‹ Nouvelle grammaire françaiseChapitre 160 sur 247 · Quelle est la raison de cet accord · texte numérisé non relu

Quelle est la raison de cet accord

tir, au coiilraire, ne marquant qu^une partie, qu'un nombre indéterminé, n'est, pour ainsi dire, qu'accessoire, et c'est sur le substantif qui suit que s'arrête l'attention.

521. — Lorsque le coflectif est exprimé par la plupart ou par un adverbe de quantité, comme beaucoup^ peu, assez, infiniment, etc. , Faccord du verbe a toujours lieu avec le substantif placé après la plupart ou après Fadverbe de quantité : La plupart au monde prétend; la, plupart de ses amis ^ABANDONNÈRENT (Acad.); beaucoup a hommes sOfiT imprudents; peu de gens connaissent le prix du temps; assez de pays ONT ÉTÉ ravagés par la guerre.

Seigneur, tant de bontés ont lieu de me confondre. (Racii^e.) Jamais tant de beauté ftf (-elle couronnée? O^dem.)

522. — Souvent le substantif complément des collectifs beaucoup, peu et la plupart est sous-entendu, et alors l'accord du verne se fait avec ce substantif comme s*il était exprimé : La plupart SONT sujets à des infirmités, c'est-à-dire la plupart des nommes sont sujets à des infirmités. Beaucoup aiment le jeu, peu travaillent avec ardeur, c'est-à-dire beaucoup d'enfants aiment le jeu, peu d'enfants travaillent avec ardeur,

523. —^ Il est à remarquer que l'adjectif qualificatif précédé d'un collectif est soumis aux mêmes règles que le yerbe : Une troupe de

jeunes filles timides et inquiètes ; — la totalité des enfants, incapable de prévoyance, ne voit que le présent,

52^. — Le pronom relatif prenant le nombre et la i)ersonne de son antécédent, il résulte de là que tout verbe qui a pour sujet le pronom relatif qui s'accorde avec ce pronom en nombre et en personne, comme il s'accorderait avec l'antécédent de ce pronom. Exemples :

L'homme et la femme gui travaillent ; Cette réserve, cette retenue qui nous eitamie; Cette faiblesse ou cette indillërence qui étonne; C'est TOUS ou moi qui répondrons ;

Cesf. votre intérêt, votre lionucur. Dieu qui exige ce sacrifice ; C'est votre temps, votre fortune, votre vie, out qui est dû in la patrie;

^21, Ayecla plupart, beaucoup,peuA523, Qu'jr a-t-il à remarquer sur assez, etc., comment se fait l'ac- l'adjectif qualificatif précédé d'un

cord du verbe?

522. En est-il de m<&me quand le complément de beaucoup^ peu, la plupart, etc., est sous-entendu?

collectif?

524* Comment s'accorde le verbe qui a pour sujet le pronom relatif qui?

l/i6 GRAxMMAIR£.

Cesl l'un et Tautre qui méritent des éloges ;

Ce D^est ni Tun ni Tautre qui sont coupables ;

Ce n'est ni la fortune ni le rang qui font le bonheur ;

Ce n'est ni Tun ni l'autre qui est mon père ;

Cette multitude de vices qui dégrade l'espèce humaine ;

Une foule de soldats qui combattent vaillamment.

Dans ces phrases, le verbe doit s'écrire comme s'il y avait : rhomme et la femme travaillent ; cette réserve, cette retenue nous CHARME ; cette faiblesse ou cette indifférence étonne ; vous ou moi RÉPONDRONS; votre intérêt, votre honneur, Dteu EXIGE ce sacrifice; votre temps, votre fortune, votre vie, tout EST DU à la patrie; Vun et Vautre méritent dçs éloges; ni Vun ni Vautre ne SONT coupables; ni la fortune ni le rang ne FONT fe bonheur; ni Vun ni Vautre n'EST mon père; cette multitude de vices dégrade V espèce humaine; une foule de soldats coib:BATTENT vaillamment.

Complément des verbes,

525, — Un verbe ne peut avoir deux compléments directs. Aussi a-t-on blâmé ce vers de Racine :

Ne vous informez pas ce que je deviendrai,

dans lequel vous et ce figurent conune compléments directs du verbe informer, La grammaire exige : Ne vous informez pas de ce que je deviendi^ai, et alors informer n*a plus pour complément direct que vous, de ce étant un complément indirect.

526. — Un verbe ne doit pas avoir deux complément* indirects pour exprimer le même rapport. Ne dites donc pas : C'est A vous A ^m je parle, cest de vous dont il s'agit, c'est A LA ville ou je vais.

Pour faire ressortir le vice de ces phrases, il suffit de supprimer c'est, qui ne sert qu*à rendre plus sensible ce qu'on dit : je parle a vous, a qui; il s'agit de vous, dont; je vais à la ville, a laquelle, car ou est l'équivalent de à laquelle. Puisqu'il n'y a qu'un verbe, il est évident qu'il n'y a -qu'un rapport à exprimer, et que, ce rapport étant énoncé par à vous, de vous, à la ville, les compléments à qui, dont, où, sont complètement inutiles, et conséquemment employés abusive-

525.Pourquoi ne dit-on pas : Nievoos informez pas ce quefe deviendrai? 526. Expliquez pourquoi cette phrase : C'est k vous a qui /e par/e, est incorrecte.

SYNTAXJE DU VERBE. . 1^7

ment Au lieu d'exprimer ce rapport inutile, il faut lier les deux propositions Tune à Tautre, et c'est à quoi sert la conjonction crie. Dites donc : Cest à vous que je parle, c'est de nom Qu'il s'agit, c'est à la ville qjje je vais,

527. — Il ne faut pas donner à un verbe un autre complément que celui qu'il exige : par exemple, nuire, parler, pardonner, demandent un complément indirect, car on dit : nuire à quelqu'un, parler à quelqu'un, pardonner à quelqu'un. Il ne faut donc pas dire : Ils se sont nui les uns les autres ; ils se sont parlé l'un L'autre; tout coupables qu'ils sont, je LES

A l'autre, et non pas qui les unit l'un l'autre, qui les lie Vun l'autre.

528. — Quand deux verbes ne veulent pas le même complément, c'est-à-dire quand l'un veut un complément direct et l'autre un complément indirect, il faut donner à chacun le complément qui lui convient :

Il attaqua la ville et s'en empara.

Il attaqua et s'empara de la ville serait incorrect; car de la ville, complément indirect de s'empara, ne saurait convenir à attaqua, qui veut un complément direct.

529. — La même chose a lieu lorsque deux verbes exigent des compléments indirects marqués par des prépositions différentes. Ainsi on dira : Un grand nombre de vaisseaux entrent DANS ce port, et en sortent tous les mois, et non pas : entrent et sortent de ce port, attendu qu'on dit entrer dans et sortir d^

530. — Lorsqu'un verbe a deux compléments de nature différente, c'est-à-dire un complément direct et un complément indirect, le plus court doit être placé le premier.

U faut opposer un maintien stolque aux propos et aux injures des méchauts.

Les hypocrites parent des dehors de la vertu les vices les plus honteux et les plus décriés.

5S 7. Quel complément ne faut-il pd»

domier à un verbe 7 538. Que faut-il faire quand deux

vdrbes ne veulent pas le môme

complément ?

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