant le second jo/ws {plus il se livre.... et plus). MaîsTusage n^apas adopté cette construction.
1 37S. Mmm 8'<oppcne à plus, et B«ii les mèmtà règles. Ex,: plus ou m&m fait; ic^ coAte pim, eek cc&temeins; phs« de cent personnes, moms de cent pecsosnes; plus de dix lieues, moins de dix lieues, etc.
Remarque. Construite avec les verbes, la locution 7'ien moins donne lieu à deux seuB entre lesquels l'usage n'a pas encore prononcé. Ex. : ,
n n'est rien moms q»e Ftrtare ( Il est tout à ftôi v^^i. bienfaiteuT. \ Ilnestpwdutewtj^^teOT
Ilii'aispire à rien moins iqu'i ( Il «spire tout i fait 4.... TOUS supplanter. { nm'iasponepasdutootà^
Il fiaut chttnger cette touniure> à moins que le sens n'apparaisse évidemment par la svnte de la pkrase. Pour éviter Tamphibologie qui peut résulter de cette tournai» »
SYNTAXE DU l'adtebbe, — | 383 29i
qodqaes grammairiens ont prc^iosé de dire : 1^ Rien de moins dans k sens afifirmatif ; 2* rien moim dans le sens négatif. Ex, :
Il n'est rien de moms que } Totre
Il n'est rien moins que ) bienfaiteur.
1 379. Combien , adverbe de quantité, s'emploie pour marquer Tinterrogation et rexclamation, et peut lier ensemble deux propositions. Ex. : tous Toyez combùn il a pkaré.
§ 380. Remaeque I. Construit avec un substantif qui hii sert de complément, combien s'unit à ce complément par la préposition cîe, £^.: combien de i/cmçB,..? combien de persoiinss...?
Remarque II. Comèien est en général précédé de la préposition de, avec les verbes qui indiquent une distance, une comparaison. Ex.: ife combien surpasse-t-il l'autre? de combien s'en fimt-il?
§381. Que s'emploie comme combien^ mais seulement dans le sens interrogatif ou exdamatîf. Ex.: que tous a coûté cette maîsoni que de temps... ! que de précautions! que je hais la calomnie ! que le mensonge est méprisable I
5® ▲DYEBBSS D'AJTIEMATION, DE NÉGATION, DE DOTJTE.
§ 382. Les principaux adverbes d'affîrmationson&oMdisi.
Realarque. L'emploi de 5e est moins étendu que celui de oui. Si ne se met que pa«r opposition à une négation ; Ex. : voas dites que mn; je dis que si'. Bst-ee qu'il ne rit jamais ? Si ; si fait ; êi vraiment; si certes ;ohI que si!
§ 383. Il n'existe, à poroprement parler, qne trois ad< verbes négatifs, qui sont ne, non et nullement.
Mais la négation ne, qui est la principale, a communiqué le sens négatif à plasiens autres mots qui raccompagnent ordinairement^ mais qui s'emploîenl quelquefoiB sans elle, surtout dans les réponses à une interrogatûm.
Ces mots sont les suivants : pas, point, guère, jamais, plm, ni, aucun aucunement, personne, rien, etc.
§ 384. — 1® Pas exprime une simple négation. Ex. ; cette personne na pas tout l'esprit qu'on lui suppose.
2** Point nie un peu plus fortement çpQpas, Ex. : cette personne n'a point d'esprit
Bemarque I. La différence entre pas et point est si légère que, en général, on met indifféremment l'un pour l'autre, en ne consultant que l'oreille.. Mais pas s'emploie beaucoup plus fréquemment que point, surtout dans la conversation et le style simple. Ainsi l'on dit : il n'est /}as plus savant, pas aussi savant, etc., et il y aurait de l'affectionàdire : il n'est pom^ plus savant, />om^ at^ssi savant, etc.
