VOYELLES ATONES DES SYLLABES NON INITULES
108. — Vi atone, que ron trouve au futur des verbes inchoatifs et de quelques autres verbes en ir, s'explique par rinfluence des formes où le même t, tonique ou atone, est régulièrement conservé, comme à Finfînitif, et comme dans toute la conjugaison des verbes inchoatifs.
Vi voyelle atone peut dériver d'un i semi-voyelle de l'ancien français : «des-trier» en deux syllabes, ier formant diphtongue, est devenu « des-tri-er» en trois syllabes. Ui de la diphtongue ié s'est ainsi isolé de l'é, pour former une syllabe à part, toutes les fois qu'il est précédé d'une r ou d'une / précédée elle-même d'une autre consonne : é trier y ouvrier , tablier ^ etc.
Vi atone peut correspondre à un i latin suivi d'une / ou d'une n, mouillées par un i en hiatus.
rossigrnol vient de * lusctmolum paviZ/on — papi/tonem
champigfnon — *campmtonem
Les formes anciennes de ces mots sont : rosseignol, paveillon, champeignon.
Vi atone provient encore d'une ancienne diphtongue dans charrier et les mots analogues. Cette diphtongue est apparente dans une autre forme du même mot, charroyèr, jadis charreier. La diphtongue ei dérivait d'une voyelle d'appui soumise à l'influence d'une palatale : latin carr{iy care. Il y a eu hésitation entre la réduction à i et le changement normal de ei en oi. Dans une troisième forme du même mot, charger, il n'y a pas de voyelle d'appui.
109. — Vè atone maintenu par l'entrave a pu s'affaiblir en e muet, quand l'entrave a cessé d'exister par suite de la chute d'une consonne :
Ex. : appeler, du latin «appdlare».