‹ Nouvelle histoire de FranceChapitre 138 sur 227 · AHMADOU · texte numérisé non relu

AHMADOU

SAMORY

BEHANZIN

Trois grands chefs africains, dont l'un, Behanzin, fut " roi >. Acenturiers, marchands d'esclaves également fameux par leur férocité sanguinaire, ils furent les adversaires acharnés de notre civilisation qui. en s'étendant sur l'Afrique centrale, visait et réussit à supprimer leur odieuse tyrannie.

LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE

résister, travaillait à se constituer par la terreur un grand empire entre le Sénégal et le Niger, Médine, défendue par un mulâtre, Paul Holl, 8 soldats d'infanterie de marine et 40 Sénégalais, résista plus de trois mois aux attaques de 15 000 noirs, si bien que Faidherbe eut le temps de venir débloquer l'héroïque garnison.

Jusque vers 1880 on s'en tint à la possession du Sénégal. Mais alors on voulut atteindre le Niger et s'ouvrir pacifiquement une route vers des territoires réputés très riches. On se heurta, dans la vallée moyenne du Niger, au fils et successeur d'Hadj-Omar, Ahmadou, puis, sur le haut Niger, à un autre aventurier féroce, Samory, un mirchand d'esclaves qui, partout où il passait, laissait derrière lui des traînées de ruines et de sang. Le colonel Archinard en finit assez rapidement avec Ahmadou (1888-1893). Segou, sa capitale était prise dès 1890. Mais contre Samory, qui s'était constitué, de Kong au Niger, un empire plus grand que la moitié de la France, et qui parvint à réunir jusqu'à 40 000 guerriers, la lutte ne dura pas moins de seize ans (1882-1898). Elle ne prit fin que lorsque, par un hardi coup de main, le capitaine Gouraud eût capturé Samory au milieu même de son camp.

Tandis que se poursuivait cette longue guerre, on prit possession, au sommet de la boucle du Niger, de Timbouctou, ville célèbre dans toute l'Afrique musulmane (15 décembre 1893). Jadis vraie capitale commerciale et religieuse de l'Ouest africain, cité déchue au temps présent, elle demeurait importante néanmoins, parce qu'elle est comme le port du Soudan sur le Sahara, la tête de ligne des caravanes à destination de l'Afrique du nord.

Au sud, le roi du Dahomey, Béhanzin, célèbre par les effrayants sacrifices humains dont chaque fête était pour lui l'occasion, s'étant attaqué aux établissements français de la côte, une expédition conduite par le colonel Dodds s'empara du royaume après de sérieux combats (1893-1894).

LE CONGO FRANÇAIS. 0 a Dans l'Afrique équatoriale la France ne possédait qu'un modeste établissement sur l'estuaire du Gabon, acquis en 1839. La création de la colonie du Congo français fut l'œuvre d'un audacieux explorateur, l'enseigne de vaisseau Savorgnan de Brazza. Sans coup férir, par des traités avec des chefs indigènes, par sa douceur et sa diplomatie, Brazza a donné à la France, dans l'Afrique équatoriale, sur la rive droite du Congo et de son affluent l'Oubanghi, d'immenses et riches territoires (1875-1885).

Partant du Congo, on voulut étendre la domination française au nord jusqu'au lac Tchad, et l'on attei-

SAVORGNAN DE BRAZZA (1852-1905.) 0 InlritUM ,t fini- Jr anr. k-H

ardente, gènitttae pQvdon Jt la iiatite. tout cela te lit tut Im UIU et mÙefiwart A Smme-

gnan de Brazza, le grand explorateur et le fortdatem ^ Coetgafruetçait. {CL. OTTO.)

gnlt la vallée du Chari. Quand on entreprit de descendre le Chari on se heurta, comme sur le Niger, à un despote musulman, Rabah, chef de bandes et marchand d'esclaves, un Samory de l'Afrique centrale, qui s'y était créé un vaste empire.

Deux petites expéditions furent massacrées. Ma's au début de 1900. la puissance de Rabah fut détruite pat la jonction, sur les rives du Tchad, des troupes de trois missions, venues des trois parties de l'Afrique française : la mission Foureau et Lamy venue de l'Algérie à travers le Sahara, la mission Joalland venue du Sénégal, la mission Gentil venue du Congo.

