CARACTÈRES DES GUERRES DE RELIGION
0 0 On devait compter huit guerres de religion, quatre sous Charles IX, quatre sous Henri III et Henri IV.
Ces guerres, les premières surtout, eurent un caractère atroce ; des deux côtés, sous prétexte de représailles, on se mit à égorger, pendre, brûler sans pitié. Un chef calviniste, le baron des Adrets, que Coligny appelait « la bête furieuse », terrorisa le Dauphiné
et le Forez. S'étant emparé de Montbrison, il força les défenseurs de la place à se jeter du haut d'une tour sur les piques de ses soldats. La fureur des calvinistes s'exerçait particulièrement sur les prêtres dont beaucoup furent atrocement torturés. En outre ils saccageaient les églises, brisaient les crucifix, les statues. La plupart des mutilations qu'ont subies nos cathédrales datent des guerres de religion. Même férocité chez les catholiques. Montluc fut, dans la Guyenne, un autre baron des Adrets. Il marchait toujours accompagné de deux bourreaux et raconte lui-même qu on pouvait connaître aux pendus accrochés aux arbres le chemin par où il avait passé. Un jour il fit jeter des calvinistes dans un puits jusqu'à ce qu'il fût plein jusqu'au bord.
De part et d'autre, on appela l'étranger à l'aide, soit que 1 on demandât des secours aux touverains, reine d'Angleterre, roi d'Espagne, princes d'Allemagne, soit qu'on louât des mercenaires italiens, suisses, allemands, reîtres et lansquenets, à qui la religion était indifférente et qui, levés pour l'un des partis, passaient au besoin, moyennant solde plus haute, au service de l'adversaire. A la bataille d'ivry, la cavalerie de I armée catholique était pour moitié composée de chevau-légers flamands, italiens, albanais, de carabiniers espagnols, de lanciers wallons et allemands.
Les effectifs mis en ligne furent considérables pour le temps et ce furent alors de grandes batailles que les journées de Dreux (1562) ou d'ivry (1590) où l'on vit
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LES GUERRES DE RELIGION
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LES TROIS FRÈRES COLIGNY (Bib!. Nm.).
De soucAe à droile : U cardinal (OJe(), l'amiral iCas/xirJ) et le colonel général de l'inhnlerie (Dandelot). Ainù l'allalent et 'l'inxnHian iadm i Imn titù tl TaMciipAen allemande au-dasota. La ressemblanfe est d'ailleurs frappante entre ces trois hommes sensiblement du même âge — à denx et (roi» anâ près — ^ imBililrfiiiif M Htfarmt avec le rrrême enthousiasme et en furent victimes plus ou moins directement : l'amiral trérit à la Sainl-Barlhèlemv ; le cardinal, txcoamuinié et rifn^ en AntUtart- n pd
empoisonné; le colonel général mourut à Saintes deux mois aprà le combat d* Jamoc.
aux prises 29 000 et 28 000 combattants. Les guerres traînèrent cependant parce qu'aucun des adversaires ne pouvait prendre un avantage décisif. Les calvinistes, une minorité, étaient hors d'état de triompher de la masse catholique de la nation. Les catholiques ne pouvaient en finir avec les calvinistes parce que ceuxci étaient dispersés par toute la France et que si la région du sud-ouest et du sud, l'ancienne Aquitaine, depuis la Vienne jusqu'aux Pyrénées, était, avec le Languedoc, le principal foyer de leur résistance, on les trouvait aussi bien en Auvergne, en Bourgogne, dans le Nivernais : il n'y avait pas un centre vital où un seul coup frappé pût les abattre. De là le décousu, et par suite l'absence d'intérêt des opérations, jusqu à la dernière guerre où Henri IV poursuit un objectif bien défini, la prise de Paris, sa capitale.
LES PREMIÈRES GUERRES. jH m Lb^ première guerre dura un an ( 1 562- 1 563). Il y eut une grande bataille à Dreux où Guise fut vainqueur. Mais deux mois après, sous les murs d'Orléans, il fut assassiné d'un coup de pistolet par un protestant, Poltrot de Méré. La guerre se termina par l'édit d'Amboise, moins libéral que l'édit de janvier, mais qui valut cependant à la France quatre années de paix.
Une deuxième guerre éclata en 1567. Le vieux connétable de Montmorency, chef de l'armée catho-
HENRIlDE GUISE. LE BALAFRÉ (Musée de Versailles), a Le chef des ultracatholiques est représenté ici entre vingt et vingt-cinq ans, avant la blessure reçue à Dormons qui lui valut son surnom : presque imberbe, très hlond, les yeux très bleus, le teint juvénile, blanc et rose.
LA" BATAILLE DE DREUX, a Après la délaile de iariT.ée protestante, Coligny.
ayant réuni quelques escadrons, charge les bataillora carrés de l infanterie du duc de
Guise. En avant, au milieu, le maréchal de Saint-André est tué.
lique, fut tué au combat de Saint-Denis près Paris. La paix rétablie en 1568 fut presque aussitôt rompue et une troisième guerre commença. Les protestants subirent deux défaites, à Jarnac, puis à Moncontour, A Jarnac le prince de Condé, blessé, fut assassiné comme il venait de se rendre. Mais Coligny, tenace, reforma une armée et reprit l'avantage. Lasse de cette guerre sans résultats, Catherine signa un nouvel édit de pacification analogue à ledit d'Amboise et accorda .aux protestants quatre places de sûreté où ils purent mettre garnison (1570).
