LA RÉACTION EN POLOGNE ET EN ITALIE
0 0 Les Polonais et les Italiens insurgés furent moins heureux que les Belges. Aucun gouvernement n'mtervint en leur faveur. Louis-Philippe refusa 'de se laisser entraîner par le parti du mouvement qui voulait sauver la Pologne. Réduits à leurs propres forces, les Polonais furent vaincus après une résistance héroïque. A Paris, la surexcitation des esprits était telle qu'une émeute éclata quand on apprit l'entrée des Russes à Varsovie (septembre 1831).
En Italie, dès le mois de mars 1831, l'armée autrichienne avait occupé les pays insurgés et rétabli l'ordre. Casimir-Perier se contenta de protester, au nom du principe de « non-intervention », et il obtint le retrait des troupes autrichiennes. Le pape ayant rappelé les Autrichiens en janvier 1832, le gouvernement français envoya un régiment occuper Ancône : simple démonstration destinée à rappeler à l'Autriche qu'elle n'était pas maîtresse de l'Italie, mais dont l'énergie fit impression sur toute l'Europe.
LA QUADRUPLE ALLIANCE. 0 0 L'Europe parut alors sur le point de se diviser en deux groupes : d'une part, les monarchies absolutistes, Autriche, Prusse et, Russie, qui s'entendirent en 1833 pour
LES . FAUCHEURS DE LA MORT • (Gravure de J.PoiMon. Bibl. Nat.). a TJ
esl te nomt ttuelque peu romantique, par lequet furent désianés In pauiuns-soldith Je la
Pologne combattant pour l'indépendance de leur pays. Leur faux a été transformée en une
arme droite, au moyen d'une opération facile pratiqttée sur l'anneau d attache.
défendre le « système de conservation et d'intervention » ; d'autre part, les monarchies libérales, la France et l'Angleterie. Celles-ci ripostèrent à la Triple entente de 1833 par la Quadruple alliance de 1834, où entrèrent avec elles l'Espagne et le Portugal.
Les deux Etats de la péninsule ibérique traversaient à ce moment une crise de succession. Dans l'un et l'autre, une jeune reine soutenue par les libéraux — Maria en Portugal, Isabelle en Espagne — était combattue par un prétendant appuyé sur les absolutistes — en Espagne don Carlos, en Portugal dom Miguel. Les libéraux appelèrent à leur secours l'Angleterre et la France. Elles n'intervinrent d'ailleurs qu'en Portugal, d'où fut chassé dom Miguel. En Espagne, la guerre carliste dura jusqu'à 1839.
LA QUESTION D'ORIENT, a a La Quadruple alliance ne devait avoir qu'une existence précaire. Elle reposait sur l'entente franco-anglaise, et cette entente, d'ailleurs très impopulaire dans les deux pays, était sur le point de se rompre. En 1839-1840, les affaires d'Orient précipitèrent la rupture.
