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CHAPITRE /// SECONDE RÉPUBLIQUE ET SECOND EMPIRE

La seconde République.

L RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE. jH 0 Aussitôt installé à l'Hôtel de Ville le 23 février 1848 le Gouvernement provisoire, par un manifeste, proclama la République « sauf ratification par le peuple qui sera immédiatement consulté ». Il abolit sur l'heure toutes les lois restrictives de la liberté de la presse et de la liberté de réunion. Puis il décréta qu'il serait procédé le 9 avril à l'élection d'une Assemblée nationale constituante, composée de 900 représentants élus au suffrage universel. Tout Français âgé de 21 ans était électeur. Tout Français âgé de 25 ans était éligible. Ainsi le chiffre des électeurs se trouva d'un coup porté de 200 000 à plus de neuf millions. Les députés furent désormais, non plus les représentants d'une minorité de gens riches, mais les représentants du peuple entier. En outre le gouvernement décréta qu'une indemnité quotidienne serait payée au représentant du peuple et la fixa à 25 francs. L'indemnité parlementaire était également une mesure démocratique, puisqu'elle rendait pratiquement la députation accessible à tous les citoyens, au pauvre comme au riche.

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UN CLUB EN 1848. a Les réunions politiques sont à la mode aprèi la Révolution de

1848. Partout s'ouvrent des clubs où l'on discute le droit au travail, l'amélioration du

sort dti travailleurs. La gravure représente un de ces clubs, installé dans une salle de

bal, où fratcnisent ouvriers, bourgeois, étudiants, (cl. ILLUSTRATION DE 1848.)

L'AGITATION SOCIALISTE, a a Bien qu'il y eût en réalité peu de républicains en France, la République établie par les insurgés parisiens fut acceptée facilement par tout le pays. On crut qu'elle allait inaugurer une ère de paix sociale et de fra-

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RASPAIL(l794-l878)(Bibl.Nat.).^ UngranJ lavanl

el qui fut tout dévoué à la cause du beutile, pour laquelle

il combattu ardemment en 1630 et 1848.

BLANQUl (1805-1881) (Bibl. N.I.). a Filide Conoentionnel, révolutionnaire et conitiirateurdonll'exittence tient en ces mots: sociétés secrètes, insurrection^ prison.

BARBÈ3 (1809-1870) (Bibl. N.i.). a Tupe de rén,-

lationftaire sentimental, arur ardent et généreux, qtri isté'

rita te tunwm de « Bavard de la éémacratii *.

ternité. Il y eut un moment de grand enthousiasme.

Ces illusions ne durèrent pas. La Révolution de Février avait été faite par deux partis que séparaient des divergences profondes et qui bientôt entrèrent en lutte : les républicains modérés, qui s'appuyaient sur la bourgeoisie et ne demandaient que des réformes politiques; les républicains socialistes, qui s'appuyaient sur la classe ouvrière, avaient pris pour emblème le drapeau rouge, et réclamaient de profondes réformes sociales.

Au lendemain de la Révolution, le parti socialiste se développa rapidement. Grâce à la liberté de réunion, les chefs socialistes, Blanqui, Barbes, Cabet, Raspail, purent ouvrir un grand nombre de clubs où ils prêchèrent les doctrines nouvelles d'organisation du travail et de transformation de la société. Ces doctrines séduisirent d'autant plus les auditeurs que par suite de deux mauvaises récoltes consécutives, en 1846 et en 1847, par suite également des spéculations auxquelles donnaient lieu les constructions de chemins de fer, il y avait une crise économique très grave. Le travail était arrêté presque partout, les vivres se vendaient à très haut prix : de là une profonde misère et les efforts des socialistes pour obtenir du Gouvernement provisoire qu'il travaillât à améliorer le sort des ouvriers.

Pendant la première semaine de son existence, le Gouvernement provisoire se trouva chaque jour en face de quelque manifestation socialiste. Dès le lendemain de son installation, le vendredi 25 février, il eut à subir deux émeutes. L'après-midi des bandes armées vinrent réclamer la substitution du drapeau rouge au drapeau tricolore. Presque seul en face des émeutiers

menaçants, leur faisant courageusement tête, Lamartine sut après un violent débat les retourner par une improvisation dont la péroraison est demeurée fameuse : « Je repousserai jusqu'à la mort. »'écria-t-il, ce drapeau de sang, et vous devriez le répudier plus

LAMARTINE HARANGUANT LE PEUPLE LE ÔFÉVRIEH l*«(B*I.N4i.).