LA SAINT-BARTHELEMY. xU /H La réconciliation paraissait se faire entre les deux partis. Comme pour l'achever, on prépara le mariage de la sœur de Charles IX, Marguerite de Valois, avec le jeune roi Henri de Navarre, devenu par la mort du prince de Condé le chef des calvinistes. Les gentilshommes protestants revinrent en grand nombre à la cour. Charles IX avait appelé à son conseil l'amiral de Coligny, réputé pour sa grande expérience de la guerre et de la politique et pour la noblesse de son caractère- bientôt nul ne fut plus écouté du roi qui le nommait " son père ".
Cette faveur de Coligny devait être fatale aux protestants. Catherine de Médicis, dont l'influence diminuait, crut que le pouvoir allait lui échapper. Elle s'entendit avec le duc Henri de Guise pour se débarrasser de Coligny par un meurtre. Le coup manqua :
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Coligny ne fut que blessé et le roi furieux jura de le venger « d'une horrible façon ". 11 fit aussitôt commencer une enquête sur l'attentat (22 août 1572).
De plus en plus inquiète pour elle-même, Catherine projeta alors, de concert avec Guise, un massacre général des chefs protestants. Elle alla trouver le roi, qui était de caractère faible et irritable. Elle l'affola en lui faisant croire que les huguenots s'armaient, qu'ils complotaient contre sa vie, qu'il y allait du salut public si on ne faisait périr tous les chefs. Après une longue résistance, le roi finit par s'écrier : « Tuez-les, mais tuez-les tous pour qu'il n'en reste pas un pour me le reprocher! » C'était le soir du 23 août. On prit aussitôt les mesures nécessaires : le massacre devait avoir heu dans la matinée du dimanche 24 août, jour de la Saint-Barthélémy.
L'égorgement commença avant l'aube. Guise se précipita au logis de Coligny. Un de ses domestiques, un Allemand nommé Besme et trois Suisses entrèrent dans la chambre du blessé: «Es-tu bien l'amiral? demanda Besme. — C'est moi. » Besme lui plongea une épée dans le ventre. En bas, le duc de Guise, qui pensait venger l'assassinat de son père, criait : « Besme, as-tu achevé? — C'est fait. » Et, par la fenêtre,
CAl lltKINtDt MtUICIS (École hrançaii-. MuiM du Ijauvtt-.). O La lipir, de
cette Italienne, mère de trait rois, ambitiaae, paaiotmét ée pouvoir tt tam tcrupule,
apparaît ià, avec ion gros nez et ses yeux à fleur tie t&e, lourde et comrmme. Elle est
représentée en costume <le deuil. (cL. CIRAUDON.)
le corps de Coligny était jeté sur le pavé. Le jour se levait. Le duc se pencha sur le cadavre, examina la face, puis il le poussa du pied et partit poursuivre les assassmats.
LE MASSACRE DE LA SAINT-BARl HÉLEMY : ASSASSINAT DE COLIGNY (Musée de Lausuine).
A gauche, le Louvre; à ArcUe, en avant, la n^aison de Coligny. On t«i7 U corps de Vamùal à la fenêtre, fet hras lollanttt pois à terre, «à Hani Jt Gaie te camtimfik, rassasiant de la nengfance. Partout des scènes de meurtre et de pillage, d(S corps cnlasséi, dei tKyades. A gaache, une trtmpt armée entre i^m m LtÊnn*Dmu peintre protestant François Dubois, les scènes ont été arrangées par la fantaisie de routeur, mais elles stwhknt corrapontht à la réatté*
UN BAL A LA COUR D'HENRI III (Musée du Louvre) fi Dans un salon dv Louvre, un groupe de seigneurs et de dames se tenant par la main dansent une ronde; à gauche, un poupe de spectateurs^parmi lesquels on distingue (en avant) Henri III. sa femme Lomtt de Lorraine et Catherine de Médias. Au fond, sur une estrade, des mmidem. Les personnages sont en brillant costume de Cour ; le sol est parsemé de fleurs ; Henri III. qui goûtait le luxe le plus ra0iné, essova de rendre à h Cour des splendeurs inconnues
depuis longtemps. (cL. HACHmr.)
Au Louvre, Henri de Navarre, beau-frère du roi, était sommé de choisir entre la mort ou la messe : il abjura. C'est le seul qu'on épargna. Les escaliers, les salles, les antichambres du palais étaient, ensanglantés. On ne devait tuer que les chefs : mais bientôt la populace se joignit aux soldats et le massacre devint général. Les huguenots, surpris, étaient tirés hors des maisons, jetés par les fenêtres, poignardés ou arquebuses. Avant midi il y avait deux mille morts ; on pillait et on volait en même temps qu'on égorgeait. Vainement le roi épouvanté voulut essayer d'arrêter ces horreurs, le massacre dura jusqu'au mardi 26.
L'exemple de Paris fut imité dans un grand nombre de villes. Le nombre total des victimes fut d'environ 8 000. Cependant quelques gouverneurs royaux refusèrent d'exécuter les ordres venus de Paris et parvinrent à empêcher les massacres.
