LA POLITIQUE D'EXPANSION COLONIALE
^ 0 Après les défaites de 1870, la France vécut pendant quelques années comme repliée sur elle-même, tout occupée à panser ses blessures, à se refaire une armée, à fortifier sa frontière de l'Elst pour se prémunir contre une nouvelle agression de l'Allemagne. Celle-ci, qui voyait avec inquiétude le relèvement rapide d'un ennemi irréconciliable, s'efforça de l'entraver, à plusieurs reprises, même par des menaces de guerre (1875). Elle n'y parvint pas. Du moins Bismarck sut employer toutes les ressources de sa diplomatie à maintenir la France isolée en Europe, tandis qu'il groupait autour de l'Allemagne, d'abord l'Autriche et la Russie — c'est ce qu'on appela « l'en-
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FRANCIS GARNiER (1839-1873). 0 LUutawnl de
vaisjeati et féritable héros iVépopée, conquérant Ju Ton-
kin, qu'il avait enlevé aux Annamites, tué aux portes de
Hanoï dans une embuscade (1873)
COMMANDANT RIVIÈRE, Littérateur et élève de
rÉcole Navale, fui l'un des pionniers de l'expansion
française en Extrême-Orient. Ce /utluiquieutl'idéed'oa-
vrirle Tonkin au commerce français. U^i-. NAI)*Il.)
AMIRAL œURBET (1827-188$).^ Ut ia i de la marine françaite. Par an nfifiiifiimi t df 1883 et 18S4, il astura ta aowmimom et VAwmatm et de la Chine.
tente des trois Empereurs" — (1872), puis l'Autriche et l'Italie réunies dans une Triple Alliance (1882).
Dans cette Europe qui semblait accepter l'hégémonie allemande et que dominait Bismarck, la France isolée ne pouvait jouer qu'un rôle effacé. C'est ainsi qu'elle fut amenée à chercher hors d'Europe l'emploi de ses forces reconstituées et de son activité renaissante. Des hommes politiques clairvoyants, Jules Ferry entre tous, l'engagèrent alors résolument dans la voie de l'expansion coloniale : au moment où commençait à se dessiner dans toute l'Europe un mouvement protectionniste, la politique coloniale devait assurer à l'industrie et au commerce français de nouveaux marchés en même temps que des réserves de matières premières ; mais elle avait aussi pour but de rendre à la France confiance en elle-même, d'étendre son influence et de restaurer son prestige dans le monde. « Il s'agit, déclarait Jules Ferry en 1882, de l'avenir même de la patrie >' et il montrait qu'à la longue la politique de recueillement risquait de tourner à la politique d'effacement, ce qu'il appelait « la poli-
tique de pot-au-feu », « le grand chemin de la décadence ».
Celte politique coloniale fut combattue avec fureur par les monarchistes et l'extrême gauche du parti républicain. Elle fut dénoncée comme dangereuse pour la défense nationale et comme conseillée par Bismarck, désireux de mettre la France hors d'état d'agir en Europe. Elle prévalut cependant et aboutit à de magnifiques résultats grâce aux intrépides pionniers qui la servirent. Avec des moyens le plu» souvent
RtClJ' 1 ION 1 )lu> AMlVXSSAUtL K.S SIAMOIS (27 juin l86l)(Por Ciiimr). t) } Au château de Fontainebleau, dans la galerie de Henri //. Natroléon III. ayant a te»
! eêtés l'imtiéralriçe et le rtrince impérial, reçoit les ambassadeurs : prélude des rapports
qui devaient s'établir plus lard entre l'Indochine et lu Frarsct-
SOLDATS Ut LANCIENNK ARNtf.E CHINOISt: a Da mm. Jt •«»» erqatttttet, da * opooc -eonfie >. des boackers. tel èteàt Vmrmemtmt Je CrnsmU ehim qnmnd le* Euffrwm, •■ XIX* wiiek. emtriftmtm imaâmlanetik,
TYPES ANNAMITE^, a De pelile lailk el de cons grêle, mais bien pris el souples ils sont actifs et intelligents. Sauf aux heures trop fréquentes consacrées au feu ils s'entendent très bien à dresser leurs buffles et à cultiver leurs rizières. Ce sont aussi d'habiles ouvriers et souvent des artistes. (cL. TOUR DU MONDE.)