t Devant le pemn dtCHUtlit Ville. LmstêeHsie, waW »gi»JU»t.» r tr

discourt où il oppost éhqueisienent le Jrafiems In'o/iw 4«i • f*'' i* *>■' «k ««mA ms drapears roufe oui n'a iamass fait que ta tmtr Jh Ckamm A Mmt. (et. MU.MIIIIJ

que moi. Car le drapeau rouge que vous nous apportez n'a jamais fait que le tour du Champ de Mars traîné dans le sang du peuple en 91 et 93, et le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la Patrie ». Le matin le Gouvernement avait déjà vu forcer l'entrée de la salle où il siégeait et il avait dû s'engager" à garantir l'existence de l'ouvrier par le travail, à garantir du travail à tous les citoyens ».

Pour essayer de tenir cet engagement il décréta, le lendemain 26, l'établissement immédiat d'« Ateliers nationaux ». Le 28, après une nouvelle manifestation ouvrière, il constitua, sous la présidence de Louis Blanc, une Commission du Gouvernement pour les travailleurs, chargée « d'aviser sans retard à garantir au peuple les fruits légitimes de son travail». Le 17mars, les socialistes manifestèrent pour faire reculer la date des élections à l'Assemblée Constituante : le Gouvernement céda encore et les ajourna au 23 avril.

L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE, a fil Cependant le parti républicain modéré se ressaisit. Il avait pour lui l'ancienne garde nationale, il avait la majorité au gouvernement provisoire. Il triompha complètement aux élections du 23 avril, qui lui donnèrent plus de 750 sièges, contre 130 au parti catholique, et un nombre infime aux socialistes. L'Assemblée Constituante se réunit le 4 mai et confia le gouvernement à une Commission executive d'où les socialistes furent exclus.

Les clubs socialistes organisèrent alors pour le 15 mai une manifestation qui dégénéra en émeute. Sous prétexte d'une pétition à présenter, une colonne de manifestants armés envahit la salle des séances, prononça la dissolution de l'Assemblée et proclama un Gouvernement provisoire où l'on plaça Louis Blanc malgré lui. Barbes et Blanqui. Mais la garde nationale parvint à chasser les émeutiers; les principaux meneurs furent arrêtés et les clubs fermés. C'était une première et grave défaite pour les socialistes.

LES ATELIERS NATIONAUX, a 0 L'émeute du 15 mai acheva de détermmer l'Assemblée à réagir contre les socialistes et la poussa à mettre fin à l'expérience des Ateliers nationaux.

Les Ateliers nationaux, ouverts en vertu du décret du 27 février, avaient été constitués de la manière suivante. Tous les ouvriers sans travail y étaient admis ; ils étaient groupés militairement par escouades, brigades, compagnies. Quel que fût leur métier, maçons, ciseleurs, tapissiers, ébénistes, terrassiers de profession, ils étaient uniformément employés à des terrassements. Le salaire était de deux francs par jour, il fut ramené ensuite à huit francs par semaine. Le chômage

AU PANTHÉON. BARRICADE DE LA RUE CL0VIS'(2-l^iuin 18-18) (Liih,.-

grar hie d'Eugène Ciceri. Bibl. Nflt.).^La fermetare^s Alelier^ationaux pToiioquu

une formielabU insurrection. 1^ Panthéon fui une des dtadelles t/e* insurgés : toutes les

rues y conduisant, dont la rue Clovis, étaient fermées de barricades.

sévissait avec une intensité telle que dès le premier jour on eut 10 000 ouvriers, 60 000 au milieu d'avril, 1 1 7 000 au mois de mai. A ce moment, comme tous les travaux utiles étaient achevés on les employait à déplacer des pavés, à remuer de la terre pour rien, au Champ de Mars : il en coûtait plus de 150 000 francs par jour à l'État.

Cette ruineuse organisation, présentée comme l'application du système de Louis Blanc ne répondait en rien à ses idées. Louis Blanc eût voulu que les ouvriers fussent groupés d'après leur profession, le Gouvernement se bornant à subventionner les ateliers qu'ils organiseraient et exploiteraient euxmêmes à leurs risques et périls. Les Ateliers nationaux furent organisés contre Louis Blanc, par un de ses collègues du Gouvernement, Marie, dont le but, de son propre aveu, était de ruiner la popularité de Louis Blanc et de démontrer que ses théories étaient « vides, fausses et inapplicables ». L'expérience faite sans bonne foi avait coûté inutilement des millions, elle allait coûter des flots de sang.

