‹ Nouvelle histoire de FranceChapitre 39 sur 227 · LE DAUPHIN RECEVANT LA NOUVELLE DE LA MORT DE CHARLES VI · texte numérisé non relu

LE DAUPHIN RECEVANT LA NOUVELLE DE LA MORT DE CHARLES VI

(Bibl. Nat.). ff Retiri dan^ an des châtetmx ou at canfiini m iemmtimit iimmn, U

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TÈTE PRÉSUMÉE DE JEANNE D'ARC, FACE ET PROFIL (Musie d'Orlàms). e On na dos <U potItoU Je Jtarme d'Arc dont Vcathenticiti ml garantit. Mail on a trouvé à Orléans cetti tête de femme casquée provenant d'un monument élevé à la fin du XV* siècle, dans laquelle certains critiqua d'art pensent que l'on t>eut voir un portrait de l'hérdmc francatie. Et ils donnent de leur opinion des raisons sérieusa se rapportant aux descriptions de Jeatme jaites par ses contemporains autant qu'à l'archéologie.

carême il faut que je sois devers le roi, dussé-je pour m'y rendre user mes jambes jusqu'aux genoux. »Tantd énergie finit par émouvoir Baudricourt. Il lui donna une épée, et, pour la conduire auprès de Charles VII à Chinon, une escorte de six hommes d'armes. Les habitants de Vaucouleurs lui avaient, à frais communs, acheté un cheval et une armure (23 février 1429).

Il fallait traverser cent cinquante lieues de pays, parcouru en tous sens par les bandes ennemies. Le trajet fut fait en onze jours, sans à-coup, avec un bonheur qui tient du miracle.

A Chinon on se méfiait d'elle. Le roi consentit à la recevoir ; mais il se cacha parmi les gens de sa suite. Jeanne, introduite, alla droit à lui, comme si elle l'avait déjà connu. Elle lui dit qu'elle était envoyée par Dieu pour le mener sacrer à Reims et pour chasser les Anglais. Plus tard, elle lui parla en secret et lui donna, dit-on, un signe de sa mission qui le frappa beaucoup. Néanmoins il la fit longuement interroger à Poitiers par des théologiens et des prélats, pour s'assurer qu'elle n'était pas sorcière et envoyée du diable. Tous la reconnurent et la proclamèrent bonne chrétienne.

Alors on l'envoya avec une petite armée au secours d'Orléans. Avant d'entrer en campagne, elle dicta pour les chefs de l'armée anglaise une lettre où elle les sommait d'évacuer la France : « Vous, archers, compagnons de guerre qui êtes devant la bonne ville d'Orléans, allez-vous-en, de par Dieu, en vos pays, et si vous ne le faites, attendez des nouvelles de la Pucelle — c'était son surnom populaire — qui vous ira voir avant peu, à votre bien grand dommage. »

DÉLIVRANCE D'ORLÉANS, a 0 Cette en-

fant de dix-sept ans sut faire passer dans l'âme des chefs et des soldats la foi qui l'animait elle-même, la co.nfiance en la divinité de sa mission et la certitude de la victoire.

Dès le 29 avril, Jeanne se jetait dans Orléans où les bourgeois manifestèrent une aussi grande joie « que s'ils avaient vu Dieu descendre parmi eux ". Le gros de ses forces ne la rejoignit que le 4 mai. Aussitôt elle commença à attaquer les bastilles, c'est-à-dire les redoutes que les Anglais pour bloquer Orléans avaient construites au nombre de treize, au débouché de chacune des routes. La bastille Saint-Loup fut enlevée le 4 au soir; le 6, une nouvelle bastille était prise ; le 7, Jeanne faisait donner l'assaut au plus puissant des ouvrages, la bastille des Tournelles ou des Tourelles. Comme l'attaque commençait, une flèche lui traversa l'épaule. Déjà l'on parlait de retraite, mais elle tint à revenir à la charge et, se portant au plus fort de l'action, elle entraîna tout son monde. Les Tournelles furent occupées. Le lendemain, 8 mai, un dimanche, les Anglais, sans attendre de nouvelles attaques, évacuaient leurs derniers ouvrages, abandonnant en grande partie artillerie et provisions.

La délivrance d'Orléans eut un extraordinaire retentissement dans toute la France. Le peuple célébra dans Jeanne une envoyée du ciel ; on lui prêtait le don des miracles ; on frappait des médailles, on dessinait des portraits où elle était représentée avec une auréole autour du front, comme les saintes. Mais surtout l'apparition de Jeanne d'Arc exalta le patriotisme, et de toutes parts on vit accourir des gens qui voulaient combattre sous ses ordres.