minimes, ils réussirent à explorer, conquérir, coloniser d'immenses territoires en Afrique et en Asie. Ainsi a été reconstitué un empire colonial qui s'étend aujourd'hui sur plus de dix millions de kilomètres carrés, qui est peuplé de plus de cinquante millions d'habitants et qui fait par conséquent de la France la deuxième puissance coloniale du monde.
LA FRANCE EN INDO-CHINE, iz^ iS En Asie la France n'avait conservé de ses anciennes possessions que cinq villes de l'Inde, isolées les unes des autres, Pondichéry, Chandernagor, Karikal, Mahé, Yannon. Quand, vers le milieu du dix-neuvième siècle, l'immense marché de la Chine commença à s'ouvrir au commerce européen, il devint nécessaire de développer l'influence française en Extrême-Orient : Louis- Philippe obtint pour la France le protectorat des missions catholiques (1844) ; sous Napoléon III une expédition franco-anglaise occupa Pékin et obligea les Chinois à ouvrir de nouveaux ports aux Européens (1860). A la même époque, les Français prenaient pied en Indo-Chine, dans l'Annam et au Cambodge.
L'empire d'Annam comprenait depuis le début du dix-neuvième siècle : au nord, le Tonkin, c'est-àdire le riche delta et la vallée du Song-Koï ou Fleuve Rouge ; au centre, le long de la mer de Chine, l'Annam proprement dit ; au sud, la Cochinchine avec le delta du Mékong. L'ensemble de ces territoires représen-
tait à peu près les trois cinquièmes de la superficie de la France. La population, de race jaune, active et intelligente, montait à treize millions d'hommes. La civilisation, venue de la Chine, était très ancienne et brillante. L'empereur, souverain absolu, résidant à Hué, gouvernait à l'aide de nombreux « mandarins ». Les empereurs annamites s'étaient autrefois reconnus vassaux de la Chme ; mais ils avaient cessé depuis longtemps de payer le tribut, signe de cette vassalité. Au nord de la Cochinchine, sur les deux rives du Mékong, s'étendait le royaume du Cambodge, peuplé comme l'Annam par des jaunes, mais nonchalants et de civilisation hindoue. Il était gouverné par des rois pacifiques, et sans cesse menacé dans son indépendance par ses voisins, l'Annam et le Siam.
Les premières relations de la France et de l'Annam dataient de la fin du dix-huitième siècle En vertu d'un traité signé à la veille de la Révolution (1787), Louis XVI avait envoyé au souverain de l'Annam des officiers et des ingénieurs, qui enveloppèrent Hué et les principales places du Tonkin de fortifications à la Vauban. Depuis lors la France n'avait pas cessé de s'intéresser à l'Annam, parce qu'elle espérait y trouver une station navale pour ses escadres, une voie d'accès vers la Chine pour son commerce. Des persécutions contre les chrétiens indigènes, un massacre de missionnaires français, ordonnés par l'empereur Tu-Duc (1858) fournirent à Napoléon III l'occasion d'intervenir. Des opérations lentement conduites et dont les plus importantes se déroulèrent autour de Saigon (1859- 1861) aboutirent à l'acquisition d'abord de trois pro-
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vinces (1863), puis de la totalité de la Cochinchine (1867). Dans l'intervalle des deux conquêtes, le roi du Cambodge, inquiet des visées du Siam, s'était placé sous le protectorat de la France (1863).
