‹ Nouvelle histoire de FranceChapitre 31 sur 227 · BH · texte numérisé non relu

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SAINT LOUIS RECEVANT LA DISCIPLINE (Bibl. de Carpentras). a Copie d'une peinture de la Sainte-Chapelle aujourd'hui détruite ; elle décorait la chapelle basse et datait sans doute de l'époque de la canonisation du roi. Le pieux roi se faisait administrer la discipline par ses confesseurs avec cinq chaînettes de fer.

france de cœur ou de corps ; donne-leur un réconfort selon ton pouvoir et aide-les de quelques aumônes. — ■ Si tu viens à régner, efforce-toi d'avoir ce qui convient au roi, c'est-à-dire tiens-toi rigidement à la justice et à la droiture et sois loyal envers ton peuple, sans touiner à droite ou à gauche, mais toujours droit, quoi qu'il puisse advenir. — Si tu détiens le bien d autrui ou par toi ou par tes devanciers, rends-le sans retard, combien grand que ce soit, terres ou argent. » « A chacun le sien », disait-il souvent. Un jour, il assistait à un sermon en plein air, parmi la foule, simplement assis aux pieds du prédicateur. Comme le

. LES ROIS CAPETIENS

NEF DE LA SAINTE-CHAPELLE (Palais de Justice, Paris). T^réJ^n,

SAINT LOUIS RENDANT LA JUSTICE (Bibl. Nationale), a A Jwiie. h roi

assis SUT son trône promet aux plaignants de punir le sire de Coucy, leur seigneur, qui

a fait pendre trois jeunes gens dont le seul crime était d'avoir chassé sur ses terres. A

gauche, les trois victimes d'Enguerrand de Coucy, qui fut jeté en prison.

bruit qui se faisait en un cabaret voisin empêchait d'entendre, il demanda à qui appartenait le droit de police en cet endroit ; et seulement quand on lui eut répondu que c'était à lui, il envoya ses gens pour faire cesser le tapage.

LA JUSTICE DU ROI. /It ^ Mais toujours respectueux des droits d'autrui, il exigeait de tous sans exception le même respect de ses droits et de la justice. Le comte d'Anjou, frère du roi, avait fait jeter en prison un de ses chevaliers qui, comme il en avait le droit, avait appelé au roi d'un jugement rendu par le comte. Le roi contraignit le comte à remettre le chevalier en liberté. « Il ne doit y avoir qu'un roi en France, lui dit-il ; ne croyez pas, parce que vous êtes mon frère, que je vous épargnerai contre droite justice. »

Le seigneur de Coucy avait fait pendre sans jugement trois enfants dont le crime était d'avoir tué dans ses bois quelques lapins. Le roi fît arrêter le meurtrier. Il voulait l'envoyer à la potence. L'intercession de tous les nobles finit par sauver le seigneur de Coucy. Comme l'un de ces nobles disait sur un ton ironique : « Si j'étais le roi, j'aurais fait pendre tous les barons ; car le premier pas fait, le second ne coûte plus guère. — Vous dites que je devrais faire pendre tous mes barons, reprit le roi ; certainement je ne les ferai pas pendre, mais je les châtierai s'ils méfont. »

Sous son règne, l'organisation de la justice devint plus régulière. Saint Louis publia plusieurs grandes ordonnances pour la réformation des abus. Pour étudier et juger les procès de plus en plus nombreux, il créa dans sa cour une section judiciaire distincte qu'on appela le Parlement. Lui-même se plaisait à rendre la justice : parfois c'était sous un chêne au bois de Vincennes, parfois dans sa chambre au pied de son lit.

LA QUARANTAINE LE ROI. a a Dans ses mstructions à son (ils, saint Louis lui recommandait « de se garder de tout son pouvoir de provoquer la guerre et de n'y recourir, si on lui faisait tort, qu'après avoir épuisé tous les autres moyens d'obtenir justice ». Désireux de maintenir la paix dans son royaume, il travailla à restreindre l'un des privilèges auxquels tenaient le plus les seigneurs féodaux, le droit de guerre privée. Il institua la Quarantaine le Roi et l'Asseurement. Dans les quarante jours qui suivaient une offense, il était interdit d'en poursuivre la réparation par les armes. Ce délai devait permettre au roi de travailler à régler le différend et à réconcilier les adversaires. Ils étaient pendant ce temps placés sous l'Asseuremcnt, c est-à-dire sous la protection royale : si l'un d'eux violait la trêve, il se déclarait du même coup ennemi du roi, qui pouvait le faire arrêter et le châtier.

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