CHEMINS DE FER ET BATEAUX A VAPEUR
0 0 En même temps les moyens de communication et de transport se transformaient et se développaient d'une façon plus prodigieuse encore.
Jusqu'alors on voyageait par diligences. C'étaient
LA FRANCE SOUS LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE
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PROSPECTUS DU CHEMIN DE FER D'ORLÉANS EN 1843 (Bibl. N«t.). a Placati paDiilairc m amiam qm étmnt une iJU UOroxmaliot da ptamm Itmm it vota. geur$. La locomotive, encore que bien primitive marque un ttrogrès considérable sur les premières locorrtotive» Je Stephenson et Je Ségiân. Les wagom ont été comtnmis i Cimmtalioa d'une caisse de diligence . Le placard très prometteur est complété par un éloge du nouveau système de transports et annonce trois trains par jour dans eJuntae sera entre Paris et Orléans.
de grandes et lourdes voitures, attelées de quatre à cinq chevaux. Tous les dix kilomètres environ, depuis 1815, on trouvait des maisons de poste où la diligence changeait d'attelage ; on parvenait ainsi à franchir 80 à 90 kilomètres par jour. Les voyages étaient lents et coûteux : cinq jours et 100 francs, qui en feraient aujourd'hui plus de 600, pour aller de Paris à Lyon. Entre les pays d'outre-Mer et l'Europe, il n'existait pas de services réguliers de bateaux"; les meilleurs voiliers, vers 1820, mettaient aller et retour d'Angleterre aux États-Unis, 63 jours.
Les transports par terre furent révolutionnés par l'invention des chemins de fer. Dès 1 770, un Français, Cugnot, avait construit un chariot à vapeur qui servit à Versailles au transport de pièces d'artillerie. D'autre part, depuis longtemps, dans les mines anglaises, on faisait rouler les voitures à charbon, pour faciliter la traction, soit dans des ornières de bois plaquées de fer, soit sur des barres de métal saillantes, appelées rails. En 1802, dans une exploitation minière du pays de Galles, on fit circuler sur les rails une voiture analogue à celle de Cugnot : le chemin de fer était inventé. Mais les premières machines locomotives pratiques ne furent construites qu'après que de nouveaux perfectionnements eurent été inventés par l'Anglais Stephenson et l'ingénieur lyonnais Séguin. Le premier train de voyageurs circula en 1830, entre Liverpool et Manchester : il faisait 24 kilomètres à l'heure. En France, la première ligne construite le fut entre Lyon et Saint-Etienne (1832). Une loi votée sous le ministère Guizot, en 1842, ordonna l'établissement de neuf grandes lignes, presque toutes partant de
Paris et reliant la capitale aux diverses frontières. A la même époque étaient organisés les services réguliers de bateaux à vapeur. Dès 1707, un précurseur, le Français Denis Papin avait construit un grossier bateau & vapeur et à la fin du siècle un autre Français, le marquis de Jouffroy, lançait sur le Doubs, puis sur la Seine, un bateau mû par une machine à vapeur (1776-1783). Pourtant c'est par un Américain. Fulton, que fut organisé en 1807 sur l'Hudson, le premier service de transport par bateau à vapeur. En 1838 les Anglais réussissaient la première traversée de l'Océan et créaient la première ligne régulière transatlantique. La première ligne française fut créée deux ans plus tard entre le Havre et New- York (1840). Les bateaux destinés à ces services traversaient l'Atlantique en dix-sept jours.
LE TÉLÉGRAPHE. LES POSTES, a a. Dt
même la transmission des nouvelles était au début du dix-neuvième siècle encore lente et coûteuse. Les lettres étaient transportées par la malle-poste, une voiture légère marchant nuit et jour qui arrivait à parcourir jusqu'à 14 kilomètres à l'heure. Le destinataire payait le port, variable selon le poids et la distance, mais toujours de dix fois au moins supérieur au prix actuel.
L'électricité fournit un moyen nouveau de correspondance, supprimant presque la distance. En 1833. les découvertes d'Ampère et d'Arago conduisirent le savant allemand Gauss à l'invention du télégraphe électrique. Le premier appareil pratique, aujourd'hui encore en usage, fut construit en 1835, aux Etats- 33,
UNE LOCOMOTIVE EN 1844 (Exposition de 1900). a Conslrmle pour la compagnie de l'Ouest, elle acte a0ectée au service des exttress Paris-Rouen. Trois paires de roues. Longueur, 1 m. 32. Poids, 18 tonnes et demie. Les machines rapides d'aujourd'hui ont sensiblement doublé de longueur et quadruplé ou même quintuplé de poids.
Unis, par Morse. La première ligne télégraphique française ne fut établie qu'en 1845, entre Paris et Rouen. Dès 1851, la France et l'Angleterre étaient reliées télégraphiquement par un câble immergé dans le Pas de Calais. Peu de temps après, un employé des postes françaises, Bourseul, inventait le téléphone (1855). Mais le premier appareil pratique ne
fut construit que beaucoup plus tard, en 1877, par l'Américain Graham Bell.
D'autre part, grâce aux facilités de transport par les chemms de fer, les services postaux se développèrent considérablement. Un Anglais proposa, en 1837, de frapper les lettres d'une taxe, peu élevée, proportionnelle au poids, uniforme, quelle que fût la distance. La taxe serait acquittée au moyen d'un timbre vendu par l'Etat et payé par l'expéditeur. Le système fut mis en vigueur en 1840 : le nombre des correspondances distribuées fit plus que doubler dans l'année. Bientôt la France et tous les autres pays adoptèrent le système anglais.
LA PHOTOGRAPHIE, a Û Une dernière découverte de très grande importance fut l'aboutissement des recherches parallèles, puis de la collaboration de deux amateurs, le Bourguignon Niepce (1765-1833), un ancien officier, et Daguerre (1787-1851), originaire des environs de Paris, paysagiste de talent, peintre de décors renommé. En utilisant l'action chimique de la lumière sur certains corps — ■ bitume, iodure d'argent, — ils réussirent — Niepce le premier (1824) — à fixer sur des feuilles de métal poli l'image des objets obtenue au moyen de la chambre noire. Daguerre perfectionna les procédés de Niepce et trouva une méthode j générale (1839). La daguerréotypie, qui valut à ses inventeurs une récompense nationale votée par les Chambres, était la première forme de la photographie, 1 appelée dans la période suivante à un si grand essor. {
LA MACHINE DE CUGNOT: PREMIÈRE VOITURE AUTOMOBILE (1771) (Conservatoire des Arts et Métiers).
UNE SÉANCE DU CONSEIL DES MINISTRES AUX lUlLEHlES (15 août \M2) (l'.r Jacqu.nd. Mu.« de Ven.ill«). a U maità^l SaJi. dd>a,i (m <nta>
présente au Roi le lexle de la loi de Régence. Derrière le roi, Gmsot (la main dam jon lilel) ; derrière Soull. le miniilre dt l'Inliriem DxJtâlel, un Dorltjemlli MM k trm.
Autour de la table : Lacatx-Laplagne, Villemain,' l'amiral Duperré, Teste et Cmin-Cridmnt. (CL. HACHCm.)