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PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS DE 1915 A

0 0 D'année en année, la guerre se prolongea, s'étendit, s'intensifia sans aboutir à des résultats plus décisifs que la campagne de 1914. Aussi doit-on se borner à noter, dans la multiplicité des événements, les faits essentiels.

L'année 1915 fut marquée par l'entrée en guerre de l'Italie contre l'Autriche (23 mai). Elle fut surtout l'annéedesrevers orientaux : échec de l'expédition francoanglaise des Dardanelles (février-décembre) ; grande défaite russe de la Dunajec en Galicie (2 mai) et retraite générale des armées russes qui durent abandonner aux Allemands toute la Pologne, la Lithuanie et la Courlande ; écrasement de la Serbie, attaquée

GUYNEMER INTERROGEANT UN AVIATEUR ENNEMI, a Le 'héros

légendaire ■ de l'aviation, ainsi que le désigne sa 26^ et dernière citation^ celle qui dit

sa mort ■ en plein delde gloire après trois ans de lutte ardente^, regarde son adversaire

d'un œil dur et scrutateur ; les deux hommes semblent encore se défier . (cL. LE MIROIR.)

LA GUERRE DE TRANCHÉES

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Décembre >9i^ - Marn 1918

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de face par les Austro-Allemands, prise de revers par les Bulgares (octobre-décembre) et secourue trop tard par les Alliés débarqués à Salonique. Sur le front occidental, malgré des succès locaux trop chèrement achetés, l'armée française échoua dans ses tentatives de percée dont la principale fut l'offensive de Champagne (septembre-octobre).

1916 fut l'année de Verdun. L'échec de la grande offensive allemande devant Verdun (février-juillet), le développement de l'armée anglaise et la poussée anglo-française sur la Somme (juillet-novembre), la victorieuse offensive des armées russes en Galicie (jum-août) semblèrent indiquer que la suprématie militaire était sur le point de passer aux Alliés. Mais sur le front oriental, l'entrée en guerre de la Roumanie (28 aoîit) n'aboutit qu'à de nouveaux revers et à l'occupation de presque toute la Roumanie par les Austro-Allemands.

C'est aussi en 1916 qu'eut lieu la seule grande bataille navale de la guerre, la bataille indécise du Jutland (31 mai).

L'année 1917 fut la plus troublée de la guerre. Les événements politiques et économiques y dépassent en importance les événements militaires : c'est l'année de la guerre sous-marine et de la Révolution russe. La déclaration de guerre sous-marine à outrance (31 janvier) détermina l'entrée en guerre des Etats- Unis (6 avril). La Révolution russe, commencée par les journées de mars et la chute du tsarisme, continuée par la dictature des socialistes les plus violents ou bolcheviks (7 novembre), aboutit à l'effondrement militaire et politique de la Russie. Sur le front occidental les Allemands, après avoir reculé prudemment sur de nouvelles positions fortifiées dites ligne Hindenburg (février-mars), parvinrent à arrêter une troi-

sième grande offensive française dans la région de l'Aisne (16 avril). Prenant à leur tour l'offensive sur le front italien, ils le rompirent par la victoire de Caporetto (24-26 octobre) et ne furent arrêtés que sur la Piave où onze divisions françaises et anglaises vinrent étayer la résistance des Italiens. Hors d'Europe, en Turquie d'Asie, les Anglais se rendirent maîtres de Bagdad (mars) et de Jérusalem (9 décembre).

Dans cette longue période, trois événements méritent par leur grande portée d'être étudiés plus en détail : la bataille de Verdun, l'intervention américaine, la Révolution russe.

BATAILLE DE VERDUN, a 0 kxx début de l'année 1916, l'Etat-Major allemand crut de nouveau possible d'obtenir la décision à l'ouest en frappant sur la France, <' l'ennemi principal », un coup tel que sa volonté de guerre en fût brisée. Le saillant de Verdun, formant une des articulations maîtresses du front français, fut choisi comme objectif.

Un plateau coupé d'entailles profondes, des bois, des ravins, des mamelons ; du sud au nord la coupure large d'une vallée où la Meuse se traine en longs méandres, tel est l'aspect général du pays de Verdun. Sur la rive droite, au long du fleuve, les Hauts de Meuse, presque entièrement boisés, s'élèvent à plus de

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TERRAIN BOMBARDÉ DANS LA RÉGION DE MORONVILLIERS (CHAMPAGNE), a Uimaginalion nt pourrai/, mime approximalivemenl, ancevoir l'capecl d'un terrain bombardé par des millions d'obus m elle n'y était aidée par les photographies aériennes. Pas un pouce de terre qui n'ait été retourné. Les projectiles sont tombés là aussi dru qu'une pluie d'orage dans un lac, une pluie dont chaque goutte a laissé son trou. « Ecumoire •, a-t-on dit; " cratère depaysage lunaire " ; toutes les métaphores, vulgaires,

scientifiques ou poétiques sont insuffisantes à caractériser ime pareille désolation.

