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LA VIE AU XV SIÈCLE

Cette suite de miniatures montre atjec beaucoup de mouvement et de pittoresque différente aspects de la vie au XV* siècU, Tourrtoi, ba! et coneertt v tiennent mm pA maii on y retrouve aussi les travaux des champs et de la t>ille. Les costumes, riches et élégants encore que très compliqués, sont caractéristiques de la dviliaatian dt iajmmimi

Ag« qui aboutit à l'excentricité dans le raffinement du luxe.

5^ d'Orléans qui remontait à Charles V. Mais la plus redoutable de toutes était la maison de Bourgogne.

LA MAISON DE BOURGOGNE, a a Elle remontait à Jean le Bon. Pour récompenser Philippe le Hardi, son fils cadet, de sa belle conduite sur le champ de bataille de Poitiers, Jean lui avait donné le duché de Bourgogne. Depuis, les ducs de Bourgogne avaient acquis d'autres territoires, les uns dans le royaume de France, les autres hors de France dans l'Empire. Philippe le Hardi avait épousé la fille et unique héritière du comte de Flandre. Son petit-fils, Philippe le Bon, avait hérité du Brabant, pays compris entre l'Escaut et la Meuse, et des Pays-Bas, au nord des embouchures du Rhin. Il avait acheté le Luxembourg. Quand il s'était réconcilié avec Charles VII au traité d'Arras (1435), il s'était fait donner, comme indemnité pour l'assassinat de son père Jean sans Peur, l'Artois et la Picardie. Au total, ses possessions correspondaient aux Pays-Bas, à la Belgique et au Luxembourg actuels, et à neuf de nos départements. Toutefois, l'importance de l'Etat bourguignon était diminuée par ce fait qu il n était pas d'un seul tenant. Il était en réalité formé de deux Etats : un État bourguignon sur la Saône, un Etat flamand sur 1 Escaut et la Meuse. Entre les deux il n'y avait peis de lien ; pour passer

ses services, en 1451. Il fut exilé, se réfugia à Rome, y fut bien accueilli par le pape et mourut dans une expédition contre les Turcs en 1456.

LA FÉODALITÉ APANAGÉE. a a \^s. royauté française était sortie de la guerre de Cent Ans plus forte et mieux armée. Cependant un nouveau danger la menaçait. Il s'était reconstitué en France une puissante féodalité, elle-même issue du sang royal, la féodalité " apanagée ».

Les Capétiens avaient l'habitude de donner à leurs fils cadets des parties du domaine royal : c'est ce que l'on appelait des apanages. Les apanages continuaient à faire partie du royaume ; mais celui qui possédait l'apanage y était souverain, sous la réserve qu'il devait prêter hommage au roi. Au milieu du quinzième siècle il y avait ainsi en France, à côté de quelques restes de l'ancienne féodalité, comme le duché de Bretagne, quatre grandes Maisons d'origine royale: la maison portrait DE Philippe le bon (Musie du Louvre). ^ R'us puiisanf «ne /e

, . . 'Il ■ X 7IIT 1 • 1 roi àt France pendant les quinze premières années du règne de Chartes VII, duc de

d Anjou qui remontait à Louis VIII, la maison de Bourfogne^ par h grâce de Dieu', Philippe le Bon a ici une apparence austère, peu

r^ 1 • * » • I * l • conforme à ce que l'on sait de sa vie, de son amour du luxe et des plaisirs de toutes

rSourbon qui remontait a saint Louis, la maison sortes.It porte le collier de h Toison d'or, insUlué par lui en 1430.(cL.HACHETn.)

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CHARLES VII ET LOUIS XI

de l'un à l'autre, il fallait traverser des pays étrangers. Comme Philippe le Bon avait obtenu, au traité d'Arras, la dispense de tout hommage envers le roi de France suzerain de la Bourgogne et de la Flandre, il était un véritable roi : le titre seul lui manquait. Mais il était plus célèbre et plus riche que bien des rois. Quand on disait le Duc, tout le monde en Europe savait que l'on voulait parler du duc de Bourgogne. Nulle cour n'était plus somptueuse ni plus élégante que la sienne. Il s'y donnait des fêtes extraordinaires : tel le fameux dîner du vœu du faisan, ainsi nommé parce que le duc et ses invités firent vœu sur un faisan de partir pour la croisade. Ce dîner coûta des millions, la valeur, assure-t-on, d'une année des revenus du roi de France.