QUATRIÈME GUERRE, a a Ce crime abominable fut sans résultat. Privés de leurs chefs, mais nullement découragés, les calvinistes dans les provinces prirent les armes. Pour mieux se défendre ils s'organisèrent fortement, et formèrent l'Union calviniste.
divisée en gouvernements dont chacun eut son chçf de guerre et son conseil, chargé d'administrer et de lever les impôts. Ainsi les protestants constituaient au milieu du royaume une sorte de république fédérative, et, comme devait dire plus tard Richelieu, un Etat dans l'Etat. Ils se défendirent si bien dans la Rochelle, devenue leur grande place forte et comme leur capitale, que Charles IX dut leur accorder la paix et la liberté de conscience (1573).
Cependant, depuis la Saint-Barthélémy, le faible roi, tourmenté par les remords, vivait dans un perpétuel cauchemar où il lui semblait voir " ces corps massacrés, les faces hideuses et couvertes de sang ». 11 mourut à l'âge de vingt-quatre ans, en 1574.
HENRI III. CINQUIÈME GUERRE, a a ha, couronne passa au troisième fils d'Henri II, Henri, duc d'Anjou, l'enfant préféré de Catherine de Médicis. Henri III était alors en Pologne où il avait été élu roi l'année précédente. Mais aussitôt qu'il connut la mort de Charles IX il s'enfuit secrètement de Cracovie pour rentrer en France. C'était un prince de vingttrois ans, intelligent, mais fourbe comme sa mère,
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sans énergie et de mœurs efféminées. Ses dépenses folles, ses vices, l'insolence de ses favoris, les « mignons » le rendirent vite impopulaire.
Le royaume avec un tel roi tomba bientôt dans la plus complète anarchie. Les Huguenots recommencèrent la guerre dès 1574; ils avaient cette fois pour alliés un groupe de seigneurs catholiques, partisans de la paix religieuse, qui se rangeaient autour du dernier frère d'Henri III, le duc d'Alençon ; on les appelait les « malcontents » ou les « politiques ». Avec 30 000 hommes, les protestants et les malcontents marchèrent sur Paris et forcèrent Henri III à signer l'édit de Beaulieu (1576) qui leur accordait des avantages considérables. Les protestants eurent la liberté du culte dans toute la France, sauf à Paris. Les principaux chefs obtinrent des gouvernements et des charges.
LA LIGUE. £l £> Quand on connut l'édit de Beaulieu, la majorité des catholiques considéra que le roi trahissait les intérêts du royaume et de la religion. De toutes parts, des associations se formèrent « pour restaurer le saint service de Dieu et l'obéissance à Sa Majesté ». Puis elles se groupèrent en une association générale, qu'on appela la Ligue (1576). Le chef de la Ligue semblait devoir être le plus populaire des chefs catholiques, le duc Henri de Guise, surnommé le Balafré à la suite d'une blessure au visage reçue dans la guerre précédente au combat de Dormans. Mais Henri III essaya de se substituer à lui : il reconnut l'organisation nouvelle et s'en proclama le chef.
La formation de la Ligue n en constituait pas moins un nouveau péril pour la royauté. Les ligueurs juraient bien de garder au roi l'obéissance qui lui était due. Mais ils juraient aussi « de restituer aux provinces du royaume les droits, franchises et libertés anciennes ». Autant qu'un parti religieux, les ligueurs formaient donc un parti politique qui visait à limiter le pouvoir royal, à ruiner l'absolutisme. Ils avaient leur organisation militaire, leurs chefs élus auxquels ils juraient obéissance passive. Comme les calvinistes, ils tendaient à constituer un Etat dans l'Etat.
SIXIÈME ET SEPTIÈME GUERRES, a 0 Poussé par la Ligue, Henri III reprit sans enthousiasme la lutte contre les protestants. Ceux-ci avaient de nouveau pour chef Henri de Navarre qui s'était enfui de la Cour en 1576 et était revenu au calvinisme. Il y eut une sixième guerre (1576-1577), puis une septième guerre (1579-1580) sans résultats. Les protestants finirent par accepter une paix qui restreignait un peu les avantages concédés à Beaulieu, mais qui leur laissait un grand nombre de places de sûreté.
HH m IIH IMM
UNE PROCESSION DE LA LIGUE (Miuée Carnavalet), a A Paru, capitale <U la Ligue, le clerfié ligueur, mouuiaet nn l'épaule, entraîne la fouit à mamfettrr centre r ■ hérétique relaps *, le renégat Henri àe Navarre que le pape a excommumi et qae la Ligue refuse de reconnaître. En tête, le légat du pape: au fond la bannière dt la Ligue.
EXTENSION DE LA LIGUE. 0 JU U France eut alors quatre années de paix. Mais en 1 584, la mort du duc d'Alençon ralluma toutes les passions. C'est que, par cette mort, Henri de Navarre, chef des protestants, hérétique relaps, devenait rhéritier légitime de la couronne. La Ligue prit alors une immense extension ; le peuple des villes, fanatise par les moines, y entra en masse. Henri de Guise la réorganisa et la dirigea. A l'héritier protestant il opposa un héritier catholique, l'oncle d'Henri de Navarre, le vieux cardinal de Bourbon. En fait. Guise rêvait de la couronne pour lui-même, et des placards étaient répandus dans le peuple où, remontant au dixième siècle et à la disparition de la dynastie carolingienne, on qualifiait les rois Capétiens d'usurpateurs, et l'on rappelait la parenté lointaine des ducs de Lorraine, par conséquent d'Henri de Guise, avec Charlemagne. Guise négociait en même temps et concluait une alliance secrète avec le puissant roi d'Espagne Philippe II. La Ligue obtint du pape qu'il déclarât Henri de Navarre incapable d'accéder au trône de France. Enfin elle força le roi à prononcer l'interdiction du culte calviniste (1585).
