‹ Nouvelle grammaire historique du françaisChapitre 10 sur 112 · II. — L'alphabet français · texte numérisé non relu

II. — L'alphabet français

48. — L'alphabet des Latins est aussi devenu le nôtre, avec quelques modifications.

Dans l'écriture minuscule du moyen âge, la lettre V a deux formes, dont Tune s'emploie surtout au commencement des mots, Tautre, dans le corps des mots. Sous Tune ou l'autre de ses formes, cette lettre a un triple sens : elle désigne soit notre voyelle u (par exemple dans Vne, /une), soit notre consonne v (par exemple dans vient y ooide), soit notre u semî-voyelle (dans Ivd, nuit). C'est seulement à la fin du xvii*^ siècle qu'on a décidé de réserver l'une des formes pour le son v, et l'autre pour le son u (voyelle ou semi-voyelle) ; on écrivit alors : vrai, wne, det^ant, au lieu de vrai, yne, dewant.

49. — La lettre i avait aussi deux formes, i et j» G*est de la môme façon et à la même époque (fin du dix-septième siècle) que Tune des formes fut réservée au son/, et l'autre au son i (voyelle ou consonne).

50. — Dans les mots gréco-latins passés en roman, 1*^ n'avait pas persisté et était devenu soit e, soit u. Le signe y, resté ainsi sans emploi, fut utilisé pour suppléer Vï dans certains cas où il rendait l'écriture d'un mot plus élégante * ou la lecture plus commode ^. On l'emploiera aussi pour représenter deux ^ semi-voyelles consécutifs. Il a conservé ce dernier rôle ^, mais Yi a repris sa place

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