Remarque II. Pas et point peuvent s'employer avec le sens négatif, sans la négation ne, dans quelques phrases elliptiques, surtout dans les réponses. Ex. :
A-t-il de l'argent ? — Point ou point du tout (on ne dirait guère : point trop ; et l'on ne pourrait dire: point beaucoup; point un, point un seul).
A-t-il des livres ? — Pas un.
A-t-il de l'argent? — Pas trop, pas beaucoup, pas du tout.
Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau!
(La Fontaine.)
Remarque III. Dans les interrogations, on supprime aussi quelquefois la négation ne, avec le mot pas. Ex.:
Esther, que craignez-vous ? Suis-je pas votre frère ?
(Racine, Esther.)
§ 385. — 3*^ Guère est au contraire une négation atténuée, qui équivaut kpas beaucoup, presque pas. Ex. : cela ne me plaît guère; il ne s'en faut de guère.
SYNTAXE DE L'ADVEEBE. — § 386 301
« La coDr ne le retint guè^e^ quoiqu'il en fût la merveille. » ( BOSSUET. )
Cette négation s'emploie rarement seule, et uniquement dans les réponses et dans le style familier. Ex. : cela vous plaît-il?— Guère.
Eemaeque. En vers, on peut écrire guères pour la rime et pour la mesure.
§ 386. — 4° Plus et jamais s'emploient comme adverbes de temps négatifs. Ex. : je ne reviendrai plus ; je ne reviendrai jamais.
Bemarque I. Cependant ya7na25 n'a pas toujours le sens négatif: quand il n'est pas accompagné delà négation ne, il signifie quelquefois. Ex. :
« Elle y fut admirée plus que jamais. » (Bossuet.)
« Y eut-il jamais une foi plus vive ? (Fléchier.)
Jamais a même le sens de toujours dans les locutions : à jamais, à tout jamais, pour jamais.
[Origines latines. Ces deux mots, plus et jamais, ont entre eux une parenté de sens qui s'explique par leur étymologie. Flus vient du latin plus ; jamais des vieux mots français ja (du latin jam) et mais (du latin magis), dont le premier se retrouve dans Tadverbe déjày et le second dans la locution n'en pouvoir maiSj c-à-d. n'en pouvoir pas davantage, n'y pouvoir rien.]
Be&cabque II. Le mot pltcs, comme le mais de jamais, perd le sens du comparatif pour devenir adverbe de négation. Jamais s'applique au passé et à l'avenir, plus s'applique surtout à l'avenir, et ajoute à la négation une idée de cessation ; aussi ces deux adverbes peuvent-ils s'employer simultanément. Ex.: ils ne se yerront plus; ils ne se sont plus revus depuis ; ils ne se sont jamais vus ; ils ne se Terront jamais plus.
BE3iABQUE III. Ces doux adverbes peuvent, par suite d'une ellipse, s* employer avec le sens négatif sans la né-
302 GRAMMAIBK F&ANÇAISB.
gation ne; et qnéIqTiefois ils preoneiit xm complémeitty à Faide de la préposition de. Ex.: Se verront-ils? — Plus dn tout; jamaû. — Plui de larmes, plus de chagrins. — Junais de larmes^jamais de chagrins. Au grandjamais. Les phrases complètes seraient : ih ne se verront plus du tout,jamazSyetc.
§ 387. — 5^ iVf est «ne conjonction négative, qni s'emploie dans nne seconde proposition négative» on se répète dans les deux ; ni doit tonjonrs être accompagné de la négation ne, mais seulement dans une des propoBtti<»i8, qnand cette conjonction est répétée. Ex.:
Je ne l'aime m ne l'estime. 1 Je ne puis ni l'estimer m
I Taimer.
§ 388. — 6^ L'adjectif aucun et les pronoms indéfinis personne, rien 8'empk>ieat dans le sens n^ati^ soit avec la négation ne, soit isolément. Eis.:
Y a-t-il im daneer?i '^*'^^**'*^' ^^ •* ^ ^J ^^ * aucun.
^^ l II est nul; — il /l'j a nul danger.
