‹ Nouvelle histoire de FranceChapitre 115 sur 227 · EN 1810 ET · texte numérisé non relu

EN 1810 ET

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L'acquisition de la Lombardie et de la Vénétie faisait d'elle la puissance dominante en Italie.

La Russie gagnait de quatre à cinq millions de sujets. Elle avait acquis, sur la Baltique la Finlande, prise à la Suède ; sur le Danube la Bessarabie, prise à la Turquie ; sur la Vistule le grand-duché de Varsovie, qui portait sa frontière jusqu'au voisinage de l'Oder. De ce grand-duché, Alexandre fit un royaume de Pologne, juxtaposé et non pas annexé à l'Empire de Russie.

Autour de la France était constituée une barrière d'Etats secondaires, destinée à l'isoler. Cette barrière se composait du royaume des Pays-Bas, Etat nouveau formé par la réunion de la Belgique à la Hollande ; de la Confédération suisse formée de dix-neuf cantons neutres, dont la neutralité était garantie par l'Europe ; du royaume de Sardaigne, qui reprenait la Savoie, Nice et le Piémont, et qui acquérait Gênes et son territoire.

En Allemagne on ne rétablit — le royaume de Hanovre excepté — ■ presque aucun des Etats que la Révolution et Napoléon avaient fait disparaître. Les

Etats ecclésiastiques, notamment, demeurèrent tous supprimés. Les trente-huit Etats subsistants — il y en avait 360 en 1792 — ■ formèrent la Confédération germanique présidée par l'Autriche. La Confédération n'était d'ailleurs qu'une association de souverains indépendants et non pas une union des peuples en un peuple.

En Italie, les anciens souverains, le roi de Sardaigne, le Pape, les Bourbons de Sicile, les princes autrichiens de Parme, Modène et Toscane, furent rétablis dans leurs Etats. Seules, les républiques de Venise et de Gênes avaient définitivement disparu.

Au nord de l'Europe, la Norvège enlevée au Danemark était annexée à la Suède et la presqu'île Scandinave formait ainsi un royaume unique au profit de Bernadette.

Telle était la conclusion de l'épopée révolutionnaire et impériale. Mais ses répercussions devaient se prolonger bien au delà de 1815, et entraîner de nouveaux et profonds remaniements aussi bien de la carte de l'Europe que de son régime politique et social. Par la Révolution française et l'Empire avaient été répan-

dues hors de France les idées nouvelles résumées dans la Déclaration des Droits de l'homme : idées de liberté et d'égalité, idée de la souveraineté des peuples. Partout où dans ces vingt-trois ans la France établit sa domination ou fit prévaloir son influence, en Belgique, en Hollande, sur la rive gauche du Rhin, dans les parties de l'Allemagne annexées à l'Empire, dans certains Etats de la Confédération du Rhin, en Piémont, en Lombardie, en Vénétie, partout la France avait aboli le régime des privilèges et des droits féodaux, et mis en vigueur le Code civil. Dans ces pays, les rois, en 1813, n'osèrent pas tenter la restauration des anciens usages. Partout aussi la Révolution éveilla chez les peuples la volonté de limiter l'arbitraire des souverains, le désir de

participer au gouvernement, et de fixer par des constitutions les droits et les devoirs réciproques du gouvernants et des gouvernés. Partout elle éveilla chez eux la conscience nationale, le désir de s'affranchir des dominations oppressives et de briser les cadres arbitraires de l'ancien régime. En sorte qu après 1815, l'action delà Révolution continua de se faire sentir par toute l'Europe et qu'elle s'y prolongea soit par des mouvements libéraux dans les pays encore soumis à la monarchie absolue, soit par des mouvements nationaux, chez les peuples encorevassaux ou morcelés, comme les Belges, les Polonais, les Allemands et les Italiens. Ainsi la Révolution et l'Empire ont, dans ses traits essentiels, forgé l'Europe contemporaine.

BAPTÊME DU ROI DE ROME (Médaille d'Andrieu, Musée de la Monnaie)

PRESENTATION DE LA CHARTE AU ROI LOUIS HIILIITE (7 août 1830) (IV Hcim. Mui«'dc Verwilles). a Devant un pui/.t nombreux tom^o^ Jt, prindpamM

représentants de la politique et de l'armée, Louis-Philippe reçoit la charte des mains d'un de te$ miniUret. Ce nom de Charte marquait que la Constitution émanail • du Hkn

etcrcice de rautorilé loyale «. La présence dt la famille royale semble devoir donner du poids à l'engagement pris par le roi d'en respecter ta lettre et t'cprit.

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