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CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA GUERRE

0 0 On croyait généralement que la guerre serait courte, en raison du prodigieux effort militaire et financier qu'elle exigerait : elle dura plus de quatre ans (28 juillet 1914 — il novembre 1918).

Quand la guerre commença, plus des trois quarts de l'Europe s'y trouvaient engagés. Dès le début, l'Angleterre obtint le concours de ses grandes colonies autonomes et du Japon. Par la suite, le nombre des belligérants ne cessa de s'accroître, et l'on vit de grandes armées américaines traverser l'océan Atlantique pour intervenir dans la lutte. En sorte que cette guerre, si elle eut pour foyer central l'Europe, s'étendit cependant au monde entier et prit le caractère d'une « guerre mondiale ».

Comme l'enjeu de la guerre n'était rien moins que leur destinée et leur existence même, les principaux belligérants mirent en œuvre toutes leurs ressources matérielles ou morales. On évalue à près de 14 millions le nombre des Allemands, à plus de 8 millions le nombre des Français mobilisés de 1914 à 1918. Les peuples qui s'étaient montrés les plus réfractaires au service obligatoire, l'Angleterre, les États-Unis, furent obligés de s'y soumettre. La population civile elle-même fut pour ainsi dire mobilisée. Là où les hommes faisaient défaut, on fit appel à la main-d'œuvre féminine. Les savants dans leurs laboratoires, les ouvriers dans leurs usines se consacrèrent aux œuvres de guerre. La guerre eut ainsi le caractère d'une lutte à mort, non seulement entre des armées, mais entre des nations entières.

L'armement, la tactique et la stratégie avaient été renouvelés par les progrès des sciences et de l'industrie. Par suite des efforts intenses faits de part et d'autre, ils se renouvelèrent plus rapidement encofc au cours de la guerre. La guerre prit un caractère de plus en plus scientifique et industriel et son aspect changea plus complètement en quatre ans qu'il n'avait changé auparavant en plusieurs siècles. Le nombre et l'acharnement des combattants, la puissance du matériel dont ils disposaient firent de cette guerre une mêlée monstrueuse, aux proportions inouïes. Jamais dans aucune guerre antérieure on n'avait vu se heurter d'aussi colossales armées, munies d'un aussi formidable armement. Jamais on n'avait^ vu des batailles aussi démesurées dans le temps ou dans lespace. Jamais guerre ne fut plus coûteuse, plus ruineuse et plus meurtrière, les pertes des armées se chiffrant par millions d'hommes, les dépenses par centaines de milliards.

Enfin, les Allemands ayant dès le début érigé la

LA GRANDE GUERRE. L'INVASION

1 OUVAIN ; I A PLACE DU MARCHÉ APRf5 1 E PASSAGE DES ALLEMANDS* U ,ac Jt Umain au d,tui J, la tmm. k 2S aùill9l4. ftfdk la tim hitta ttlsodés de h guerre de Trente ans. Mis en échec par l'aimée belge à Matines et obligés de se replier sur Louvaia, tes Atlemandi farietsx m srtntèmt « metltest à ImH àmmgUfttsible cité universitaire. L'incendie ccnsuma quelques-tms de ses plus beaux atonuments et son plus prtdeùx Irétor, la hsUiolhèqm dt rU^vermU,€tBht iam h msÊmjÊemtm.

(cl. biunceii.)

sauvagerie en système, cette guerre du vingtième siècle fut atroce entre les plus atroces ; toutes les règles que le droit international avaient instituées pour atténuer les horreurs de la guerre et jusqu'aux coutumes séculaires les plus sacrées furent successivement violées : des régions entières furent plus effroyablement dévasiées qu'elles ne l'avaient été au temps des Huns; les non-combattants eux-mêmes cessèrent d'être épargnés ; entre les lignes des armées on put voir les cadavres rester plusieurs mois sans sépulture.

DIVISIONS DE LA GUERRE, a a Les opérations militaires se déroulèrent parallèlement sur des théâtres multiples. Mais c'est sur « le front occidental » — en France — que se joua la partie décisive. Aussi peut-on distinguer dans la guerre trois grandes phases.

La première s'étend jusqu'à la fin de 1914. Elle est caractérisée par la « guerre de mouverr.ents ". Les Allemands, qui cherchent à obtenir la décision à l'ouest par des coups foudroyants, sont arrêtés une première fois par la bataille de la Marne (6-12 septembre), une seconde fois par les batailles d'Ypres et de l'Yser (20 octobre- 17 novembre).

La deuxième phase va de la fin de 1914 au début

de 1918. Au point de vue politique, elle est marquée par l'extension de la guerre où entrent successivement aux côtés de l'Allemagne la Turquie (novembre 1914) et la Bulgarie (octobre 1915) ; aux côtés de U France

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