LA GUERRE DE CENT ANS

L*AD0RATI0N DES M.i\GES (Musée Condé. Chantilly).

CeUt miniature a été cjcécutéf tntre 1450 et 1460, à la fin de la guerre de Cent ans: le roi agenotâllé devant l'Enfant a les traits de Charles VU ; les (hevaOers du superhanent vêtus, portent l'armure du temps aoec les fleurs de lys de France; au fond, une troupe française donne l'assaut à un château fort. En débit de t'ana était a ailleurs de règle à cette epogo-, celte miniature est une des plus belles compositions de Jean Foucçaet et l'on n'en saurait trop admirer la compoti'fton. U fi

te coloris fin et harmonieux. (CL. hachette.)

éUi'

JEANNE D'ARC PORTANT SON ÉTENDARD (Archives Nationales), a Ce

t/ejs(n es? rfrî au greffier du Parlement qui t'inscrivil en marge d'un Je ses registres de

i'annce 1429. It est malheureutemenl tien enfantin et sans doute très fantaisiste.

LE SACRE A REIMS, a 0 Aussitôt après la délivrance d'Orléans, Jeanne voulut conduire Charles à Reims pour le faire sacrer. Charles, mal conseillé, hésita près de deux mois. Ce fut seulement lorsque Jeanne eut remporté à Patay (18 juin) une brillante victoire sur Talbot, l'un des plus célèbres chefs anglais, que Charles se décida à tenter le voyage. Le pays, entre la Loire et Reims, était aux mains des Anglais ou des Bourguignons. Cependant, après avoir pris Troyes au passage, Charles, le 16 juillet, entrait à Reims. Le dimanche 17 juillet il était sacré, dans la cathédrale. On sait quelle était l'importance religieuse et politique du sacre. Désormais, Charles était sans conteste, comme le lui disait Jeanne, « vrai roi et celui auquel devait appartenir le royaume de France ».

L'ATTAQUE DE PARIS. ^ ^ Il aurait fallu marcher immédiatement sur Pans, profiter du désarroi dans lequel la merveilleuse audace de Jeanne avait jeté les Anglais et leurs partisans. L'on traîna encore, malgré Jeaijne, et l'attaque de Pans n'eut lieu que le 8 septembre. Jeanne fut blessée devant la porte Saint- Honoré, dont elle avait enlevé les ouvrages avancés. On l'entraîna de force hors du combat et, malgré ses supplications, on ne lui permit pas le lendemain de reprendre une tentative dont le succès était certain.

Ce fut encore l'œuvre des favoris de Charles VII qui redoutaient l'influence que Jeanne et ses compagnons de victoire pouvaient prendre sur le roi, et qui jalousaient sa gloire.

JEANNE PRISONNIÈRE. 0 0 Qln ramena Jeanne sur la Loire, on la retint à la cour comblée d'honneurs, mais inactive pendant tout l'hiver. Au printemps de 1430, ayant appris que les Bourguignons assiégeaient Compiègne, elle s'échappa et vint se jeter dans la place.

Le soir même de son arrivée, le 23 mai, dans une sortie, alors qu'elle couvrait la retraite des siens, elle fut jetée à bas de cheval et prise. Captive de Jean de Luxembourg, elle fut vendue par lui aux Anglais pour 10 000 francs d'or — 500 000 francs. Charles VII n'avait pas fait même une tentative pour la sauver en la rachetant. Pendant toute la durée du procès, la cour ne fit pas une démarche en faveur de la prisonnière. En revanche, dans bien des villes, le peuple pleura quand il connut sa captivité, et jusque dans les provinces les plus éloignées du théâtre de la guerre, comme le Dauphiné, les pauvres gens faisaient des prières publiques pour que Dieu permît la délivrance de la Pucelle.

LE PROCÈS DE JEANNE. 0 0 Jeanne fut conduite à Rouen (18 décembre 1430). Là, les Anglais se mirent en devoir de lui faire faire son procès. C'était peu pour eux de la tenir prisonnière, il fallait détruire son prestige. Elle avait annoncé que Dieu voulait « bouter les Anglais hors de France ». Il fallait prouver qu'elle n'était pas envoyée de Dieu, démontrer que sa mission était une imposture, ses voix, ses visions, œuvres diaboliques. Du même coup on ébranlerait la confiance que les Français avaient en la victoire finale, et l'on déshonorerait le roi Charles qui s'était associé une fille de Satan.

