‹ Nouvelle grammaire historique du françaisChapitre 22 sur 112 · L'a tonique provient d'un a latin tonique entravé · texte numérisé non relu

L'a tonique provient d'un a latin tonique entravé

part — par^em

cheval — cahallnm maussade — male-sap(i)dum

L'a peut encore provenir d'un a libre suivi d'une / ;

mal, latin ma/um loyal — legalem.

1. La parenthèse indique ici la lettre dont la voyelle d'appui a pris la place.

Il dérive exceptionnellement d un o dans «dame», de dominam.

Il dérive exceptionnellement d'un e, et s*écrit encore e, dans «femme», de feminam. Ve de« femme» a commencé par se nasaliser sous l'influence de Vm. Or Ye français passe généralement à Va en se nasalisant {en = an). On a donc prononcé fen-me, c'est-à-dire fan-me. Puis la voyelle s'est dénasalisée, et on a eu famé. Mais l'orthographe est restée indifférente à cette série de transformations dans la prononciation, et on continue à écrire : femme ^,

112. — Va s'explique par une contraction ou par la chute d'une s ^.

âge a été d'abord eage^ latin œtaticum âne — asne, latin asinum.

Dans ces deux mots, l'a était entravé par suite de la chute aiïcienne des voyelles atones.

113. — Les dictionnaires de rimes distinguent avec soin les rimes en asse long (prononcé âssé) et celles en asse bref. Or, si Ton considère, dans les deux catégories, les mots qui sont d'origine populaire, au moins quant à la terminaison, on remarquera en général que dans les mots en asse bref, les deux s ne sont que l'équivalent graphique d'un c que nous offre toujours l'ancienne orthographe, et qui dérive de ci ou ti latin {embrasse, jadis embrace, latin *imbrachiat; chasse, jadis chace, latin "captiat; fasse du verbe faire, anciennement face, latin faciat).

1. Le môme phénomène s'est produit avant l'accent : patiemment , prononcé paciament; rouennene, prononcé rouanerie,

2. Vs devant une autre consonne était tombée de la prononciation à répoque de Joinville.

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