350 mètres — 388 mètres à Souville et à Douaumont — comme un puissant talus protecteur. Sur la rive gauche, les croupes chauves plus nombreuses alternent avec les croupes boisées en une succession de vagues orientées d'est en ouest. Ces conditions naturelles avaient fait choisir la région de Verdun après 1870 pour l'établissement d'un grand camp retranché : sans doute, depuis 1914, après l'expérience de Liège et de Maubeuge, on n'attribuait plus qu'un rôle secondaire aux forts qui entouraient Verdun, mais les positions qu'ils couronnaient avaient gardé leur valeur défensive ; il n'y manquait qu'un bon système de tranchées, car dans son ensemble l'organisation du secteur était médiocre. Les Allemands se flattaient, cependant, de jeter du premier coup les défenseurs de la rive droite à la rivière ; ils croyaient avoir résolu le problème de la percée par la combinaison de l'écrasement et de la surprise, sous la forme d'une préparation d'artillerie intense et brève, qui ne laisserait pas aux réserves le temps d'accourir. De fait, la première phase de la bataille — du 21 au 25 février — sembla le prologue d'une grande victoire allemande. Après un bombardement par gros calibre d'une violence inouïe, l'attaque se déclancha sur la rive droite, entre la Meuse et la Woëvre. Avançant dans la neige et la boue, bien soutenus par une formidable artillerie lourde, submergeant les défenseurs par leur masse, les colonnes ennemies, dans

une succession d'assauts meurtriers, emportèrent, dépassèrent la seconde position, pénétrèrent dans le fort de Douaumont. On songea du côté français à évacuer la rive droite de la Meuse. La route de Verdun semblait ouverte.

Mais dans la journée du 25, le sort oscille et la victoire que déjà toute l'Allemagne célèbre est sur le point de lui échapper. Les premiers renforts, jetés en hâte dans l'horrible bataille, en rase campagne, toutes tranchées nivelées, y déployèrent une valeur surhumaine pour contenir la ruée allemande. Le Haut

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LA GUERRE DE TRANCHEES

GÉNÉRAL DE CASTELNAU. a U prrniicr iauutur de Verdun par «ort inleroention efficace du , ; 25 limier (cl. manuh..)

MARÉCHAL PÉTAIN. a U Jéfaueur de Verdun

dam la période hénUque de février à avril 1916.

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GÉNÉRAL NIVELLE. M U m,emm é, «MrW

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Commandement, décidé à " tenir coûte que coûte sur la rive droite de la Meuse » et représenté sur place par le général de Castelnau, confia la direction de la défense à un chef éprouvé, calme et lucide, le général Pétain. A défaut de la voie ferrée coupée dès le début de la bataille, le ravitaillement, les relèves, toute la vie du secteur furent assurés sur route par le roulement des camions automobiles s'écoulant incessamment dans les deux sens comme une chaîne sans fin.

Alors commença la victorieuse défense de Verdun qui se résume en une perpétuelle contre-attaque. Ce que les Allemands n'avaient pu emporter par surprise, ils prétendaient maintenant l'emporter par la puissance massived'assauts indéfinimentrenouvelés, etqui, à partir du 6 mars, s'étendirent à la rive gauche de la Meuse où ils vinrent buter contre les deux mamelons jumelés de la cote 304 et du Mort-Homme. De semaine en semaine les coups de bélier succédèrent aux coups de bélier. La bataille se prolongea, se transforma en un corps à corps mortel. Les bois, les champs, . les prairies, labourés par des millions d'obus, disparurent pour faire place à un paysage terreux, chaotique, sinistre. « La bataille de Verdun, écrivait un Allemand, n'est pas une bataille humaine: c'est l'enfer!»