Ce fut le signal de la huitième et dernière guerre ; elle devait durer près de dix ans. Depuis la guerre de Cent ans, la France n'avait pas traversé pareilles épreuves : son unité, son indépendance, sa dynastie nationale coururent alors les plus grands dangers.
JOURNÉE DES BARRICADES, a a Tandis qu'un favori du roi, l'un des « mignons ", le duc de Joyeuse, se faisait écraser à Coutras (20 octobre 1 587) — la première bataille rangée que gagna le roi de Navarre — Henri de Guise remporta deux légers succès en Champagne. On les transforma en éclatantes victoires et la popularité du Balafré, » le nouveau Machabée », « le pilier de l'Église ", devint immense à Paris.
ASSASSINAT DU DUC DE GUISE (BiLI. Nal.). a Henri III fil mander dan,
son cabinet le duc de Gidse. Comme le duc traveiNiit la chambre du roi, bml genlrh-
hommes de la garde des Quarante-Cinq se jetèrent sut lui et le t>oignardèrent.
Les Ligueurs y étaient tous-puissants et beaucoup songeaient à déposer Henri IH. Le roi, sentant le péril, interdit au duc de venir à Pans. Mais secrètement appelé par ses partisans, Guise passa outre à la défense royale. Le peuple le reçut comme un sauveur. Le roi ayant alors fait entrer un régiment suisse dans la ville, les Parisiens prirent les armes, barricadèrent les rues, enveloppèrent les Suisses, en tuèrent une soixantaine et poussèrent leurs barricades jusqu'à la porte du Louvre (12 mai 1588). Pour apaiser l'émeute, Henri III fut contraint de recourir au duc de Guise.
ASSASSINAT DU DUC DE GUISE, a a Sans force contre son rival, Henri III eut recours à la ruse. Il feignit une réconciliation et le nomma lieutenant général du royaume.
Aux Etats Généraux que le besoin d'argent avait obligé de convoquer à Blois (1588), Henri de Guise parut le vrai souverain. Sa sœur, Mme de Montpensier, montrait à tout venant, disait-on, les ciseaux qui serviraient à tonsurer Henri III au jour de sa déposition et de son internement dans un monastère. Mais le 23 décembre, vers huit heures du matin, au château de Blois, le Conseil royal étant en séance, Henri III, demeuré dans son cabinet, y fit mander le duc de Guise. Comme le duc traversait la chambre du roi, huit gentilshommes de la garde des « Quarante- Cinq » s'effacèrent pour le laisser passer, puis se jetant sur lui, ils le poignardèrent. Son frère, le cardinal de Lorraine, fut tué le lendemain.
ASSASSINAT D'HENRI III. a a '^ k présent je suis roi », écrivait Henri III aussitôt après l'assassinat. Le lendemain Paris était en pleine insurrection. La Ligue y prit alors un caractère tout nouveau. Elle
avait été jusque-là surtout une association de nobles et de riches bourgeois ; elle devint une association démocratique, et le petit peuple en fut l'élément essentiel. Les Ligueurs mirent à leur tête un comité composé des représentants élus des seize quartiers de la ville, et qui fut vite célèbre sous le nom de Conseil des Seize. Les Seize s'organisèrent en gouvernement révolutionnaire. Ils prononcèrent la déchéance d'Henri III « parjure, assassin, meurtrier, sacrilège, fauteur d'hérésie, simoniaque, magicien, dissipateur du trésor public, ennemi de la patrie ». Ils firent commencer son procès par le Parlement, pour assassinat. Puis ils reconnurent pour roi le cardinal Charles de Bourbon, et comme il était prisonnier d'Henri III, ils nommèrent lieutenant général du royaume le dernier frère d'Henri de Guise, le duc de Mayenne. La majeure partie des provinces adhéra à leurs décisions.
Il ne restait d'autre parti à Henri III que de se réconcilier avec Henri de Navarre. Les deux rois vinrent assiéger Pans. Mais le K' août 1589, un moine fanatique, Jacques Clément, assassina Henri 111 d'un coup de couteau dans le ventre.
Henri IV
HENRI IV ET LA LIGUE, a 0 Avec Henri III s'éteignait la famille des Valois. La couronne revenait à Henri de Navarre, chef de la famille des Bourbons, qui descendaient en ligne directe de saint Louis. Henri de Navarre prit le nom de Henri IV.
Le nouveau roi avait à conquérir presque tout son royaume. « Plutôt mourir de mille morts que d'obéir à un roi huguenot ! » tel fut le cri général quand on apprit la mort d'Henri III. La Ligue était soutenue par le roi d'Espagne Philippe II, qui lui fournissait soldats et argent. Henri IV ne pouvait compter que sur les protestants et sur un petit nombre de catholiques loyalistes. Mais il n'était pas homme à désespérer. Habile politique autant que vaillant soldat, c'était un Gascon séduisant, gai, hardi, spirituel, fait pour la popularité. A force d'énergie, de patience, de souplesse et de modération, il finit par triompher de toutes les difficultés.
