SUGER. ABBÉ DE SAINT-DENIS. MINISTRE DE LOUIS VI ET DE
LOUIS VII. ^^ Fragment d'un vitrail donné par Suger à l'abbaye de Saint-Denis,
reljrésentant l'abbé en t>rière, sa crosse entre les bras. Derrière le personnage on peut lire
l'inscription: *Sugerius Abasf.
LES INSTRLMLNIS DU SACRE (Mus,.- <!u l.„u-Ti-).aÉKc. mam de imiicr. sceptre et éperons, symboles des différentes formes du pouvoir souverain. Ces objets tant du XII* tiède, sauf le sceptre. Qui date de Charles V, et la lame de l'épee qui est moderne. Ils ont servi au sacre de tous les rcis jusau'a Cftarles X. (cL. BRAUN, CLEMENT etc".)
Guillaume le Bâtard, fit la conquête de l'Angleterre. En 1095, la première croisade fut prêchée à Clermont, en Auvergne. Philippe \" n'y prit aucune part.
LOUIS LE GROS, ma Mais le prestige de la royauté capétienne commença à grandir avec Louis VI le Gros (1 108-1 137). Ce gros homme, au teint blême, fut un souverain actif et énergique, un vrai soldat intrépide et tenace, payant partout de sa personne. Il passa trente-quatre ans à combattre les brigands installés dans le domaine, notamment les seigneurs de Montihéry et du Puiset. dont il finit par brûler et raser les donjons. Dans ces luttes il fut secondé surtout par le clergé qu'il s'appliqua habilement à protéger contre les seigneurs, et qui, en échange, lui fournit des troupes et même des conseillers avisés comme le moine Suger, abbé de Saint-Denis.
Louis le Gros fut moins heureux dans ses guerres contre les grands vassaux et surtout contre le plus puissant d'entre eux, Henri 1"'', duc de Normandie et roi d'Angleterre. Il se fit battre à Brémule en 1119. Cependant lorsque, en 1124, l'empereur allemand Henri V, allié du roi d'Angleterre, menaça d'envahir le royaume, de toute la France on envoya des contingents à l'armée royale et celle-ci fut assez imposante pour déterminer les Allemands à la retraite.
LOUIS VII. 0/3 Louis VII le Jeune (1137- 1180) bénéficia d'abord du prestige acquis par son
père. Il avait épousé Éléonore, héritière du grand duché d'Aquitaine qui s'étendait de l'Auvergne aux Pyrénées. Par ce mariage le roi devint le plus grand et le plus riche propriétaire du royaume. Son principal conseiller, Suger, l'aidait à gouverner avec sagesse et modération : pendant que le roi était à la Croisade (1147-1149), Suger fut régent du royaume et réussit à y maintenir l'ordre et la paix.
Malheureusement Suger mourut en 1 151, et l'année suivante le roi répudiait Eléonore. Celle-ci reprit sa dot, l'Aquitame, et épousa un vassal du roi de France, Henri Plantagenet.
RIVALITÉ DES CAPÉTIENS ET DES PLAN- TAGENETS. 0 0 Qx Henri Plantagenet, arrièrepetit-fils de Guillaume le Conquérant, possédait déjà l'Anjou, le Maine, la Touraine et la Normandie. En y ajoutant les biens de sa femme, il se trouvait maître de toute la France maritime, du cours inférieur de la Seine, de la Loire et de la Gironde. Deux ans après son mariage, Henri Plantagenet devenait roi d'Angleterre (1 154) sous le nom d'Henri II.
Un vassal aussi puissant était dangereux pour les rois de France. Il fallait l'abaisser ; sinon les Capétiens couraient le risque d'être écrasés quelque jour par les Plantagenets. La rivalité entre les deux familles dura près d'un siècle. Elle donna lieu à une guerre qui, commencée sous Louis VII en 1154, ne se termina que sous Louis IX en 1258. Ce fut une première guerre de Cent ans, coupée de nombreuses trêves. Sous Louis VII, qui manquait d'énergie, la guerre fut sans résultats.
PHILIPPE AUGUSTE. 00 Le fils de Louis VII, Philippe Auguste, fut plus heureux. La royauté capétienne allait faire sous son règne (1180-1223) d'immenses progrès.
Les historiens de son temps ont appelé Philippe Auguste « prudens >' et « sapiens », avisé et sage. Sa sagesse était souvent ruse et dissimulation. C'était avant tout un politique, peu scrupuleux, actif, patient et tenace, très habile à profiter des événements et même à les faire naître. Ses contemporains ont dit qu'il aimait la paix plus qu'un moine. En réalité, il était très brave : mais il n'aimait pas la guerre pour elle-même, pour les beaux coups d'épée qu'on y pouvait frapper, il ne la faisait que par nécessité et pour le profit. Il la fit presque constamment aux Plantagenets. Pendant les quarante-trois années de son règne, il ne laissa jamais passer deux printemps sans guerroyer contre eux.