FRANCIS GARNIER. 0 a V.^ conquête du Tonkin fut la conséquence des explorations du lieutenant de vaisseau Francis Garnier. Il avait pensé que le Mékong, l'un des fleuves les plus puissants de l'Asie, serait une magnifique voie d'accès aux riches provinces de la Chine méridionale, en particulier au Yunnan. Mais, remontant le fleuve, il l'avait trouvé coupé de rapides et s'était convaincu à la fin de son exploration que la vraie route commerciale du Yunnan était le fleuve du Tonkin, le Fleuve Rouge. Sur ses indications un commerçant audacieux, Jean Dupuis, tenta un premier voyage qui réussit brillamment. Mais, lorsque Dupuis voulut entreprendre un nouveau voyage, les mandarins lui barrèrent la route; Garnier fut alors envoyé de Cochinchine pour lui venir en aide. N'ayant pu déterminer les Annamites à livrer le passage, il attaqua et enleva avec 175 hommes la citadelle de Hanoï, la capitale du Tonkin, où 7 000 Annamites tenaient garnison. Puis il occupa toutes les places du delta (1873) ; mais il périt peu après dans une embuscade (décembre 1873).
La France sortait à peine de la guerre de 1870 ; les dernières troupes allemandes venaient seulement d'évacuer son territoire : on ne voulut pas courir le risque d'une guerre en Indo-Chine, et l'on rendit le delta à l'empereur d'Annam. Celui-ci s'engageait en échange à ouvrir le Fleuve Rouge au commerce français (1874).
Cet engagement ne fut pas tenu. Alors, en 1881, sous le ministère Jules Ferry, un petit corps de 600 hommes fut envoyé de Cochinchine sous la direction du commandant Rivière, et pour la seconde fois la France fit la conquête du delta.
GUERRE AVEC LA CHINE. 0 û Aussitôt
l'empereur d'Annam se rappela les liens anciens de vassalité qui le rattachaient à l'empereur de Chine : il lui envoya le tribut et lui demanda secours. En même temps il appelait à l'aide les Pavillons Noirs. C'étaient d'anciens rebelles chinois, soldats excellents, qui formaient dans le sud de la Chine des bandes analogues aux Grandes Compagnies du Moyen Age et aux troupes de mercenaires, lansquenets et reîtres, du seizième siècle. Troupes chinoises et Pavillons Noirs envahirent le Tonkin ; Rivière fut bloqué dans Hanoï et tué pendant une sortie (1883). De là la guerre, à la fois contre l'Annam et contre la Chine.
La guerre contre l'Annam fut promptement ter-
minée. L'amiral Courbet força l'entrée d« U rivière de Hué et vint dicter la f>aix à l'empereur dans ta capitale (août 1883), L'Annam accepta le protectorat de la France.
La guerre contre la Chine dura près de deux ans. Elle se fit à la fois sur terre et sur mer. Elle eut pour théâtre le Tonkin, d'où il s'agissait de chasser les armées chinoises, et les côtes méridionales de la Chine. Elle fut très rude parce que le pays était difficile, presque sans routes, marécageux et couvert de rizières dans le delta, hérissé de montagnes et de forêts, partout ailleurs. Elle fut rude surtout parce que les Français, qui ne furent jamais plus de 16 000, se heurtèrent à des troupes très nombreuses, aguerries, braves, disciplinées, armées de fusils à tir rapide et de canons Krupp, habiles à se couvrir de retranchements, ne tirant qu'à coup sûr, tenant intrépidement sous le feu et ne cédant que devant l'arme blanche. Les épisodes les plus importants furent : sur mer, la destruction de la flotte chinoise et de l'arsenal de Fou-Tcheou par l'amiral Courbet (23 août 1884) ; sur terre, la défense épique de Tuyen-Quan, où pendant trois mois le commandant Dominé, avec 600 hommes, soutint un siège en règle, mené comme on l'eût fait en Europe, et repoussa victorieusement les assauts de 15 000 Chinois (décembre 1884-mars 1885); enfin le dernier acte de la guerre, l'affaire dite de Lang-Son (28 mars 1885). Le général de Négrier, avec moins de 4 000 hommes, attaqué en avant de Lang-Son par 20 000 Chinois, les avait repoussés, quand une balle lui traversa la poitrine. L'officier qui le remplaça manqua de sang-froid, ordonna une retraite précipitée, envoya des dépêches affolées qui firent croire à un désastre, alors que les Chinois se retiraient en hâte. Cette « déroute de Lang-Son » qui à Paris amena le
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LA PRISE DE GABÊS (26 juillet 188!). a Les troupes françaiMes,commandtes par te commandant Marco Satnt-Hilaire, semparent de l'oasis aprà un court bombardement.