ARQUES ET IVRY. 0 0 Km lendemain de la mort d'Henri 111, son armée étant réduite de moitié par les défections, Henri IV dut lever le siège de Paris. Mais au lieu de se retirer vers le sud où se trouvaient les principales forces des calvinistes, il voulut rester dans la région de la Seine, à portée de Paris, dont la possession lui paraissait essentielle, parce qu'elle était
LES GUERRES DE RELIGION
HENRI IV A LA BAI AILLE DAKQUES (Musée de Versaiilts).
Ce tableau monhe l'idée que les contenifioraim sv faiiaienl d'Henri H':" un roi à cheval • payant de $a personn: soldai autant çue cafiitaint. H éom de cavaliers du temps : l'ancien gendarme bardé de fer avec casque à visière et lance ; le chei-^m-léger ne portant que la cvirasae cl l'èfiée. Henri tV porte U le célèbre panache blanc, des boites l'aunts, hauts de chauise et pourpoint blancs ; sur la aiirasse, ane écharpe. (CL. HAClimE.)
la capitale du royaume et la citadelle principale de ses adversaires.
Poursuivi par le duc de Mayenne en Normandie, Henri le battit à Arques (1589), et tenta aussitôt sur Paris un coup de main qui échoua. L'année suivante il remporta à Ivry près d'Évreux une nouvelle victoire, plus éclatante encore ; dans une charge furieuse, il perça les lignes de Mayenne, lui mit hors de combat plus de 3 000 hommes et lui en prit 4 000. « Si vous perdez vos cornettes, mes compagnons, avait-il dit avant la charge, ralliez-vous à mon panache blanc : vous le trouverez au chemin de la victoire et de l'honneur. "
Ce succès permit à Henri IV de venir bloquer Paris. Il pensait prendre la ville par la faim, ses troupes étant trop peu nombreuses pour tenter de l'enlever de vive force. Mais, fanatisée par les prédications des moines qui processionnaient, casque en tête et cuirasse au dos, la population tint quatre mois, ayant un mois de vivres (mars-septembre 1594). Une armée espagnole de secours eut le temps de venir des Pays- Bas. Henri IV de nouveau dut se retirer en Normandie (septembre 1590).
ABJURATION D'HENRI IV. a a Les événements traînèrent ensuite jusqu'à 1593. A cette date Mayenne et les ligueurs convoquèrent les Etats Généraux à Paris pour élire un roi, car le cardinal de Bourbon était mort en 1590.
Le roi d'Espagne Philippe II, qui avait déjà réussi à faire entrer à Paris une garnison espagnole, essaya de faire proclamer reine de France sa fille Isabelle, petite-fille d'Henri II par sa mère. Mais devant les prétentions espagnoles, il y eut un brusque réveil du sentiment national. Sauf une poignée de fanatiques, les ligueurs hésitèrent. C'était l'occasion que guettait Henri IV : le 25 juillet 1593, il abjura solennellement entre les mains de l'archevêque de Bourges dans la basilique de Saint-Denis.
L'abjuration décida tout. Elle ruina les espérances de Philippe II et désorganisa la Ligue. Le pays, qui n'aspirait plus qu'à la paix, accueillit la nouvelle avec joie. Une grande partie du royaume reconnut immédiatement le roi converti, et Henri IV, plutôt que de continuer une guerre ruineuse, préféra acheter la soumission du reste. Il lui en coûta plus de vingt millions de livres, environ deux cent millions de francs. Le gouverneur de Paris, moyennant le titre de maréchal et deux cent mille écus, lui livra la ville (1594) ; Henri IV y entra sans coup férir.
La guerre continua encore quatre ans contre les Espagnols. L.es deux ennemis épuisés étaient incapables
de se porter des coups décisifs. Ils signèrent en 1598 le traité de Vervins, simple réédition du traité de Cateau- Cambrésis.
L'ÉDIT DE NANTES, a 0 U. question la plus difficile à régler était la question religieuse. L'Union calviniste s'était séparée d Henri IV après son abjuration et se tenait à l'écart dans une réserve hostile : ce n'est qu'après de longues et pénibles négociations que le roi parvint à lui faire accepter l'édit de Nantes (1598).
L'édit garantissait aux protestants la liberté de conscience dans tout le royaume : la liberté de culte partout où il était établi avant 1597 et dans deux localités par bailliage ; l'égalité absolue avec les catholiques et l'accès à tous les emplois ; la création dans les Parlements de chambres mi-parties, c'est-à-dire composées de juges catholiques et calvinistes. En outre l'édit reconnaissait aux protestants le droit de se réunir en synodes pour délibérer sur leurs intérêts. Ils devaient pendant plusieurs années conserver une centaine de places fortes comme places de sûreté.
On a dit de l'édit de Nantes « qu'il méritait de faire date dans l'histoire du monde » parce qu'il inaugurait l'ère de la tolérance. A cette date en effet, dans tous les États, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, les sujets étaient contraints, sous peine de bannissement, quand ce n'était pas sous peine de mort, de pratiquer la religion de leur souverain, catholique ou protestant. La France la première adopta le régime de la liberté religieuse. A vrai dire elle l'adopta non pas spontanément, par véritable respect des droits sacrés de la conscience, mais contrainte par la sagesse et la prévoyance d'Henri IV. L'édit de Nantes, si juste et si heureux dans ses parties essentielles, fut mal accueilli et difficilement accepté par les catholiques.
