ABOLITION DE L'ORDRE DES TEMPLIERS
0 0 Pour remplir le trésor, les gens du roi eurent recours encore à d'autres procédés, injustifiables et odieux : altérations de la monnaie royale, confiscations arbitraires des biens des banquiers juifs et lombards. La plus célèbre et la plus scandaleuse de toutes ces opérations fut le procès des Templiers
On sait que l'ordre des Templiers avait été fondé après la première Croisade pour la défense de la Terre Sainte. Jérusalem et la Palestine perdues, les Templiers étaient rentrés en Europe où ils possédaient, dit-on, neuf mille maisons. Ils étaient en grand nombre en France. A Paris, ils avaient un château fort, le Temple, dont le donjon existait encore à la Révolution. L'ordre était fort riche. Philippe le Bel, toujours à court d'argent, avait fait des emprunts considérables aux Templiers. De là le projet de faire disparaître l'ordre, afin de s'emparer de ses biens.
On procéda contre les Templiers comme on avait procédé contre Boniface VIII ; Nogaret les accusa de mille crimes imaginaires : sacrilège, mœurs infâmes, adoration d'une idole, profanation de la croix. Le 13 octobre 1307 ils furent arrêtés en masse par toute la France. Pour leur faire avouer leurs prétendus crimes on les mit à la torture. La plupart « dirent ce que voulaient les tourmenteurs ». « J'avouerais tout, déclarait un Templier au souvenir des supplices endurés ; j'avouerais que j'ai tué Dieu si on voulait. »
LA «TOUR DU TEMPLE. A PARIS (Musée Cam.v»let). a CdU • /oor >. m réalité w\ donjon carré flanqué àe ttualre * toumeîîea * rondes, ret)rtstntait encore, (xnaant la Révolution, la resta de l'ancienne demeure-forteresse des Templiers de Paris Détruite aujourd'hui elle datait vraisanhlahlement de la fin du XIll" siècle. (cL. HACHETTE.
Beaucoup, la torture terminée, revinrent sur leuïs aveux. Cinquante-quatre furent brûlés ensemble à la porte Saint-Antoine, à Paris : ils moururent intrépidement en protestant de leur innocence et de la pureté de l'ordre. La même protestation fut renouvelée sur le bûcher par le Grand Maître de l'ordre, Jacques Molai, la dernière victime de cette abominable affaire (1312).
Mais pour s'emparer des biens de l'ordre, il fallait qu'il fût aboh partout. 11 y avait en effet des Templiers dans les pays voisins de la France, et les souverains n étaient nullement décidés à imiter Philippe le Bel. Philippe s'adressa au pape ; il se rendit auprès de lui à Vienne avec une armée. Sous la menace. Clément V céda et prononça l'abolition de l'ordre. Les biens des Templiers furent officiellement attribués à l'ordre des Hospitaliers ; en fait Philippe le Bel garda la meilleure part de ceux qu'ils possédaient en France.
LES GRANDES ASSEMBLÉES, a a k trois reprises, dans la lutte contre Boniface VIII en 1302, dans l'affaire des Templiers en 1308, enfin lors d'une
LES ROIS CAPÉTIENS
guerre contre les Flamands en 1314, le roi voulut paraître soutenu par la France entière.
Il convoqua donc des assemblées où siégèrentdes représentants du clergé, de la noblesse et des villes. Ces représentants étaient réunis « pour délibérer sur certaines affaires qui intéressent au plus haut point le roi, le royaume, tous et chacun ». Mais il ne faut pas se les représenter comme des députés de la nation, ayant mission et pouvoir de discuter avec le roi. Ils se réunissaient par ordre ; ils étaient avertis qu'on les faisait venir « pour entendre les ordres du seigneur roi, pour ouïr et rapporter ses volontés ». La réunion de ces premiers Etats Généraux prouve que, dans les fîefs comme dans le domaine, tout le monde commençait à reconnaître la souveraineté directe du roi.