En juin cependant, la résistance parut faiblir ; après des combats qui ne furent plus que de hideuses tueries, le fort de Vaux, héroïquement défendu, fut pris. Les Allemands redoublèrent d'efforts; déjà ils menaçaient le fort de Souville, la dernière barrière qui protégeât Verdun, quand le I*"' juillet éclata la nouvelle d'une grande offensive anglo-française sur la Somme. Le contre-coup en fut presque immédiat : l'ennemi fît encore une tentative suprême pour em-

porter Souville (4-12 juillet), puis il abandonna la partie. Ainsi Verdun était sauvé de justesse, et le commandement allié avait resuisi l'initiative. Plut tard, le 24 octobre, le 15 décembre, en deux jours, le* Français reprirent presque tout le terrain que l'ennemi leur avait arraché, lambeau par lambeau, en cinq mois. Il* avaient gagné la plus terrible bataille défensive que connaisse l'histoire.

Après la Marne, le nom de Verdun domine toute la guerre. Pourtant la victoire de Verdun, pas plus que la victoire de la Marne, n'aboutit à des résultats décisifs : c'est par ses conséquences morales surtout qu'elle fut grande. L'Allemagne éprouva la plus amère désillusion. La bataille de la Marne, dont on avait pu lui dissimuler les résultats, n'avait pas entamé ta confiance : Verdun l'ébranla jusque dans ses fonde- 'nents. Et comme, selon la formule napoléonienne, « les trois quarts à la guerre, ce sont les forces morales >, on peut dire que de la bataille de Verdun datèrent le déclin et la défaite de l'Allemagne ; la Révolution russe ne fit qu'en retarder l'échéance. Inversement, Verdun révéla au monde une France qu'il ne connaissait plus, tenace, inébranlable dans sa volonté de ne pat plier sous le choc ; aux Etats-Unis surtout l'opinion s'enflamma : dans des réunions, dans des banquets, on vittous lesassistants se leverau seul nom de Verdun. La victoire de Verdun portait ainsi en germe la coopération franco-américaine, qui devait être un de* éléments essentiels de la victoire finale.

L'INTERVENTION AMÉRICAINE. ^ 0 L'intervention américaine eut pour cause directe la guerre sous-marine A outrance, telle qu'elle fut décrétée par

FACE SUD-OUEST ET FOSSÉ DU FORT DE DOUAUMONT, LE 26 DÉCEMBRE 1916. a Entre Jeux susiima ée ravins qm se dirigent, fcs uns à l'ouest vers la Meuse, les autres à l'est vers la Woêvre, règne une arête qui les sépare et qm.dans ce terrain découpé, jorme le seul faite continu. Ce faite domine le pans et commande toutes les tètes de ravins: c'est le plateau de Douaumont. A son point calminant se trouve le fort. La photographie le montre dans l'état de ruine informe où l'ont laissé les tragiques

combats pour Verdun, de février à décembre 1916. (cL. SECTION PHOT. DES BEAUX-ARTS.) ■

la note allemande du 31 janvier 1917. Tout en observant jusqu'alors la plus stricte neutralité, le président des États-Unis Wilson avait maintenu irréductiblement le droit des neutres à la libre navigation ; à la note du 31 janvier, qui constituait la violation flagrante de ce droit, il répondit par la rupture des relations diplomatiques (3 février). Le 6 avril, le Congrès vota la « reconnaissance de l'état de guerre » entre les Etats-Unis et l'Allemagne.

L'Allemagne affecta de ne pas s'en émouvoir. Elle croyait alors fermement à la prompte efficacité du blocus sous-marin. Au surplus, les Etats-Unis, séparés des Alliés par toute la largeur de l'Atlantique, ne disposant que de 150 000 hommes de troupes régulières, lui paraissaient un adversaire peu dangereux.

Ce fut là peut-être sa plus grave erreur ; elle devait lui être fatale. Les Etats-Unis apportèrent aux Alliés un renfort économique, militaire et moral d'une valeur inestimable. Militairement, il est vrai, ce renfort ne pouvait être immédiat. Mais dès le 18 mai, le Congrès vota l'institution du service militaire obligatoire. Avec le concours d'officiers français, la grande armée américaine s'organisa rapidement et l'on put prévoir

pour le milieu de l'année 1918 l'entrée en ligne d'un million de soldats américains. Economiquement, la puissance des États-Unis était telle que son action se fit immédiatement] sentir. Les restrictions apportées au commerce avec les neutres eurent pour effet de rendre plus rigoureux encore le blocus de l'Allemagne, tandis

LES ENROLEMENTS AUX ÉTATS-UNIS, a Le peuple améiiiain répondit avec enthousiasme à l'appel du Congrès, déclarant la guerre à l'Allemagne (6 avril 1917). Dans toutes les villes, les étendards des quarante-sept États de l'Union furent portés dans les rua par les volontaires qui, dès le début des enrôlements, accoururent en masse.

LA GUERRE DE TRANCHÉES

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