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A VERDUN : UNE TRANCHÉE SUR LA COTE

Toul a été dit sur l'horreur et la misère de la vie de tranchées : horreur et imaère telles que les fihotogr«phiiê sont __

En voici une pourtant qui fait exception: c'est une tnsion saisissante de Vtnfer des tranchées. Toarrté* et nJmuitde pm Im

pierraille: dans l'étroite tranchée, c'est tout fasle si les poilus peuvent, en se reeroquevillant, prendre on pm di repm. Lm .

qui forma, aoec le Mort-Homme, la ligne d'arrêt de la nw gavche de la Steiae, où vinrent se (nigr fMn im «MmH é$ C*

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CASQUE ALLEMAND DE TRANCHÉE, a Accc la goerre de tranchées et le

combat à courte distance agrémenté de bombes et grenades, apitarattla nécessité du casque

même pour le fantassin. Le casque allemand, plus lourd et plus disgracieux que le casque

français, protège plus efficacement la nuque, (cL. chusseau-flaviens.)

LE POILU. j!> £f ha légende s'est déjà emparée de ce soldat français de la guerre de tranchées dont elle a fait, sous le nom de « poilu », que lui-même s'était donné, un type aussi populaire que le « grognard " de la légende napoléonienne. Sous la capote bleu-horizon délavée par la pluie, elle l'a représenté, le gourdin au poing, la pipe aux dents, ne payant pas de mine, mais débrouillard, prompt à tirer parti de tout, gardant « le sourire » aux heures les plus sombres, héros patient et placide dont la philosophie se résume en deux boutades de gavroche : « Faut pas s'en faire ! » et « On les aura ! » La réalité a peut-être plus de vraie grandeur et elle est plus humaine que la légende. Le poilu a trop souffert et vu trop de souffrances autour de lui pour ne pas en avoir le visage et le cœur durcis. S'il est, comme le grognard, de bonne souche française, résistante et souple, il y a cependant de l'un à l'autre toute la distance du soldat citoyen au soldat de métier : le poilu fait la guerre et la fait bien, mais il n'a pas au cœur de sentiment plus vivace que l'horreur de la guerre, pas d'idée plus arrêtée dans l'esprit que d'anéantir, avec le militarisme allemand, le fléau même de la guerre. Chimère peut-être, et cependant c'est pour cela, pour que ses enfants ne se battent plus, qu'il se bat et qu'« il tient », non sans d'âpres luttes intérieures, des heures d'affreuse amertume — ce que dans l'argot de la tranchée on a appelé le « cafard » — mais après lesquelles il s'est toujours ressaisi et redressé. Les innombrables citations à l'ordre du jour, « qui prennent en s'ajoutant les unes aux autres l'ampleur d'une Iliade ou d'une Chanson de Roland », attestent son inépuisable héroïsme : elles n en sont pourtant que l'expression incomplète, car le poilu est aussi le héros obscur, qu'aucun témoignage officiel n'a glorifié, le héros anonyme dont le corps s'est mêlé à la terre sanglante des tranchées.

LE PROBLÈME DU MATÉRIEL, a a Cepen-

dant pour les Allemands comme pour les Alliés, la tranchée n'était qu'un expédient provisoire. Les uns et les autres gardaient la ferme résolution de revenir à la guerre de mouvement et de rechercher à nouveau la décision par l'offensive. Donc le problème à résoudre était le problème de la percée : il fallait trouver le moyen de faire brèche dans le système défensif de l'adversaire.

Après avoir trop longtemps demandé à l'infanterie des sacrifices qui restèrent hors de proportion avec les résultats obtenus, on dut se rendre à l'évidence : le problème de la percée était essentiellement un problème de matériel. C'est par la puissance du matériel qu on fut amené à chercher la rupture des lignes ennemies. On pensa l'obtenir par une préparation d'artillerie de plus en plus formidable et méthodique. L'artillerie de tout calibre — mais surtout l'artillerie lourde — ■ se développa dans des proportions colossales : presque inexistante en 1914, l'artillerie lourde française comptait, en 1917, 6 000 pièces de tout calibre, depuis les 155 à tracteurs automobiles jusqu'aux canons géants sur voie ferrée tels que le mortier de 520 projetant à 20 kilomètres un obus du poids de 1 400 kilogrammes. Prodigieuses furent les quantités de munitions consommées dans la préparation d'artillerie, environ cinq millions d'obus lors de l'offensive française de septembre 1915 en Champagne. «Si c'était la fin du monde, écrit un soldat allemand, ce ne pourrait être pire, les gros obus tombent comme des gouttes d'eau. »

Mais la préparation prolongée d'artilleneavait l'inconvénient de supprimer l'effet de surprise, indispensable au succès. De part et d'autre, on s'efforça donc de trouver des engins nouveaux, capables de produire un effet de surprise foudroyant. Violant les conventions internationales qu'ils avaient signées, les Allemands se servirent de liquides enflammés, dès octobre 1914, et

LA FABRICATION DES OBUS DE 400. a Au début de la «uerre, nous n'avions.

pour ainsi dire, pas d'artillerie lourde. Elle apparut bien vite indispensable. Pour donner

à l'armée française un matériel comparable au matériel allemand, il fallut constituer

rapidement une formidable industrie (cL. MEURISSE.).

LA GUERRE DE TRANCHEES

ENGINS DE TRANCi IEE5. a La gucjre tif tiunJms iw lut jamais, pour Ui Allu.

fil naître tout un armement sttécial dont on voit ici les tirincipaux engins : cratMuHlol.

la création tic masques protecteurs dont les soldats se couvraient le visage dès ifu

de gaz asphyxiants, dès avril 1915. Pour pouvoir résister aux attaques par les gaz, tous les soldats durent être munis de masques protecteurs. Les Alliés ripostèrent par l'emploi de procédés analogues, mais ils cherchèrent et trouvèrent autre chose : le char d'assaut ou tank, sorte d'automobile blindée, armée de canons ou de mitrailleuses, et montée sur chenilles d'acier, de façon à pouvoir franchir et broyer tous les obstacles. Les premiers tanks parurent en 1916; ils ne devaient jouer un rôle décisif que dans la campagne de 1918.

En raison de l'importance croissante du matériel, la guerre prit de plus en plus le caractère d'une guerre d Industries. Sur ce terrain même, où l'Allemagne se croyait invincible, la France envahie, la France dépouillée de ses plus riches provinces, lui tint tête. Elle réussit à constituer une formidable industrie de guerre, capable non seulement de pourvoir aux besoins de ses armées, mais de venir largement en aide à ses alliés, Russie, Serbie, Italie, Roumanie, auxquels elle fournit jusqu'à 7 000 canons, 400 chars d'assaut, des millions d'obus.

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