LE SIÈGE D'ORLÉANS (Bibl. Nat ). a Dans cette miniature au! htave toutes les

règles de la t>erst>ective et ne différencie guère les Anglais des Français, il faut votr

probablement l'attaque d'une de ces boslilles que l'ennemi, pour bloquer Orléans, avait

construites au nombre de treize au débouché des principales routes.

LA GUERRE DE CENT ANS

LE VIEUX CHATEAU DE ROUEN EN 1525 (Livre des Fontaines de Rouen, Bibliothèque municipale de Rouen), a Construit sous PhiliPt^ Auguste ri dimoli en 1809, à l'exception d'une tour qui subsiste encore, te château de Rouen était une des plus formidables forteresses du Moyen Age, corrune on en peut îugtr ici, malgré lingémmlé du dessin. On voit, à droite, une des entrées protégée par un pont-leiis. Au premier plan, ta grosse lotir oit Jeanne d'Arc fut emprisonnée, t^ banderole trotte : Im grosse tour du

clu'iteau ".

Les Anglais trouvèrent un complice dans l'évêque de Beauvais Pierre Cauchon, l'une des plus hideuses figures de l'histoire. Le procès fut une scandaleuse parodie de la justice : n Vous écrivez tout ce qui est contre moi, disait un jour Jeanne à ses juges, et vous ne voulez pas écrire ce qui est pour moi ». Il dura quatre mois et fut une longue passion. Jeanne était tenue en un cachot, les fers aux pieds tout le jour, la nuit, attachée par une chaîne reliée à une grosse poutre. Ses juges l'interrogeaient pendant de longues heures, parfois trois heures le matin et trois heures le soir. Ils lui posaient mille questions captieuses, lui tendaient des pièges, auxquels son robuste bon sens et la simplicité de son âme et de sa foi lui permirent toujours d'échapper. « Etes-vous en état de grâce? » lui demande Cauchon. Si elle répond oui, c'est la preuve de l'orgueil diabolique. Si elle répond, non, c'est l'aveu qu'elle ne vient pas de Dieu. Dans un cas comme dans l'autre elle est coupable et condamnée. « Si je n'y suis, répond Jeanne, Dieu veuille m'y mettre ; si j'y suis. Dieu veuille m'y tenir. »

On ne put la convaincre de sorcellerie. On l'accusa d'hérésie et on la poursuivit pour avoir porté des habits d'homme. Comme on ne pouvait obtenir d'elle aucun aveu, on eut recours à la ruse. On la conduisit au cimetière de Saint-Ouen, sur une estrade : le bourreau était là avec une charrette, prêt à l'emmener au supplice.

On lui donna lecture d'une liste assez courte de fautes qu'on l'accusait d'avoir commises et on termina en lui disant : « Tu abjureras immédiatement ou tu seras brûlée aujourd'hui même ». D'autre part, on lui promettait presque la liberté, on lui promettait au moins de la tirer des mains des Anglais, si elle abjurait. Epuisée par un an de captivité et quatre mois de lutte, épouvantée par l'idée du bûcher, trompée par d'équivoques promesses, elle dit : « Je me soumets à l'Eglise ». On lui fît aussitôt signer, sans qu'elle la lût, une abjuration qui n'était pas celle dont il lui avait été donné lecture, et par laquelle elle se reconnaissait hérétique, idolâtre, schismatique, invocatrice des

LA HIRE ET XAINTRA1LLES (Bibl. N.t.). M C« < les traits, du moini la silhouette de deux fameux cetilaùnt /fKi'i , du temtu de Jeemme d'Arc. Suivis chacvn d'un valet, ils sent enHènH»«mt nvflm ie fiwn ie ter imltm dont le hamnel eti tantcaU tTm fauf pmmtim.

démons, Après quoi Cauchon la condamna à la prison perpétuelle, « au pain de douleur et à l'eau d'angoisse », et la remit aux Anglais. Ceux-ci étaient furieux parce qu'ils voulaient sa mort. Le prétexte pour la faire périr fut bientôt trouvé.

Jeanne, en abjurant, s'était engagée à ne plus porter que des habits de femme. Mais elle se repentait de son abjuration et elle remit ses habits d'homme , les seuls que les Anglais eussent laissés à sa portée. Dès lors elle était retombée dans sa prétendue faute, c'était une relapse, condamnée par ce seul fait au bûcher.

