‹ Nouvelle grammaire historique du françaisChapitre 26 sur 112 · En résumé, et sous réserve de quelques exceptions · texte numérisé non relu

En résumé, et sous réserve de quelques exceptions

l'a tonique latin libre a donné <î ou ^

— entravé — a

— influencé par une palatale qui suit ai

— libre et influencé par une palatale qui

précède ié

— libre et suivi d'une nasale ai

— suivi de ^ + une autre consonne au Ue long et Vi bref libres ont donné ai

— entravés et influencés par une palatale

qui suit ai

— quand la consonne voisine est Z ou n H

— entravés sans palatale è

1. Quand la palatale qui suit Vo bref est accompagnée d'une /, on a eu : ïeuïilQ, latin « Ib/ia ». Cependant olca fait huile.

LVlong et Vi bref libres et influencés par une palatale

qui précède i

— libres et suivis d'une nasale et ou oi

— suivis de l + une autre consonne, ou

de / finale eu

Ve bref libre a donné ié

— entravé è

— influencé par une palatale qui suit i

— suivi de t + une autre consonne, ou de

/ finale eau

Vi long donne i

Vo long et l'w bref libres donnent eu

— entravés ou

— suivis d'une nasale o

— suivis d'une palatale oi

— suivis d'une palatale et d'une / ou Vo bref libre donne eu

— entravé o

— suivi d'une nasale o

— suivi d'une palatale ui

— quand la consonne voisine est l eu

— suivi de l + une autre consonne, ou de

/ finale ou

Vu long donne u

Vau donne o

— suivi en français d'une voyelle ou

Voyelles nasales.

141. — Toutes les fois qu'une n ou une m s'est trouvée à la fin d'un mot, ou avant une autre consonne,^ elle a nasalisé la voyelle précédente.

Souvent la nasalisation est accompagnée d'une transformation du timbre fondamental de la voyelle. C'est ainsi que è a passé au son a en se nasalisant : en s'est confondu avec an, gent (jadis gè-n't) se prononce comme yean,renrf comme rang, tente comme tante, etc. Vè

n'a conservé sa valeur en se nasalisant que lorsqu'il s'écrivait ai ou ei {plein, main), ou lorsqu'il était précédé d'un i semi-voyelle [rien, mien, chien, moyen^ payen).

L'i, en se nasalisant, a passé au son è, et s'est confondu avec en de chien ou ain de main : fin se prononce comme feint ou faim. Le véritable i nasal n'existe pas en français.

De même, u, en se nasalisant, a passé au son eu. «Un » se prononce : eun.

Le second élément de la diphtongue oi, qui sonne a aujourd'hui {roi = rwà), mais qui s'est d'abord changé en é (on a prononcé rwé), s'est nasalisé en en [=ein) : loin se prononce Iwèn.

Les diphtongues nasales s'expliquent ainsi par la nasalisation du second élément des diphtongues non nasales qui ont précédé. Quant à la diphtongue ion des imparfaits et des subjqjictifs (chantions), elle s'explique, à l'imparfait, par une ancienne prononciation i-on en deux syllabes, et au subjonctif par une ancienne diphtongue ien (dérivée de iSLXnus latin), dans laquelle on a substitué on à en par analogie avec la terminaison habituelle des premières personnes du pluriel.

L'équivalence de en et de an a fait que l'on a parfois substitué une orthographe à l'autre. C'est ainsi que la préposition sens (latin sine) est devenue sans, que senglot (latin singluttum pour singultum) est devenu sanglot; sengle (latin cingulum) : sangle ; senglier (latin singularem) : sanglier.

Le son an peut aussi résulter de la fusion d'un a avec un nasal : pa-on est devenu pan, que l'on continue à écrire avec un o.

ORIGINE DÇS CONSONNES 63

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