En résumé, et sous réserve de quelques exceptions
l'a tonique latin libre a donné <î ou ^
— entravé — a
— influencé par une palatale qui suit ai
— libre et influencé par une palatale qui
précède ié
— libre et suivi d'une nasale ai
— suivi de ^ + une autre consonne au Ue long et Vi bref libres ont donné ai
— entravés et influencés par une palatale
qui suit ai
— quand la consonne voisine est Z ou n H
— entravés sans palatale è
1. Quand la palatale qui suit Vo bref est accompagnée d'une /, on a eu : ïeuïilQ, latin « Ib/ia ». Cependant olca fait huile.
LVlong et Vi bref libres et influencés par une palatale
qui précède i
— libres et suivis d'une nasale et ou oi
— suivis de l + une autre consonne, ou
de / finale eu
Ve bref libre a donné ié
— entravé è
— influencé par une palatale qui suit i
— suivi de t + une autre consonne, ou de
/ finale eau
Vi long donne i
Vo long et l'w bref libres donnent eu
— entravés ou
— suivis d'une nasale o
— suivis d'une palatale oi
— suivis d'une palatale et d'une / ou Vo bref libre donne eu
— entravé o
— suivi d'une nasale o
— suivi d'une palatale ui
— quand la consonne voisine est l eu
— suivi de l + une autre consonne, ou de
/ finale ou
Vu long donne u
Vau donne o
— suivi en français d'une voyelle ou
Voyelles nasales.
141. — Toutes les fois qu'une n ou une m s'est trouvée à la fin d'un mot, ou avant une autre consonne,^ elle a nasalisé la voyelle précédente.
Souvent la nasalisation est accompagnée d'une transformation du timbre fondamental de la voyelle. C'est ainsi que è a passé au son a en se nasalisant : en s'est confondu avec an, gent (jadis gè-n't) se prononce comme yean,renrf comme rang, tente comme tante, etc. Vè
n'a conservé sa valeur en se nasalisant que lorsqu'il s'écrivait ai ou ei {plein, main), ou lorsqu'il était précédé d'un i semi-voyelle [rien, mien, chien, moyen^ payen).
L'i, en se nasalisant, a passé au son è, et s'est confondu avec en de chien ou ain de main : fin se prononce comme feint ou faim. Le véritable i nasal n'existe pas en français.
De même, u, en se nasalisant, a passé au son eu. «Un » se prononce : eun.
Le second élément de la diphtongue oi, qui sonne a aujourd'hui {roi = rwà), mais qui s'est d'abord changé en é (on a prononcé rwé), s'est nasalisé en en [=ein) : loin se prononce Iwèn.
Les diphtongues nasales s'expliquent ainsi par la nasalisation du second élément des diphtongues non nasales qui ont précédé. Quant à la diphtongue ion des imparfaits et des subjqjictifs (chantions), elle s'explique, à l'imparfait, par une ancienne prononciation i-on en deux syllabes, et au subjonctif par une ancienne diphtongue ien (dérivée de iSLXnus latin), dans laquelle on a substitué on à en par analogie avec la terminaison habituelle des premières personnes du pluriel.
L'équivalence de en et de an a fait que l'on a parfois substitué une orthographe à l'autre. C'est ainsi que la préposition sens (latin sine) est devenue sans, que senglot (latin singluttum pour singultum) est devenu sanglot; sengle (latin cingulum) : sangle ; senglier (latin singularem) : sanglier.
Le son an peut aussi résulter de la fusion d'un a avec un nasal : pa-on est devenu pan, que l'on continue à écrire avec un o.
ORIGINE DÇS CONSONNES 63