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Sur une autre signification de in, voyez paragraphe

entre autres les mots dantesque, pédantesque, romanesque, ehevaletesque^ .

246. — Enfin il faut mettre à part le suffixe ais, dérivé du latin ensem, qui a d'abord été ois, et qui est resté tel dans un certain nombre de mots. Il sert à former des noms de peuples ^ : Hollandais, Suédois, Tonkinois. lia donné aussi des adjectifs ordinaires : cour^ lois, de cour (anciennement court).

Observations générales sur les suffixes

247. — Lorsque le mot qui forme le radical se termine par une voyelle (orale ou nasale), on intercale souvent un t entre cette voyelle et les suffixes, par une raison d'euphonie, et par analogie avec les mots nombreux où le radical se termine par \m t [porteur, portier, etc). C'est ainsi que sur clou on a fait clou-t-ier; sur fer- blanc (dont le c final ne se prononçait plus) : ferblan-t-ier'^ ; sur caillou : caillou-t-er, etc.

248. — Parce qu'un mot se termine par une des syllabes que nous avons signalées comme suffixes, il ne s'ensuit pas que, dans ce mot déterminé, cette syllabe soit réellement un suffixe. Ainsi débris n'est pas formé sur un radical débr. C'est le substantif verbal du vieux verbe débriser. Dans ce mot, is fait partie du radical, ce n'est

1. Il peut aussi former des noms féminins de choses : arabesque, soldatesque.

2. Il n'est d'ailleurs pas le seul à former des noms de peuples : comparez hemchorif bugiste, parisien ^ etc.

3. Sur blanc on a fait blanchir, et non blan-t'ir, parce que la consonne finale du radical se prononçait comme un ch dans la forme féminine blanche. — Il peut arriver aussi que la voyelle finale du radical, quand c'est une voyelle nasale, dégage une n qui sert à la liaison : sur plafond (prononcé plafon) on a fait plafon er. Sur rein, on a fait « éreiner », qui a été refait eh « érein-t-er ».

pas un suffixe. « Vivacè » n'est pas formé sur l'adjectif français m/ avec le suffixe ace. Le mot vient directement, par formation savante, du latin vivacem, qui, il est vrai, contient le suffixe latin acein ; mais ce suffixe, au moins sous sa forme savante ace^, n'a pas servi à créer de nouveaux mots français.

249. — Les mots terminés par de véritables suffixes français peuvent dériver directement des mots latins correspondants, par formation populaire ou par formation savante, et, dans ce cas, le mot servant de radical peut n'avoir jamais existé isolément dans la langue française. Ainsi empereur vient directement du latin imperatorem^ où on retrouve le suffixe atorem^ qui a produit l'un des suffixes français eur (§223). Ce mot n'a pas été formé sur un verbe emperer, qui n'a jamais existé en français.

250. — Les savants ont créé un grand nombre de mots avec des radicaux empruntés au latin et au grec et qui n'ont pas passé en français en dehors de ces dérivés, ou qui, du moins, y ont pris une autre forme. Il arrive souvent que les préfixes et les suffixes employés à former des mots de cette espèce sont purement savants et ne sont pas entrés dans l'usage populaire. « Intramédullaire » a été formé sur le substantif latin medulla^, d'où dérive lai mot français moelle, avec le préfixe tout savant intra et le suffixe aire, « Névrose » dérive du mot grec neuron, qui veut dire nerf, et du suffixe grec ose (de ôsis). Quelquefois les mots ainsi formés ont pour radical un mot français : « bronchite » a été formé sur bronche (qui est lui-même un mot savant d'origine grecque), avec le suffixe savant ite (grec itês). On pourrait multiplier les exemples.

1. Sous sa forme populaire, ais, on le trouve dans quelques mots anciens tels que niaiSj qui se rattache au substantif nid.

2. Ou sur medullaris, dérivé latin de medulla, ce qui revient au môme.

251 . — Les mots fabriqués avec des radicaux latins et grecs, aussi bien que les mots empruntés aux langues étrangères, altèrent singulièrement la physionomie du français. Ils n'offrent qu'un avantage, c'est de contribuer à former une sorte de langue internationale : des dérivés et composés purement français auraient moins de chance d'être adoptés par les autres peuples.

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