LES JOURNÉES DE JUIN, fi/ fif Pour mettre fin au gaspillage et pour disperser l'armée socialiste.

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l'Assemblée décréta, le mercredi 21 juin, la fermeture des AtelitTs nationaux. Les ouvriers de dix-huit à vingt-cinq ans étaient invités à s'engager dans l'armée ; les autres seraient dirigés sur différents points de la province où de grands travaux allaient être entrepris. De pareilles propositions faites à des ouvriers qui avaient femme et enfants, et qui étaient en grand nombre des ouvriers d'art, leur parurent un défi.

Le vendredi 23 juin à l'aube, les quartiers populeux, tout l'est de Paris depuis le Panthéon jusqu'au boulevard Saint-Martin, étaient transformés en camps retranchés par plus de quatre cents barricades, dont beaucoup précédées de fossés et crénelées montaient à la hauteur d'un premier étage. Il y avait 50 000 insurgés. Le gouvernement disposait de 40 000 hommes, troupes de ligne et garde nationale. L'Assemblée confia des pouvoirs dictatoriaux au général Cavaignac.

La lutte dura quatre jours; elle fut acharnée, sans pitié de part et d'autre et coûta la vie à plusieurs milliers d'hommes. Trois généraux tombèrent devant les barricades. L'archevêque de Paris, Mgr Affre, fut blessé mortellement en essayant de s'interposer. Le lundi 26 juin les insurgés étaient forcés dans leurs derniers retranchements, faubourg Saint-Antoine — on y comptait soixante barricades — et place de la Bastille. Les troupes ramassèrent environ 1 1 000 prisonniers ; 3 000 furent déportés en masse, en Algérie, sans jugement, par simple décret de l'Assemblée.

IMPOPULARITÉ DE LA RÉPUBLIQUE, a a Ces événements coupèrent en deux la société française et opposèrent les uns aux autres, d'un côté les ouvriers, de l'autre les bourgeois et les paysans. Tandis qu'ils laissaient chez l'ouvrier de longues rancunes et qu'ils

éveillaient en lui des sentiment* de haine contre la bourgeoisie, ils épouvantèrent le bourgeois et le pay«an.

Beaucoup de bourgeois furent gravement atteints dans leur fortune. La rente, qui valait plus de 1 16 francs au milieu de février, était tombée à 50 franc» deux mois plus tard, en avril ; il y eut des gens dont la fortune se trouva de la sorte réduite de plus de moitié. Nombre de commerçants et d'industriels furent ruinés par l'arrêt des affaires. Ils se détachèrent de la République et désirèrent un gouvernement fort, capable d'assurer l'ordre, indispensable à la prospérité commerciale.

Quant aux paysans, ils devinrent hostiles à la République, dès que le Gouvernement provisoire, pour faire face aux dépenses nouvelles, eut établi une contribution supplémentaire de quarante-cinq centimes par chaque franc de contributions ordinaires : si bien que la charge de l'impôt se trouva accrue de près de moitié (mars 1848). D'autre part, ils s'imaginèrent que les socialistes voulaient le partage, des terres : de là la haine violente contre les « partageux " ou les " rouges ", ce dernier surnom donné aux socialistes à cause de la couleur de leur drapeau. De même que les bourgeois, les paysans voulurent un gouvernement qui assurât le resp>ect de la propriété et la tranquillité intérieure. Le second Empire devait sortir de cet état d'esprit.

LA CONSTITUTION DE 1848. i? i? Au début de novembre 1848, l'Assemblée nationale promulgua la nouvelle Constitution, La Constitution proclamait que « la souveraineté réside dans l'universalité des citoyens » et que « tous les pouvoirs émanent du peuple ». Le pouvoir législatif était délégué à une Assemblée unique, élue pour trois ans, au suffrage direct et universel, par les Français âgés de vingt et un ans au moins.

C CAVAir.NAC (l80.'-l8>7)(Uiho. do Ufo,». Bilil. Nat.). & ijx Constituante ïe nomma thei du iwuiwr fxéciitil. Candidat des rèttubïicains modérts à la Preitidencf.il refusa defacUserarec ladroiteet fut fialtu.

I.OUIS-NAPOUON (I808.1873>. 0 U lulw Sapole'on III à quarante et on anst après son ^leelian à la Présidence. Phi/norroiràe fermée, imisénétroble, retard /.l'n/oi'n txrdu dans le rd'e etdans te l'atue .(<:i..nKVS ,)

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