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EXPRIMÉS RELATIVE- MENT AD FUTUR

Présent :

Je parle.

Je parlais.

{Imparfait.)

Passé :

Je parlai, j'ai parlé.

J'eus, j'ai eu, j'avais

parlé.

{Plus-que-parfait et

passé antérieur.)

J'aurai parlé.

{Futur antérieur.)

Futur :

Je dois parler, je parlerai.

Je devais parler, je

parlerais*.

{Futur dans le passé.)

Je devrai parler.

{Futur postérieur.

Plus-que-passé :

J'eus, j'ai eu, j'avais parlé.

J'avais eu parlé.

{Plus-que-parfait antérieur.)

J'aurai eu parlé.

{Passé antérieur dans le futur.)

Futur antérieur :

J'aurai parlé.

Je devais avoir parlé, j'aurais parlé *.

{Futur antérieur dans le passé.)

[ Je devrai avoir . parlé .]

J'arrête ce tableau au moment où, dans les deux dernières colonnes, on n'aurait plus que des temps théoriques, comme le dernier de la colonne des futurs, que j'ai mis entre crochets. On voit que, pour exprimer un temps quelconque relativement au passé, il faut prendre la forme absolue de ce temps, et remplacer, dans les auxiliaires, les présents par des imparfaits, les temps du passé par des plus-que-parfaits, les futurs par des futurs dans le passé. De même, pour exprimer un temps quelconque relativement au futur, il faut, en partant de la forme absolue^ remplacer dans les auxilaires, le présent par le futur, les temps du passé par le futur antérieur, le futur par le futur postérieur.

* L'astérisque marque les temps qui, dans les conditions indiquées plus haut, changent de valeur et deviennent des conditionnels.

Valeurs particulières de l'imparfait, et distinction des deux passés.

Pour terminer ce chapitre sur la valeur individuelle des temps, il nous reste : 1^ à signaler l'emploi de l'imparfait et du plus-que-parfait comme passés d'habitude, et après la conjonction si; 2** à déterminer la différence entre le passé défini et le passé indéfini.

Imparfait d'habitude. — Vimparfait est employé lorsqu'on veut se placer non seulement pendant la durée, mais encore pendant la fréquence de l'action. Exemple : « Quand vous êtes arrivé, je recevais souvent de ses nouvelles.» Cet emploi de l'imparfait est bien connu, et n'offre pas de difficultés. Le plus-que-parfait a une valeur analogue : « Quand on l'avait irrité, il était impitoyable. »

Imparfait pour le conditionnel. — Dès l'époque la plus ancienne de la langue, l'usage s'est établi de remplacer, après le si conditionnel, le futur par le présent, et le futur dans le passé par l'imparfait , « S'il vient, je partirai. — Tu savais que, s'il venaitf je partirais. » L'idée de futur étant suffisamment marquée par le temps de l'autre verbe et par la conjonction, on peut, sans ftuire à la clarté, éliminer cette idée du temps du verbe qui suit si. Or, si l'on supprime l'idée de futur, le futur proprement dit doit se transformer en présent, et le futur dans le passé en imparfait, puisque l'auxiliaire (représenté par les flexions ai et ais, cette dernière pour « avais ») est au présent dans le premier temps, et à l'imparfait dans le second.

Le futur dans le passé, en prenant la valeur d'un conditionnel, a conservé le privilège de se transformer en imparfait après si. U en résulte que le plus-que -parfait

après si peut équivaloir au conditionnel passé, et le plusque-parfait antérieur, au conditionnel surcomposé : « Il serait venu, s'il ïavait su. — S'il avait eu dînéy il vous aurait accompagné. »

Passé défini et passé indéfini, — A côté du temps simple issu du parfait latin, nous trouvons dans notre langue, dès l'origine, un temps composé, de même signification ou à peu près. Ces deux temps après s'être confondus, ont pris peu à peu, comme il était naturel, des acceptions légèrement divergentes, que les grammairiens expriment aujourd'hui parles adjectifs « défini » et « indéfini ».

Quel est le sens propre du passé composé? « J'ai écrit » signifie littéralement: «je suis dans l'état qui suit l'action d'écrire. » Aussi dit-on : « j'ai écrit depuis une heure. » C'est par assimilation entre les deux passés, que nous pouvons dire aussi : « J'ai écrit il y a une heure, »

D'autre part, on conçoit qu'on puisse employer facilement le passé composé sans indiquer le temps où l'action s'est accomplie, puisqu'il y a surtout, au fond de ce temps du verbe, la constatation d'un état présent. Cet emploi a paru si bien convenir au passé composé, que la règle s'est établie de le lui attribuer exclusivement, et d'exiger la détermination du temps quand on se sert du parfait simple. Aujourd'hui, on ne peut employer le passé non composé sans indiquer le temps de l'action. Mais cette indication peut être vague; en outre, elle peut se trouver dans une autre phrase : « A la mort de Charles V, il y avait en

France ce qui eût suffi pour perdre dix royaumes

L'avènement du petit Charles VI fut inauguré par l'établissement d'un nouvel impôt. » (Michelet.) Dans le fameux récit du Cid, le temps de « Nous partîmes cinq cents » est déterminé par tout le dialogue qui précède.

