‹ Nouvelle histoire de FranceChapitre 119 sur 227 · L-iiMfl · texte numérisé non relu

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L'ARRIVÉE DE LA DILIGENCE DANS LA COUR DES MESSA- GERIES (Par Boilly, Musée du Louvre), a Une des jolies compositions du peintre. Beaucoup de mouoement, de naturel, de sentiment et, grâce à la diversité des classes sodales ici représentées, beaucoup de documents précieux sur les costumes du temps.

rieure, il se constitua un enseignement régulier des sciences. Dirigées par les savants, ces écoles furent dès lors des séminaires scientifiques où se formèrent des générations de chercheurs. Les professeurs et leurs élèves eurent à leur disposition des laboratoires où ils purent travailler librement, aux frais de l'État.

Depuis longtemps le mouvement scientifique avait pris un caractère international, d'un pays à l'autre les travaux se correspondant et se complétant, mais la part de la science française fut alors considérable. Il suffit de rappeler les travaux de Laplace (1749- 1827), dont la Mécanique céleste, œuvre capitale, à la fois résumé et fondement de la science astronomique, acheva de paraître en 1825 ; de Leverrier (181 1-1877) qui par des recherches purement théoriques découvrit en 1846 une nouvelle planète, Neptune ; de Fresnel (1788-1827), dont les travaux aboutirent à la démonstration d'une théorie nouvelle et féconde sur la nature de la lumière ; des physiciens Ampère (1775-1836) et Arago (1786-1853) qui ouvrirent une voie nouvelle aux études d'électricité et trouvèrent l'électromagnétisme, découverte dont la première application pratique fut le télégraphe; de Gay-Lussac (1778- 1850) qui d'une part étudia les lois de la dilatation des gaz et des vapeurs, d'autre part élargit le domaine de la chimie soit par l'étude de corps nouveaux comme l'iode et le brome, soit en orientant ses recherches vers la chimie des corps organiques ; enfin des grands naturalistes Geoffroy-Saint-Hilaire (1772- 1844) et Cuvier (1769- 1832) dont les travaux ont fondé la zoologie moderne, la paléontologie et la géologie.

TRANSFORMATION DE L'INDUSTRIE. £> a Les progrès des sciences, surtout des sciences physiques et chimiques, eurent pour conséquence prin-

cipale la transformation et le prodigieux développement de l'industrie et du commerce.

Jusqu'alors en effet, l'industrie ne disposant pas de force motrice, tout travail se faisait de main d'homme. L'ouvrier n'avait à son service que des outils et pas ou peu de machines. On travaillait dans des ateliers, comptant un très petit nombre d'ouvriers, au milieu desquels le patron travaillait lui-même ; les usines groupant des centaines de travailleurs étaient très rares. Bien qu'il existât quelques centres célèbres pour leurs produits spéciaux, par exemple Lyon pour les soieries, il n'y avait pas de concentration industrielle : en général chaque région, chaque ville presque, fabriquait la plupart des marchandises nécessaires à ses habitants. On fabriquait lentement, en petite quantité, au fur et à mesure des besoins, et les produits étaient chers.

Dès la fin du dix-huitième siècle les conditions du travail industriel avaient été profondément transformées en Angleterre par l'invention de nouvelles machines et surtout de la machine à vapeur de Watt (1 769). Le machinisme avait donné naissance à la « grande industrie », qui, substituant le travail mécanique au travail à la main, put fabriquer les objets en beaucoup plus grande quantité et à bas prix. Alors avaient commencé à se constituer, surtout dans les régions houillères — la houille servant de combustible pour produire la vapeur — d'énormes agglomérations ouvrières, des villes qui, comme Manchester, n'étaient que des réunions d'usines. L'industrie française évolua plus lentement, malgré des inventions remarquables comme celle du métier Jacquard qui fit à partir de 1812 U fortune de la soierie lyonnaise. C'est surtout après 1830, sous l'impulsion d'une bourgeoisie active et entreprenante devenue la classe dirigeante, que le développement industriel s'accéléra. Les industries textiles, celle du coton surtout, avec les Dollfus et les Kœchlin de Mulhouse, la métallurgie avec les Schneider du Creusot, l'industrie sucrière, les industries chimiques firent des progrès considérables. L'ingénieur Bourdon construisit au Creusot en 1841 le premier marteaupilon qui permit de forger les plus énormes pièces métalliques. Le nombre des machines à vapeur s'éleva de 200 en 1820 à plus de 3 000 en 1843. Et l'on estimait à 4 milliards en 1847 contre 2 milliards vers 1830 la valeur globale des produits de l'industrie française.

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