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LE RÉVEIL DE LA NATION ALLEMANDE

0 0 Nulle part la domination française et le despotisme napoléonien n'étaient plus détestés qu'en Alle-

magne. Dès 1809, des soulèvements partiels, en Tyrol, en Westphalie, réprimés non sans peine, avaient prouvé que le patriotisme s'éveillait parmi les peuples. A la veille de la paix de Vienne, un étudiant saxon avait essayé de poignarder Napoléon, " intimement convaincu, disait-il, qu'en le tuant il rendrait le plus grand service à son pays et à l'Europe. » " Vous tuer n'est pas un crime, c'est un devoir », répondit-il à Napoléon qui l'interrogeait. C'était l'état d'esprit des Elspagnols et le présage d'un prochain mouvement national germanique.

La Prusse, si lourdement frappée après léna, se réorganisait silencieusement. Un groupe de ministres patriotes, Stein, Hardenberg, Scharnhorst, travaillaient depuis 1808 au relèvement du royaume. Ayant constaté quelles prodigieuses ressources militaires la Révolution avait assurées à la France, ils s'efforçaient de procurer les mêmes ressources à la Prusse en intéressant, par des réformes inspirées pour partie de la Révolution, le peuple entier à la guerre future contre Napoléon. C'est ainsi qu'ils avaient aboli les distinctions de droits entre nobles, bourgeois et paysans, délivré le paysan du servage, supprimé les corvées, rendu les grades militaires accessibles à tous, roturiers ou nobles, rendu national le recrutement de l'armée, imaginé enfin pour le soldat un mode d'iottruction rapide qui

permettait de faire passer chaque année par les casernes §P deux fois plus d'hommes que ne le croyait Napoléon.

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