‹ Nouvelle histoire de FranceChapitre 52 sur 227 · CHARLES IX ET CATHERINE DE MÉDICIS · texte numérisé non relu

CHARLES IX ET CATHERINE DE MÉDICIS

0 0 Du coup la domination des Guises se trouva ruinée. Comme le nouveau roi Charles IX, second fils d'Henri II, était un enfant de dix ans, le pouvoir revint à la reine mère Catherine de Médicis, une Italienne rusée, sans foi et sans scrupules, indifférente en matière de religion, et par-dessus tout avide du pouvoir dont elle avait été jusque-là écartée.

Pour s'assurer la possession du pouvoir, elle essaya

d abord de la politique de bascule, et contre les Guises elle se procura l'appui des Bourbons en graciant le prince de Condé. Elle crut même possible de réconcilier les partis et d'établir un régime de tolérance selon les très nobles conseils du chancelier Michel de l'Hôpital. « Qu'y a-t-il besoin, disait celui-ci, de tant de bûchers et de tortures? C'est avec les armes de la charité qu'il faut aller à tel combat. Le couteau vaut peu contre l'esprit. " Dans ce but fut réuni à Poissy un « colloque » d'évêques et de pasteurs (1561). Les calvinistes y eurent pour principal représentant un ami de Calvin, Théodore de Bèze ; les catholiques, le cardinal de Lorraine. L'irréductible opposition des

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tueux, avec sa grande barbe blanche, il fit preuve au moral de la plus ferme dit:nité en

résignant les sceaux après l'inutilité de ses efforts pour empêcher la guerre civile.

croyances sur le point fondamental de l'Eucharistie rendit toute réconciliation impossible. Catherine de Médicis fit néanmoins promulguer l'édit de janvier 1 562 par lequel elle accordait aux protestants le droit de célébrer publiquement leur culte dans les faubourgs des villes et dans les campagnes.

MASSACRE DE VASSY. a 0 Cette politique n'avait aucune chance de succès. L'idée de tolérance était étrangère, hostile même à presque tous, calvinistes et catholiques. Partout éclataient des rixes sanglantes. Dans le Midi, là où ils avaient la majorité, les calvinistes chassaient des églises les catholiques: ils en tuèrent une trentaine dans la cathédrale de Montpellier (20 octobre 1561). Un mois après l'édit de janvier, le I*'' mars 1562, le duc de Guise passant à Vassy, les gens de son escorte cherchèrent querelle à des calvinistes qui célébraient le culte dans une grange. D'où une bagarre qui finit en massacre : il y eut plus de cent calvinistes tués et blessés.

Le massacre de Vassy déchaîna les haines et fut le signal d'une furieuse guerre civile.

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