‹ Nouvelle histoire de FranceChapitre 14 sur 227 · SCH^H · texte numérisé non relu

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L'EMPEREUR LOTHAIRE, PETIT-FILS DE CHARLEMAGNE(Mim.ture

du psautier de Lolhaire, Bibliothèque Nationale). 0 Lothaire porte une tonique

bleue sous un grand manteau brun , sa main droite s'at>baie tar te scettire. Derrière te

trône, deux gardes en armes,

la disputer au lendemain même du traité de Verdun.

Le partage de l'Empire causa de vifs regrets parmi

les membres du clergé pour lesquels l'ancienne unité

romaine était l'idéal politique. Florus, diacre de l'église de Lyon, traduisit ces regrets en des vers pittoresques et pleins d'ingénieuses comparaisons : « Un bel Empire florissait sous un brillant diadème ; il n'y avait qu'un prince et qu'un peuple. Déchue maintenant, cette grande puissance a perdu à la fois son éclat et le nom d'Empire. Ce royaume naguère si bien uni est divisé en trois lots ; au lieu de roi on voit des roitelets, et au lieu de royaume des lambeaux de royaume. Le bien général est oublié, chacun s occupe de ses intérêts. L'État est comme une muraille ; tout penche, le ciment est tombé, toutes les parties sont ébranlées. »

DÉMEMBREMENT DES ROYAUMES. LES INVASIONS BARBARES, jâa Lt désastre devait être plus grand encore que ne l'imaginait le diacre Florus. Les trois morceaux de la muraille qui penchait devaient s'écrouler, disloqués en centaines de moellons et chacun des trois lambeaux de royaume, France, Germanie, Lotharingie, devait à son tour être démembré en de nombreuses principautés. Ces démembrements, particulièrement en France, s'opérèrent comme s était opéré le démembrement de l'Empire romain, sous l'action des Barbares et de nouvelles invasions.

UNE BAROUE NORMANDE (D'aprèslatapisMriçde Bayeux).*On(>ni/,ir<i(«rèj

ce dessin naïf, se représenter les barques normandes. L'avant et l'arrière sont terminés

par des têtes de dragon. Elles ont une voile unique. A droite, un homme, jambes nues

s'est mis à l'eau pour jeter l'ancre.

Ces invasions se produisirent sur toutes les frontières à la fois.

A l'est, la Germanie fut attaquée par des peuples slaves, entre autres les Tchèques maîtres de la Bohème, puis par un peuple de race jaune, les Hongrois, parents des Huns et des Avars, établis dans la grande plaine du Danube. Au dixième siècle, les Hongrois poussèrent jusqu'en Lorraine et en Champagne, jusque dans la Provence et le Languedoc.

Au sud, les Sarrasins, Musulmans d'Afrique, ravagèrent les pays riverains de la Méditerranée, les côtes d'Italie, la Provence : là, ils s'établirent à demeure

dans les montagnes qui s'appellent encore aujourd'hui les Monts des Maures. Ils y bâtirent la citadelle de Fraxinet, aujourd'hui la Garde-Freinet.

A l'ouest, par la Manche et l'océan Atlantique, s'abattaient sur la France les plus redoutables de tous les envahisseurs, les Normands.

LES NORMANDS, a a Les Normands venaient du Danemark et de la presqu'île Scandinave. Ils étaient de race germanique : la bande de guerre existait chez eux comme chez les Germains; seulement les guerriers opéraient par mer.

Les Normands étaient en effet d'intrépides marins. Sur des barques non pontées, longues de vingt-cinq mètres au plus, ils affrontaient la mer du Nord, l'une des plus mauvaises de l'Europe. L'avant de ces grandes chaloupes se terminait par une pointe aiguë ou par une tête d'animal fantastique ; elles portaient un mât, se manœuvraient à la voile ou à la rame, et pouvaient embarquer de soixante à soixante-quinze hommes, dont trente rameurs.

A terre, les Normands devenaient d'excellents soldats. Cachés pendant le jour dans quelque repli du rivage, ils surprenaient à la nuit tombante le plus prochain village. Avec les chevaux qu'ils y trouvaient, ils improvisaient une cavalerie. Ils pouvaient ainsi exécuter des coups de main à longue distance, de véritables raids. La soudaineté de leur apparition épouvantait les populations et paralysait la défense. Ils passaient, pillant et incendiant, puis revenaient à leurs bateaux et s'en allaient plus loin à la recherchç de nouveaux pillages.

Ils excellaient aux ruses de guerre quand ils ne se sentaient pas assez nombreux pour triompher de vive force de leurs adversaires. Un de leurs chefs les plus célèbres, Hastings, ne pouvait forcer les murailles d'une petite ville d'Italie, Luna, dont l'évêque faisait bonne garde. Les compagnons d'Hastings annoncèrent à l'évêque que leur chef était mort en se convertissant au christianisme et en demandant qu'on l'ensevelît dans l'église de Luna. L'évêque consentit à célébrer les funérailles. A peine le cercueil était-il déposé devant l'autel, Hastings, soulevant le couvercle, se dressa l'épée à la main ; ses compagnons tirèrent les armes cachées sous leurs vêtements L'évêque et les assistants furent massacrés et les Normands mirent à sac la ville.

Au début, l'expédition ou, comme ils disaient, « la moisson d'été » terminée, les bateaux chargés de butin, les Normands regagnaient leur pays. Dans la suite ils occupèrent des îles ou quelque point facile à fortifier et à défendre aux embouchures des fleuves ; ils y créèrent des camps retranchés et s'établirent ainsi

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