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LA FRANCE VICTORIEUSE ET DÉVASTÉE

^ .et Ce triomphe d'une si émouvante grandeur, la France l'avait mérité par d'effroyables sacrifices. De tous les belligérants elle était celui qui avait le plus largement versé son sang : elle comptait plus de I 500 000 morts (I) (soit un par 29 habitants), près de trois millions de blessés dont la moitié l'avaient été dsux fois. Ses dépenses de guerre s'élevaient à 143 milliards. Et les dommages qu'elle avait subis du fait de l'invasion ennemie étaient presque inestimables, parfois irréparables.

Depuis 1914, en effet, jusqu'à la dernière minute de la guerre, les Allemands avaient poursuivi en France leurs dévastations méthodiques, vidant les usines, rasant tous les arbres fruitiers des vergers, volant le bétail, détruisant et noyant les mines quand ils ne pouvaient plus les utiliser. Sur de vastes espaces, les campagnes les plus riches n'étaient plus qu'un désert, sans arbre, ni buisson, ni maison. Des villages entiers avaient disparu sans laisser de traces. De grandes villes comme Reims, Arras, Soissons, Verdun, Saint-Quentin n'étaient plus que des monceaux de

(I) Grande-Bretagne, 869 000 (un par 66 habitants) ; Italie. 494 000 (un par 72 habitants); États-Unis 114 000 (un par 1 000 habitants).

ruines. « Le plus terrible compte de peuple à peuple s'est ouvert, déclarait Clemenceau le 15 septembre 1918: il sera payé. »

La Paix

LA CONFÉRENCE DE LA PAIX. /U et Après l'armistice du II novembre 1918, les Alliés décidèrent de tenir à Paris une conférence où seraient élaborés les traités de paix avec les puissances ennemies, Allemagne, Autriche, Hongrie, Bulgarie et Turquie. La conférence de la paix s'ouvrit le 18 janvier 1919 sous la présidence du premier ministre français Clemenceau : hommage rendu tout à la fois et à la nation et à l'homme d'État dont la volonté avait forcé la victoire.

Par le nombre des États représentés — vingt-sept, — • l'ampleur des problèmes étudiés, l'importance des décisions prises, la conférence de Paris tiendra dans l'Histoire une place comparable aux plus grandes assises internationales des Temps Modernes, le Congrès de Westphalie et le Congrès de Vienne. Elle s'en distingue cependant par deux traits essentiels. D'une part comme la guerre elle-même, elle eut un caractère mondial : on vit siéger à Paris, à côté des représentants de l'Europe, les délégués des Etats américains, asiatiques, africains et océaniens, et même parmi les grandes puissances qui priren*; aux travaux de la Conférence une part prépondérante, il y eut un État américain, les États-Unis, un État asiatique, le Japon. D'autre part, la Conférence de la Paix garda le caractère d'une conférence interalliée : les Etats vaincus n'y furent pas admis, ou du moins ils n'y furent admis

LA VICTOIRE ET LA PAIX

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des États-Unis, il avait formulé en quatorze points ce qui lui semblait devoir être les conditions d'une paix juste ; or c'est sur la base des quatorze points que les Alliés et l'Allemagne avalent accepté de conclure U

que pour recevoir des mains des Alliés les conditions de paix qui leur étaient imposées, avec la faculté de présenter des observations, mais par le moyen de notes écrites et dans un délai rigoureusement limité.

La Conférence de Pans ne tint qu'un petit nombre de séances plénières. Elle institua de nombreuses commissions techniques chargées d'étudier et de préparer les solutions des différents problèmes qui se posaient. Les décisions importantes furent prises par les délégués des principales puissances " alliées et associées », réunis d'abord en Conseil des Dix, puis en Conseil des Quatre (France, Grande-Bretagne, États-Unis, Italie). En fait tout fut réglé et décidé par trois hommes que les événements avaient portés au premier plan, Clemenceau, Wilson et le premier ministre anglais, Lloyd George.

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