LES DERNIERS CAPÉTIENS DIRECTS. 0 H Quatorze ans à peine après la mort de Philippe le Bel (1314), la descendance mâle de la branche aînée des Capétiens était éteinte. Philippe le Bel avait cependant laissé trois fils ; mais ces fils n'eurent pas de postérité masculine. Quand l'aîné, Louis X le Hutin — le turbulent — mourut après deux ans de règne, il ne laissait qu'une fille, Jeanne. Son frère, Philippe V le Long, se hâta de se faire couronner à Reims, après quoi il réunit une assemblée de nobles, d'évêques et de bourgeois qui approuvèrent le fait accompli. A son tour Charles IV le Bel en 1322 succéda à son frère Philippe qui ne laissait aussi que des filles.
Mais Charles IV lui-même étant mort en 1328 sans laisser d'héritier mâle, une assemblée de nobles reconnut comme roi son cousin Philippe de Valois, fils d'un frère de Philippe le Bel, et écarta la candidature du roi d'Angleterre Edouard III, fils d'une fille de Philippe le Bel. Les barons déclarèrent que « femme ni par conséquent son fils ne pouvait par coutume succéder au royaume de France ». C'est ce qu'on appela plus tard la « loi salique ».
De cette décision devait sortir la guerre de Cent ans.
L'ŒUVRE DES CAPÉTIENS. >e^ ^ De Hugues Capet à Charles IV, en trois cents ans, les rois capétiens avaient accompli une œuvre considérable.
Avec l'opiniâtreté, les mille ruses du paysan qui cherche à arrondir son lot de terre, par toutes sortes de procédés, par achat, par héritage, par mariage, par confiscation, par conquête, ils avaient agrandi progressivement leur domaine jusqu'à ce qu'il embrassât la plus grande partie du royaume. En 1328, on ne comptait plus en France que quatre grands fiefs, isolés les uns des autres et rejetés aux quatre extré-
UN CHEVALIER AU COMMENCEMENT DU XIV SIÈCLE (Mu.<« d"«tillerie). a II porte, comme au XIII* siicU, l'armure de mailla; mais bras et jambes sont tJTotegés maintenant par des plaques de frMal (brassières et jambières) ; un caaaue rond (bassinet) a remplacé le heaume que parlaient les contanfiorains de saint Ltruis.
mités du royaume : Flandre, Bretagne, Bourgogne et Guyenne.
Dans ce domaine ainsi agrandi et même dans tout le royaume, la puissance royale était restaurée. Les seigneurs avaient perdu une grande partie de leurs droits souverains, parmi lesquels le droit de guerre. Hors des grands fiefs l'autorité royale était représentée et exercée par de véritables fonctionnaires, les baillis et les sénéchaux. Administration, justice et finances royales prenaient figure d'institutions régulières, chacune d'elle ayant sa cour suprême, le Parlement pour la justice, la Cour des comptes pour les finances, le Grand Conseil pour l'administration.
Ainsi, tandis que les deux dynasties précédentes, mérovingienne et carolingienne, avaient fini misérablement, la dynastie capétienne, si modeste à l'origine n'avait cessé de croître en puissance. C'est que les Capétiens avaient eu une idée : unifier le royaume, qu'ils avaient tous travaillé à la réaliser, qu'ils eurent de l'esprit de suite, avec la sagesse de mesurer leurs ambitions à leurs moyens. Les ambitions grandirent avec les moyens ; mais ils surent toujours ce qu ils voulaient, et ils ne voulurent jamais que ce qu ils pouvaient.
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SCÈNES DELA y\ZD^tCOU^^ KLkVÏU OU X\\\'^S\tClE. a Sculptés sut k portail sud de Notrt^^^ ces quatre bas-reliefs n'ortt pas tous même
clarté dans le sujet qu'ils représentent. Les deux médaillons de droite représentent très certairtement les cours de l'Université; dans l'un conme dans l'autre, des prof essems en chaire parlent devant des écoliers plus ou moins attentifs. Quant aux médaillons de gauche, on suppose que le premier représente une femme liée à l'échelle de jtatice et lapidée par des écoliers qui passent ; le second représenterait la prestation du serment des clercs. ( CL. HACHETTE.)