LOUIS XI. a ti Quand, en 1461, Louis XI eut succédé à Charles VII, la simplicité affectée du nouveau roi fit contraste d'une façon saisissante avec la magnificence du duc de Bourgogne. Le jour où il fît son entrée dans Abbeville, accompagné de Philippe le Bon, les gens du peuple disaient sur son passage : «Seigneur Dieu! Est-ce un roi de France! Tout ne vaut pas vingt francs, cheval et habillement. »

Louis XI s'habillait en effet non pas d'étoffes précieuses, mais de gros drap gris « en manière de pèlerin », et portait un simple chapeau de feutre. Il détestait les cérémonies et les réceptions solennelles. Il voyageait fréquemment, mais sans apparat, sans autre suite que cinq ou six personnes, non pas des seigneurs illustres, mais de petites gens dont il faisait sa société habituelle, comme son barbier, Olivier le Daim.

Il était laid, avec un grand nez, des jambes grêles et tordues, une physionomie inquiète et maladive qu animait cependant le regard perçant de ses yeux. Il était brave et fut blessé sur le champ de bataille ; mais il n'aimait pas la guerre à cause de ses hasards, et parce que les ravages qui l'accompagnaient en faisaient « un fléau pour la chose publique ». Comme Philippe Auguste, il préférait aux batailles les négociations. La corruption fut son moyen de combat par excellence ; il pensait qu'on peut tout acheter à prix d argent, même la protection de Dieu et de ses saints i fût-ce pour des entreprises malhonnêtes. Il était passé maître en dissimulation, en tromperie et en intrigues. Son rival Charles le Téméraire l'appelait «l'universelle aragne ", le rapprochant avec raison de l'araignée qui sans bruit tend partout ses fils et ses pièges.

LOUIS XI ET CHARLES LE TÉMÉRAIRE. 00 Dès le règne de Charles VII les princes s'étaient effrayés des progrès trop rapides de la puissance royale. En 1440

le roi avait dû lutter contre une révolte féodale, la Praguerie, dont le chef était son propre fils, le dauphin Louis. Impatient de régner, le dauphin n'avait pas cessé d'intriguer contre son père et finalement s'était enfui chez le duc de Bourgogne. Mais, devenu le roi Louis XI, il se donna aussitôt pour tâche de ruiner ses anciens alliés et protecteurs.

Son plus redoutable adversaire fut Charles le Téméraire, fils de Philippe le Bon, devenu duc de Bourgogne en 1467. C'était un prince ambitieux, entêté et d'une terrible violence. Il avait juré d'être roi et projetait de reconstituer l'ancienne Lotharingie, de la mer du Nord à la Méditerranée. Ce rêve ne pouvait se réaliser qu'aux dépens du roi de France.

LES LIGUES DU BIEN PUBLIC. 0 0 « J'aime tant le royaume, disait un jour Charles le Téméraire en parlant de la France, qu'au lieu d'un roi j'y en voudrais voir six. » Cela revenait à dire qu'il souhetitait le démembrement du royaume. Dans les tentatives qu'il fit pour réaliser ses projets, il eut pour auxiliaires d'abord le roi d'Angleterre, puis un grand nombre de seigneurs, en particulier le duc de Bretagne et le frère même de Louis XI, le duc de Berry. A trois reprises (1465-1467-1472) il organisa contre Louis XI de véritables coalitions, qui s'intitulèrent Ligues du bien

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EFFIGIE DE LOUIS XI (Médaille, Bibl. Nat.). a Ce profil sam beauli est déparé

surtout par art gros nez démesurément long, une bouche lippue, un menton fuyant, Louis XI

avait une physionomie inquiète et maladive Qu'animait cependant le regard perçant de

ses yeux mal ouverts.

public, parce que les coalisés prétendaient prendre les armes pour détendre les intérêts du royaume mal gouverné par le roi, et en particulier « pour soulager le pauvre peuple si misérable ».