HENRI IV DONNE CONGÉ A LA GARNISON ESPAGNOLE (Musée Cam.-
valet). Û Henri IV, à sa fenêtre, au-dessus de la fiorle Saint-Denis, assiste au déttart des Estmgnoïs. • Recommandez-moi à votre maître, leur dit -il. mais n'y revenez ttlus. » Les soldats se découvrent et plient le genou en passant devant lui. Les piquiers français derrière eux font la baie et contiennent la foule des curieux.
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Le roi dut prier et menacer pour obtenir des Parlements l'enregistrement de l'édit. « Je vois bien, disaitil aux députés du Parlement de Toulouse, que vous avez encore de l'espagnol dans le ventre! » Sa fermeté triompha de toutes les résistances.
LA FRANCE APRÈS LES GUERRES DE RELI- GION. 0 0 1- Qui aurait dormi quarante ans penserait voir non la France, mais un cadavre de la France. » Ces paroles, écrites par le jurisconsulte Pasquier au lendemain des guerres de religion, n'avaient rien d'exagéré. Le pays avait été horriblement dévasté par un demi-siècle de guerres civiles. Au dire d'Henri IV, « les fermes et quasi tous les villages étaient inhabités et déserts ». Les paysans cessaient même de labourer : affamés, ils se soulevaient. Les routes étaient effondrées, les ponts coupés. Dans les villes toute industrie et tout commerce avait péri, les mendiants pullulaient, les malades et les invalides encombraient les hôpitaux. La dette du royaume était immense ; les ressources fournies par les impôts suffisaient à peine pour payer les créanciers : il ne restait rien pour les dépenses indispensables du gouvernement. Selon le mot d'Henri IV, la France « avait besoin de reprendre haleine >'.
Aux ruines matérielles s'ajoutaient les ruines politiques. De l'autorité absolue de François I®' et d'Henri II, il ne restait à peu près rien, et l'unité même de la France était mise en péril. Dans leurs provinces, les gouverneurs se comportaient en souverains, levant des troupes, établissant et percevant des impôts, rendant la justice et visant à transformer leurs charges révocables en charges héréditaires. C'était comme une nouvelle féodalité qui se reformait. Les Parlements, qui avaient presque tous été ligueurs, avaient pris des habitudes d'indépendance et d'opposition à la royauté. Les villes avaient chassé les officiers royaux et recommencé à s'administrer librement et à élire leur municipalité. Alors que cinquante ans auparavant nul ne songeait à contester l'autorité absolue des rois, plusieurs livres avaient paru au temps de la Ligue dans lesquels il était écrit que la nation est supérieure au roi, qu'elle peut le déposer s'il est un tyran ou s'il est hérétique, et même qu'on a le droit de le tuer. Des écrivains vantaient le crime de Jacques Clément, le meurtrier d'Henri III, « comme un acte héroïque et tout à fait divin ».
HENRI IV. 0 0 Aussitôt après l'édit de Nantes et le ttaité de Vervins, Henri IV entreprit l'œuvre de réorganisation de la France et de restauration de l'autorité royale.
Il était alors dans toute la vigueur de l'âge et la
HENRI IV, par Rubens (Kragmenl, Musce du Louvre), a Dans le tableau Je Ki^em d'oii est tiré ce portrait, Henri IV confemtile l'image de ta seconde lenune. Marie <U Médias. Lt roi est en costume de général ; son visage offre une expression de har iiesse mêlée de bonhomie souriante. Tout le caractère de l'homme se peint sur sa figure, (a .HAC'IFTIt )
maturité de l'esprit : il avait quarante-cinq ans. Il était réputé pour son éclatante bravoure, ses réels talents d'homme de guerre, ses allures familières et simples, sa bonhomie un peu moqueuse. Il avait l'esprit fin, jugeait vite et bien les hommes. Tout à fait incapable de rancune — du reste presque aussi incapable de reconnaissance —, il employait volontiers ses ennemis de la veille, s'il leur reconnaissait des capacités et pensait qu'ils le serviraient bien. Autour de lui, il groupa des hommes de tous les partis, huguenots comme Sully et Olivier de Serres ; catholiques comme le cardinal d'Ossat ; ligueurs comme le président Jeannin.
Il répugnait aux coups d'autorité et nul ne s'entendait mieux à commander. Il savait donner à ses ordres l'apparence de la prière et toujours remerciait qui lui obéissait. Mais il avait la ferme volonté d'être obéi : « Venez me trouver bien résolu de suivre mes volontés, écrivait-il au duc d'hpernon, gouverneur de Provence ; car le serviteur qui veut être aimé de son maître
MAXIMILIEN DE BÉTHUNH. UUC DE SULLY (Musée Condé, Clianillly).
^ ifn demi-souTÏre, peu engageant, le front vaste et ta Barbe ma/estueuse ; le ministre
habile et prudent d'Henri IV est reDrésenté id en justaucorps noir, avec grand col de
linge blffnc. îlétàit généralement d'humeur astez bourrue.
lui témoigne toute obéissance. Votre lettre est d'homme en colère, ajoutait-il, je n'y suis pas encore, je vous prie de ne m'y mettre pas. " Ce billet peint tout Henri IV. Sous des apparences de bonhomie « il voulait, au maniement de ses affaires d'Etat, être craint absolument, et un peu plus que ses prédécesseurs n'avaient fait ».
