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LA FRANCE NAPOLÉONIENNE

LE PREMIER CONSUL (P... U-.lxy. Mus« de la M.liruilson).

L'un Jts pordai/j célèhjM Jt NatMlion. U PrmUr Camul a ici Ircntt i Irmit-éeux am . il porlt ton hatitmlk Ittmt Je aihnclJa cAoorafijic '•^|^^- **' f^. '^ ' paMpoits et poignets rouges, ciaoale noire, épautetta ifor, pas un galon ; atiotte et gilet hlancs : hotte* soupira A rtotn tramais; U ktmémrt rfcagiM Mtr km Je h coearJe IHalore. Aa fond, la MaJnatwi. petit diâltaa prit Ja Parti, ochM m 1 799 tcm Jfl^Um. (ci. HacmmJ

par la Constituante. Mais les juges, au lieu d'être élus, furent nommés par le gouvernement. Pour assurer leur indépendance, on établit en principe qu'ils seraient inamovibles, c'est-à-dire qu'ils ne pourraient être révoqués.

La situation financière surtout était désastreuse : le 19 brumaire, il y avait dans le Trésor public 137 000 francs en tout. Les impôts n'étaient pas payés ou l'étaient mal. Le gouvernement n'avait plus aucun crédit: la rente sur l'État était tombée à 12 francs. Bonaparte créa, onze jours après le coup d Etat, l'administration des contributions directes, chargée de percevoir les impôts, et composée exclusivement de fonctionnaires nommés par lui. Sur son initiative un groupe de banquiers fonda la Banque de France, qui eut le privilège d'émettre des billets, papiermonnaie qui bientôt ne fut plus distingué de la monnaie d'or et d'argent. Le pays reprit rapidement confiance ; les impôts rentrèrent mieux ; la rente remonta peu à peu jusqu'à 68 francs.

Pour former ses fonctionnaires et ses officiers Bonaparte réorganisa l'enseignement secondaire. L Ltat en eut le monopole. Les Écoles centrales créées par la Convention prirent le nom de lycées et furent soumises à un régime tout militaire (1802).

Pour stimuler le zèle de tous, militaires et civils, le Premier Consul institua l'ordre de la Légion d'honneur (1802), avec une hiérarchie de légionnaires, officiers, commandeurs, grands officiers.

LE CONCORDAT. 0 a Soucieux de rendre à la France la paix intérieure, Bonaparte désirait mettre fin à la crise religieuse provoquée par la Constitution civile du clergé. D'autre part il était convaincu que la religion était le plus précieux des éléments d'ordre :

BONAPARTE SIGNANT LE CONCORDAT (Par Gérard. Musé, de Versailles) fi Napoléon, assis, porte le costume de cérémonie du Premier Consul, A gauche, Joseph Bonaparte lui remet le texte du Concordat et une plume. A droite, le cardinal Consalvi . Derrière Napoléon, Portails, directeur des Affaires ecclésiastiques. (cL. HACHEITE.)

PIE VII (1742- 1823) (Par David, Musée du Louvre).^ /-e pape a ici soixante-deux ans. Le visage et Testé jeune sous les cheveux bruns ; le regard des yeux marron est plein de douceur, de cette « inflexible douceur » contre laquelle t'r'n/ se briser toute la puissauce de Napoléon. Camail pourpre bordé d'hermine : étole rouge brodée d'or. (CL. HACHETTE).

« Une société sans religion, disait-il, est comme un vaisseau sans boussole. Il n'y a que la religion qui donne à l'Etat un appui ferme et durable. »

Le pape Pie VII, esprit conciliant, se prêta volontiers au rapprochement. Les négociations aboutirent en 1801 à la signature d'un traité ou Concordat. Le pape consentait « pour le bien de la paix » à reconnaître la reprise des biens du Clergé effectuée parl'État en 1789. En retour le gouvernement français s'engageait à assurer « un traitement convenable aux évêques et aux curés ». Quant à la nomination des évêques, elle serait faite à la fois par le gouvernement et par le pape. Le gouvernement les désignerait, le pape leur donnerait l'institution canonique sans laquelle ils n'étaient religieusement rien. Ils devaient prêter serment de fidélité au chef de l'Etat. Ils nommeraient les curés de canton avec l'assentiment du gouvernement. La nomination par l'Etat, le traitement, le serment, transformaient les évêques en fonctionnaires et mettaient le clergé dans la main du gouvernement.

