‹ Nouvelle histoire de FranceChapitre 15 sur 227 · DE L'EMPIRE CAROLINGIEN A LA FEODALITE · texte numérisé non relu

DE L'EMPIRE CAROLINGIEN A LA FEODALITE

d'une façon permanente dans les pays qu'ils ravageaient.

vingt mille Normands étaient établis à l'embouchure de la Seine. Leur chef Rollon s'était emparé de Rouen et se trouvait en fait maître du cours inférieur de la LES NORMANDS EN FRANCE. 00 Les Seine et de la plus grande partie du pays, depuis la

pillards normands paraissent avoir eu une préférence pour la terre de France. L'un d eux, Regnard Lodbrog, la proclamait « bonne et fertile, et remplie de toutes sortes de biens que les habitants craintifs ne savaient pas défendre ». Ils débutèrent en 841 par le pillage de Rouen. Dès lors et jusqu'à 911, date à laquelle une partie du territoire français leur fut cédé, ils ne cessèrent pas d'assaillir le pays.

Sur la Loire, ils pillèrent Nantes, Orléans et poussèrent jusqu'en Auvergne. Sur la Garonne, ils pillèrent Bordeaux et Toulouse. Dans le Nord on les vit à Amiens, à Reims. Sur la Seine, ils s'établirent en permanence dans l'île d'Oissel, près de Rouen, et quatre fois en quarante ans (845-856-861-885) remontèrent jusqu'à Paris.

LE SIÈGE DE PARIS. 00 Les trois premières fois on acheta la retraite des Normands à prix d'argent. Mais en 885 les Parisiens, dirigés par leur évêque Goslin et leur comte Eudes, refusèrent de payer rançon et se mirent en devoir de barrer aux envahisseurs le passage vers la haute Seine et la Marne. Les Normands mirent le siège devant la place : ils étaient trente mille, montés sur sept cents barques. La ville se réduisait à l'île de la Cité. Deux ponts en bois la reliaient à la terre. Chacun était défendu par une tour. Contre la tour de la rive droite, les Normands épuisèrent en vain toutes les ressources de l'art des sièges au Moyen Age. Ils essayèrent de la faire crouler par la mine; ils voulurent ouvrir une brèche à l'aide de béliers ; ils tentèrent l'assaut à l'aide de tours roulantes à trois étages. Ils poussèrent contre les ponts des barques chargées de paille enflammée. Tout échoua. Les assiégés saisirent et soulevèrent les béliers avec des chaînes, versèrent sur les assaillants de l'huile bouillante et de la poix fondue et les écartèrent à coups de flèches. Les Normands restèrent inutilement plus d'un an sous les murs de la place. En 886, une armée vint au secours de Paris. Mais Charles le Gros, roi de Germanie et empereur, qui la commandait, au lieu de livrer bataille, donna sept cents livres d'argent aux Normands pour leur faire lever le siège ; en outre il les autorisa à aller piller la Bourgogne. Les Parisiens se refusant toujours à livrer le passage sous les ponts, les Normands durent tirer leurs barques à terre pour contourner Paris et regagner la Seine plus en amont.

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