'foute l'opération est menée par la marine, dont on voit les fusiliers et les canonniers à gaucheet à droite au premier plan. Au centre, groupe d'officiers. Gabès apparaît dans te fond, C'e^t
une oasis de la Tunisie méridionale sur le golfe de même nom, à 330 kilométra de Tunis, (ci.. ILHJSTRATION.)
renversement du ministère Ferry, n'empêcha pas la Chine de poursuivre les négociations de paix engagées auparavant. Ces négociations aboutirent à la signature du traité de Tien-Tsin par lequel la Chine abandonnait le Tonkin et reconnaissait le protectorat de la France sur l'Annam (9 juin 1885).
La conquête du Tonkin avait rencontré en France une opposition plus acharnée encore que la conquête de l'Algérie. C'était, disait un député de droite, « la plus folle et la plus criminelle des entreprises ». Au lendemain de la paix, conime le ministère demandait à la Chambre les crédits nécessaires à l'organisation de la nouvelle conquête, une coalition de la droite et de la gauche radicale faillit amener l'évacuation du Tonkin et l'abandon de l'Annam. Les crédits furent votés à quatre voix de majorité par 274 voix contre 270 ; deux voix déplacées coûtaient à la France l'Indo-Chine.
LA TUNISIE. J& et L'Afrique a été le principal domaine de l'expansion coloniale française. Depuis la monarchie de Juillet la France y possédait l'Algérie. Mais l'Algérie n'est que la partie cent.ale de la région montagneuse de l'Atlas ; elle se continue à l'est par la Tunisie, à l'ouest par le Maroc, et les trois pays sont si étroitement soudés par la nature qu'on ne peut être pleinement maître de l'Algérie qu'à la condition de dominer les deux pays voisins. Ainsi s'explique l'importance prise successivement par la question de Tunisie, puis par la question du Maroc dans la politique française.
La question de Tunisie fut résolue la première, avec
une rapidité surprenante, par Jules Ferry. La « Régence de Tunis », comme autrefois la régence d'Alger, était gouvernée par un « bey » nominalement vassal du Sultan. Par suite de sa situation centrale en Méditerrannée, les étrangers. Anglais, Français et surtout Italiens, y étaient assez nombreux. L'influence française s'y heurtait principalement aux visées de l'Italie. La politique italienne devint si active qu'en 1881 Jules Ferry, alors président du Conseil, jugea urgent d'agir pour empêcher que « la clef de notre maison'» ne tombât en des mains étrangères. Les incessantes pilleries commises en territoire algérien par das montagnards tunisiens, les Kroumirs, servirent de prétexte à l'entrée d'une armée française en Tunisis (avril 1881). D'autre part, un corps envoyé de Toulon débarquait à Bizerte, marchait sur Tunis, et le 12 mai 1881, aa palais du Bardo, le bey était obligé de signer un traité par lequel il se plaçait sous le protectorat de la France. Il s'engageait à ne négocier avec l'étranger que par l'intermédiairj d'un Résident français, véritable ministre des Affaires étrangères du bey.
La Tunisie paraissant tranquille, les troupes furent rappelées. Il y eut aussitôt un soulèvement général dont le centre était à Kairouan, une des villes saintes des Musulmans. La répression fut prompte. Tandis qu'une escadre bombardait et prenait Sfax, 35 000 hommes, amenés de trois directions différentes, se concentraient sous les mars de Kairouan et l'occupaient sans combat (25 septembre 1881). Le gouvernement français eut la sagesse de ne pas changer le protectorat en annexion. On se borna à prendre Bizerte pour y
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créer un grand port de guerre, puis à accroître les pouvoirs du Résident ; il devint le chef de l'administration tunisienne réorganisée, mais toujours composée d'indigènes.
