‹ Nouvelle histoire de FranceChapitre 27 sur 227 · TE ROYAUME A L'AVÈNEMENT DES CAPÉ · texte numérisé non relu

TE ROYAUME A L'AVÈNEMENT DES CAPÉ

I TIENS, ^/l/ En 987, à l'avènement de Hugues

Capet, le royaume de France avait pour limites : au nord la mer du Nord et les embouchures de l'Escaut, au sud, le Llobregat en territoire espagnol et les Pyrénées ; à l'est, la frontière suivait à peu près l'Escaut, la Meuse depuis Mézières jusqu'à sa source, la Saône, les Cévennes, l'Ardèche et la branche occidentale du delta du Rhône. C'était donc, avec un quart de la Belgique actuelle et un fragment de l'Espagne, toute la France de l'Atlantique et le Languedoc.

Le royaume était divisé en grands fiefs, duchés et comtés, véritables États indépendants. Ducs et comtes n'étaient pas les sujets, mais étaient seulement les vassaux du roi. Personne ne représentait le roi dans les grands fiefs ; il n'y avait en fait ni gouvernement ni administration du royaume. Le roi ne gouvernait et n'administrait que son domaine, c'est-à-dire les terres, les châteaux et les villes qu'il avait héritées de ses ancêtres ; il n'était qu'un seigneur élu par d'autres seigneurs.

Le domaine capétien consistait en une étroite bande de terre qui s'étendait de l'Aisne à la Loire. Il com-

prenait deux villes importantes, Paris et Orléans, mais il était resserré entre le duché de Normandie et le comté de Blois, le comté de Champagne et le comté de Bourgogne. Encore y avait-il, enclavées dans le domaine, des seigneuries dont les possesseurs, vulgaires brigands, empêchaient le roi de circuler librement sur ses terres. Le domaine royal était le plus petit des grands fiefs. Le roi était le moins riche et le moins puissant des grands seigneurs.

De Hugues Capet à Philippe Auguste.

LES PREMIERS CAPÉTIENS a a Hugues Capet (987-996) et ses trois premiers successeurs, Robert le Pieux, Henri I*"" et Philippe I^^ furent donc des souverains sans grande puissance, et leur histoire qui occupe cependant tout le onzième siècle (987-1 108), ne renferme aucun fait important. Ce qui ajoutait à leur faiblesse, c'est que la couronne était élective. Ceux qui avaient élu Hugues Capet à Noyon pouvaient être tentés à sa mort d'élire un autre que son fils.

Pour échapper à ce danger, Hugues Capet eut l'idée de faire élire et sacrer son fils, lui vivant. Celui qui avait été sacré était considéré comme l'élu de Dieu et les hommes ne pouvaient désormais refuser la couronne à « l'Oint du Seigneur ». Pendant deux siècles, la précaution prise par Hugues Capet le fut aussi par tous ses descendants, jusqu'à Philippe Auguste. Avec celui-ci la dynastie capétienne devint assez puissante pour que personne ne pût penser à lui enlever la couronne et pour que toute précaution devînt inutile.

Pendant le règne de Philippe 1""', deux grands événements se produisirent. En 1066 le duc de Normandie,

Page 1