Ta-t-il dn danger ? — Aucunement; ou: il ny en a «neonement, en ancme âiçon.
Qui Ta vu ? — Personne; ou : personne ne l'a vu, Qu'a-t-il dit? — Rien; — il na rien dit.
Bemarqtje. a la cUfférence de auam, ecuamement^ les mots nul, nuUemeni mmi toujours i^gatifiL
[Oaiguses latines. — Cette différence tient à Tétymologie de ces divers mots : nul vient de nuttum, qui contient une négation (ne ullum) ; aucun vient de aliquem untm, et jusqii'au Xyi« siècle aucwfis s'est employé pour gruelgt^w-ims.]
§ 389. — 7^ Le sabitsatif ^oti^te s'emploie anssi négativement, mais seulement avec la négation ne. Ex. : ne voir goutte; n'entendre goutte. O'est comme si Ton disait ; ne voir, n'entendre rien, pas même une goutte.
SYNTAXE DE L'ADTÏîRBB. ~ % 390 308
Emploi de la négation non.
%■ 390. La négation non se distingue de ne, en ce qu'elle s'emploie en général isolément, Bans les mots énuméi^ ph» àait (| dSS ), et peut Bepcéeenter à éUe senle toute ui^ proposition négative. Amcontisire ite »e lie toujours à un verbe, et est ordioairement accompagné d*autres expressions négatives. Ex. : partez-vous demain ? — Non ( cest-à-clwe je ne partirsi fm). Bive cui on no» < en i'nu- ^ne$^iertnes^dii!ie:<^e«t<ou cefa i«'e«/ ^of . d'est à lui, mon à vmts que je pairfe ( etst-èrdire oe n^est p«8 à v<»ifi). XMre jî«e nosi^ dire fitf st.
Au commenoemeat d'une i^rase^ <wl dtt %ael)(jp]efois nosk que pour ce n est pas que. Ex. :
.A^ fU6 tu «oii iwuaiMitde oeB iwLes esprits, QuiregXEabaad) toujours, quelque main qui les flatte.
(BOILEAU
Remarque I. C'est seulement quand on veut insister davantage sur la négation, et dans les réponses, qu'on met non avec quelques-unes des expressions négatives èaumi» rées plus hwut ^ 3S8>. Ex, v
Êtes-vous content ? — Non pas, non point.
Pactirefr-wais? — N&m, jamais.
Ya-*-iiTa danger? — Nbnyamctm.
A-t-il vu quelqu'un ? — Nsu, persênme* A'trû dit «fnelqne x^biose 2 — Aa«, rien»
Remarque H. Non peut ■aussi se reAmblcr pour insister B«r la négation. Ex. :
Non, non, tous ces détours sont trop ingénieux.
(Eacine.)
B?EMAnQTJE m. Non phxs forme Tme locution qui équivaut à aussi avec une négation. Ex. : je ne partirai pas.
804 aBAHMAIBE FRANÇAISE.
— Ni moi non plus {cest^àdire moi aussi je ne partirai pas.
Eemarque IV. En ajoutant à la locution non plus la conjonction que^ on a la négation conjonctiye non plus que, qui équivaut à et aussi non. Ex. :
€ Tout ce qu'il fait à la hâte ne peut avoir de durée^ non plus que ses déairs volages. ». ( Pénelon.)
C'est-à-dire : et ses désirs volages aussi n'ont pas de durée.
Remarque VI. Non seulement^ qui s'oppose en général à mais encore, est une locution dont les deux parties se tiennent si étroitement qu'on les joint par un trait d'union. Non seulement se place soit en tête d'une proposition, soit devant le terme qu'on oppose à l'autre. Ex. :
«Tout ce que peuvent faire non seulement la naissance et la fortune, mais encore les grandes qualités de l'esprit. »
(BOSSUET
Emploi de la négation ne sans autre négation.
§ 391. I. La négation ne est toujours seule (sansjoos) après si ou tellement. Ex. :
Peut-on S2 bien prêcher qu'il ne dorme au sermon ?