La jonction des trois missions sur le Tchad fut politiquement un fait très important. Le succès de leur marche à travers l'arrière-pays de chacune de nos grandes possessions africaines transforma en droits réels les droits théoriques reconnus à la France sur ces arrière-pays, par des conventions signées avec l'Angleterre et l'Allemagne. L'unité de l'empire français en Afrique était assurée.

MADAGASCAR, a a \ ca possessions africaines, la France a joint la grande ile de Madagascar dans l'océan Indien. La population, environ deux millions et demi d'habitants, se compose d'abord de peuples noirs encore barbares. désignés sous le nom général de Malgaches ; puis d'un peuple probablement de race jaune, venu p>eut-être au douzième siècle des archipels asiatiques.

LA REDDITION DE TANANARIVE (30 septembre 1895). a Un parlemenlaire hova. Qu'on voil à droite, son chapeaude paille à la main, vient offrir au général Ducbeine de la part de la reine Ranaoalo, la capitulation de Tananarive sans conditions. Derrière le général, un groupe d'officiers, et derrière ce grou/je, un piquet d'hotmeur entourant le drapeau tricolore. La reddition de Tananarive amena la conclusion du traité de 1895 qui établit définitivement la domination française à Madagascar. (cL. TOUR DU MONDE.)

et qui s'est établi sur le plateau central, les Hovas.

Les Hovas dominaient l'île. Convertis en majorité

au protestantisme par des missionnaires anglais, ils

étaient à demi civilisés. Dans leur capitale, Tana-

Francc \. \ Angleterre.

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Belffigue

IL ' AFRI QJUJE RaJce.

EN 1914 Espagne,, g§

Etats mDépeiu)"^\ I

narive, une grande ville de 50 000 habitants, on trouvait des écoles, des imprimeries, des journaux. Le gouvernement était une monarchie absolue. Il y avait, au moment de la conquête, une armée d'environ 40 000 hommes, munie de fusils à tir rapide et d'une artillerie moderne.

Le premier établissement de la France à Madagascar remontait à Richelieu qui fit créer dans le sud de l'île le poste de Fort-Dauphin (1642). Pendant la plus grande partie du dix-neuvième siècle, il y avait eu à Tananarive lutte d'influence entre l'Angleterre .et la France. L'influence anglaise parut l'emporter vers 1878 : les Hovas crurent pouvoir impunément maltraiter les Français établis dans l'île. De là un conflit, le bombardement et le blocus de Tamatave et des principaux ports, puis une apparente soumission des Hovas qui, en 1885, déclarèrent accepter le protectorat de la France. En fait, pendant dix ans encore, les Hovas se jouèrent de la France, et en 1 895 il fallut se résoudre à une expédition.

Sous le commandement du général Duchesne, 15 000 hommes furent débarqués à Majunga sur la côte occidentale. Des travaux entrepris pour construire une route qui devait permettre d'assurer le ravitaillement au milieu d'une région vide d'habitants, coûtèrent la vie à plus de 5 000 hommes, tués par la fièvre (mars-août 1895). Finalement une colonne légère de 4 000 hommes, lancée à travers le plateau, bouscula 1 armée hova et parvint devant Tananarive : aux premiers obus tombant sur son palais, la reine Ranavalo capitula (30 septembre 1895). Les Hovas acceptèrent le protectorat de la France. Mais, à la suite

- LA TROISIEME REPUBLIQUE

1,'ESCADRE RUSSE A TOULON (13 uclobrc 18')i) (Par P. Jobcil. Mus™ il.- \t:rx>Mn).a Ltiaidrc de r amiral Avelhn entre au pari Je Ttohn: m Ulr.

Empereur-Nicolas- !'■'. El'e est accueillie avec un enthousiasme indescrititihle . Le Président Carnot [rassata flotte en revue et prorronça un toatt • à 'amitii ittiimx gra-

et par elle iilapaix du monde " (27 octobre 1893). C'êlaii témoigner d'un accord qui fut révélé par l' emploi de la formule;' lesitationtarmeset atli^*.(cL,miV!

d'une tentative de soulèvement, le protectorat fut aholi et Madagascar déclarée colonie française. La reine déchue fut déportée en Algérie (1897).

L'esclavage aboli, des écoles, des hôpitaux ouverts partout, un millier de kilomètres de routes et I 200 kilomètres de chemins de fer, le développement de l'élevage, l'introduction de cultures nouvelles et des méthodes agricoles européennes, l'exploitation active des mines, le commerce passé de 27 millions en 1898 à 103 millions en 1913, un grand port de guerre, point d'appui de nos escadres, créé à Diego -Suarez, tels sont les résultats principaux de vingt années de domination française à Madagascar.