Cela même ne suffit pas à Bonaparte qui ajouta de son chef au Concordat un certain nombre de dispositions dites « Articles organiques », contre lesquels le Pape protesta vainement. En vertu de ces articles, presque tous inspirés des traditions de l'Eglise gallicane, la publication des bulles pontificales, la tenue d'un concile, même national, étaient interdites en France, s'il n'y avait autorisation préalable du gouvernement.D'autres articles réglaient jusqu'à la rédaction

LA FIUNCE NAPOLÉONIENNE

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LETTRE AUTOGRAPHE DU PREMIER CONSUL (Archives Nallonale»), a Brouillon de la lettre par lattuetle le Premier Consul déelina les t^roftotilions Jeux fois renouvelées du comte de Provence, alors à Memel, en Prusse. Le brouillon est du 7 septembre 1800. L'écriture de Napoléon commente à être difficilement /rM7)/e.(CL. HACHETTE.)

du catéchisme, l'organisation intérieure des séminaires et une partie de leur programme d'enseignement.

Le Concordat fut mis en vigueur au mois d'avril 1802. Il devait régir les rapports de l'Eglise et de l'Etat pendant plus d'un siècle, jusqu'en 1905.

LE CODE CIVIL. J0 0 Bonaparte s'occupa de compléter et de coordonner l'œuvre sociale de la Révolution, en faisant réunir dans un recueil unique, ou Code, l'ensemble des lois qui forment le droit civil. La Convention avait entrepris ce travail, mais n'avait pu l'achever. Un nouveau projet fut élaboré, soumis aux tribunaux, puis revu par le Conseil d'Etat. Le travail de revision dura deux ans.

Le Premier Consul, assisté de Cambacérès, présida toutes les séances — certaines se prolongèrent pendant vingt heures — ; il prit la part la plus active aux discussions, et surprit maintes fois les juristes par son sens juridique et sa connaissance du droit. Inspiré du droit romain, du droit coutumier et des ordonnances royales, autant que des lois révolutionnaires, le Code civil fut achevé le 21 mars 1804. On lui donna plus tard, et d'abord à l'étranger, le nom de Code Napoléon. Toujours en vigueur en France, il a été imité ou même littéralement copié dans la majeure partie des Etats européens et jusqu'en Amérique et en Asie. « Ma vraie gloire, disait Napoléon à la fin de sa vie, n'est pas d'avoir gagné quarante batailles... Ce que rien n'effacera, ce qui vivra éternellement, c'est mon Code civil. »

LE CONSULAT A VIE. 0 0 k^ moment du coup d'Etat, les royalistes avaient pensé que Bonaparte pourrait travailler pour Louis XVIII, le frère •de Louis XVI, et ils lui firent des avances. Mais loin de songer à restaurer les Bourbons, Bonaf>arte ne pen-

sait qu'à se perpétuer au pouvoir et à créer lui-même une dynastie.

Dès 1802, au lendemain de la paix d'Amiens, il profita de la satisfaction générale pour se faire donner, par plébiscite, le consulat à vie. Il y eut près de 3 600 000 oui contre moins de 9 000 non. Le Premier Consul prit dès lors le nom de Napoléon Bonaparte. Comme on lui donna en outre le droit de désigner son successeur, la monarchie héréditaire se trouvait en fait rétablie.

La Constitution fut aussi modifiée dans le sens monarchique. Aux pouvoirs attribués déjà au Premier Consul, on ajouta le droit de signer les traités sans autre approbation que celle d'un Conseil privé, nommé par lui . Le Sénat reçut le droit de régler par des décrets, appelés d'une vieille expression romaine senalusconsultes, « tout ce qui n'avait pas été prévu par la Constitution et qui était nécessaire à sa marche ". Cet accroissement de puissance devait, du reste, profiter au Premier Consul. Il acquit en effet la faculté de nommer directement un tiers des membres du Sénat, et, par là, il put s'assurer dans l'assemblée une majorité docile à ses volontés.

LES CONSPIRATIONS. 0 0 Cependant la dictature de Bonaparte avait fait des mécontents, soit parmi les généraux républicains, soit parmi les royalistes déçus dans leurs espérances. Plusieurs complots furent tramés contre « l'usurpateur ". Un soir de décembre 1800, alors qu'il se rendait à l'Opéra, des royalistes firent sauter

EXECUTION VA:< UUC U'E.NC111E.S (BiU. N*i.) * .\pris rm inltrrofii rapide etrmne révéla rien, on fit dactnjn h dm éam ia/iiw'i é» lAihM Jt^mn à deux heures du matin. Le betotan J'txÀvHoH ittit nmgi, Im htm €r«mtt. L* mK k imJeau fa°«n M 4GFr c< mèil k «arl «MC cnmifr.