A ce moment le vice-roi d'Egypte, Méhémet-Ali,
vassal du Sultan, parut sur le point de ruiner la puissance turque. L'armée égyptienne marchait sur Constantinople. Pour arrêter ses progrès, le ministre anglais Palmerston s'entendit avec le tsar, l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse. L'entente fut conclue à Londres (15 juillet 1840) en cachette de la France, que les alliés savaient favorables à Méhémct-Ali. Cette mise en quarantaine causa la plus vive émotion à Paris : « Le traité, disait le journal des Débats est une insolence que la France ne supportera pas ". La question d'Orient semblait devoir être le prétexte d'une guerre européenne, où la France pourrait regagner la frontière du Rhin. Les préparatifs militaires furent commencés on entreprit d'urgence autour de Paris la construction d'une enceinte continue et de forts détachés. Mais quand Thiers proposa au roi la mobilisation de 500 000 hommes, Louis- Philippe refusa : il ne voulait à aucun prix de la guerre. Thiers se retira et fut remplacé par Guizot (octobre 1 840). Guizot laissa la flotte anglaise agir dans la Méditerranée, et, sous la menace d'un bombardement, obliger Méhémet-Ali à restituer ses conquêtes (novembre 1 840). D'ailleurs quelques mois plus tard la France rentrait dans le concert européen et, sur son initiative, fut conclue entre les grandes puissances et la Turquie la Convention des Détroits, en vertu de la-
MÉHÉMET-ALI (1769. 1849) (B>bl.NttJ.«C<MdUlnc.jM<<ti>B^ lairc en France tvri 1 840. était J'mltemn tu rmèmi^maUt Amhw JtÊtml fa, JTmm m diocrt et tomnolente pronnce trtrqm, mvmt (mit ■•• #ariaflac« MâlaiK ndmtMÊ
m lidW /MV* pnJmlmr Wi rata). Il ht k vMfik liéiIhi A fPa»lr ■
L^ REINE VICTORIA (181<)-I901) (Par Winterhaher. Musée de Versailles). 13 La jeune reine iT Angleterre, au temps de l'Entente cordiale, telle que Louis-Philippe la reçut en 1843, en son château d'Eu. Plus heureuse que son hôte, elle devait régner jusqu'en 1901, et joia'r, jusqu'à sa mort, de l'a0ection et de la vénération de son peuple.
quelle le passage du Bosphore et des Dardanelles était interdit à tout vaisseau de guerre (14 juillet 1841). La Convention avait pour but de garantir la Turquie contre les ambitions russes.
LA FIN DE L'ENTENTE CORDIALE, a 0 Après l'affront du traité de Londres, « l'entente cordiale » avec l'Angleterre semblait devenue pour longtemps impossible. Les deux peuples se haïssaient. Cependant Louis-Philippe et Guizot travaillèrent sans trêve à rétablir l'entente franco-anglaise ; on a vu que ce ne fut pas une des moindres causes de leur impopularité et de leur chute.
En vain d'ailleurs les souverains, Louis-Philippe et la reine Victoria, par des entrevues répétées, en 1843, 1844, 1845 essayèrent de fortifier l'entente cordiale. Des incidents multiples, dont le plus retentissant fut l'affaire Pritchard, ne cessaient de troubler les rapports franco-anglais. L'Angleterre s'inquiétait des progrès des Français en Algérie ; quand elle apprit la 'défaite des Marocains à l'Isly (1844), elle parut sur le point de déclarer elle-même la guerre à la France. Enfin les deux gouvernements se brouillèrent complètement en 1846 à propos des mariages espagnols, les candidats anglais à la main de la reine Isabelle
et de sa sœur ayant été évincés, tandis que la France faisait agréer ses candidats, le duc François de Bourbon et le duc de Montpensier, fils de Louis-Philippe. Dès lors Guizot abandonna l'Angleterre pour se rapprocher de Metternich et de l'Autriche. Les deux hommes d'Etat s'efforcèrent sans succès de prévenir dans toute l'Europe la ciise révolutionnaire qui semblait imminente, qui éclata en effet en 1848 et qui les entraîna dans une chute commune.
La conquête de l'Algérie.
LA RÉGENCE D'ALGER. 0 0 L'histoire militaire de cette période est remplie surtout, à partir de 1830, par les rudes campagnes africaines qui aboutirent à la conquête de l'Algérie. Avec cette conquête commence la formation d'un nouvel empire colonial français, destiné à remplacer celui que la France avait perdu au cours des guerres du dix-huitième siècle.