De ces ligues Louis XI triompha par la diplomatie plus que par les armes. Pourtant, au cours de la seconde ligue, Louis XI faillit être victime de ses habiletés. Pour paralyser Charles le Téméraire, il avait secrètement poussé les habitants de Liège à se soulever. En même temps il voulait négocier directement avec Charles le Téméraire et il était venu le trouver à Péronne. A peine était-il dans la ville que la nouvelle du soulèvement des Liégeois y parvenait. La fureur du Téméraire fut telle qu'il tint le roi en prison et songea même à le faire mourir. Louis XI s'en tira en s'humiliant devant le duc et en promettant de donner la Champagne au duc de Berry.

Il n'eut garde de tenir sa promesse, parce que le duché de Champagne établissait une communication directe entre la Bourgogne et la Flandre, les deux parties de la puissance bourguignonne. Au lieu de la Champagne, il donna donc au duc de Berry, sous prétexte que le climat convenait mieux à sa santé compromise, la lointaine Guyenne. Le duc de Berry y mourut peu après son arrivée, au moment où s'organisait la troisième ligue dont l'objet était de lui donner la couronne de France.

Cette ligue n'eut pas un plus heureux succès que les précédentes. Louis XI battit le duc de Bretagne ; et Charles le Téméraire, qui avait échoué dans une

tentative pour s'emparer de Beauvais, signa une trêve (1472).

Louis XI, tranquille de ce côté, frappa un certain nombre de rebelles, comme le duc d'Alençon, qui fut condamné à la prison perpétuelle, le duc de Nemours et le comte de Saint-Pol, qui furent décapités. Ces exécutions de grands seigneurs témoignaient de la puissance acquise par la royauté et de la volonté du roi d'imposer à tous sans distinction le respect de son autorité.

RUINE DE LA MAISON DE BOURGOGNE, a 0 Charles le Téméraire avait signé une trêve avec le roi de France pour pouvoir se donner tout entier à son grand projet, la reconstitution du royaume de Lotharingie. D'abord il s'était occupé de relier les deux tronçons de ses États, la Bourgogne et la Flandre. Pour cela il s'était fait donner l'Alsace par l'archiduc Sigismond en garantie d'un prêt. 11 avait chassé de Nancy le jeune duc René et occupé son duché de Lorraine. En 1473, il négociait avec l'empereur Frédéric III, son suzerain, pour que celui-ci le reconnût comme roi. Les négociations semblaient sur le point d'aboutir : le duc et l'empereur étaient réunis à Trêves où le couronnement devait avoir lieu.

Deux jours avant la cérémonie, Frédéric III, secrètement conseillé et payé par Louis XI, s'enfuit de Trêves. Peu après Sigismond offrait à Charles de lui rembourser les sommes prêtées et réclamait la restitution de l'Alsace. Là aussi Louis XI était intervenu en fournissant à Sigismond l'argent qui lui manquait. Enfin, grâce encore aux intrigues de Louis XI, les Suisses déclarèrent la guerre à Charles le Téméraire, tandis que les Lorrains se soulevaient et que le duc René rentrait dans Nancy.

Charles le Téméraire vint attaquer les Suisses. Ceuxci le battirent complètement à Granson, puis peu après à

uRi

AUTOGRAPHE DE LOUIS XI (Archives Nallonales). a Fin d'une lettre écrite

par le roi au Parlement, datée du 17 janvier 1478. Louis XI a écrit de sa main la

dernière ligne et sa signature (Loys) . Écriture Qui mérite assurément d'attirer l attention

des graphologues.

CHARLES VII ET LOUIS XI

LES DÉBUTS DE L'IMPRIMERIE (Bibl. N.t.). a U imprimerie a été précidée par la xylographie (écriture sur boii) . Voici deux images reproduites par le procédé xttlographique. A gauche, la * Vierge de Lyor} »; à droite, « Jésus au Jardin des Oliviers », impression exécutée vers 1400,

Morat (1476). Fou de rage et d'humiliation, Charles le Téméraire se rejeta alors sur la Lorraine et essaya de reprendre Nancy. Une bataille furieuse s engagea sous les murs de la ville. Les Bourguignons furent repoussés. Le surlendemain, au bord d'un étang, on retrouva Charles le Téméraire percé de coups de lance, nu, le corps à moitié pris dans la glace, le visage à demi dévoré par les loups (6 janvier 1477).