MORT DE JEANNE D'ARC. ^ ^ Le mercredi 30 mai 1431, à neuf heures du matin, elle fut conduite sur la place du Marché entourée d'un millier de soldats. Quand on lui avait annoncé que l'heure de mourir était venue, et qu'elle allait mourir par le feu, cette enfant de dix-neuf ans avait eu un instant de désespoir. Elle s'était mise « à crier douloureusement et à s'arracher les cheveux ». Mais devant le bûcher elle retrouva tout son sang-froid et tout son héroïsme. Elle proclama de nouveau, à la face des Anglais exaspérés, que ses voix et ses visions étaient de Dieu. Elle pria que l'on tînt levée devant ses yeux la croix qu'elle avait demandée et qu'on était allé chercher à l'église voisine. Quand les flammes commencèrent à monter, elle invoqua de nouveau ses saintes et saint Michel : elle expira en prononçant doucement le nom de Jésus. Les Anglais firent jeter ses cendres à la Seine.

Jeanne d'Arc est un personnage unique dans l'histoire : « Ce qui étonne la raison et l'imagination, a écrit M. Lavisse, c'est la hauteur morale où s'éleva cette jeune paysanne, en un siècle grossier et violent. La pureté de son âme, la douceur exquise de son cœur, la netteté admirable de sa fine intelligence, l'élan de sa volonté vers le « plaisir de Dieu », voilà ce qui la place sur les sommets de l'humanité, et pourquoi Jeanne d'Arc, avec saint Louis, est le charme et l'honneur de notre ancienne histoire ".

FIN DELA GUERRE, a a En cette année 1431. il restait encore beaucoup à faire pour la libération du royaume, mais Jeanne d'Arc avait donné l'élan, relevé les cœurs, ranimé l'espoir. La lutte contre l'Anglais se poursuivit dès lors avec un bonheur presque constant. Le roi lui-même, mieux entouré, commença à sortir de son inertie habituelle.

Jeanne avait fait engager des négociations pour réconcilier le duc de Bourgogne et Charles VII. Ces négociations aboutirent en 1435 au traité d'Arras par lequel le duc obtenait les villes de la Somme. La paix bourguignonne acheva de ruiner la cause des Anglais. Partout les habitants se soulevaient contre eux. En 1436, Paris se rendit au connétable de Richemond et Charles Vil rentra enfin dans sa capitale. Puis il y eut une trêve de cinq ans (1444-1449); le roi en profita pour réorganiser son armée. Quand la guerre reprit, les Français furent vainqueurs dans deux grandes batailles, à Formigny (1450), puis à Castillon (1453). Cette dernière victoire décida la prise de Bordeaux.

Les Anglais étaient chassés de France où ils ne conservaient plus que Calais. Ainsi se termina la guerre de Cent Ans, sans qu'aucun traité ratifiât le fait accompli.

LES RÉSULTATS DE LA GUERRE DE CENT ANS. .£/ ^ La France sortit de la guerre de Cent Ans effroyablement ravagée et dépeuplée. Dans certaines régions, aux environs de Senlis, par exemple, on ne trouvait plus un seul habitant dans les villages totalement abandonnés. Des villes avaient presque disparu. Mais de cette épouvantable misère la France se remit assez rapidement. Et d'autre part elle sortait de la guerre, moralement plus forte, ayant pris conscience d'elle-même. Avant la guerre de Cent Ans, il y avait des provinces françaises, mais point de peuple français. C'est au milieu des souffrances de l'invasion que les Français se sont tous sentis frères ; c'est dans la douleur de la défaite que s'est formé le fondement même de notre unité, le patriotisme français.

Jeanne; d'arc. e MéJmiion

tn vermeil, du teiziime siècle (Musée Jeanne d'Arc, Orléans).

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LE CHATEAU ROYAL OU . LOGIS DU ROI • A LOCHES. O Comtmil de C/iarfa VI! à Louh Xll pou, ^,u, de ,cs,Jence roi/ofc, k Mleau domine, de „, hauls halimenls rcclangulaireB flanqués de lourelles. Us lotis des maisons de la ville. Il contient un oratoire d'Anne de Bretagne et le tombeau d'Agnii Sorti. Il sert aujourd'hui d'hâld de la som-(,réfeclure.A gauche l'ancienne église collégiale de Noire-Dame de Loches, comprise dans le château, et qui al. depuis le Concordat, eomacrée à Saint Ouen. patron dt h

ville, (cl. neurdein.)

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