LES ALLIANCES DE LA FRANCE, a a AU fin du dix-neuvième siècle, grâce au succès de ses entreprises coloniales, à sa forte organisation militaire, à sa politique résolument pacifique, la République avait rétabli le crédit de la France dans le monde. C'est ainsi qu'elle put sortir enfin de l'isolement où Bismarck s'était efforcé de la maintenir, et travailler à libérer l'Europe de ^hégémonie allemande.

Celle-ci était, depuis 1882, fondée sur le groupement formidable de la « Triplice " — • Allemagne. Autriche et Italie. Ds part et d'autre de ce groupement, la France et la Russie également isolées devaient être tout naturellement tentées de se rapprocher. Tant qu'il fut au pouvoir, Bismarck mit tout en œuvre pour empêcher ce rapprochement qu'il prévoyait et qu'il redoutait. Grâce aux relations amicales qui unissaient les souverains et les cours d'Allemagne et de Russie, il parvint à faire signer en 1884 encore. puis en 1887, des conventions secrètes par lesquelles le tsar promettait sa neutralité bienveillante au cas où l'Allemagne serait attaquée par une autre puissance. Mais en 1890, le jeune empereur Guillaume 11 se débarrassait de la tutelle du '< chancelier de fer ». La chute retentissante de Bismarck fut un événement considérable qui modifia la situation européenne. Privée de l'homme d'État qui avait fait sa grandeur et sa force, l'Allemagne parut moins redoutable. Presque aussitôt après s'opéra le rapprochement franco-russe, qui aboutit bientôt à une alliance formelle (1892). Cette alliance avait un caractère purement défensif

et visait exclusivement le maintien de la paix, c'est-àdire du statu quo territorial ; mais elle servit de contrepoids à la Triplice, rétablit l'éauilibre européen et permit à la France de reprendre sa place légitime, au premier rang des puissances.

Douze ans plus tard, en 1904, l'alliance francorusse était complétée par 1'" entente cordiale » de la France et de l'Angleterre. A ce moment, la situation européenne était profondément modifiée : d'une part l'Angleterre se voyait menacée à son tour par les prétentions de l'Allemagne à la suprématie commerciale et maritime ; d'autre part les défaites de la Russie dans la guerre contre le Japon (1904-1905) affaiblissaient le groupe franco-russe et détruisaient dé nouveau, au profit de l'Allemagne, l'équilibre européen. Guillaume H, on l'a vu, en profita aussitôt pour s'opposer brutalement à l'expansion française au

Maroc. Les menées agressives de la politique allemande ne firent que rendre plus étroite l'entente franco-anglaise. La France à son tour servit de médiatrice entre les deux anciennes rivales, l'Angleterre et la Russie. Ainsi, en face de la Triple Alliance, se constitua dès 1907 la Triple Entente.

Comme l'alliance franco-russe, la Triple Entente n'avait pas d'autre objet que le maintien de la paix et de l'équilibre en Europe. Soit à la conférence internationale de la Haye (1907), soit par des négociations avec les autres puissances — même avec l'Allemagne ^ — , elle s'efforça de faire prévaloir les principes pacifistes d'arbitrage et de limitation des armements. C'est bien la politique d'hégémonie de l'Allemagne, s'opposant à cette politique d'équilibre, qui détermina la crise terrible dont la France, malgré la mutilation de 1871, avait loyalement essayé de préserver l'humanité.

LA FÊTE DU 14 JUILLET 1882 (Tableau de Roi. Coll. Ville de Paris) (cl. neurdein,)

PUVIS DE CHAVANNES : INTER ARTES ET NATURAM (Partie centrale Mutée' dt Rouen). 0 Parmi hiaitt tt h nalurt A Vurrièft-ptan, faémraik pamtmm de Rouen vu de> hauteurs qui surplombent la Seine. Au premier plan une terrasse ombragée de pommiers en fleurs ; à gauche, un granp* «trf mtoAoiitt ta mts éknfMtijt mtt femme assise tient un plat en faïence quelle se prépare à décorer ; debout devant elle, sa compagne lui préunie une fleur oui lui servira de fÊtùdèle. Pha loin, de» Amm^ fmiàtkmt le sol pour en exhumer dei ruines antique» : c'est l'archéologie. A droite d'un geste charmant, une ieune femme cueille une fleur pour Vet^iaia qm'tlh pwU wm wnhemACL.WLXXCg^

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