LES ACQUISITIONS DE LOUIS XI. /H m)

Louis XI pensait s'emparer de toute la succession de Charles le Téméraire, qui laissait pour héritière une jeune fille de vingt ans, Marie de Bourgogne. Mais Marie épousa le fils de l'empereur, l'archiduc Maximilien d'Autriche, plus tard' empereur lui-même. Louis XI ne recueillit de la succession et ne put rattacher au domame royal que la Bourgogne et la Picardie. La Flandre, l'Artois et la Franche-Comté revinrent aux enfants de Marie de Bourgogne et de Maximilien. Dans la suite, un mariage fit passer ces provinces françaises sous la dommation des rois d'Espagne. Elles ne devaient revenir à la France que près de deux cents ans plus tard, au dix-septième siècle, sous le règne de Louis XIV.

Louis XI fut plus heureux avec la maison d'Anjou qu'avec la maison de Bourgogne. Il recueillit tous les biens que lui avait laissés par testament René d'Anjou, c'est-à-dire l'Anjou, le Maine et la Provence. La succession comportait en outre des droits sur le royaume de Naples, que le fils de Louis XI, Charles VIII, devait essayer de faire valoir et qui furent le point de départ de guerres néfastes en Italie.

L'IMPRIMERIE EN FRANCE, a a Tout occupé de politique, Louis XI ne se passionna guère pour les lettres ou les arts. Cependant c'est sous son règne que se produisit un fait capital dans l'histoire de la civilisation, l'expansion de l'imprimerie. Le roi eut au moins le mérite de protéger la nouvelle invention.

Jusqu'alors les livres étaient manuscrits, c'està-dire copiés à la main. On ne les avait par suite qu'en petit nombre et à gros prix. A la fin du treizième siècle, une Bible copiée avec soin valait de quatre à cinq cents francs. Mais la création et le développement des Universités, le grand nombre des étudiants avaient fait rechercher le moyen d'obtenir des livres plus rapidement. A la fin du quatorzième siècle l'on imagina d'en graver le texte sur du bois ; cela s'appela la xylographie. Les lettres étant dessinées sur un bloc de bois, on creusait autour de chaque lettre, en sorte que le texte apparaissait en relief. Il suffisait d'encrer ce relief et d'y appliquer une feuille de papier pour avoir une page de livre.

Le procédé était encore cher et demandait toujours beaucoup de temps. Les lettres ou caractères étaient immobiles et ne pouvaient servir pour un autre livre. Au commencement du quinzième siècle, un habitant de Haarlem, ville des Pays-Bas, Laurent Coster, sépara les caractères et les rendit mobiles, ce qui permettait, un livre étant achevé, d'en composer un autre avec le même jeu de caractères. Mais les caractères de bois s'usaient vite. Un peu après 1440, un Allemand de Mayence, établi à Strasbourg, Jean Gutenberg. eut l'idée de graver les caractères en creux. II obtint des moules ou matrices dans lesquels il suffisait de couler un alliage d'antimoine et de plomb pour obtenir des caractères mobiles. On en eut ainsi autant que 1 on voulut. Le premier livre qu'imprima Gutenberg fut une Bible, en 1457.

Dès lors l'imprimerie se répandit rapidement en

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ucko pludmum ac Ixtor in te fcntcnun ciïe-'ur niînl a me ficri fine caufa purcf-Ego nï etfi muko^' ucrebai fufpi ^ ^1, noiict jq a me fempioiùri antiquij f.imi'/ :r::^K^ liarc mcû rciicicbâ-ramc cû àd inacciibi^

Li: PREMIER LIVRE IMPRIMÉ A PARIS (Bibl. NuJ. a ÙA^ Ja' Lanm

de Gasparin » imprimées à la Sorbanne en 1470, soof /« liftÊ dt LtÊtà XI. Im fttUJH

enluminée et la miniature marginale représentant ont tficJW Jhmie mst iti tftmtna

à la main.

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Allemagne et en Italie. En France, il semble que les imprimeurs se heurtèrent d'abord à l'hostilité des copistes. La première imprimerie ne fut établie qu'en 1470 à Paris, par le recteur de l'Université, Guillaume Fichet. Il installa à la Sorbonne trois Allemands, Ulrich Gering, Michel Friburger et Martin Krantz, et leur fit imprimer, en deux ans, vingt et un ouvrages, classiques latins ou traités de grammaire et d'éloquence. Dans les trente dernières années du quinzième siècle il fut fondé dans Paris près de soixante imprimeries.

