L'alphabet latin
41. — S'il nous est possible d'étudier directement les sons d'une langue contemporaine, nous ne pouvons atteindre ceux d'une langue antérieure à nous qu'à travers le signe du son, qui est la lettre. De là l'importance de l'étude de l'alphabet.
42. — L'alphabet latin, d'où dérive le nôtre, était emprunté aux Grecs, et se composait de vingt-trois lettres dont une seule, le G, de création latine; voici la liste des autres : A, qui est l'alpha des Grecs, B = bêta, G = gamma, D = delta, E = epsilon, F = digamma éolique, H = êta, I = iota, K = cappa, L = lambda, M = mu, N = nu, = omicron, P = pi, Q = coppa \
1. Cette lettre était tombée en désuétude de très bonne heure chez les Grecs, mais était restée rependant comme siprne numérique de 90.
R = rhô, S = sigma, T = lau, V = upsilon, X = xi, Y = upsilon, Z = zêta.
43. — L'Y et le Z ne furent introduits que très tard dans Talphabet latin, et ne furent employés que pour des mots calqués du grec, où ils remplaçaient Tupsilon et le zêta. L'upsilon était déjà représenté dans l'alphabet latin par la lettre V. *
44. — Quant au G, il est d'invention latine. A l'origine, le K désignait la gutturale explosive sourde ( notre c dur) et le G représentait la gutturale explosive sonore (notre g dur) ; mais de très bonne heure la lettre K devint presque hors d'usage, et G fut employé indifféremment comme signe des deux gutturales. Un peu plus tard, on voulut de nouveau donner des signes différents à ces deux sons : G fut conservé pour la gutturale sourde, et G fut inventé pour la sonore. On voit d'ailleurs que le G n'est autre chose que le C légèrement modifié.
Les grammairiens latins des premiers siècles de notre ère n'ont jamais pu s'expliquer d'une façon satisfaisante l'utilité de la lettre Q, qui faisait alors triple emploi avec le C et avec le K. On remarquait seulement que le Q remplaçait presque toujours le G devant le V suivi d'une voyelle: QVOD (que nous écrivons quod),
45. — Dans les mots calqués du grec, les Romains représentaient la lettre grecque chi (prononcez Ki) par cA, le phi par ph, le thêla par M, le rAo surmonté de l'esprit rude par rh.
46. — La lettre V était signe de consonne dans "venity awidum, etc., signe de voyelle dans vwv5, /vwa, etc., et signe de semi-voyelle dans Avic, avdio, etc.
47. — La lettre I était signe de consonne da.nsiuvenem, maior, etc., signe de voyelle dans finisy linien, etc., et
signe de semi- voyelle dans queis (pour quibus) et i|0elqiies mots semblables.