LES VILLES AU MOYEN AGE
Les villes au Moyen Atie étaient fort resserrées, mais fort uiltoresaues avec leur enceinte crénelée garnie de nombreuses tours, leurs ruetla rorruenaes bordées de rm^aorn à h dtarpenle ^ visible et au grand toit pointu, lt% dockers de leurs églises et le beffroi de leur Hôtel de Ville. La beauté de ces édifices, dans de nombreuses villes du Nord et da Midi de la
France, témoigne combien furent grandes, au Mof/en Age, l'activité et la richesse de la bottrgtoiste. .
SCÈNES DE LA VIE PRIVÉE AU XIII' SIÈCLE (Manuscrit de la Bibliothèque Nationale). Û Ce» cino vigrutta, rturoJuila J'aprii ont mimatme de (uoufier du xni' siècU, offrent une " suite » comme aimaient à en composer les imastiers du Mo\/en Age : deux voyageurs, des biîerins sans doute, demandent l'hostiitalttè dans un couvenl ; ils sont accueillis f)or une sœur qui leur verse d'abord une hoisson réconfortante ; l'un d'eux, malade, reçoit des soins empressés ; ils dînent ensuite tous deux, servis par la même sœur: enfin, ils prennent un hain avant de se remettre en route. Scènes très vivantes, et intéressantes par les détails d'amcnagement, de costumes, de mobilier. (cL. BOtTHAUD.)
ainsi rédigé, signé par le seigneur, scellé de son sceau, s'appelait une Charte.
LES VILLES DE BOURGEOISIE, a a Ces efforts des bourgeois pour obtenir un peu de justice étaient naturellement mal vus des seigneurs et de leurs amis : « Le mot commune est un mot exécrable », écrivait Guibert de Nogent qui était cependant un pieux ecclésiastique. Néanmoins, à la longue, la plupart des villes et des bourgs obtinrent ce que l'on appela des libertés et des franchises. Elles leur furent même assez souvent accordées par un acte gracieux des seigneurs. Ainsi Louis VII, en 1155, donna aux habitants de Lorris, en Gâtinais, une charte qui fut ensuite concédée à près de trois cents villes et bourgs de l'Ile-de-France, de l'Orléanais, de la Touraine.
Les villes ainsi dotées de franchises et garanties contre l'arbitraire seigneurial furent ce qu'on appela les " villes de bourgeoisie ».
LES RÉPUBLIQUES COMMUNALES, a a Ces garanties parurent insuffisantes dans les régions où le commerce était plus actil et la prospérité plus grande, au midi dans le Languedoc et l'ancienne Aquitaine ; au nord dans la Picardie, l'Artois et la Flandre. Là, les bourgeois voulurent et obtinrent le droit de se gouverner eux-mêmes, ils constituèrent de véritables républiques.
Dans ces républiques, nommées communes dans le nord, municipalités dans le midi, les bourgeois, réunis en assemblée, élisaient eux-mêmes les magistrats, échevins au nord, consuls au midi, chargés du gouvernement. C'étaient ces magistrats qui rendaient la justice, percevaient les amendes, levaient les impôts, payaient la redevance fixe due au seigneur, commandaient la milice. La commune avait le droit de guerre et de paix ; elle avait son château, l'hôtel de ville ou maison commune, foyer de la cité ; son donjon, le beffroi, d'où le guetteur surveillait la ville
et les alentours ; elle avait sa bannière, ses armoiries, son sceau. Il arriva même qu'elle eut des vassaux. Elle était un véritable seigneur, et ses bourgeois formaient pour ainsi dire un noble collectif.
LA COMMUNE DE LAON. û û Les chartes constitutives des républiques communales furent obtenues le plus souvent à prix d'argent. Dans le Nord, les bourgeois essayèrent souvent de les arracher par la violence. Mais ils réussirent rarement. L'histoire de la commune de Laon montre bien ce que furent ces tentatives et comment elles échouèrent en général.
Les bourgeois de Laon avaient pour seigneur l'évêque. En 1111, l'évêque était un aventurier normand, Gaudry, détesté des habitants qu'il pressurait et faisait torturer par son esclave nègre, appelé Jean, Pendant un voyage de Gaudry en Angleterre, les bourgeois se conjurèrent, rédigèrent une charte et la firent accepter par ceux à qui Gaudry avait remis ses pouvoirs en son absence. A son retour, furieux d'abord, il s'apaisa moyennant une grosse somme d argent ; il signa la charte et jura de l'observer fidèlement. Les bourgeois par prudence cherchèrent à obtenir la garantie du roi Louis le Gros ; à prix d'argent le roi consentit à contresigner la charte. Moins d'un an après, Louis le Gros vint à Laon pour les fêtes de Pâques. Gaudry lui demanda l'autorisation de déchirer la charte. Les bourgeois avertis offrirent au roi 400 livres s'il voulait continuer à la garantir. Gaudry promit 700 livres. Louis accepta l'offre de l'évêque et se sauva en cachette.
