Dans le supplément du Dictionnaire de Littré
on trouvera un dictionnaire spécial des mots d'origine orientale (arabe, hébreu, persan, turc, malais), qui se recommande du nom de M. Marcel Devic, professeur à la Faculté des lettres de Montpellier. Citons dans cette catégorie : alcali, alcôve, algèbre, amiral, baldaquin, safran, satin, sultan, qui sont arabes, bazar, châle, échec, sérail, tambour, qm sont persans, bey, divan, kiosque, qui sont turcs.
199. — A l'Italie nous devons des mots comme piano, violoncelle, bémol, carnaval, escapade, banqueroute, alerte, aquarelle, fioriture, conclave ; à l'Espagne : hâbler, jasmin, mantille, platine, etc.; à l'Allemagne : kirsch, bitter, bock^, vasistas, boulevard; à l'Angleterre une foule de mots pour désigner des inventions modernes ou des modes anglaises : rail, tender, tramway, turf, sport, fashionable, confort, bifteack. Le polonais nous a donné des noms de danses, polka, mazurka, schottisch ; le russe, les mots ukase, rouble, steppe, et quelques autres. Acajou, tapioca, quinquina sont des mots américains.
200. — Enfin les littérateurs et les savants ont introduit dans le français un grand nombre de mots tirés du grec et du latin classiques. Les mots grecs abondent dans la langue scientifique : hématite, aphonie , anthère, aponévrose, épigastre, catachrèse, périoste, hypoténuse, etc., etc.
\. Bock, dit M. Darmesteter, vient de l'allemand bockbier, bière de bouc, nom donné à une espèce de bière de qualité supérieure, à cause de la marque de fabrique prise par l'industriel qui la confectionne. Cette marque consiste en un tonneau à droite et à gauche duquel se tiennent deux boucs dressés sur les pattes de derrière. L'expression bockbier, qu'on lit ou lisait sur les bra-series, les boutiques de marchands de viîî,a été importée chez nous par quelque commis-voyageur, qui l'expliqua à sa manière par verre, mesure de bière. Et voilà comme un bouc a été changé en une sorte de chope.