PHILIPPE AUGUSTE ET RICHARD CŒUR DE LION. 00 Philippe Auguste eut d'abord pour
LES ROIS CAPETIENS
TOUR DU CHATEAU DE GISORS. a Celle tour Imsml partie d'une double
enceinte fortifiée, construite par ordre de Philippe Auguste, dont ouelques fragments
restaurés, existent encore an flanc du coteau où s'élève la petite viUe normande.
(cl. neurdein.)
auxiliaire les fils même d'Henri II, notamment Richard Cœur de Lion. « C'est l'usage chez nous, disait Richard, que les fils haïssent le père ». Les haines des frères entre eux étaient aussi de tradition. Philippe Auguste exploita et entretint ces haines de famille. Richard s'étant révolté contre son père, il l'accueillit et le traita en ami intime : suivant l'usage du temps ils couchaient dans le même lit et mangeaient dans la même assiette. Henri II fut vaincu par les deux amis (1 189). Il mourut de l'humiliation de sa défaite et de la douleur qu'il éprouva en apprenant que son dernier fils, « son cœur, son bien-aimé » Jean sans Terre était secrètement d'accord avec Philippe Auguste et Richard.
Richard, devenu roi d'Angleterre, et Philippe Auguste partirent ensemble l'année suivante pour la troisième Croisade. Mais, en 1191, Philippe Auguste abandonna l'expédition pour rentrer en France. Avant de partir il jura à Richard de protéger ses terres et ses hommes " avec le même soin qu'il mettrait à défendre sa propre ville de Paris ». Richard, revenant à son tour de la Croisade, tomba aux mains de son ennemi le duc d'Autriche, qui le livra à l'empereur Henri VI. Philippe .■\uguste offrit à l'empereur de grosses sommes pour qu'il gardât Richard prisonnier
LA BATAILLE DE BOUVINES (27 juillet 1214). 0 Les maraii Qui bordent le chamfi de bataille à l'ouest au nord, émerge le blateau de Bouvines, haut de 10 à 20 mitre, au-dessus de ta ttlaine.Les deux souverains sont chacun au centre de leur armée, entourés de cavalerie ; ils int devant eux l'infanterie des communes. L'armée française ne comt>renant que 25 000 hommes à opposer aux 86 000 de l'ermemi, les corps furent espacés, les rangs allongés, ont ainsi les fronts des deux armées se trouvèrent égaux et parallèles
En même temps il négociait avec Jean sans Terre ; il le reconnaissait roi d'Angleterre, moyennant cession de la Normandie.
Brusquement Richard, remis en liberté contre une forte rançon, reparut. « Le diable était lâché » : Jean s'empressa d'abandonner Philippe. Une guerre de cinq années fut malheureuse pour le roi de France. L'intervention du pape amena la signature d'une trêve (1199). Quelques semaines après, Richard allait se faire tuer misérablement en Limousin devant le château de Châlus, pour la conquête d'un trésor qu on y disait caché.
CONQUÊTE DE LA NORMANDIE, a/ a Jean sans Terre lui succéda. C'était un adversaire moins redoutable que Richard, un prince corrompu, cupide et lâche, qui se fit mépriser : « Quelque souillé que soit 1 enfer, disait un de ses contemporains, la présence de Jean y serait une souillure. »
Philippe Auguste se tourna aussitôt contre lui et soutint que les fiefs des Plantagenets en France devaient revenir à Arthur de Bretagne, fils d'un frère aîné de Jean. Jean se refusa à toute restitution. Alors, agissant comme souverain justicier de ses vassaux, Philippe Auguste le cita à comparaître à jour fixé devant les juges royaux de Paris. Jean ne s'étant pas présenté, les juges le déclarèrent « félon », c'est-à-dire coupable d'infidélité à l'égard de son suzerain, et, conformément à l'usage féodal, prononcèrent la confiscation de ses fiefs (avril 1202). Peu après, Arthur était battu et pris par les Anglais; Jean le fit transférer à Rouen et le supprima on ne sait à quelle date. La rumeur publique accusa le roi d'Angleterre d'avoir lui-même poignardé son neveu, la nuit, sur une barque au milieu de la Seine.
Philippe Auguste envahit la Normandie à l'automne de 1203. Le réduit central de la défense était le Château-Gaillard, formidable citadelle bâtie par Richard Cœur de Lion sur une boucle de la Seine près des Andelys, et barrant la route de Rouen. Elle fut enlevée de vive force en un mois après un blocus de cinq mois (février 1204). Jean cependant avait fui en Angleterre. Les Rouennais lui demandèrent secours ; leurs envoyés le trouvèrent jouant aux échecs ; il leur répondit sans même interrompre sa partie : « Impossible de vous secourir dans le délai voulu ; faites pour le mieux ». Les Rouennais se rendirent (1204) : Philippe se .les attacha par la douceur. 'Il agit de même dans l'Anjou, la Touraine, le Maine et le Poitou (1205) où il paya largement les seigneurs et les villes qui se soumettaient. Jean demanda la paix (1208).