(BOILEAU
II. Cette négation peut aussi être seule devant l'adjectif indéfini autre employé dans le sens partitif et dans quelques locutions indéfinies. Ex, :
Il ne connaît encor d'autre père que toi. (Racine.) Mais on pourrait dire aussi i il ne comiaît pas d'autre père que toi. Et l'on devrait absolument dire (si l'adjectif autre n'avait pas de complément) : il ne connaît pas d'autre père.
Il n'y a âme qui vive dans la maison. Je n'ai trouvé qui que ce fût. Je ne lui pardonnerai de la vie. Il ne répondit mot.
SYNTAXE DE L'ADVEEBE. — | 391 305
III. Ne peut être employé seul dans certaines phrases interrogatives, négatives on bien exprimant nn souhait ou un commandement :
V Après qui et que interrogatife. Ex. : qui ne voit cela ? Que ne voit-on ?
Il se tue à rimer ; que n'écrit-il en prose ?
(BOILÉÀU.)
2° Dans les propositions incidentes dépendant d'une proposition interrogative ou négative. Ex. :
avez- vous un ami
, . . oui ne soit des miens,
vous n'avez pas un ami ) ^
3** Avec un subjonctif indiquant un souhait. Ex. : à Dieu ne plaise que...
Nuit et jour, à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise. (La Fontaine.)
Holà ! oh ! Descendez, que Ton ne vous le dise. (Id.)
IV. Ne peut être employé seul devant les verbes cesser^ oser, pouvoir^ savoir, au moins dans certaines constructions. Ex. :
il n'a cessé de J / • f
il n a osé, n'a pu, 7i'a su j résister.
On peut dire aussi :
il n'a pas cessé de résister ;
il n'a pas osé, n'a pas su résister.
Mais, avec le verbe savoir pris dans le sens de pouvoir, on supprime toujours la seconde négation. Ex, :
je ne sais je ne saurais
I m'exprimer autrement.
On la supprime encore lorsque le verbe savoir est suivi des conjonctifs ou interrogatifs qui, quoij ou de l'interroga,titquel Ex:
306 GBAMMAIBE FRANÇAISE.
. ( à qui parler; qmoi flore; qae dire; je ne scus j g^^jj^ contenanoe garder.
MaÎB on exprime la seconde négation quand les conjonctife sont précédés d*an pronom démonstratit Fx. :
i celui qui a parlé; jenesatspas \ ^5, q„e y^n a dit.
Cependant on peut dire : il ne sait ce quUl dit, ce qu'il fait. Cette dernière construction indique quelque chose de plus indéterminé.
y. Enfin né peut se mettre seul après la oonjonctitNU conditionnelle siy la conjonction restrictive iepim que et la locution impersonnelle il y ûy BuÎTle de que (dans le sens de depuis que). Ex,: si je ne me trompe; je ne parlerais pas, 52 je n*y étais forcé. — Il a bien changé depuis que je ne Vai tu; il avait bien changé depuis que je ne Tavais vu. — Il y a six mois que je ne l'ai yu ;il y avait six mois que je ne l'avais vu.
YI. Ne... que^ ffempkit dane le sens de seiUement (Voyez §319).
Emploi de la négation ne après différents verbes ou substantifs.
§ 392. — On mot la négation ne après les verbes exprimant empêchement. Ex.: j'empêcherai, j'éviterai, je prendrai garde qu'il ne vienne.
Remarque I. L'usage permet de ne pas employer ne après les phrases négatives^ et de dire : je ne puis empêcher, éviter qu'il vienne.
Remarque II. Lorsque le verbe prendre garde signifie, non pas chercher â éviter, mais remarquer, il se construit sans la négation ne et avec l'indicatif. Ex.: prenez garde que l'auteur veut dire autre chose.