Gaudry se mit en devoir de percevoir sur les bourgeois l'argent qu'il avait promis au roi. Il voulait, dit Guibert de Nogent, « que chaque bourgeois payât pour la destruction de la commune autant qu'il avait payé pour son établissement ». Les boutiques se fermèrent ; « une rage de bêtes féroces soulevait les petites gens et ils jurèrent de tuer l'évêque ». Celui-ci, averti.
LA SOCIETE FEODALE
SCEAU DE LA VILLE DE PARIS (Archives Nationales), a Exemplaire It plm
anciennement connu du sceau de la « Cor/ioralton des Marchands de l'eau ». Appendu a
un acte de l'an 1200, il frorte la nef qui figurera désormais dans les armes de la
Capitale et comme légende: tSigillum mercatotum atque Paristus*
ne voulut pas croire au danger. A Guibert de Nogent qui le prévenait, il répondait : " Si Jean, mon nègre, tirait par le nez le plus redoutable d'entre eux, il n'oserail pas même faire un grognement ! »
Le lendemain, vendredi de Pâques, dans l'aprèsmidi, aux cris de «Commune! commune! "les bourgeois, armés d'épées, de haches, de lances, de massues, se ruaient sur la maison de l'évêque et l'enlevaient d'assaut. Gaudry revêtit en hâte les habits d'un de ses domestiques et descendit dans le cellier. Les insurgés, fouillant la maison, le découvrirent caché dans un tonneau. Ils le tirèrent de là par les cheveux, et tandis qu'il suppliait et promettait de grosses sommes pour qu'on lui laissât la vie, l'un des insurgés d'un coup de hache lui fît sauter la cervelle, tandis qu'un autre lui fendait la figure en travers. L'émeute se continua par le massacre d'un certain nombre de nobles, le pillage et 1 incendie de leurs maisons.
Le roi accourut pour châtier les rebelles. Les habitants de Laon, se sentant trop faibles pour résister à l'armée royale, appelèrent à l'aide le seigneur de Coucy, Thomas de Marie. Celui-ci vint avec ses hommes d'armes, se déclara incapable de défendre la place et invita les bourgeois à le suivre et à se réfugier sur ses terres. La plupart acceptèrent. La ville étant abandonnée, les paysans et les seigneurs d'alentour s'abattirent sur elle et la pillèrent de fond en comble ; dans les maisons ils enlevèrent jusqu'aux gonds et aux verrous des portes.
Peu après le roi contraignit Thomas de Marie à lui livrer les fugitifs, qui furent pendus en grand nombre. Seize ans plus tard, en 1 128, l'évêque successeur de Gaudry accorda aux bourgeois une nouvelle charte que l'on appela institution de paix. Elle fut ratifiée par Louis le Jeune, qui, à la différence de son père Louis le Gros, veilla à l'exécution scrupuleuse de la charte et en assura le maintien.
DISPARITION DES RÉPUBLIQUES COMMU- NALES. ^£l L'existence des républiques communales ne se prolongea guère en France au delà des premières années du quatorzième siècle. Les rois capétiens, en effet, s'appliquèrent constamment à se les soumettre comme ils faisaient des seigneurs. En particulier, lis voulurent surveiller leur administration financière. Cette administration était souvent médiocre ; cela servit de prétexte, surtout à Philippe le Bel, pour intervenir dans le gouvernement des communes et leur enlever leurs libertés politiques. A la fin de la dynastie capétienne (1328), il ne restait plus de communes pleinement indépendantes, sauf en Flandre.
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UN MEUNIER a Chapiteau de l'église de la Madeleine à Vézelay (X//* siècle). (cL. NEURDEIN.)
LES MURAILLES DE CONSTANTINOPLE.tf Cette formidable enceinte, commencée par Congtantin. conttnuét par TbéodoK, achevée au xif nècie, mesurait 20 kilomètres. (La demihe enceinte de Paris en comptait 33.) Munie de tours carrées, très rapprochées et crénelées elle était digne d'ahiter ta capitale de l'empire romain ttOrient. la plus riche cité et la plus civilisée de fout le monde méditerranéen au Moyen Age. File subsiste encore aujourd'hui, mais aux trois quarts ruinée, el dans les intervalles des tours s'élèvent, comme pour se mettre sous leur protection les modestes maisons de la Constantinople moderne. (cL. beRGCRCN.)