L'Algérie, qui fait face à la France sur la rive africaine de la Méditerranée, est un pays montagneux, avec de hauts massifs parallèles à la côte formant barrière de sorte que, pour pénétrer dans l'intérieur, il faut traverser des gorges étroites. L'arrière-pays est formé par de hauts plateaux arides et de climat très rude. Le gros de la population, toute de race blanche et qui montait en 1830 à environ deux millions d'habitants, était formé d'Arabes et de Berbères. Les Arabes étaient généralement pasteurs, groupés en tribus à demi nomades et vivant sous la tente. Les Berbères vivaient de l'agriculture et peuplaient les montagnes du Tell, la région côtière. Arabes et Berbères étaient d'humeur guerrière et très braves. Armés de fusils plus longs qu'un homme, de sabres courbes et de pistolets, montés sur de petits chevaux rapides et
LE BLOCUS D'ALGER (juin-juillet 1829) (Bibl. Nat.). B Gravure populaire
repiéstinlant le bombardement de l'escadre Jrançaise par les batteries du port pendant U
blocus qui piécéda l'expédition d'Alger, La physionomie des lieux est représentée defaçon
très sommaire, mais le plan uénéral est assez exact.
LE DRAPEAU DU ?• LÉGER (Lilhogiapliie de Raffcl; Bibl. Nal.). a Roilfl a immoi lalisè, en U dessinant au coins d'une revue, le glorieux drafieau du T Léser. Il fut à la fyeine lors de la première attaque de ses troupes contre Constantine. attaquequi échoua et fut suivie d'une difficile retraite où le régiment s'illustra dans le rôle d'arrière-garde.
infatigables, ils formaient une cavalerie nombreuse, redoutable par sa mobilité, par la soudaineté et l'impétuosité de ses attaques.
Politiquement l'Algérie — on l'appelait la régence d'Alger — était une dépendance nominale de l'Empire turc. Il y avait à Alger un dey, chef suprême de la Régence ; au-dessous de lui trois beys étaient placés à la tête des trois divisions de l'Algérie et résidaient à Oran, à Médéa, à Constantme. Du reste, l'autorité du dey et des beys était plus apparente que réelle. Les tribus arabes et les confédérations berbères étaient presque indépendantes et sans cesse en guerre. Il n'y avait entre les populations qu'un lien réel, la communauté de religion, l'islamisme.
La piraterie était la principale ressource du dey d'Alger. Depuis le seizième siècle, les pirates algériens étaient en Méditerranée la terreur des navires marchands. Encore au début du dix-neuvième siècle ils continuaient leurs exploits. Pour essayer d'y mettre fin, une flotte anglaise avait bombardé Alger, où l'on n'avait pas trouvé moins de 3 000 captifs européens (1816).
EXPÉDITION D'ALGER. H a Cependant ce
ne furent pas les méfaits des pirates qui provoquèrent l'intervention de la France. L'origine du conflit fut une ancienne fourniture de blé et un prêt de cinq millions fait au Directoire en 1797 par le dey d'Alger. Le règlement avait donné lieu à un procès. En 1827. le dey Hussein réclama le paiement immédiat et dans un entretien avec le consul de France, Deval, s'emporta au point de le frapper avec son chasse-mouche (30 août 1827). Cet affront public fut la cause de la guerre. Charles X, n'ayant pu obtenir réparation de l'outrage, se décida en 1830 à envoyer une expédition contre Alger.
Le 14 juin 1830, une armée de 36 000 hommes, commandée par le général De Chaisnes de Bourmont, débarquait àSidi-Ferruch, à l'ouest d'Alger. Vainement 40000 cavaliers arabes essayèrent de rejeter les Français à la mer. Le 4 juillet, l'artillerie française ouvrait le feu sur les défenses extérieures d'Alger. Le dey, dans la journée, capitulait, et le lundi 5 juillet les Français prenaient possession d'Alger.
Quelques jours plus tard Charles X était renversé par la Révolution.