Remarque III. Le verbe prohibitif défendre n'est ja-
SYNTAXE DB L'àDTBRBB. — | 394 307
mais sniri de ne. Ex. : je défends quon h iaùse sortir. I 393. — On emploie aussi ne après les verbes et les substantifs exprimant crainte-, mais seulement quand la proposition principale est affirmative. Fx, :
je crains, j'appréhemle, je redoute
je tremble, j'ai pQ«r
la peur que j lô, rappréhenaion où
je siiia je sors, de peur
Mais on dirait :
qu'î? ne vienne.
je ne crains pas, je n'ai pas pe«ir,eto.
{ qu^îl vknne.
§ 394. — On met encore ne après les verbes et les substantif exprimant émte et négation, mais seulement quand la proposition principale est négative ou interrogative. Fx. :
je ne conteste pas, | qn-y « «àt trts éloquent.
je ne me pas, ) ^ ^
je ne doute pas, je ne désespère pas qu'il ne réussisse, contestez-vous, niez-vous qu'il ne soit très éloquent? doutez-vous, désespérez- vous qu'il ne réussisse ?
Mais on dirait :
je conteste, je nie qu^il soit très éloquent. je doote, je désespère qu'il réuuiBBe.
Eemarque. Dans Vwi et dans l'autre cas, l'-em^i de la négation ne s'explîqtte par ia directioii de la pensée : selon qu'elle tend ptm ou moins vers k négative, k négation ne est exprimée cm omise. Aussi, avec les verbes marquant la eraÎHte, en enqdaie ou Ton omet ne, dans les phrases intenx^atives; si Tcm veat indiquer un -doute, on dira :
308 aBAMMAIBE FRANÇAISE.
ayez-TOnspeur ) cm^i\ ne vous trompe ?
n'avez-Tous pas peur ) ^ ^
mais, si Ton vent faire entendre que la supposition n'est pas fondée, on dira : pouvez -tous craindre quil vous trompe ?
De même, avec les verbes marquant le doute, si la forme înterrogative ou négative tend à présenter la chose comme certaine, la négation ne peut n'être pas exprimée. Bx. : Doutez- vous que je sois malade ? Je ne nie pas que vous soyez malade.
S 395. — La négation ne suit encore les verbes il tient à peu, il ne tient pas à (pris impersonnellement), et le verbe impersonnel il s'en faut, employé négativement ou interrogativement. Ex. :
il ne tient pas à moi ) q^e cela ne se fasse.
il tient à peu de chose ) ^
à quoi tient-il que cela ne se fasse ?
Il ne s'en faut pas de beaucoup que je ne me mette en colère. De combien s'en est-il fallu que je ne me misse en colère?
Remarque. Avec il s'en faut, comme avec il tient à, le mot peu est assimilé à une négation. Aussi dit-on : il s'en est peu fallu que je ne me misse en colère.
Emploi de la négation ne après les expressions comparatives ou restrictives.
§ 396. On emploie la négation ne après le que qui suit les expressions comparatives />/ws, />/w^dt; mo^ns, moindre; meilleur, pire; mieux, pis; autre, autrement , lorsque la proposition principale est affirmative ; mais si cette proposition est négative ou înterrogative, on omet ne, à moins qu'on ne veuille exprimer une négation. Ex.:
SYNTAXE DE L'ADVEEBE. — - § 398
Proposition principale affirmative.
Avec NE.
J'aime encore plas Ginna que je ne hais Angaste.
(Corneille, Cinna.) Je me plains de mon sort moins que vous ne pensez.
(Racine, Bajazet.) On se Yoit d'un autre œil qu'on ne yoit son prochain.
(La Fontaine.) Je TOUS entends ici mieux que 70US ne pensez.
(Racine, Mithridate.)
Proportion principale négative ou interrogative.
V Sans ne.
Personne n'est plus Yotre serviteur que je le suis.
(DiCT. ACAD.)
// nagit pas autrement qu il parle. (Ibid.)
€ Croyez-vous qu'un homme puisse être plus heureux qice vous l'êtes? »