L'EGYPTE. 0 .£/ Ce grand succès de la politique française fut presque aussitôt suivi d'un échec, le plus grave que la France ait subi dans cette période : la perte de son mfluence et de sa situation privilégiée en Egypte.
Dans la première moitié du di.x-neuvième siècle, un pacha intelligent et audacieux, Méhémet-Ali avait réorganisé l'Egypte et, d'une médiocre et somnolente province turque, avait fait une riche principauté autonome. Dans cette œuvre de réorganisation il s'était entouré principalement de collaborateurs français. L'influence française devint prépondérante en Egypte. Le percement du canal de Suez, inauguré en 1869, accrut encore cette influence, mais, faisant de l'Egypte l'étape principale sur la route de l'Inde, il accrut aussi l'intérêt que l'Angleterre portait de longue date aux affaires égyptiennes.
Or, le troisième successeur de Méhémet-Ali, son petit-fils Ismaïl qui régnait alors sur l'Egypte, était un personnage magnifique et dépensier. Il avait acheté du sultan, à très gros prix, le titre de Khédive et l'indépendance à peu près complète de l'Egypte, libre désormais de traiter directement avec l'étranger comme un Etat souverain. II avait conquis toute la région du Haut-Nil — le Soudan oriental. Au Caire, sa capitale, il avait fait construire de somptueux palais. Mais pour faire face à tant de dépenses, il avait emprunté près ' de deux milliards et complètement désorganisé les finances égyptiennes. La France et l'Angleterre, ses plus gros prêteurs, lui imposèrent alors deux contrôleurs, chargés de remettre en ordre les finances de l'Egypte et d'assurer le paiement des intérêts dus aux créanciers : c'est ce que l'on appela le condominium franco-anglais (1876).
Le régime de condominium ne devait pas durer plus de six ans. Par mesure d'économie, les contrôleurs exigèrent la mise à la retraite d'environ 2 000 officiers. De là un vif mécontentement dans l'armée et la formation, sous la direction du colonel Arabl-Pacha, d'un parti national hostile aux étrangers et qui voulait « l'Egypte aux Egyptiens ». Dans une émeute à Alexandrie (Il juin 1882), plusieurs Européens furent massacrés. L'Angleterre offrit à la France d'exiger réparation et de rétablir l'ordre en commun. La Chambre française, par 417 voix contre 75, refusa les crédits nécessaires à l'envoi de 4 000 hommes. Les Anglais, restés seuls, bombardèrent Alexandrie, débaraucrent des troupes le long du canal de Suez, occupèrent le Cane, battirent et prirent Arabl-Pacha. L'ordre fut
CANONNIÈRES ANGI.A1SE.S DEVAM I AC HOUA a C.-n»Kin<t, /»,, ;,
iWdar Kilchtner, la flottille anglaiie arriit le 26 tefilembre 1698 par te Nil ^mnl
haihotla Le capitaine MaTihand tt avait déjà ttlanté le drapeau fronçait le 10 iimUtt
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promptement rétabli. Mais le corps d'occupation fut maintenu sous prétexte de rendre impossible toute rébellion nouvelle, et ce fuient des fonctionnaires anglais qui prirent en main le gouvernement.
Dès lors l'Egypte, où jusqu'à 1882 tout était Français, même les écoles, et qu'on eût pu dire la plus belle de nos colonies, se trouva placée de fait sous le protectorat de l'Angleterre. La France pendant vingt ans ne cessa de protester. Un moment même elle parut vouloir agir : l'expédition Marchand venue du Congo occupa Fachoda sur le Haut-Nil (juillet 1898). L'occupation de Fachoda provoqua un conflit diplomatique d'où faillit sortir la rupture et même la guerre avec l'Angleterre. Finalement la France céda et Fachoda fut évacué. Le Maroc fut le gage de la réconciliation franco-anglaise : en échange de sa liberté d'action dans ce pays, la France s'engagea à ne plus réclamer l'évacuation de l'Egypte par les Anglais (1904).