Il y a une autre différence importante entre les deux passés. Quand on dit : « Celte année, cette semaine, aujourd'hui, etc., » on désigne un temps qui n'est pas complètement écoulé, qui est encore présent. « Cette année » équivaut à : « en la présente année. » La langue française ayant deux formes pour rendre le parfait, il est naturel qu'elle ait choisi, pour la joindre à ces locutions, celle de ces formes qui n'exprime le passé qu'indirectement, et qui contient un auxiliaire au présent. Aussi dit-on : « J'ai lu cette année », et non pas : « Je lus cette année. »

Le passé simple s'emploie surtout dans un récit continu, dans un livre d'histoire, dans un roman. Mais, quand on raconte un événement récent, on se sert ordinairement du passé composé : voyez le songe d'Athalie, celui de Pauline, le récit de Théramène. Le passé simple tend d'ailleurs à disparaître de la conversation.

il des fonctions modales du futur dans le passé de l'indicatif

Emploi du conditionnel.

Le futur dans le passé de l'indicatif a pris dans la langue française des fonctions modales qui lui ont fait donner le nom de conditionnel. Avant de rechercher l'origine de cette transformation, il est nécessaire de déterminer avec précision les acceptions actuelles du conditionnel*.

1. Il est très légitime, théoriquement, de supprimer le mode conditionnel, comme le fait la grammaire d'Ayer. On n'a pas fait en latin un mode spécial du futur dans le passé de riiidicatif, bien qu*il ait aussi quelquefois une acception modale : « lUi ipsi aratores, qui remanserant, relicturi omnes agros erant, nisi ad eos Metellus Roma litteras misisset.» (Cic. Verr., 3, 52; cf. Madvig, Grammaire latine^ 348, a.) Mais la valeur modale du même temps en français a pris un

On distingue le conditionnel présent et le conditionnel passé, ce dernier composé du participe passé du verbe et de l'auxiliaire « avoir » ou « être » au conditionnel présent. Il faut y ajouter la forme surcomposée « j'aurais eu fini », dont nous déterminerons augsi la valeur,

Conditionnel présent.

Le conditionnel présent exprime la possibilité d'une action présente ou future, dans une hypothèse qui ne se réalise pas ou ne s'est pas réalisée, ou dont la réalisation est douteuse.

Action présente : « Si on l'eût mieux soigné, il vivrait. — Si on le soignait mieux, il aurait une meilleure santé. » L'action présente de vivre, l'état présent d*avoir une meilleure santé étaient possibles à des conditions qui font défaut.

Action future : « S'il était arrivé, s'il était ici, s'il arrivait, je partirais demain. »

Dans ces exemples, l'hypothèse, la condition de possibilité, est exprimée par une proposition précédée de si. La condition peut prendre beaucoup d'autres formes, et même être indiquée dans une phrase séparée : << A ce compte^ il céderait. » — ce N'agacez pas le chien, il vous mordrait. » — « Je croirais faire en le volant une action méritoire. » {V Avare, II, 1.) — « Je serais fort fâchée de vous causer du déplaisir, » {V Avare, III, 11.) — « Il serait bon de Vavertir, » — « Je le reconnaîtrais entre mille, » — « Peut-être ne ferait-on pas tout ce qu'on

tel développement, qu'il est impossible, en pratique^ de ne pas lui accorder toute l'importance d'un mode. Pour éviter les inconvénients de cette concession, il suffît, comme nous l'avons fait ci-dessus, de séparer avec soin de l'acception modale les restes de la valeur primitive.

peut, sans Vespéranee de faire plus qu'on ne pourra. » (Fontenelle, dans Littréy au mot « pouvoir ».)

Souvent la condition est sous-entendue, en particulier lorsqu'elle n'est autre que Toccasion: « Il le ferait comme il le dit. — Il condamnerait son propre fils. » Entendez : « si Toccasion s'en offrait ». Après « je pourrais, je saurais* », on sous-entend souvent: « si je voulais. » Exemples : « Je pourrais le convaincre d'imposture. — Je saurais bien le décider, — On ne saurait trop l'admirer. » Après « on dirait, on croirait », on sous-entend : « si on s'en tenait à l'apparence. »

Le conditionnel indiquant la possibilité et une réalisation incertaine, il est facile de comprendre qu'on soit arrivé à s'eti servir pour adoucir l'expression d'une volonté, d'un désir, d'une nécessité, etc. « Je voudrais, je désirerais, il faudrait, vous devriez » sont presque toujours des équivalents adoucis de : « Je veux, je désire, il faut, vous devez. » De même : « Il serait possible, il se pourrait, je pourrais (avec le sens de : il est possible que je.,. y comme dans : je pourrais me tromper), il serait nécessaire, etc. »

Dans les phrases interrogatives ou exclamalives, et dans les phrases affirmatives où on rapporte l'opinion d'un autre, le conditionnel peut exprimer, par extension, une possibilité dont on doute, et dont par conséquent on n'a pas à formuler la condition : « Ce serait vrai ! Serait-il vrai? — Il arriverait demain? — On prétend que l'ennemi serait en vue*. » Or, indiquer que l'on doute de la

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