CONSONNES
142. — REMARQUE GÉNÉRALE. — LoFsque nous parlerons de consonnes initiales^ nous entendrons non seulement celles qui commencent le mot, mais encore celles qui suivent immédiatement un préfixe.
143. — Vh muette du français est généralement un souvenir de Torthographe latine : homme, du latin hominem; hiei% du latin heri, etc. Dans quelques mots, comme huile (de olea), huis (de ostium), huître (de ostrea), elle a été ajoutée après coup *. Elle peut résulter d'une fausse étymologie comme dans bonheur, qu'on a rattaché à tort au mot heure. Enfin, on l'a parfois introduite entre deux voyelles pour marquer que ces voyelles doivent se prononcer isolément : cahier, pour caïer.
144. — Vh aspirée est d'origine germanique. On la trouve cependant dans haut,qm est d'origine latine [altum), mais qui a probablement subi une influence germanique. Sur h aspirée, voyez § 27, ^
Les liquides 1 et r.
145. — Z et r proviennent de / et r latines, quelle que soit la place de ces consonnes :
/une latin Zuna mieZ latin meZ
tab/e — tabuZa fZeur — fZorem
parZer — parabo/are toiZe — te/a
rendre — reddere partem — part
1. On peut remarquer que, dans ces naots, elle se trouve devant la diphtongue ui. Au temps où Vu et le v s'écrivaient de même, elle a pu servir à indiquer que la première lettre du groupe ui (qu'on aurait pu lire vï) était une voyelle et non une consonne.
146. — Il faut remarquer que r finale est devenue tout à fait muette après e* : 1* dans les infinitifs de la première conjugaison; 2* dans les suffixes er et ter, qui dérivent des suffixes latins arium ou erium : «métier», de ministerium; «berger», de*berbecarium; «chevalier», de ca6a//arium, etc. Comparez les finales de amer (latin amarum), enfer (latin infemum), fier (latin ferum), où r est prononcée.
Dans le même suffixe ter ou er, Vr est encore muette devant Y s de flexion (dans les pluriels), ou devant Vs adverbiale {volontiers). Comparez tiersy requiersy envers^ travers^ oùr se prononce.
147. — L7 redoublée, que Ton trouve dans certains mots latins, s'est toujours réduite à / simple en français. Toutefois, l'orthographe actuelle ofTre souvent des / redoublées pour mieux rappeler Tétymologie^ et quelquefois pour indiquer la prononciation de la voyelle qui précède (en général, toute consonne double indique que Te qui précède doit se prononcer ouvert).
e//e (prononcé è/e), latin i/foi se/Ze (prononcé sèle) — seWa vi/Ze — viZZa
148. — Devant une voyelle, l redoublée, précédée d'un i, marque 1'/ mouillée. Ce son dérive de 1'/ lait Elle était aussi devenue muette, au xv^ siècle, dans les noms en
eur et les infinitifs en i>. C'est au xvn* siècle que, sous l'influence de l'orthographe, elle a reparu dans la prononciation de ces mots. Voy. Darmesteter, Création des mots nouveaux , p. 104.
2. Dans telle^ quelle, dans tutelle (mot savant), l'Z redoublée correspond à une Z simple du latin. Il y a contradiction entre l'orthographe de tutelle et celle de clientèle. — Les deux Z se prononcent dans plusieurs mots savants : alléguer, nullité.
tine accompagnée d une palatale {e ou i en hiatus,
merveille, latin mirabi/ia
meiWeur — me/torem
mie — fîZia
oretWe — auric(u)/a
Lorsque 17 mouillée doit terminer le mot, / n'est pas redoublée.
gouvernait, latin gubernac(u)/um soleiZ — solic(u)/um
péri/ — peric(u)/um
Sur péril et fille ^ voyez § 59.
149. — LV redoublée du français (on la prononce généralement simple) correspond à r redoublée du latin *, ou quelquefois à une r simple précédée d'une dentale.
terre latin le?Ta larron — la^ronem yerre — vi^rum