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VERS LE RENVERSEMENT DELABATAILLE

0 0 Néanmoins la situation restait critique : les Allemands étaient à 15 kilomètres d'Amiens, à 50 kilomètres de Calais, à 65 kilomètres de Paris, qu'ils bombardaient sans trêve par avions et par canons à longue portée. Dans l'une ou l'autre de ces directions, toute avance ennemie pouvait créer le plus grave péril.

Les Alliés et surtout les Français — plus directement exposés aux coups de l'ennemi — semblaient à la veille d'un désastre. Pourtant leur résolution de lutter et de vaincre ne faiblit pas. Cette résolution s'incarnait en la personne du premier ministre français, Clemenceau, vieillard de soixante-seize ans, vétéran des luttes parlementaires, arrivé au pouvoir dans les heures troubles de 1917 avec la volonté de réprimer impitoyablement toutes les défaillances et de faire, selon sa propre expression « la guerre intégrale ». « Ma formule, avait-il déclaré, est la même partout. Politique intérieure : je fais la guerre. Politique

t L iARQUEiMEM Ul^ I ROLPES AMÉRICAINES, a De 40 000 hommes

par mois en mais 1918, les débarquements passèrent à 280 000 hommes en juin, près

de 10 000 hommes par jour. Au premier plan, troupe d'infanterie qui vient de débarquer ;

à l' arrière'plan, le grand paquebot qui l'a transportée.

extérieure : je fais la guerre. La Russie nous trahit : je continue à faire la guerre. La malheureuse Roumanie est obligée de capituler : je continue la guerre et je continuerai jusqu'au dernier quart d'heure, car c'est nous qui aurons le dernier quart d'heure. »

Cet inébranlable optimisme reposait sur une connaissance exacte de la situation : le temps travaillait pour les Alliés. Leurs armées ne cessaient de se renforcer en hommes et en matériel. L'armée anglaise, SI cruellement décimée, avait réparé ses pertes au mois de juin. L'Amérique fit un prodigieux effort pour accélérer ses transports de troupes : les débarquements mensuels passèrent de 48 000 hommas en mars à 280 000 hommes en juin — près de 10 000 hommes par jour. L'Italie avait envoyé deux divisions. L'armée française recevait un matériel nouveau d'artillerie et d'aviation, un immense approvisionnement d'obus toxiques, et surtout un millier

LL rUSiL MITRAILLEUR, û Combinaison, comme son nom l'indique, du jusil et

de la mitrailleuse, le fusil mitrailleur fyossède à un degré moindre les qualités des deux

armes, mais il en possède la double qualité : précision et répétition du tir. (rx. .SECTION

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