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UNE SÉANCE A LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS (Par Rousseau -Decelle). a A la trihune, le grand orateur $odalitteJaurèst martelant du geste te* paroles, attaque fougueusement le président du ConsàltM. Clemenceau, debout devant lui, au banc du gouvernement, prêt à la riposte. Dominant l'orateur et l'Assemblée, le président de la Chambre, Hertri Brisson, apaise de la main un député d' extrême-gauche cm témoigne trop bruyamment ton enthousiasme. Au premier plan^ près d'une des portes de la salle, en

voit huissiers, déautés, sénateurs. Au pied de la tribune, les sténographes, (cl. DUPONT.)

DÉPART DE BOULANGER POUR CLERMONT (8 jaillct 1887). £f Épisode

de l agitation boulangiste. Pour éloigner Boulanger de Paris, le ministre l'avait nommé

commandant de corps d'armée à Clermont. La foule voulut l'empêcher de partit

et détela son wagon. Il dut partir sur la locomotive. (CL. ILLUSTRATION.)

Félix Faure (1895-1899), MM. Loubet (1899-1906). Fallières (1906-1913). Poincaré (19l3-l920).Deschanel (1920) et Millerand.

Les premiers actes du gouvernement et du Parle-' ment républicains furent de décider le retour des Chambres à Paris — elles siégeaient encore à Versailles — .de voter l'amnistie pour les condamnés de la Commune et d'instituer la fête nationale du 14 juillet jour anniversaire de la prise de la Bastille et de la Fédération.

Mais la victoire des républicains ne mit pas fin aux luttes des partis. Dès 1875 il s'était formé parmi eux deux groupes principaux, un groupe radical qui réclamait la revision totale de la Constitution, la suppression du Sénat, l'impôt sur le revenu, la séparation de l'Eglise et de l'Etat ; un groupe modéré ou « opportuniste » qui pensait qu'on pouvait s'accommoder de la Constitution en modifiant seulement par une revision partielle l'organisation du Sénat, et qui voulait ajourner les autres réformes jusqu'au moment « opportun ». Après la mort de Gambetta (1882), Jules Ferry fut le principal chef des opportunistes ; presque constamment au pouvoir de 1875 à 1889, soit comme ministre de l'Instruction publique, soit comme ministre des Affaires étrangères, il fit voter les grandes

LA TROISIEME REPnRilQUE

WALDECK-ROUSSEAU (18-46-1904). a Mini,i,e

de l'intérieur en 1881, puis en 1883-1885, président

(lu Conseil de 1899 à 1902; orateur plein de maîtrise au

barreau comme au parlement. {cL. NADAH.)

E. COMBES (1835-1921)- a Présidtnl du conseil de

1902 à 1905. E. Combes a personràfié au pouvoir plus

qu'aucun autre homme d'Étal, la poliHtiat radicale et

anticléricale. (cL. MANUEL.)

ARISTIDE BRIAND.^D'aior./ KimUreJerimhme.

lion pubkniit de 1906 i 1909 Phaiem Itit priàjml Jm

C,vaeil depuis 1909 c'df ivi det ist^lrea Je Cik^mna

parlementaire. (cL. UahUCL.)

npagnie de Jésus et ^ [après la proclamation des résultats du scrutin, on put

lois scolaires, dissoudre la comj:

donna une vive impulsion à la politique d'expansion ! croire que Boulanger allait s'emparer de la Présidence.

coloniale. Mais violemment attaqué à droite par les monarchistes et les catholiques, à gauche par les républicains radicaux, il finit par devenir prodigieusement impopulaire et fut renversé en 1885.

Après la chute de Jules Ferry, la lutte de plus en vive entre les différents groupes républicains réveilla les espoirs de l'opposition monarchiste. Elle en profita pour livrer un nouvel assaut aux institutions républicaines, au cours d'une crise de près de trois ans (1886-1889), dont le héros fut le général Boulanger. Boulanger avait d'abord été imposé comme ministre de la Guerre par les radicaux qui le déclaraient « le seul général vraiment républicain ». Beau parleur, cavalier élégant, il plut au peuple par ses dehors, sut flatter le désir de revanche que les Français gardaient au cœur ; les journaux à sa dévotion annonçaient en lui le prochain vainqueur de l'Allemagne. Conseillé par des ambitieux, il crut possible de devenir un prochain jour maître de la France. Les républicains modérés l'ayant écarté du ministère, il devint le chef d'un étrange parti « révisionniste » ou « national ». où se coudoyaient des patriotes exaltés, quelques radicaux, et surtout les adversaires de la République ; le programme se résumait dans ces trois mots : « Dissolution, Revision, Constituante ''. La tactique fut d'organiser sur le nom de Boulanger une sorte de plébiscite permanent, en posant sa candidature partout

Il n'osa pas. Ce manque de décision le perdit. Menace par le gouverneipent d'être arrêté et traduit pour complot devant la Haute Cour, il s'enfuit en Belgique- Du coup tout son prestige s'évanouit et les élections générales de septembre 1889 virent la déroute de ses partisans et l'éclatante victoire des républicains.