L'invention de l'imprimerie devait avoir des conséquences incalculables. Les contemporains comprirent immédiatement que l'on en tirerait « proufit et utilité pour l'augmentation de la science». Dès l'an 1500, on pouvait se procurer, pour une somme équivalant à cinq francs de notre monnaie, les livres qui, cinquante années auparavant, valaient trois cents francs. En créant le livre à bon marché, l'imprimerie mettait l'instruction à la portée de tous ; elle rendait possible la diffusion universelle de toutes les idées et de toutes les connaissances humaines ; elle pouvait et devait être l'instrument de tous les progrès, intellectuels, politiques et sociaux. Aussi peut-on dire que la découverte de l'imprimerie marque véritablement la fin du Moyen Age et le début des Temps Modernes.

RÉGENCE D'ANNE DE BEAUJEU. 0 0 Louis XI avait gouverné en roi absolu, presque en despote, se faisant redouter comme « le plus terrible roi qui fust jamais en France «. A sa mort (1483), comme il laissait un fils mineur, enfant de treize ans, Charles VllI, il y eut un mouvement de réaction contre le despotisme' royal.

Mais Louis XI revivait en sa fille, Anne de Beaujeu, comme lui rusée, peu scrupuleuse et avide de pouvoir. De 1483 à 1492, Anne et son mari Pierre de Beaujeu exercèrent de fait une véritable régence et, tout en faisant quelques concessions, maintinrent les résultats du règne précédent. Leur principal adversaire fut le duc Louis d'Orléans, premier prince du sang. Les deux partis s entendirent d'abord pour convoquer les Etats Généraux (1484) : les Etats, une fois de plus, se montrèrent incapables de jouer un rôle politique et se séparèrent sans avoir rien obtenu. Alors le duc d'Orléans eut recours aux coalitions féodales et fit la guerre aux Beaujeu ; mais il fut vaincu et pris par la Trémoille à Saint-Aubin-du-Cormier (1488).

Le dernier acte et le plus important du gouvernement des Beaujeu fut le mariage de Charles VIII avec la duchesse Anne de Bretagne (1491). La Bretagne était le seul Etat féodal resté complètement indépen-

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dant ; ce mariage, en fait, mettait fin à son indépendance et préparait son union au domaine royal.

LA FRANCE A LA FIN DU QUINZIÈME SIECLE. 0 0 Ainsi les Valois avaient poursuivi et complété l'oeuvre d'unification commencée par les Capétiens. Ils laissaient la France à la fin du quinzième siècle plus grande et plus forte qu'ils ne l'avaient reçue.

Ils avaient rattaché au domaine royal, avec Charles VII, la Guyenne ; avec Louis XI, le duché de Bourgogne, le Maine et l'Anjou ; avec Charles VIII, la Bretagne. Ils avaient de plus élargi le royaume, poussé ses frontières plus loin vers l'Est. De ce côté Philippe VI avait acheté le Dauphiné ; Louis XI avait hérité de la Provence. Ainsi le royaume qui, avant 1328, s'arrêtait au Rhône, avait débordé par delà le fleuve et atteignait la limite naturelle des Alpes.

En même temps que le royaume s'était agrandi, il était devenu plus cohérent : les provinces qui le composaient s'étaient comme soudées. Le lien du patriotisme les enchaînait étroitement l'une à l'autre. L'autorité royale était bien établie et personne n'était plus en état de la contre-balancer. Maîtres dans le royaume, les rois de France pouvaient désormais regarder nors du royaume. La taille, les aides, les compagnies d'ordonnance assuraient l'argent et les hommes nécessaires aux grandes entreprises. Jusqu'au seizième siècle l'histoire des rois de France s'était déroulée en France ; à partir du seizième siècle, elle se déroula en Europe.

PAUL VÉRONÈSE : LE REPAS CHEZ LÉVI (Académie de Venue), g On rrirouve. dms celle magnifique frcsnxie du pmd arlUle vénilien Paul Véranht, toalt Tllalie il

la Renaissance, avec ses beaux palais omet de Borliques, de terrassa tt de galeries à l'antique, décor samfitueushneni raffiné d'une Die ioueuae où les ftles de taules sarlet la

festins bachiques, les cavalcades tiennent la plus grande place. C'est cette Italie qui attira, qui enchanta les rois et les stignears de Franct. (CL. ANDEKSOnJ

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