LE MAROC, a a L^ Convention de 1904 fut le point de départ de l'action française au Maroc, en même temps que de nouvelles et graves complications internationales. Plus étendu que l'Algérie, habité par des populations plus bellic|Ueuses encore, plus important par sa situation à un tournant de l'Afrique, entre l'Atlantique et la Méditerranée, le Maroc était resté jusqu'à la fin du dix-neuvième siècle presque complètement fermé aux Européens, à l'exception du port de Tanger. Le souverain du Maroc, à la fois chérif et sultan, détenait tous les pouvoirs politiques et religieux. Mais comme jadis le dey d'Alger il ne maintenait sous son autorité réelle qu'une partie des tribus, d'ailleurs toujours prêtes à la révolte. Le commerce qui se faisait tout entier par Tanger était entre les mains de Français et d'Anglais et la France ne paraissait devoir craindre au Maroc que la rivalité de l'Angleterre. Or par la Convention de 1904 l'An-
L'EMPEREUR.GUILLAUME II A TANGER SE REND A LA LÉGATION D'ALLEMAGNE, a L'Empereur rU accompaané Je Moula; Ahdel-Makk. oncle du iultm. et de son escorte où figure au premier plan le comte de Tattenbach, ancien ministte allemand au Maroc. C'est en ce jour. 31 mars 1905, que Guillaume prononça à la Usation le discours retentissant gui provoqua en France la' chute du ministre des A0aires étrangères Delcassé, et fut le premier incident du long conflit entre la France et l'Allemagne à propos
du Maroc, d'oùja^guerre JaiUit sorlir à plusieurs reprises. (cL. CHUSSEAU-FLAVIErs.)
gleterre se désintéressa du Maroc, à la condition qu'une zone d'influence y fût reconnue à l'Espagne.
C'est alors qu'intervint l'Allemagne, à la fois pour des raisons d'intérêt — parce que, les entreprises allemandes commençant à se développer au Maroc, ses ambitions coloniales s'éveillaient — , et pour des raisons de politique générale — • parce que le rapprochement franco-anglais l'inquiétait et menaçait ses prétentions à l'hégémonie. Quand Guillaume II, venu en personne à Tanger, eut garanti solennellement l'indépendance du Maroc, le conflit franco-allemand devint si violent que la guerre parut sur le point d'éclater (1905). Il se termina cependant pacifiquement par la réunion de la conférence internationale d'Algésiras (1906) qui, tout en maintenant le principe de l'indépendance et de l'intégrité du Maroc, reconnut la situation spéciale de la France et lui confia ainsi qu'à l'Espagne l'organisation de la police dans les ports marocains.
L'acte d'Algésiras ne pouvait pas régler définitive-
ment la question marocaine. De nouveaux incidents surgirent dès 1907. Des Français ayant été massacrés par les indigènes, la France fit occuper Casablanca et la province voisine de la Chaouïa (1907-1908). Puis pour débloquer le sultan et les Européens assiégés dans la capitale par les tribus rebelles, les troupes françaises pénétrèrent jusqu'à Fez (191 1). De nouveau l'Allemagne intervint alors pour réclamer des compensations : il fallut, pour qu'elle reconnût le protectorat de la France sur le Maroc, lui céder d'importants territoires au Congo. En 1912 enfin la Convention de Fez, analogue au traité du Bardo, régla l'établissement du protectorat français sur tout l'Empire du Maroc, à l'exception de la zone septentrionale réservée à l'Espagne. Depuis lors, sous la direction du général Lyautey, les troupes françaises ont conquis et pacifié la majeure partie du Maroc ; et la Grande Guerre même, malgré tous les efforts des agents allemands, n'a pas pu ébranler la domination française. Cette œuvre de paci.
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