L'OCCUPATION RESTREINTE, a a\^ chute de Charles X faillit coûter l'Algérie à la France. Louis- Philippe, les ministres, les Chambres songeaient si peu à la conquête qu'ils rappelèrent d'Alger toutes les troupes, moins une division de 8000 hommes. On entendait se borner à une « occupation restreinte ",
ABD-EL-KADER (ISTé-ISm) (Uthocrapkie de Faim. Bibl. N«J. 0 AU-f. KaJer a, tmJml <i>alor;> «nj. ptnmmi^ fa ràùtoiot i fa n^afti frwÊÊçmm. raire acliamé mais layaltil tint tcr^miÊm^Mml 0mr m mmtt m tmemt mamét m » nra entreptenJrt emttl fa Frtna.Uti$Êli,llittmm,aptmt rémcrlit H h <
L'ASSAUT DE CONSTANTINE (13 octobre 1837) (Par Horace Vernct, Musée de Versailles) £3 Au signal donné, un peloton de dnquantc homrr.ts s'élance au fas de course et franchit la brèche ; au bout de quelques minutes, un second peloton de cinquante hommes suit.... Enfin la charge bat de toutes parts ; Lamoricière s'élance avec ses zouaves; en quelques instants la piemière colonne iourcnne la brèche; la deuxième est prête à s'élancer. Toutes les muToitles, tcutts les maisons, toutes les fenêtres ont leurs défenseurs C'est un mur defeu
que nos soldats ont devant eux. Néanmoins en deux heures, la ville est conquise.
c'est-à-dire à l'établissement de petites garnisons sur les points les plus importants de la côte : Alger et sa banlieue, Oran, Mostaganem, Bougie, Bône, et ce fut à quoi l'on se borna jusqu'à 1835. Pour beaucoup, c'était encore trop : « La colonisation est une chose absurde, disait un député à la Chambre. 11 faut hâter le moment de libérer la France d'un fardeau qu'elle ne voudra pas porter plus longtemps. » Les militaires n'étaient pas moins hostiles à l'entreprise et le général Bugeaud l'appelait « la fâcheuse conquête ». Ce furent les indigènes eux-mêmes qui imposèrent à la France la conquête. Par leurs attaques sans cesse renouvelées, ils entraînèrent insensiblement les Français à s'étendre pour se garder ; ils les contraignirent ainsi à passer de l'occupation restreinte à « l'occupation étendue », puis finalement à partir de 1840, après dix ans d'hésitations, à la conquête totale.
PRISE DE CONSTANTINE. /H /D A l'est, le centre de la résistance fut Constantine, vieille ville forte bâtie en nid d'aigle sur un rocher abrupt qui, enveloppé d'un ravin profond de 200 mètres, forme
presque un îlot, sans autre communication avec la terre qu'un isthme étroit et un pont. Elle comptait 25 000 habitants, musulmans fanatiques, plus une garnison de 4 000 soldats avec 70 canons. Constantine était importante à occuper parce qu'elle était la capitale d'un des trois beylicats de l'Algérie et que le bey Ahmed était l'adversaire déterminé des Français.
La première expédition fut entreprise en novembre 1836 dans une mauvaise saison, par la pluie et le froid, avec des moyens insuffisants, 7 000 hommes sans artillerie. Elle échoua et coûta près de la moitié des troupes.
La seconde expédition, un an plus tard, fut préparée soigneusement, et munie d'un matériel de siège. Ce n'en fut pas moins une opération fort rude que la prise de Constantine. Pour faire passer le ravin à l'artillerie, il fallut, sous le feu de l'ennemi, atteler à chaque pièce 40 chevaux et 200 hommes. La veille de l'assaut un boulet tuait le général Damrémont, le commandant de l'expédition. Presque constamment sous la pluie, presque sans vivres, les hommes avaient passé six jours et six nuits sans un instant de repos, quand le 13 oc-
L'ARMÉE DAFRIQUE
Lf mm d' * Armée d'Afrique ■ évoque trii particuHiuminl le iouvmr Jet trottttt qui entreprirent avec laml de Ira ioTt>s noui>eattx, les iiru formés tn Fiance, chasseurs d'Afrique. cfMsvmt A VirKtnn», légion étrantère : les aulrm rttn "
algérieru. Hérotqtm aneétret de nos Urotqaes « cohmmmx i
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GÉNÉRALDAMRÉMONT(l783-l837)(Blbl.Nat.). MARECHAL BUGEAUD (1784-1 849) (Par Larivlère. GÉNÉRAL LAMORICIÈRE (I80é-1865).i;ionnoni
a U avait été un des vainqueurs d'Alger en 1830 ; il Musée de Versailles), a Le plus populaire des généraux est lié aux épisodes les plus célèbres de la /guerre d'Alsé-
avait pris Bône en 1832 ; il allait prendre Conslantine d'Afrique ; physionomie originale^ avec les yeux très clairs, rie : Comtantine, l'Isly, la prise de la Smalah, et couen 1837 quand il fut frappé à mort par un boulet. la couronne de cheveux blancs et le visage rasé. ronnant le tout, la capture d'Abd-el-Kader.