au passage de sa voiture, rue Saint-Nicalse, un baril de poudre placé sur une charrette (24 décembre 1800) ; il y eut de nombreuses victimes, mais Bonaparte ne fut pas atteint. En août 1803 un complot plus important fut tramé, d'accord avec le gouvernement anglais, par un groupe d'émigrés demeurés en Angleterre autour du comte d'Artois. Un ancien chef de chouans, Georges Cadoudal, devait, à la tête d'une bande de gens déterminés, attaquer et tuer le Premier Consul au milieu de son escorte, en rase campagne, pendant une de ses courses entre Paris et la Malmaison. A la faveur du trouble causé par la mort de Napoléon, le général Pichegru tenterait de restaurer les Bourbons par un coup d'Etat militaire. Moreau, dans une entrevue secrète avec Pichegru, se déclara prêt à aider au renversement de Napoléon, mais il se refusa à travailler pour Louis XVIIl.

Le complot fut découvert en janvier 1804. On arrêta Moreau, Pichegru et Cadoudal. La colère de Bonaparte fut terrible : « Suis-je donc un chien qu'on puisse assommer dans la rue ! s'écria-t-il. Je ne me laisserai pas tuer sans me défendre. Je vais faire trembler ces gens-là et leur enseigner à se tenir tranquilles. » Pour épouvanter les Bourbons il fit saisir en territoire badois un prince du sang, le duc d'Enghien, qu'il soupçonnait d'avoir trempé dans le complot. Dans la nuit du 20 au 21 mars, le duc, conduit à Vincennes, fut jugé par un conseil de guerre, condamné et fusillé. Peu après Cadoudal était guillotiné ; Pichegru s'était étranglé dans sa prison. Moreau fut banni.

L'Empire.

NAPOLÉON EMPEREUR. 0 a Le complot de Cadoudal hâta la transformation du Consulat en monarchie héréditaire. Le 18 mai 1804, un sénatusconsulte établit que « le gouvernement de la République était confié à l'Empereur Napoléon ». Le peuple approuva cette nouvelle transformation de la Constitution par plus de trois millions et demi de suffrages ; il n'y eut pas trois mille opposants.

Napoléon avait alors trente-cinq ans. De taille moyenne — il mesurait 1 m. 68, — un peu voiîté, il était alerte, vif, presque toujours debout et en mouvement. La maigreur avait disparu, mais rien n'annonçait encore l'embonpoint prochain. Le visage, — « le plus intéressant que j'ai jamais vu », écrivait un Anglais — , était d'une beauté mâle avec le menton saillant et volontaire, la bouche d'un dessin parfait, la peau d'un ton d'ivoire jauni sous des cheveux brun foncé, rares

JOSÉPHINE A LA MALMAISON (Par Prudhon. Musée du Louvre), a; Aiiiu SUT un banc de rochers, dans une attitude nonchalante, Joséphine forte une robe blanche décolletée, à broderies d'or. Un chàle rouge est drapé autour d'elle. Dans le fond, arbres et étanss de la Malmaison, une des résidences préférées du couple impérial, (cl. hachetie.)

et plats, dont une mèche coupait le front comme une virgule. Les yeux bleus, de loin presque noirs, étincelaient. Quand l'homme voulait plaire, l'expression des traits, imposante et toujours grave, s'adoucissait dans un sourire « fascinant ». La parole était précise, colorée, pleine d'inattendues et frappantes trouvailles d'expression et, quand il s'animait, véhémente et pressée, « à la manière d'un torrent », disait le légat du pape.

Son génie et son caractère avaient atteint leur plein développement. Les traits saillants en étaient la grandeur de l'intelligence et de l'imagination, la passion de la gloire et du pouvoir, la volonté despotique, servies par une extraordinaire puissance de travail.

Son intelligence prodigieuse, la plus prompte et la plus lucide qui pût être, était merveilleusement ordonnée et disciplinée. « Les diverses affaires, disait-il, sont casées dans ma tête comme dans une armoire. Quand je veux interrompre une affaire, je ferme son tiroir et j'ouvre celui d'une autre. Elles ne se mêlent point l'une avec l'autre et jamais ne me gênent ni ne me fatiguent. » Esprit positif par-dessus tout, il ne pouvait souffrir les théoriciens, les constructeurs de système a priori, où rien ne repose sur l'expérience, ceux qu'il appelait « les idéologues, une vermine ».

LA FRANCE NAPOLEONIENNE

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