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CHAPITRE III LES GUERRES DE RELIGION

La Saint-Barthélémy et la Ligue

FORMATION DU PARTI CALVINISTE. /3 0 En 1562, trois ans à peine après la signature du traité de Cateau-Cambrçsis, la France entrait dans une nouvelle période de guerres, les plus atroces de toutes, des guerres civiles. Ces guerres eurent pour cause les passions religieuses, les haines entre protestants et catholiques. Elles devaient durer plus de trente ans, jusqu'en 1593.

On a vu avec quelle rapidité le calvinisme s'était propagé en France sous le règne d'Henri II. Bientôt ce ne furent plus seulement d'humbles artisans ou des bourgeois paisibles, mais des gentilshommes et des grands seigneurs qui embrassèrent la nouvelle doctrine. Avant la mort d'Henri II, deux princes du sang, Antoine de Bourbon, devenu roi de Navarre par son mariage avec Jeanne d'Albret, et son frère le prince de Condé étaient déjà protestants, ou, comme on disait « Huguenots ». Il en était de même des Châtillons, d'Andelot et son frère l'amiral de Coligny, neveux du connétable duc de Montmorency, le plus puissant seigneur du royaume. L'adhésion des nobles à la

FRANÇOIS DE LORRAINE, DUC DE GUISE(Musé. de Versaille.). a Sou»

la loqut de velours noir brodée d'or, campée sur l'oreille comme un képi, le visage

maigre, très coloré, encadré de barbe blonde, avec le nez hardi, les yeux très bleai,

est énergique et décidé. (CL. HACHETTE.)

Réforme fut d'importance capitale. Les nobles firent du parti calviniste un parti politique et militaire.

LES GUERRES DE RELIGION

IXS EXÉCUTIONS D'AMBOISE, d'aorèj une estan-p! du ttmpj (Bibl. Nal).

Û La ronjurallon à'Am^iie fut sultyi'e Je la plus atroce réfiression. La gravure repré-

lente les exécutions qui eurent lieu devant le château : ou premier plan, le bourreau

ccupe des têtes; au second plan, des pendavons.

déterminé à défendre sa foi par les armes. De là les guerres de religion.

FRANÇOIS II. 0 0 tK\x moment même où, pour prévenir des troubles intérieurs, un souverain énergique eût été plus que jamais nécessaire, la mort soudaine d'Henri II faisait roi un enfant de moins de seize ans, François II (1559-1560). François II marié à la reine d'Ecosse, Marie Stuart, se laissa entièrement diriger par les oncles de sa femme, François de Guise et Charles, cardinal de Lorraine. Les Guises, catholiques fougueux, redoublèrent de rigueur dans les poursuites contre les protestants. Ceux-ci complotèrent alors d'enlever le roi au château d'Amboise pour le soustraire à l'influence des Guises ; un gentilhomme inconnu, la Renaudie, fut le chef nominal du complot dont le chef secret était le prince de Condé. Mais la « conjuration d'Amboise » fut découverte : surpris dans les forêts voisines, les conjurés furent noyés, décapités, pendus jusqu'aux merlons du château (mars 1560). Condé lui-même, arrêté et condamné à mort pour haute trahison, ne fut sauvé que par la mort du jeune roi qu'une brusque maladie emporta en quinze jours (5 décembre 1560).

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