tobre à 7 heures du matin, le colonel de Lamoricière les conduisit à la brèche. La brèche escaladée, ils durent à l'arme blanche enlever des batteries, des barricades, prendre les maisons une à une. Pourtant en deux heures la ville était conquise.
ABD-EL-KADER. a a A l'ouest, dans le pays entre Alger et Oran, la France trouva en face d'elle
un adversaire encore plus redoutable dont elle ne vint à bout qu'après une lutte de quatorze ans, l'émir arabe Abd-el-Kader.
Abd-el-Kader était un Arabe des environs de Mascara, dans la province d'Oran. 11 était de grande famille et de famille sainte : il passait pour descendre de Mahomet. Lui-même avait réputation de sainteté. Jeune — il avait vingt-cinq ans en 1832 — , beau, d'intelligence
LA PRISE DE LA SMALAH D'ABD-EL-KADER A TAGUI (16 mai 1843) (Par Horace Vernet, Musée de Versailles), a C'e^t un des épisodes les plus fameux de ta conquête, épisode à effet qui termine trois ans de travaux pénibles et d'efforts obscurs, par un coup d'éclat : la prise d'une smalah où sont les trésors d'Abd-el-Kader, ses reserves, ses troupeaux, sa famille. Au centre, le duc d'Aunale, sur un cheval blanc ; devantlui,groapedefemmesl'implorant; derrière lui, un escadron de chasseurs d'Afrique. A droite,
au premier plan, une tente écroulée ; en arrière, le camp d' Abd-el-Kader .
vive et cultivée, très brave, il exerça une profonde iii fluencesur les populations algériennes. Son rôleconsista à faire oublier aux tribus leurs rivalités en surexcitait chez elles le sentiment religieux, et aies grouper dans la haine commune des " Infidèles ».
Il entra en scène en 1832, fut acclamé comme chef par les tribus de la région de Mascara et prit le titre d'Emir. Tout d'abord il ne réunit sous son autorité qu'un petit nombre de tribus. Mais le gouvernement français, au lieu de l'écraser immédiatement, commit par deux fois (1834-1837) la faute de négocier avec lui comme avec un souverain ; il lui constitua ainsi une souveraineté réelle sur un Etat de plus en plus étendu. Le second traité, dit traité de la Tafna (1837), confiait à Abd-el-Kader l'administration de la province d'Oran et de la province d'Alger : la France se réservait seulement cinq ou six points, Oran, Mostaganem, Alger et sa plame la Metidja.
La faiblesse des Français permit à Abd-el-Kader de préparer la guerre sainte. Il forma un corps de réguliers, fantassins, cavaliers, artilleurs, disciplinés, armés à la française, une élite de 6 000 hommes, avec batteries de campagne et parc de siège. Il avait en outre les contingents des tribus, les goums, qui montaient à 50 000 cavaliers et à plusieurs milliers de piétons. Il constitua des magasins, des arsenaux, avec fonderie de canons et poudrerie, des places d'armes enfin, qui devaient lui servir de centres de ravitaillement et de points d'appui pendant la campagne. Il employa deux ans à ces préparatifs. Quand il les jugea suffisants, il déclara la guerre aux Français (18 novembre 1839), et poussant une pointe hardie jusque sur Alger, il détruisit, aux portes de la ville, toutes les cultures, brûla les fermes et massacra les colons (20 novembre).