RESTAURATION DU POUVOIR ROYAL. /U a Sans rien brusquer et tout en prodiguant les bonnes paroles, Henri IV reprit peu à peu toutes les concessions faites aux uns et aux autres, et rétablit dans tout le royaume son autorité absolue. Les États Généraux, qui avaient été réunis à plusieurs reprises pendant les guerres de religion et qu'Henri IV lui-même avait promis de réunir, ne furent jamais convoqués. Exclus du Conseil, où se traitaient les affaires du gouvernement, les princes du sang et les grands seigneurs durent se contenter de charges de Cour purement honorifiques. A ceux qui étaient gouverneurs de provinces, il fut rappelé que leurs fonctions étaient militaires et qu'ils ne devaient « se mesler du fait des finances, non plus que du fait de la justice ». Quant aux libertés des villes, Henri IV n'en tint aucun compte et les restreignit à sa guise.
Un exemple terrible montra aux plus grands que le temps des désordres était passé. Le maréchal de Biron, gouverneur de Bourgogne, vieux compagnon de guerre d'Henri IV, se laissa entraîner, par ambition, à comploter d'abord avec le duc de Savoie, puis avec le
roi d'Espagne. Henri IV pardonna la première fois. « Moyennant qu'il ne me cache rien, disait-il encore au second complot, je lui pardonne de bon cœur. » Biron ne voulut rien avouer. Il fut condamné à mort et décapité (1602).
SULLY. 0 0 i^ Quand je serai roi paisible, avait écrit Henri IV à son compagnon Sully en 1594, nous userons des bons ménages dont vous m'avez tant parlé, et pouvez vous assurer que je n'épargnerai travail pour élever mon Etat en sa grande splendeur. " Henri IV tint sa promesse : et dans cette œuvre de réorganisation, il n'eut pas de meilleur collaborateur que Maximilien de Béthune, duc de Sully.
Sully, de sept ans plus jeune qu'Henri IV, lui avait été attaché dès l'âge de onze ans, à la veille de la Saint- Barthélémy. Il était devenu très vite le plus intime de ses amis. Il avait toujours montré une grande habileté à bien conduire ses affaires. Les guerres de religion avaient été pour lui l'occasion d'opérations profitables, et Henri IV, souvent à court d'argent, admirait son compagnon « bon ménager » qui n'en manquait jamais. Aussi, en 1598, lui remit-il le soin des finances avec le titre de surintendant. Puis successivement il le nomma grand voyer de France, superintendant des fortifications et des bâtiments, grand maître de l'artillerie. Par une gestion honnête et sévèrement économe, Sully parvint à rétablir l'ordre dans les finances. Ce fut son principal mérite. 11 remboursa de grosses sommes, fit régulièrement face à toutes les dépenses et sut mettre de côté, chaque année, dans les caves de la Bastille, à peu près un million de livres.
L'AGRICULTURE. Û 0 Henri IV s'intéressait aux paysans peut-être parce que, enfant, il avait beaucoup vécu parmi les paysans des environs de Pau, mais aussi parce qu'il les considérait comme la principale force de l'Etat, parce qu'il voyait en eux ceux « qui le nourrissaient » et fournissaient les meilleurs soldats. Sully pensait de même : " Pâturage et labourage, disait-il, sont les deux mamelles dont la France est alimentée, les vrais mines et trésors du Pérou. " Aussi de nombreuses mesures furent prises en faveur des paysans. Les plus utiles furent celles qui eurent pour objet de protéger leur travail : l'interdiction faite aux reigneurs de chasser dans les blés et dans les vignes, la répression rigoureuse de toute pillerie commise par les soldats, la défense de saisir les animaux et les outils de labour pour non-paiement des impôts. Grâce à la vigilance royale, le paysan eut douze années de paix : cela fit plus qu'aucune mesure pour l'amélioration de son sort.
LES GUERRES DE RELIGION
En même temps le roi s'efforçait d'éloigner la noblesse de la Cour et de la ramener aux champs. Il essaya de mettre la campagne à la mode et quand, sur sa demande, Olivier de Serres eut écrit son Théâtre d' agriculture, chaque jour, à table, le roi, dit-on, s'en faisait lire quelque partie.
L'INDUSTRIE ET LE COMMERCE, a 0 Henri IV s'efforça aussi de faire de la France un pays industriel. 11 voulait non seulement restaurer les mdustries françaises tombées en décadence, comme la draperie et la tapisserie, mais introduire des industries nouvelles, spécialement la fabrication des soieries et des velours qui prit une certaine importance à Tours et à Lyon. Il espérait par là empêcher l'argent de sortir de France au profit des Italiens. Sur ce point Sully n'était pas d'accord avec lui, il n'aimait pas les industries de luxe : ses instincts d'économie lui faisaient détester « les babioles, superfluités et excès en habits ". Mais surtout il craignait que le travail des manufactures n'attirât les paysans vers les villes et ne dépeuplât les campagnes.
Par contre, comme grand voyer, Sully fit restaurer les routes, reconstruire les ponts, pour le plus grand bien du commerce intérieur. On commença de creustr un canal, le canal de Briare, pour rejoindre la Seine à la Loire par le Loing. Henri IV conclut aussi des traités de commerce avec l'Angleterre et avec la Turquie.
