‹ Nouvelle histoire de FranceChapitre 20 sur 227 · LES CHATEAUX FORTS ^ · texte numérisé non relu

LES CHATEAUX FORTS ^

De même qu'il faut aller à Versailles pour éooquer l'omhre du Grand Roi, Je mime, pour comprendre ce que lui le régime féodal, il /oui conImpUr les nina Je fl|«ext

de ces formidables châteaux forts qui se dressaient jadis par toute la France. C'étaient de ruda hommes, ors tempérament indomptable, que les orgualleax pmmmmn * ot

forteratel. La royauté ne mit pat moins de cinq cents ans à forcer leur obéissance et à {aire de leurs dcmaina les éléments canstilvlils de ta t ronce aa^ét.

UNE MÊLÉE (Copie d'un manuscrit du XIT siècle).^ Batailler contre U voisin,

donner de grands coups de lance ou d'épée. telle était l'occupation favorite des sei-

Sneurs. Voici deux troupes qui se chargent furieusement ; les èpèes sont brandies, les

lances se brisent ou transpercent .

de leur château Le document suivant, réquisitoire dressé par des moines du Roussillon contre un seigneur de leur voisinage, fera bien connaître ce qu'étaient les mœurs de certains chevaliers au temps de Philippe-Auguste.

« Il a fracturé notre enclos et s'est emparé de onze vaches. Une nuit, il a pénétré dans notre propriété et a coupé nos arbres fruitiers. Le lendemain, il a saisi et attaché dans un bois deux de nos serviteurs et leur a enlevé trois sous et deux deniers. Le même jour, il a pris une tunique, des pantalons et ses souliers à un fermier. Une autre fois, il a tué deux vaches et en a blessé quatre dans la ferme du Col-de-Jou et il en a enlevé tous les fromages qu'il a trouvés. Un autre jour, il a pris cent cinquante moutons, un âne et trois enfants qu'il n'a voulu lâcher que moyennant cent sous. Il a saisi ensuite deux hommes dont il a fixé la rançon à quinze sous et l'un d'eux est encore captif... "

Parfois, en même temps qu'un bandit, le seigneur était une bête de proie : tel ce seigneur du Périgord, qui dans un couvent, à Sarlat, faisait couper les pieds

ou les mains, ou crever les yeux à cent cinquante personnes, tandis que sa femme faisait arracher les deins et les ongles à de pauvres paysannes.

LA CHEVALERIE, aa L'Église essaya, vers le douzième siècle, d'agir sur la sauvagerie naturelle des seigneurs en intervenant dans la cérémonie de la

ARMEMENT D'UN CHEVALIER ©'aprè. une miniature de la Bibliothèque

Nationale). ^ Les parrains du chevalier lui attachent le baudrier et les éperons.

A gauche, un musicien. La xéne se passe sur une ejpèce d'échafaud devant un camp.

SIÈGE D'UNE VILLE (Copie d'un nitnuacril du XII* siicIe).^Le<as>iii7/iinr>an( pénétré dans la ville. Pendant que l'un d'eux enfonce une porte à coups de hache, les autres, armes de torches incendiaires, mettent le feu. Le dessin est encore naïf ; les guerriers sont grands comme les massons.

remise des armes qui faisait du jeune homme un chevalier, et en donnant à cette cérémonie un caractère moral et religieux. Le futur chevalier se préparait par un jeûne de vingt-quatre heures, par une nuit de prières à l'église, la " veillée d'armes ", par la confession et la communion. A la messe, il entendait un sermon sur ses devoirs ; pureté, probité, protection des clercs, des femmes, des vieillards, des orphelins. Les pièces de l'armure déposées sur l'autel étaient ensuite bénies. Avant qu'on les lui remît, celui qui allait devenir chevalier jurait entre les mains de son parrain de remplir fidèlement tous les devoirs que le prêtre venait de lui rappeler. Puis le parrain, au lieu de donner la colée avec la main, tirait l'épée et frappait du plat sur l'épaule le nouveau soldat en disant : « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, je te fais chevalier. »

La chevalerie contribua à rendre les mœurs moins rudes ; elle développa le sentiment de l'honneur ; elle créa, avec le respect et le culte de la femme, ce que l'on appela au temps de Philippe-Auguste la courtoisie. Mais cette courtoisie n'existait que chez une élite ; elle s'alliait encore à une terrible brutalité, et le sentiment de l'honneur était souvent compris d'étrange manière. A la fin du douzième siècle Richard Cœur de Lion, modèle du parfait chevalier au jugement de ses contemporains, était en guerre avec Philippe Auguste. Pour venger la défaite et le massacre

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