BUGEAUD. £) m Alors la France se détermina à la conquête. Le général Bugeaud fut nommé gouverneur général de l'Algérie, et on lui donna les moyens nécessaires pour en finir avec Abd-el-Kader : 80 000 hommes d'abord et plus tard 115 000.
Sentant que la condition du succès était un changement complet du système de guerre, il allégea l'équipement, remplaça les voitures par les bêtes de somme, mit l'artillerie à dos de mulet, et divisant ses troupes en multiples colonnes mobiles, il pourchassa l'ennemi dans une offensive incessante. Il se fit nomade pour traquer un nomade.
LA SMALAH ; L'ISLY. 0 a Cependant, grâce à la nature du pays, morcelé par les montagnes en innombrables cantons, Abd-ol-Kader put résister pendant sept ans. Dès 1841 toutes ses places étaient prises, tous ses magasins détruits ; il vécut dès lors en nomade insaisissable. Sa smalah fut enlevée par Icducd'Aumalc,
DUC D'AUMALE (1822-1897). en unifonne it ColooJ du 17* Ufrr 1841 (D'«>m
une mmialurc de LeMuirel. 0 Phtmonomit tumfialhimt. JonI rinltltnna, U
hravoart. la banli ont laici ialimr mémt ie «a anaiWa nolilùiun.Cêlail on mUùl,
•m Itllrc, un artiile, m « honnile homme • camne on ni/ Jil an xvil' mick.
fils de Louis-Philippe. C'était une ville de tentes, que peuplaient plus de 30 000 personnes, que gardaient 6 000 soldats, que suivaient d'innombrables troupeaux avec 500 cavaliers ; le jeune officier se jeta au milieu de l'immense campement, il prit une partie de la famille d'Abd-el-Kader, ses archives, son trésor et ramassa 15000 prisonniers et 50000 têtes de bétail (I6mai 1843).
Abd-el-Kader, réfugié au Maroc, réussit à armer le sultan en sa faveur. Bugeaud vint chercher l'ennemi sur la petite rivière de l'Isly. Son armée, de 10 000 hommes s'enfonça comme un coin au milieu de 45 000 cavaliers marocains, et les mit en pleine déroule, après deux heures de bataille (14 août 1844).
A la fin de 1847, traqué par dix-huit colonnes mobiles, expulsé du Maroc où il avait une seconde fois cherché asile, Abd-el-Kader se rendit (23 décembre 1847). Sa soumission marquait la fin de la grande guerre et de la conquête. Néanmoins il fallut encore dans la période suivante de nombreuses expéditions pour établir définitivement l'autorité de la France sur les montagnards de la Kabylie et pour réprimer les révoltes.
Bien que l'initiative en revienne à Charl:^ X, la conquête de l'Algérie reste le principal titre (ie gloire de la monarchie de Juillet, La prépondérance française se trouvait par elle solidement établie dans le bsssin occidental de la Méditerranée.
LA BARRICADE DU PONT SAINT MICHEL (Insurrection de Juin 1848) (Lithographie et Marchais, Bibl. Nat.). ^ La barricade ferme l'accès du pont du côté de
la rive gauche de la Seine. Au premier plan, gardes nationaux et dvUs font le coup de feu à Vahri des pierres de taille qui constituent la barricade- Au fond, les maisons de la
rive gauche qui s'élevaient alors sur l'emplacement du boulevard Saint-Michel actuel. Cette lithographie de Marchais, pleine de piltoreviue et de mouvement, a été vendue < au
profit des blessés de la 10 légion » gui défendait la barricade pendant l'après-midi du 23 juin.