LA COLONISATION, a a L^ roi désirait en effet que la France s'adonnât au grand commerce par
AllITAnON.DtjJ
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V . HABITATION ■ DE THAiVln AIN (Gravure exlr.hr de. Voyage, de Champlain, Pari», 1613). a Encomané par Henri IV à créer sur Ut rioei da Saint' Laurent, au Canada, une nouvelle France, Samuel Chamttlain ilahlil une habitoHoa — fort et magasin — au bord du fleuve, à l'endroit où iélivera plus tard la aille tUQuékte.
mer et qu'elle possédât des colonies comme le Portugal et l'Espagne.
Déjà sous François I^'' un Français de Saint-Maio. Jacques Cartier, avait exploré la région du Saint- Laurent dans l'Amérique du Nord (1533). Mais les premiers établissements français dans cette région n'avaient pas prospéré et finalement avaient été abandonnés. Sous Henri IV de nouvelles tentatives furent faites pour créer sur les rives du Saint-Laurent, au Canada, une nouvelle France. Samuel Champlain,
ASSASSINAT D'HENRI IV (Bibl. N«t.). a La rue de h Ferronnerie dans l'auris-midi du 14 mai 1610. Le Mntwe da roi , ruissage. Ravaillac, qui suivait le carrosst depuis le Louvre, s'approche et frappe rapidement le roi de deux coups de couteau. Le
d'intéressants détails sur l'éQmpage, les cos/iones, les maisons du temps.
. ^^r mu charrette et foin stteigmt k roiam cœttr, Lm
MASQUE D'HENRI IV (Moulage ; Bibl. Sainte-Geneviève), a Quand, m 1793.
txnir prendre le plomb des cercueils eli fondre des balles, la Convention ordonrui d'ouorir
les sépultures de Saint-Denis, on trouca intact le corps d'Henri IV. On moula le visage
Qui avait corxservé jusque dans la mort son expression de bonhomie fine et ironique,
capitaine de la manne royale, établit une « habitation », c'est-à-dire un fort abritant un magasin, sur un plateau rocheux qui domme le fleuve et le rétrécit au pomt où commence son estuaire : ce fut l'origine de la ville de Québec (1608).
POLITIQUE EXTÉRIEURE, a a Depuis le traité de Vervins, et sauf en 1602 une courte guerre contre le duc de Savoie qui dut céder au roi de France la Bresse et le Bugey, Henri IV avait suivi constamment au dehors une politique pacifique et prudente. En 1609, son attitude se modifia : il voulut intervenir en Allemagne dans le règlement de la succession de Clèves et de Juliers, et au début de 1610, il faisait de grands préparatifs de guerre contre l'Empereur et le roi d'Espagne.
Sully a raconté que l'objet de cette guerre était la réalisation d'un Grand Dessein arrêté avec plusieurs puissances et qui n'allait à rien moins qu'à détruire la maison d'Autriche, rejeter les Turcs en Asie, pro-
céder à un remaniement général des Etats, destinés à former à l'avenir de véritables Etats-Unis d'Europe. Ce grand dessein n'a jamais existé que dans l'imagination de Sully, et jamais aucune négociation ne fut entreprise avec qui que ce soit pour la réalisation d un tel projet. Tout ce qu'on est en droit de croire, c'est qu'Henri IV considérait comme une nécessité nationale la lutte contre l'Autriche et contre l'Espagne. La guerre qu'il préparait en 1610 n'en était pas moins une aventure « hasardeuse et téméraire », entreprise dans un coup de passion, et à laquelle le roi d'Angleterre, les Hollandais, les Vénitiens, avaient expressément refusé de s'associer.
ASSASSINAT D'HENRI IV. ta HJ Cependant la fièvre de la Ligue n'était pas encore complètement tombée. Les plus fanatiques ne pardonnaient pas au roi d'avoir été huguenot et de tolérer les huguenots dans le royaume. Leur irritation grandit quand en 1610, ils apprirent qu'Henri IV, allié aux protestants allemands, se préparait à faire la guerre à l'Espagne et à l'Autriche. On disait même dans le peuple qu'il voulait faire la guerre au pape.
Ces bruits achevèrent de déranger l'esprit d'un halluciné nommé Ravaillac. Il vint à Paris pour tuer le roi. Henri IV devait partir le 16 mai pour aller prendre le commandement de ses troupes. Le 14 mai, dans l'après-midi, il sortit en carrosse pour rendre visite à Sully. Rue de la Ferronnerie, le carrosse fut arrêté par une charrette de foin qui barrait le passage. Ravaillac, qui suivait depuis le Louvre, s'approcha et frappa rapidement le roi de deux coups de couteau. Le second coup atteignit le cœur. Le roi murmura : " Ce n est rien » ; le sang lui emplit la bouche ; il était mort.
Ce fut une immense douleur par tout le royaume. La guerre impopulaire, la lourdeur des impôts, les préventions religieuses, tout fut oublié ; on ne voulut plus se rappeler que les bienfaits de douze années de paix, l'ordre rétabli en tous lieux, et la France relevée de ses ruines.
MÉDAILLE A LTFFIGIE DE CHARLES DE BOURBON ROI DE LA LIGUE (Bibl. Nat.).
UNE COMPAGNIE D'INFANTERIE SOUS LOUIS Xlli (D*après Callot, Bibl. Nal.). a La compagnie s'avance, formée de mou^quetairet et àe piguien drapeau déployé A gauche, des sersenls procèdent ù ienrôlement de» recrues. A droite soui un arbre la paye des toldats. Au fond, cavalerie