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CL. MANUEL

ENTRÉE DES TROUPES FRANÇAISES A STRASBOURG (22 novembre 1918).

ti L'tnirtt à Strasbourg fut incomparable d'allégresse et d'émotion. Nos trou/>es

s'ucanceni au milieu d'une foule enthousiaste. Le général rétwnd d'un salut de l'épée

aux ovations de la foule. (cL. SECTroN PHOT DE l'armm:.)

l'Argonne à ia mer du Nord, l'ardente offensive se continua sans relâche. Le 17 octobre, Lille était délivrée de sa longue captivité. Visiblement , malgré une résistance désespérée, l'ennemi faiblissait, il reculait partout, ses réserves diminuaient, l'heure de l'assaut suprême approchait. Foch prépara une attaque décisive sur le front de Lorraine entre Metz et les Vosges, destinée à déborder le gros de l'armée allemande, à couper ses lignes de retraite et à l'acculer ainsi à une capitulation désastreuse. L'Allemagne, à bout de forces, n'évita l'imminente catastrophe qu'en acceptant toutes les conditions du vainqueur : le Il novembre 1918, l'armistice était signé à Rethondes, en forêt de Laigle, dans le train spécial du maréchal Foch.

VICTOIRES DE SYRIE, DE MACÉDOINE ET D'ITALIE. £l ^ Là capitulation de l'Allemagne avait été précédée et précipitée par la capitulation de tous ses alliés. Le 15 septembre l'armée de Macédoine, commandée par le général Franchet d'Espérey, perça le front ennemi et, par une audacieuse exploitation de sa victoire, obligea les Bulgares à signer l'armistice de Salonique (29 septembre). Ce fut un coup terrible pour l'Allemagne et pour l'Autriche, menacées d'être prises à revers et incapables de parer

LA VICTOIRE ET LA PAIX

à cette menace. En une rapide campagne d'un moit. toute la Serbie fut délivrée ; le» Allié* arrivèrent »ur le Danube.

Le 18 septembre, le front turc de Palestine fut bnir à son tour par l'armée du général Allenby. La campagne de Syrie, non moins foudroyante que U campagne de Macédoine, aboutit à la destruction de trois armée* turques, à la prise de Damas (I" octobre) et d'AJep (26 octobre). Le 30 octobre, la Turquie se rendit à merci par l'armistice de Moudros.

Le sort de l'Autriche-Hongrie fut plus lamentable encore. L'armée italienne, commandée par le général Diaz. mit fin à la résistance autrichienne par la victoire décisive de Vittorio-Veneto (23-30 octobre). Quand l'armistice fut conclu le 3 novembre. Vienne et Budapest étaient en pleine révolution, les Tchèque* de Bohême et les Yougo-Slaves avaient proclamé leur indépendance ; la vieille monarchie des Fkbsbourg n'existait plus.

L'ARMISTICE DU 11 NOVEMBRE. .^ ^ En Allemagne aussi la défaite avait engendré la révolution. Dans la tourmente, toutes les dynasties princièrcs furent emportées. Le 8 novembre la République était proclamée à Munich et le 9 il Berlin. Guillaume II et le Kronprinz s'enfuirent en Hollande. Ce fut au nom d'un gouvernement provisoire, dont le chef était le député socialiste Ebert, que les plénipotentiaires allemands signèrent l'armistice du 1 1 novembre.

Les clauses principales en étaient les suivantes : évacuation en quinze jours des territoires occupés en France, en Belgique et en Alsace- Lorraine ; évacuation en un mois de toute la rive gauche du Rhin qui serait occupée par les Alliés, avec des tête* de pont sur la rive droite, h Mayence, Coblentz et Cologne : livraison de 5 000 canons, 25 000 mitrailleuses. I 700 avions, 5 000 locomotives et. 150 000 wagons. et de tous les sous-marins ; renonciation aux traités de Brest-Litovsk et de Bucarest ; restitution sans réciprocité de tous les prisonniers de guerre alliés ; maintien du blocus, l'Allemagne devant être ravitaillée dans la mesure reconnue nécessaire.

Ces clauses, qui équivalaient à une véritable capitulation, obligeaient l'Allemagne à subir sans résistance les conditions de paix que lui imposeraient se* vainqueurs. L'une de ces conditions — la plus importante pour la France — se trouvait implicitement contenue dans l'armistice lui-même : par une réparation immédiate de la violation du droit commise en 1871, l'Alsace-Lorraineallait fairerctourà la patrie française. Nos troupes y pénétrèrent dès le 17 novembre et elles y reçurent un accueil inoubliable. L'n dts plus grands journaux allemands, la Gazelle Je Cologne,

iLE PRESIDENT WILSON GEORGES CLEMENCEAU LLOYD GEORGE

Pràident delà République américaine Jr 1912 ù 1920. Président du Conseil en novembre 1917 et IMilé au pou- Premier minisire du Koyaume-Um depuis 1916. Le

L'apSIre de la Société des Nations. (CL. UNDERWOOD mir par l'opinion publique. Président de la Conférence plus actif, le plus influent, le pluspopulaire des hommes ET UNDERWOOD.) de la Fait. (cl. ILLUSTRATION.) d Etat britanniques. (CL. MANUEL.)

le constatait en ces termes : « La haine de l'Allemagne se manifeste à travers toute l'Alsace avec la violence d'un ouragan. Les Français dans le délire de l'enthousiasme sont accueillis comme de vrais libérateurs. La perte de Strasbourg clôt la période de l'histoire allemande commencée en 1864. L'œuvre de Bismarck est maintenant au tombeau. »

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