Depuis lors la droite n'a pas désarmé, et. sauf un petit groupe de « ralliés », les royalistes ont continué à faire campagne contre la République. Mais les électeurs n'ont cessé d'envoyer au Parlement une forte majorité républicaine. Jusqu'en 1914 l'évolution politique s'est faiteau profit des groupes de gauche, radicaux radicaux-socialistes,républicains-socialistes, qui. à partir de 1899, ont enlevé le pouvoir aux modérés. Les révolutionnaires, décimés par la Commune, se sont reformés ; à l'extrême gauche s'est constitué un parti « socialiste unifié », affilié à « l'Internationale ouvrière ». Le morcellement croissant des partis, les rivalités parlementaires ont eu pour conséquence une extrême instabilité ministérielle : les principaux ministères, ministères Waldeck-Rousseau (1899-1902), Combes (1902-1905) et Clemenceau (1906-1909) n'ont guère duré plus de trois ans. Seule la Grande Guerre a mis une trêve aux luttes des partis et réalisé « l'Union sacrée » face à l'ennemi.

L'ŒUVRF LÉGISLATIVE, a a Malgré leur

où il y avait un député à élire. L'argent pour cette instabilité, les gouvernements qui se sont succédé

incessante campagne électorale fut fourni sans compter depuis 1879 ont accompli une oeuvre considérable de

surtout par ics royalistes. En cinq mois. Boulanger réorganisation et de réformes. Cette œuvre est tout

fut six fois élu député. Une septième élection à Paris entière inspirée des principes démocratiques, la liberté,

(27 janvier 1889) fut un éclatant triomphe, et le soir, et l'égaiité des droits et de» devoirs de tous les citoyens.

Au lendemain de la Commune, de nombreuses restrictions avaient été apportées aux libertés politiques ; sous le régime de l'ordre moral, la presse et les associations républicaines étaient traquées par le gouvernement. Toutes ces restrictions furent successivement supprimées : dès 1881 deux lois rétablirent la pleine liberté de la presse et la pleine liberté de réunion ; la loi de 1901 a établi la pleine liberté d'association, sauf pour les congrégations religieuses qui ne peuvent être autorisées que par une loi spéciale.

L'armée avait été reconstituée par Thiers sur la base du service militaire obligatoire ; mais la loi de 1872 laissait subsister de nombreuses catégories de privilégiés, dispensés totalement ou en partie de l'obligation de servir. Les républicains rendirent le recrutement de plus en plus égalitaire : ils établirent en 1905 le service de deux ans pour tous, sans exception aucune. En 1913, devant l'accroissement formidable des effectifs allemands, il fallut porterla durée du service de deux ans à trois ans pour tous, lourde charge que la nation accepta par devoir patriotique.

L'école a été organisée sur le même principe de l'obligation pour tous, c'est-à-dire du droit de tous les enfants à l'instruction. Déjà Guizot sous la monarchie de Juillet, Duruy sous le Second Empire avaient développé l'enseignement primaire. Jules Ferry compléta leur œuvre par les lois de 1881 et 1882 qui rendirent l'instruction primaire obligatoire et gratuite pour tous les enfants de six à treize ans. La loi de 1886 ordonna que dans toutes les écoles publiques l'enseignement fût exclusivement confié à des laïcs. L'application de ces lois nécessita la construction de milliers d'écoles et le budget de l'enseignement primaire, qui était d'environ douze millions à la fin du Second Empire, monta dès 1888 à près de cent millions.

Les réformes scolaires ont posé devant 1 opinion

I-A BOURSE DU TRAVAIL A PARIS, a Conslruil sur les »/<im Je Bouvard en 1889-1890, ridifice, dont la grande salle rap(?e//« l'intérieur de la Bourse des valeurs, sert d'abri aux syndicats militants. On voit id la photographie ^un grand meeting qui jut tenu le 30 avril 1906. (cl. illustration.)

et le Parlement la question religieuse qui a donné lieu aux débats les plus passionnés. Le clergé ayant été longtemps le principal auxiliaire des monarchistes, les républicains étaient pour la plupart «anticléricaux », c'est-à-dire hostiles à l'ingérence du clergé dans la politique. Ils s'efforcèrent d'abord de limiter son influence sur la jeunesse : en 1880 Jules Ferry prononça par décret la dissolution des Congrégations non autorisées et fit fermer leurs écoles : l'enseignement congréganiste se reforma néanmoins, mais il fut totalement supprimé en 1904 sous le ministère Combes. Cette politique aboutit à la rupture des relations diplomatiques avec le Saint Siège, à l'abolition du Concordat, et au vote de la séparation des Eglises et de l'Etat (1905) ; l'Eglise catholique a perdu ainsi tout caractère officiel, mais elle a recouvré sa pleine indépendance à l'égard de l'Etat.

Enfin la question sociale a pris en France comme dans tous les pays une importance croissante et le Parlement a dû élaborer toute une législation du travail. Les ouvriers ont reçu le droit de se grouper en « syndicats » professionnels, par la loi de 1884 préparée par Waldeck-Rousseau pendant le ministère Jules Ferry. Cette loi donnait même aux syndicats la liberté, dont ils ont usé, de se grouper en unions : les différentes unions syndicales ont formé une vaste fédération nationale, la Confédération générale du Travail, (C. G. T.). D'autres lois ont garanti l'ouvrier contre les accidents du travail (1898), rendu obligatoire le repos hebdomadaire (1906), institué des retraites ouvrières et paysannes (1910), réduit progressivement la durée de la journée de travail à dix heures, puis à huit heures (1919). Pour contrôler l'application de toutes ces lois, il a été créé un ministère du Travail.

La France dans le monde.

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